‹ Mémoire sur les monnaies du règne de François IerChapitre 54 sur 98 · MÉMOIRE SUR RES MONNAIES · texte numérisé non relu

MÉMOIRE SUR RES MONNAIES

qu’il a exprimé en francs et centimes la valeur intrinsèque des livres, sous et deniers de l’ancien régime, comptant autant de centimes qu’il y avait de fois la centième partie de 4 gr. 5o d’argent fin dans les monnaies anciennes. Mais la loi du v 4 juillet 1866 a fait du franc une monnaie divisionnaire qui ne contient que 835 /iooo dargent et qui n’a plus le plein pouvoir libératoire; le franc au tarif de l’Hôtel des monnaies n’avait plus, à partir de i 865 , qu’une valeur de o fr. 9208; aujourd’hui (année 1902 ), d a, comme métal, une valeur commerciale moitié moindre' 11 par suite de l’abaissement du prix de l’argent relativement au prix de l’or sur le marché international. La pièce de cinq francs est, depuis la loi de 1866, la seule monnaie d’argent qui soit au titre de 900/1000* et qui ait un pouvoir libératoire illimité. On ne saurait prendre comme terme de comparaison le 835 /iooo“ qui ne concerne quune monnaie d’appoint dont la circulation est limitée et dont l’émission est réservée à l’État; c’est, le 900/1000“ quon doit conserver en admettant, par transposition, que le franc renferme encore 4 gr- 5 o d’argent fin'^ 1 .

L’autre terme de comparaison est la monnaie ancienne. Ici, nous avons vu que le poids de la pièce, qui devrait etre le même d’après la taille au marc et d après le poids droit de l’espèce, c’est-à-dire le nombre de deniers et de grains que doit peser chaque pièce (quand l’ordonnance fixe ce nombre' 31 ), ne se trouve pourtant pas être, au temps de François I er , précisément le même quand on le calcule d’après la première donnée ou d’après la seconde.^ Première difficulté. Nous avons pris le parti de calculer d’après le poids en deniers et grains trébuchants, lorsque nous le connaissons, parce que, comme nous lavons expliqué 1 * 1 .

W En mai 1901, T argent perdait même 60 p. o/o de la valeur quil avait eu vingt ans auparavant*

W Voir Remarques sur le rapport de For à F argent au xix* siècle t pur M* P* Boitdka 1 \, Annuaire de ta Société de nu¬

mismatique française t 18941 p* 17 et 2 9 - ^ Nous ne parlons pas du compte par sols et deniers qui n'était qu'une manière d'exprimer la taille au marc* f 4 ) Voir, pour le trébuchant, le chapitre 111 , section n° f>*

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DU RÈGNE DE FRANÇOIS I er .

c’était le poids minimum que devait avoir la pièce pour faire trébucher la balance, et par suite pour être admise comme bonne.

Le titre et le poids ne sont pas les mêmes au pied droit et au taux de tolérance. Quoique les maîtres particuliers des Monnaies et l’administration royale eussent une tendance à « chatouiller le remède », c’est-à-dire à s’approcher de la limité inférieure de tolérance, nous avons calculé d’après le poids trébuchant. C’est une seconde difficulté, laquelle s’aggrave quand on examine le poids des pièces qui nous restent de ce temps; car nous l’avons trouvé en général quelque peu inférieur aux prescriptions des ordonnances. Que ce poids des pièces qui existent aujourd’hui dans les deux collections de la Bibliothèque nationale et de l’Hôtel des monnaies ait été diminué par des rognures que facilitait l’irrégularité de la frappe et qui étaient alors d’une pratique très fréquente, c’est vraisemblable, et de ce fait nous ne pouvons pas tirer une conclusion positive sur le poids des monnaies au moment de leur émission.

Troisième difficulté. C’est l’unité de compte du système monétaire du temps qui conviendrait le mieux comme terme de comparaison, comme convient le franc dans le système actuel. Mais, sous François I er , on ne frappait pas de pièces d’une livre. Il faut calculer sur des pièces ayant une valeur supérieure, comme l’écu,ou moindre, comme le teston ou le douzain. Or, les pièces d’argent et de hillon ne contenaient pas toujours une quantité de métal lin exactement proportionnelle à leur valeur relative. Le mieux, pour ne pas compliquer le problème, est de laisser de côté le billon, quelque importance qu’il eût alors dans la circulation et quoique le blanc douzain, qui était le sou tournois de 1 2 deniers , fût l’unité monétaire la plus usitée, et de ne calculer le rapport du poids de métal fin dans la livre tournois et dans le franc que d’après le teston (valant une demilivre), la seule pièce qui fût véritablement en argent.

Quatrième difficulté non moins grave. Entre les deux

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métaux précieux, nous avons vu que le rapport légal de valeur n’était pas alors ce qu’il est aujourd’hui.

On peut calculer de deux manières le rapport de valeur des deux métaux :

i° Par le prix que les ateliers monétaires donnaient de la matière. Voici le résultat de ce calcul, qui lui-même peut être présenté de deux manières : par le rapport du prix que ces ateliers donnaient du marc d’or, lequel était presque à 100o/i000 e , et du marc d’argent le Roi, lequel était à 958/1000', ou par le rapport des deux métaux au même degré de lin, 1000/1000 environ.

PÉRIODES

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