‹ Mémoire sur les monnaies du règne de François IerChapitre 14 sur 98 · LX · texte numérisé non relu

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6“ La monnaie de compte. — Malgré les changements de poids, de titre, de type et de nom que nous avons signalés et le mélange dans la circulation de monnaies provinciales et étrangères dont il nous reste à parler, on doit reconnaître qu’au fond le système des monnaies de François I er a été assez simple. Il reposait sur une pièce d’or. Vécu au soleil, qui n’a pas varié depuis i 5 i<), bien que sa valeur ait été portée de 4 o sous (en 1619) à 45 sous (en i 533 ), sur une pièce d’argent, le teston, qui est resté le même, avec un cours qui s’est élevé de 10 à 11 sous, sur des pièces de billon, le douzain ou sou tournois, le denier et ses multiples, qui ont très peu varié.

Dans les comptes écrits, on employait le plus souvent la numération par livres (20 sous), sous (12 deniers) et deniers; on comptait en livres tournois ou en livres parisis, ces dernières valant un quart de plus que les premières. Les mercuriales de la Halle de Paris ont. été tenues en parisis jusqu’en 1 568 , et ce n’est que sous Louis XIV que la monnaie parisis a été abolie (1) . Mais l’usage du parisis était devenu de moins en moins fréquent et, du temps de François I er , celui du tournois était presque général.

D’autres fois, les sommes étaient indiquées par la nature des espèces : écus d’or, douzains ou sols, deniers et fractions de deniers.

Dans le langage ordinaire, surtout pour les petites sommes, on se servait de préférence du nom des espèces: testons, douzains ou sous tournois, que l’on désignait aussi sous les noms de blancs et de grands blancs, ïiards, deniers, etc. C’était surtout par sous (2) et deniers que le peuple comptait.

Quoique l’ordonnance du 5 décembre 1 5 11 eiit spécifié quelles monnaies continueraient à avoir cours, à savoir : les

(1} Le Blanc, op * ciL t p, 192.

Le sou ou douzain (12 deniers) était une monnaie de billon contenant une plus ou moins grande quan¬

tité d’argent Ce n’est qu’en 171 g ^ à l’époque du système de Law, qu’on a commencé à frapper des sous tout en cuivre*

écus au porc-épic, les écus au soleil, les écus à la couronne elles demi-écus, les grands blancs douzains à la couronne ou au porc-épic qui étaient des sous, les grands blancs dizains Karolus ou Ludovicus au K ou à l’L couronné, les grands Idancs au soleil valant i3 deniers, les liards, les doubles parisis, les doubles tournois, les petits tournois, les deniers parisis, et déclaré « que toutes autres monnoyes, quelles qu’elles soient, tant d’or que d’argent, soit des coings et armes de noz prédécesseurs et autres monnoyes estranges n’aient aucun cours et soient mises au feu pour billon», beaucoup de monnaies ainsi décriées restèrent dans la circula lion sous le règne de François 1 er et servirent même souvent de monnaie de compte. Mais des ordonnances changèrent la valeur de plusieurs de ces monnaies; ainsi les écus d’or à la couronne eurent cours pour 43 sous 6 deniers à partir du 5 mars 1533, les douzains au soleil pour i3 deniers à partir du 1 9 mars 1 54 1 •

A cette époque, la maille ou obole et la pite w pougeoise ou poitevine (2) n’étaient plus que des monnaies de compte. Il , devait cependant en rester en circulation. La maille représentait la moitié du denier; la pite, la moitié de la sem aille.

Plus les monnaies étaient défectueuses, soit à cause d’une mauvaise fabrication, soit par suite des rognures dont les pièces d’or et d’argent étaient très fréquemment l’objet, plus les changeurs et les marchands s’étaient habitués à prendre les pièces non pour la valeur nominale que les ordonnances leur assignaient, mais pour leur valeur réelle constatée, pièce par pièce, au moyen de la balance et du toucheau. Les changeurs faisaient toujours subir cette double épreuve aux monnaies qu’ils achetaient, et c’est avec raison qu’on les représente la balance à la main.

La pite ou pougeoise avait eu cours, concurremment avec l'obole et le denier, surtout aux XIII e et xrv* siècles, et meme au XV* siècle, valant ,i /4 de denier {Eludes de numism* *par A. Blan-

ci ! et, p* 3og, La pite ou pougeoise}* w F, de Satjlcy ^WisLmim., p» 208) n'a pas rencontré cette monnaie dans les collections. Mais, depuis lui * 011 en a retrouvé.

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