‹ Memoire sur Les Microcephales ou Hommes SingesChapitre 14 sur 38 · SUR LES CRANES DES MICROCÉPHALES ADULTES · texte numérisé non relu

SUR LES CRANES DES MICROCÉPHALES ADULTES

.l'ai pu examiner à fond, comme on a pu le voir par les pages précédentes, sept crânes de microcéphales, âgés de dix-huit à quarante-quatre ans, dont six hommes et une femme. Je les considère comme adultes, puisque chez tous le développement dentaire était complet, et que, par conséquent, l’évolution des mâchoires était arrivée à peu près à son terme.

On peut remarquer d’abord que ces crânes rentrent dans toutes les grandes classes de formes, sauf la dolichocéphalie prononcée. Il y aurait, eu efTet, un seul crâne, celui de Miehre, lequel, en montrant un indice céphalique de 74,7, se trouverait sur la limite des Dolichocéphales et des sous-Dolichocéphales, suivant M. Broca ; Michel Sohn, avec 76,3, et Jéna, avec 77,2, devraient compter parmi les sous-Dolichocéphales; Frédéric Sohn, avec 82, serait sous-Brachycéphale, et Marguerite Mæhler, avec 84, Schuttelndreyer avec 85,4, et Racke avec 87,1, seraient des vrais Brachycéphales. Des recherches ultérieures devront démontrer si ces différences tiennent à des caractères de race, de manière que la tète même, frappée d’arrêt de développement, conserverait, malgré ses modifications profondes, ce trait caractéristique des rapports réciproques entre la longueur et la largeur. Comme jamais, jusqu’à présent, les télés des parents n’ont été examinées sous ce point de vue, et que le nombre des microcéphales mesurés avec soin est fort petit, une réponse à celte question est impossible. J'inclinerais cependant à croire que ces rapports se conservent, puisque les trois microcéphales de Plattcnhardt, près Stuttgardt, que je ne comprends pas dans ce résumé, étant enfants, sont tous les trois franchement Brachycéphales et issus, sans doute, aussi de parents ayant des têtes courtes, car on sait fort bien que parmi les têtes rondes ou carrées les Souabes occupent une des premières places.

Si ces crânes sont fort dilTérents quant aux rapports de longueur et de largeur, ils se rencontrent cependant dans un caractère général et commun, celui du prognathisme. Et il faut bien remarquer que ce prognathisme est, suivant l’expression de M. Gratiolet,

« pilhécoide, • et non pas propre à l'homme. « En effet, dil l'auteur cité i Hall. Suc. d'Anlhropot., vol. VI, p. 895), en effet, chez le singe, les alvéoles sont saillantes en avaut ; mais la ligne du maxillaire, depuis ce point à l'épine nasale, est constamment com ité et convexe. Chez l'homme, elle est courbe, mais concave. » Or, je me permets de remarquer que, chez les singes anthropomorphes, une épine nasale n'existe pas, et que l’on pourrait même trouver, dans l'existence do cette saillie, qui se trouve sur tous les microcéphales adultes, et même très-fortement prononcée, un caractère propre à l’homme. Mais la racine de cette épine médiane est toujours cachée, chez les microcéphales, entre les alvéoles saillantes et convexes, de manière que, dans tous, le caractère simien du prognathisme est évident. (Voir surtout l’I. 1, 8, 11. 14.)

Aucun de ces microcéphales ne m’a montré une trace de lu» in ter maxillaire. Mais on aurait tort d’invoquer ce caractère comme exclusivement humain, car la suture qui réunit les intermaxillaires aux maxillaires proprement dits se soude déjà de fort bonne heure chez les anthropomorphes. Je ne l'aperçois plus sur le palais d'un très-jeune chiinpansè, chez lequel les premières vraies molaires commencent à se placer, et sur la face duquel on ne voit qu'un lin trait à côté de l'orifice nasal, qui témoigne de son existence antérieure. Elle a toujours complètement disparu chez tous les anthropomorphes ayant leur dentition complète.

Le ne: est toujours saillant, souvent mèinc très-proéminent et aquilin, chez tous les microcéphales adultes. Nos planches en font foi. C'est un caractère sinon entièrement humain, puisqu’il y a des singes à nez proéminent, au moins dislinclil d'avec les anthropomorphes, chez lesquels le nez ne fait jamais saillie, mais forme toujours un prolil concave. Il n’y a que le gorille chez lequel le nez se relève un peu; cependant, la différence est toujours très-notable. Mais il ne faut pas oublier non plus que tous les microcéphales adultes examinés appartiennent à des races & nez proéminent, et souvent aquilin; qu’il y a une profonde différence entre le nez aplati du nègre et celui de l'européen, et qu'il se pourrait bien que des microcéphales nègres se rapprochassent, sous ce rapport, bien davantage des grands singes anthropomorphes. Quant à la racine du nez et à la cloison entre les yeux, elles ne montrent point de caractère fixe; assez étroite chez Michel Sohn, elle est très-large et puissante chez la Madrier.

