‹ Mémoire sur les monnaies du règne de François IerChapitre 63 sur 98 · MAÇON · texte numérisé non relu

MAÇON

(] eiiicrs.

déniera,

deniers.

Rapport, Le prix étant ioo dans J la première période est dans!

la dernière période î 1

Pour tou les les marchandises et tous les salaires il y a augmentation; mais le taux de cette augmentation varie suivant les espèces. Ainsi le prix des produits agricoles a doublé ou à peu près doublé; les produits de la pêche, des mines, de l’industrie ont augmenté dans une proportion moindre; les salaires dans une proportion bien moindre.

On peut dire d’une manière générale que, quand la valeur commerciale de la monnaie diminue, le changement n’est pas d’ordinaire favorable tout d’abord aux salariés; l'accroissement de leur salaire nominal n’empêche pas une diminution du salaire réel s’ils ne peuvent plus acheter une aussi grande quantité de marchandises.

CSCI'l

DU RÈGNE DE FRANÇOIS I er .

L’augmentation des prix en Angleterre avant 1 556 résultait, comme en France, rie deux causes : d’une part, la diminution de valeur du métal qui a été, jusque-là, la cause la moins énergique et, d’autre part, le mauvais état du régime monétaire. Les rois anglais altérèrent les monnaies en réduisant la quantité de métal fin correspondant au shilling ou en augmentant le cours légal des pièces en circulation, exactement comme les rois français. « The first debasement, dit Thorold Rodgers (p. 194), was in 1 544 , the coins containing onîy half’ tlieir weight in silver. In 1 545 , on third only of silver was contained in the new issue. » Une des raisons qu’on donnait pour justifier cette monnaie de bas titre était quelle ne pourrait pas être exportée et que, par suite, le royaume ne serait plus privé de son numéraire. Sans doute la mauvaise monnaie n’était pas exportée, mais la bonne monnaie, conformément à une loi économique constante, l’était d’autant plus.

En comparant sur le second des tableaux précédents l’accroissement du prix de la vaisselle d’argent, lequel était dû, sinon entièrement, du moins principalement, au changement de valeur de l’unité monétaire, on peut se faire une idée de la part qui revient à l’une et à l’autre cause dans l’augmentation générale des prix en Angleterre de 1 5 oo à 1 55 o.

Cette augmentation s’est fait sentir dans les pays du Saint Empire germanique. L’abbé Hanauera donné dans ses Études économiques sur l’Alsace ancienne et moderne^ des séries de prix tirées principalement des archives de l’Alsace et de Baie ^ qui peuvent être mises en parallèle avec les séries anglaises de Thorold Rodgers. Comparons d’abord le prix de deux céréales, l’épeautre et le seigle, dans les villes de Strasbourg et deBàle, durant deux périodes décennales, i 5 oi-i 5 io et i 54 i-i 55 o, commencement du siècle et fin de la première

(1J 2 volumes in-S", 1876-1878, Paris et Strasbourg.

^ Et des travaux de quelques-uns de ses devanciers , comme Sc eieibbkr, auteur

d'une histoire de Fribourg; Moiî B , rédacteur de la Zeitschrift; Hermann , auteur des Notices statistiques, historiques et littéraires*

moitié; nous trouvons,pour îapremière période, 17 . 3 , 1 3.4, 64 . 7 , 54.i, et pour la seconde, 38.5, 3o.8, i3a.3, io 7-4 (i) .

L’augmentation des prix est indéniable pour ces deux céréales : les prix ont doublé. Elle est bien moins sensible (2.16 et 2 . 56 ) pour la viande de bœuf 12 *; cependant elle

(lï H an al er , Op * cit. t t* U, p. 8a et $4 ;

V «i! v À STRASROURG

P ( EK jn SThllEIL

PERIODES* ( EH £ STKBLK )* V îo { b) }.

Eppautre, Set^lc,, Epc autre. Scïçlé,

1501...*.* 28 25 76 es

1505 ..* t , * 13 n tt tt

1508* .******. 16 10 tt n

1500 .... îa 8i/3 34 33

1510 * * *.************* 9 7 tt /t

Moyenne**** .. 17*3 i3*4 64*7 54 ■ 1

1543****. ************ 44 36 162 io5

1544* *.*.. 76 5o 173 iho

1546*********************** 2 5 21 180 i.4fi

1540***.**.******.*,******, 35 82 111 io3

Moyenne .* 38,5 3o*8 *33.3 107*4

E > Prix de la livre de bœuf [Ibid., p* 187 et 188) :

lu livre*

En I 1504* * *.* * 21/a

Haute-Alsace*] 1508. * *.* * a

Moyenne*,**.*** 2*16

DEHlEILS,

1 a livre*

Moyenne. *...**** 2*56

Le £ stebler était 3 e sou de la livre baloisc, — ^ Le rczal contenait G boisseaux* Le ê slcblcr était le denier strasbourgeois*

DU RÈGNE DE FRANÇOIS I". c «

existe. Dans cette augmentation, la part la plus forte parait provenir, comme en France et en Angleterre, de la diminution de valeur intrinsèque de l’unité monétaire.

Cependant la diminution de puissance de l’argent a aussi sa part.

On le voit clairement dans les séries suivantes qui présentent des moyennes par périodes de vingt-cinq ans, la première période comprenant le premier quart du siècle et la deuxième période le second quart; car ces moyennes sont exprimées par Fauteur non en monnaie ancienne, mais en monnaie française actuelle correspondant, au poids d’argent lin contenu dans les anciennes monnaies. L’auteur a eu soin de calculer les conversions de prix d'après l’argent, qu’il regarde comme le métal régulateur des valeurs au xvi e siècle M.

PERIODES

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