‹ Mémoire sur les mouvements du cœurChapitre 17 sur 43 · La diastole · texte numérisé non relu

La diastole

La systole finit brusquement ; on dirait que les ventricules s'abandonnent à une force de ressort.

Pendant la diastole, le cœur ventriculaire s'aplatit et s'élargit sans prenions XXXIII. 7

dre toutefois une forme déterminée. Il ressemble à une poche inerte ; on n'y remarque aucun mouvement, ni actif ni passif. Les orifices tant artériels que veineux sont fermés; les parois appliquées les unes aux autres, ce qui fait que les cavités ventriculaires sont nulles ou presque nulles , sauf, bien entendu, les sinus qui précèdent l'origine des deux troncs artériels \

Les oreillettes continuent d'être distendues par le sang qui leur arrive des veines sous une pression variable. Les appendices auriculaires se remplissent les derniers; ils font alors saillie au-devant des troncs artériels.

Un soulèvement brusque de ces appendices indique la fin de la diastole, ou le commencement d'une nouvelle révolution cardiaque.

Rhylhme des mouvements. — Je ne me suis pas livré à des observations méthodiques au sujet du rhythme des mouvements ; au milieu des variations qu'il subit, une large approximation est seule possible ici.

Laennec, comme on sait, l'avait déterminé d'après une mesure à quatre temps, en attribuant un temps au 2me bruit, qu'il croyait correspondre à la contraction des oreillettes, deux temps au 4er bruit ou à la contraction des ventricules, et le ime temps au silence ou à la diastole 2.

Le Comité de Dublin (1835) attribua la moitié de la durée d'une révolution à la systole ventriculaire ; un peu moins d'un quart à l'intervalle entre la fin de la systole ventriculaire et le commencement de la diastole des appendices, et le reste du temps à la diastole et à la systole des oreillettes.

Selon M. Beau, le cœur bat une mesure à trois temps ; la durée du 1 er bruit, celle du 2me bruit et celle du silence sont égales 5.

MM. Chauveau et Faivre sont arrivés au même résultat pour l'homme, avec la différence toutefois que, selon eux, la contraction des ventricules empiète un peu sur le temps consacré à la contraction des oreillettes 4.

1 La présence d'une faible quantité de sang dans les sinus artériels et l'annulation plus ou moins complète des cavités ventriculaires expliquent comment les valvules sigmoïdes peuvent résister à la pression considérable qu'elles ont à supporter pendant la diastole.

- Auscult. médiate, éd. 1826, t. II, p. 408.

3 Traité d' Auscult., p. 229.

* Gazette mèd. de Paris , 1 850 , n° 50.

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