Le caractère humain est toujours très-prononcé dans tout ce qui tient à la dentition et aux mâchoires. La mâchoire supérieure, tout en étant éminemment prognathe.

et par conséquent assez allongée, reste dans les limites, qui lui sont assignées dans le genre humain; je trouve en effet, minute longueur du palais, le chilTre de 60 millimétrés (Schultelndreyer) comme maximum, et le chiffre de 53 millimètres (Jéna) comme minimum; c’est entre les mêmes limites qu'oscillent les mesures de palais d'hommes adultes de différentes races.

Les mêmes rapports existent pour les dents. Les dents ont une grandeur proportionnée au développement de la mâchoire ; les incisives sont souvent tout aussi grandes et aussi bien taillées en forme de biseau que les plus belles dents de nègre. Mais tout : leur grandeur, conformation, position et usure, est humain; toutes sont serrées les unes contre les autres, sans lacune ; les canines, taillées en double biseau émoussé, ne dépassent pas la rangée ; les fausses molaires ont le sillon médian bien accusé ; les vraies molaires, les quatre tubercules ordinairement bien formés.

La mâchoire inférieure, tout en présentant souvent un angle très-ouvert entre la branche dentaire et ascendante, montre sans exception le caractère humain nettement accusé dans un menton proéminent cl saillant, souvent même développé outre mesure.

•le ne vois guère des différences générales dans la conformation des orbites, des os malaires et des autres parties de la figure; tout ce qui s'v trouve de particulier chez les individus peut aussi se rencontrer dans une ligure humaine.

Mais, dès que nous franchissons le bord des orbites et du palais, l'aspect change. L’honnne disparaît, le type simien se développe.

J’ai beaucoup insisté, dans mes Leçons sur l'homme, sur les rapports des deux parties essentielles du crâne, savoir : de la face et de la boite cérébrale, et j'ai fait voir que la conformation humaine se résume dans la superposition de la boite crânienne sur la face; tandis que, chez le singe, ces deux parties sont plus ou moins juxtaposées et que la boite crânienne semble avoir glissé derrière la face. Le rapport entre les deux parties, si frappant au premier coup-d'ccil, peut s'exprimer de différentes manières. Il trouve déjà une expression incomplète, il est vrai, dans l'angle facial de Camper. Pen de temps avant sa mort, Gratiolet a cherché à l'exprimer d’une autre manière, dans une communication faite à la Société d' Anthropologie de Paris, séance du 4 Août 1864. ( Bulletin , vol. V, p. 653.)

c En jetant les yeux sur un crâne humain, dit Gratiolet, il est facile de se convaincre que le plancher supérieur de l'orbite est entièrement recouvert par le cerveau

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et que la courbe du frontal est, en quelque sorte, moulée sur la saillie des lobes cérébraux antérieurs, de (elle sorte que, pour l’homme, front et frontal peuvent titre à peu près synonymes.

> Si maintenant on examine la tète du cliimpansé et celle du gorille, on voit que, chez le cliimpansé, le cerveau ne recouvre plus que le tiers postérieur de l'orbite, dont les deux tiers antérieurs se trouvent recouverts par le développement des sinus frontaux. Chez le gorille, cette disposition se prononce encore plus, et elle arrive même à ce point que la cavité orbitaire se trouve tout entière placée sur un plan antérieur à celui de la masse cérébrale dont le volume est, par suite, relativement beaucoup moindre.

» On arrive à démontrer ce fait par une expérience bien simple : en enfonçant une tige métallique dans un crâne humain au-dessus de l'arcade sourcilière, elle pénètre dans la cavité crânienne; chez le cliimpansé, on y arrive encore en donnant à la tige une direction un peu plus oblique; mais, chez le gorille, après avoir traversé les sinus frontaux, ce n'est plus dans l'intérieur du crâne que la lige vient faire saillie, mais dans la cavité orbitaire.

» On peut donc dire que, chez le cliimpansé, il existe un front qui, pour être moindre que celui de l'homme, n’en est pas moins réel, taudis que le gorille en est entièrement dépourvu... »

Il est évident que 1'expéripnce proposée par M. tiratiolet ne peut être une démonstration que lorsque le plan horizontal sur lequel repose le crâne est rigoureusement déterminé, ainsi que l’endroit au-dessus de l’arcade sourcilière, où l’aiguille doit être enfoncée perpendiculairement. Mais, même exécutée dans ces conditions, cette expérience ne donne qu’une appréciation du développement des arcades sourcilières.

On peut arriver à une démonstration rigoureuse de la vérité que M. Gratiolct a voulu exprimer, au moyen d’une construction bien simple sur les dessins en projection géométrique. Le plan horizontal étant donné par le bord supérieur de l'arcade zygomatique, on dirigera sur ce plan une verticale déterminée par le bord externe de l’orbite au point où la suture entre les apophyses du frontal et de l’os malaire se rencontre. C’est un point fixe dont on use déjà dans une mensuration crânienne. On peut faire l’expérience sur un crâne au moyen d’une tige métallique, comme le veut Gra-

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tiolet , en menant le crâne sur son plan horizontal normal et en enfonçant une tige verticalement dans l'intersection du point donné.

J'ai lait les constructions des lignes indiquées sur des dessins géométriques donnés par MM. Lucac (Nègre australien), llis et Rutimeyer (Orania helvelical, et sur plusieurs de mes propres dessins. Je les ai laites également sur des singes anthropomorphes. Eh bien! le résultat constant est que, dans des crânes d’hommes, un plan vertical, dirigé par les points mentionnés sur le bord orbitaire, couperait une partie considérable du lobe cérébral antérieur, — plus considérable chez le blanc, nptins considérable chez le nègre. Dans les singes, au contraire, ce plan n’atteindrait que le bout antérieur dans une longueur de deux ou trois millimètres chez le chimpansé, point du tout dans le gorille, et ce rapport reste le même, quel que soit le développement des arcs sourciliers. Or, ces arcades variant beaucoup avec l’âge, le sexe, et même suivant les conditions individuelles, il est préférable d'avoir un moyeu d’appréciation de la position réciproque du crâne et de la face qui ne s'appuie pas trop sur leur développement.

En faisant les constructions des lignes indiquées sur les sept crânes de microcéphales adultes, auxquels je puis encore ajouter un huitième, celui de Lcyde, dont M. Welcker in’a envoyé, avec sa complaisance habituelle, les contours de profil exacts, on peut constater que le plan vertiral tracé par la suture fronto-malairc du bord orbitaire ne touchera aucunement le cerveau dans les crânes de la Mæhler (N“ 7), de Jéna (N* 5), de Schuttelndreyer (N° '►), qu’il frisera l’extrémité chez Michel Solin (N° 2), d’un millimètre de pins chez Frédéric Sohn (N° 3) et chez celui de Leyde, et qu’il n’entame le lobe frontal d’une manière un peu plus notable que chez Backa (N® 0) et M.ehre (N" 1), lesquels sont, comme on sait, ceux de nos microcéphales qui possèdent les cerveaux les plus volumineux. Or, en comparant cette série avec le tableau que je. donne du volume cérébral, mesuré avec de la grenaille, on sera frappé de la grande analogie de celle série, sans qu’il y ait similitude complète, et on pourra dire que, sauf de légères déviations, le plan indiqué donne la mesure du développement cérébral des microcéphales, comme celui des races et des individus.

Le plan indique en même temps la similitude complète des microcéphales avec les singes. En effet, dans aucun des microcéphales étudiés, sauf ceux de Racke et de Mæhrc, ce plan n’entame le cerveau plus profondément que chez les singes anthro-

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pomorphes. Donc, si ce plan indique, d'une manière approximative au moins, les rapports de position entre la face et le crâne, il nous montre que les microcéphales complets se rangent, sons ce point de vue, avec les singes et non pas avec les hommes.

Je dirai plus encore. Les microcéphales se rangent si bien avec les singes, que les microcéphales, dont le volume cérébral excède le volume habituel des grands singes (Racke et Ma-lire» se rapprochent aussi, sous le rapport du plan indiqué, de l'homme et notamment du uègre australien. Racke a une capacité crânienne de 622 centimètres cubes; Ma-hre une de 555 c. c.; celui qui s'en rapproche le plus, Frédéric Sohn, n’a qu'une capacité de 400 c. c.; donc, de 05 c. c. de moins que Ma-hre et 105 c. c. de moins que Racke. J’ai devant moi un tableau des capacités crâniennes de 52 grands singes anthropomorphes, recueillies par Duvornov, par MM. Krauss, Lucae, Welcker et par moi, sur des crânes des musées de StuUgardt, de Francfort et de Halle, que mes collègues ont bien voulu rue- communiquer. Or, un seul vieux gorille mâle, mesuré par Duvcmoy, arrive à la capacité de 500 centimètres cubes; tous les autres restent en dessous. N'est-il pas remarquable que les seuls microcéphales, dont le volume cérébral dépasse la capacité crânienne des grands singes anthropomorphes, se montrent aussi, pour h-s rapports entre le plan orbitaire et le cerveau, d’un échelon plus rapproches de l'homme '?

Nous ne savons pas à quelles causes organiques peut tenir le développement extraordinaire des sinus frontaux qui engendre les énormes bourrelets sus-orbitaires que nous apercevons clic* tous les microcéphales adultes. Nous savons que ces bourrelets se dessinent de plus en plus avec les arêtes musculaires suivant le sexe et l'âge, chez les singes comme chez les hommes. M. SchaalThauscn, dans son excellent mémoire sur le crâne de Néanderthal, a démontré que leur développement se lie inlimément avec l’étal sauvage, avec les instincts féroces et brutaux. On peut voir sur nos microcéphales que le développement est intimement lié avec le rapetissement de la boite cérébrale. Le crâne de Racke montre des arcs sourciliers peu considérables, et celui de Ma-hre est bien moins doué sous ce rapport que celui de la Mæhler, quoique ce dernier appartienne à une femme chez laquelle les arcades sus-orbitaires sont, en général, bien moins développées que chez les hommes.

Le front fuyant est la conséquence nécessaire du rapetissement de la boite céré-

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lirai»' cl du développement des arcades sourcilières. Le même plan, dirigé par la suture l'ronto-inalairc, peut fournir un élément d’appréciation pour son inclinaison. En dirigeant, en eiTet, un plan par les points les plus saillants du front et du bourrelet sus-orbiuiirc, ou, sur la ligure de profil, une ligne par ces deux points, on obtient un angle qui sera d’autant plus obtus que le front sera plus relevé. Il est vrai qu’on pourrait obtenir le même résultat en prolongeant le plan horizontal et la ligne indiquée jusqu'à leur intersection au-devant de la ligure. Dans ce cas, l’angle obtenu sera d'autant plus aigu que le Iront sera plus aplati; mais cette construction demandant, sur des fronts très-fuyants, un prolongement trop considérable des lignes, j’ai préféré le premier angle entre la verticale et la ligne frontale par laquelle on reste rapproché de la ligure.

Ii est vrai que la détermination de cel angle dépend beaucoup du développement des arcades sourcilières, et qu’il aurait peut-être mieux valu prendre, comme plan de section, la surface de la glabelle qui se continue entre les arcades. Mais, comme je ne veux ici comparer que des crânes adultes chez lesquels le développement des arcades sourcilières est en proportion avec la diminution du volume cérébral, et, qu’eu outre, la ligne choisie a l’avantage de pouvoir être déterminée aisément sur des dessins à projection géométrique, j’ai cru pouvoir passer sur l’inconvénient signalé.

Les mesures de l’angle signalé que m’ont données les crânes sont les suivantes : Mailler = 115 degrés; Schultelndreycr; = 119°; Jéna = 125’’; Leyde= 12V ; Michel Sohn = 1 34" ; Frédéric Sohn = 1 35'’ ; Maître -- 145°; Racke = 149°. Le nègre australien, représenté par M. Lueae, donne = 155”; un crâne du type de Sion figuré dans les Crania hclvetica, par MM. His et Rulimeyer = 100°; un jeune orang, figuré par M. Lueae (Der Pongo- und Orang-schaedel, pl. 8), m’a donné, pour le même angle = 131"; un autre plus âgé (L. c„ pl. 10)= 129"; le développement de la crête rachète donc le mal que celui de l’arcade sourcilière pourrait faire.

On voit encore, par ces exemples, que les crânes de Racke et de Marbre dépassent considérablement les autres, qui restent, comme pour le volume cérébral, au-dessous de la mesure donnée par les anthropomorphes.

Un autre caractère fort important nous est fourni par les lignes temporales, indiquant la limite des insertions du principal muscle éleveur de la mâchoire, du muscle temporal. Nous savons que ces lignes, quoique souvent assez accentuées,

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restent toujours à une distance considérable du verte* cher, l'homme ; qu’elles occupent une position analogue dans les jeunes anthropomorphes ; mais que, à mesure que ces singes grandissent, les muscles s'étendent, et que les lignes avancent toujours plus des deux côtés vers la ligne médiane, qu'elles atteignent toujours chez les adultes des deux sexes et quelles dépassent considérablement surtout chez les vieux môles, où une crête élevée se forme non-seulement tout le long de la suture sagittale, mais se continue encore dans la direction de la suture lambdoïde vers l’apophyse mastoïde, laquelle à son tour s'élargit sous forme de marche-pied.

Il est facile de mesurer le rapprochement des lignes temporales, soit par une ligne courbe passant sur le verlcx, soit par la corde de cet arc, en prenant pour base la projection géométrique. Nous avons préféré cette dernière mesure, parce qu'elle s’exécute facilement sur le dessin, et nous avons obtenu les distances suivantes : Schuttelndreyer = 5 millimètres; Mæhre — 10 mm.; Jéna — 20 mm.; Michel Sohn = 80 mm.; M.rhler = 44 mm.; Frédéric Sohn = 50 mm.

Je Uouve, sur le nègre australien de M. Lucae, cette même distance = 84 millimètres; sur les singes, on peut choisir, suivant les ôges, telle distance que l’on voudra, mais jamais au-delà de 70 millimètres : les erônes des plus jeunes montrant ce diamètre transversal au maximum.

De l’aveu de tous, une détermination rigoureuse des rapports de l'occiput offre les plus grandes difficultés, les points fixes sur lesquels on pourrait appuyer des mesures étant assez éloignés de l’extrémité nuchale du crâne, laquelle offre elle-même une grande mobilité. Les arêtes et saillies destinées aux attaches des muscles offrent tant de variations suivant l’âge, le sexe et l'individu, que les rapports de l’os occipital, et surtout de l’écaille de l’os, éprouvent des changements considérables. Le trou auditif externe est encore le seul point fixe auquel on peut s'adresser comme point de départ.

Je ne trouve, pour la détermination de la courbure de l’occipital, aucun système préférable ô celui de M. Busk, qui repose sur des radius ayant le trou auditif comme ^oint de départ. En plaçant la tète exactement de profil, on trouvera facilement le point le plus saillant de la courbure occipitale, dont on pourra mesurer la distance au trou auditif, par le moyen d'une verticale tirée depuis ce point sur le plan horizontal mené par le bord supérieur de l'arc zygomatique.

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Mais cette première mesure ne saurait suffire. Elle dépend trop de la grandeur absolue du crâne, et elle n'exprimera une valeur comparable ipie lorsqu'elle sera mise en rapport aver une autre mesure ramenée à l’unité. Cette autre mesure doit être, à mon avis, le rayon fronlo-nasal de M. Busk, c’est-à-dire la distance du trou auditif à la suture fronto-nasalc dans la ligne médiane. Celte mesure ne correspond pas exactement à la base crânienne mesurée depuis le bord antérieur du grand trou occipital à cette même suture fronto-nasale, mais elle a l'avantage de pouvoir être mesurée sur toutes les projections géométriques de profil, et elle se rapporte au même trou auditif comme pivot.

J'ai trouvé, pour les chiffres proportionnels de la saillie de l’occiput, le rayon Irontonasal étant posé = 100 : Jéna — 63,1 ; Malhier - 65,8; Frédéric Solm = 72.3; Schutlelndreyer = 74,7; Mæhre •— 8t,4; Racke =. 82,6; l.evde — 85,5; Michel Solm = 88,0.

Un jeune chimpansé m’a donné comme chiffre correspondant — 83,3 ; le vieux l’ongo, dessiné par M. I.ucae = 80; un nègre = 103; des crânes de race blanche, 03 et 103.

Il résulte de ces chiffres que l’occiput avance proportionnellement beaucoup moins chez les singes et les microcéphales que chez les hommes, ou, en d’au très termes, que le trou auditif est placé plus en avant que chez ces derniers. Mais nous devons faire remarquer aussi que les microcéphales se tiennent absolument avec les singes, qui se placent au beau milieu de la série microcéphale.

Lu position (lu grand trou occipital se montre, comme on sait, assez variable dans la série des mammifères, et on peut dire qu’en général cette ouverture exécute un mouvement de rotation en avant depuis la face postérieure du crâne vers sa base, dont elle atteint à peu près le milieu dans les races humaines blanches. La position du plan horizontal qui passe par le grand trou occipital varie, en conséquence de celte rotation, par rapport au plan horizontal, mené par les arcs zygomatiques, ce que l'on peut facilement prouver en prolongeant ces deux plans jusqu’à leur intersection. On verra alors que, dans la plupart des animaux et des singes, ces deux plans se coupent sous ou derrière la tète ; que, chez quelques jeunes anthropomorphes, ils sont à peu près parallèles, et que chez la grande majorité des hommes ils se coupent avant la tète, tandis que, chez d’autres, ils sont à peu près parallèles. Il s’en suit que chez les

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