‹ Mémoire Sur Les moyens. suivi de quelques considérations relatives aux canaux et aux chemins de ferChapitre 8 sur 20 · DIO · texte numérisé non relu

DIO

d’éliage.

Débit moyen 45,50 mètres cubes d’eau par seconde. 45,50 mètres cubes par seconde représentent 0"'415 de hauteur d’eau pluviale pour toute la superficie du bassin, c’est-à dire les 574 millièmes de la pluie calculée.

■ A A lais , le volume d’eau tombée oscille entre 0'“449 et l‘"452. Les variations ne sauraient être aussi fortes pour l’ensemble de la vallée de la Loire, mais elles doivent être considérables dans une gorge resserrée comme celle du Furens..ll n’est j5as rare à Saint- Etienne de voir les sécheresses se prolonger pendant

(1) Slatisliquc du dtparlemcnl de la JJaute-Luire .)

plusieurs mois consécutifs j souvent des pluies diluviales leur succèdent (4); en sorte que Ton peut admettre que le lit du Furens sert de récipient à un prisme d’eau de0"^20 (2)à0"»60de hauteur; la moyennede ces deux quantités (0“40 ) donnerait un volume annuel de ^5,6^^,620 mètres cubes susceptible de se réduire à 7,805,84 Omèires cubes (2).

Sur cettte dernière quantité quelle proportion pourrait-on consacrer à Fapprovisionnement des réservoirs sans nuire'au roulement des usines? La solution de cette question est impossible en Fabsence de toute

(1) Dans l’orage du 26-27 août 1834, il est tombé prés de Saint-Etienne au moins 0®45 d’eau , puisque des bennes de cette profondeur placées sur le carreau des mines , en ont été remplies. Pendant les averses de 1834 et de 1837, le débit du Furens, sous les voûtes de la place de rhôtel-de-ville , s’élevait à 112 mètres cubes par seconde, auxquels il faut ajouter l’eau qui s’écoulait par le bief et sur la vôie publique. ( Le lit voûté^du Furens a 6 mètres de largeur et 0"^ 013 de pente. La hauteur d’eau était de 2™ 50. )

’ll serait fort utile que l’on établît , à Saint-Etienne, poqr le jaugeage journalier des eaux du Furens , un hydrométre semblable à celui que M. Barreau a fait construire sur la rivière de Seméne.

(2) Dans les années d’extrême sécheresse, ce minimum de 0“i20 ne serait pas atteint. En 1832, le réservoir de Couzon dont la capacité est de 1,500 mille mètres cubes n’a pu être rempli complètement , quoiqu’il recueille toutes les eaux du ruisseau de Couzon. C’est ici moins de 0m06. A la vérité, l’année 1832 est exceptionnelle , car la hauteur moyenne du Rhône et de la Saône, à Lyon,' qui , dans le cours de 15 ans ( 1827-1840 ) a été de linl4 et de 1,56, s’est abaissée, en 1832, à 0m82 et 0,84.

La Loire débite dans ses grandes crues 4000 mètres cubes par seconde, ou 1 mètre cube pour 0,83 kilom. carré.

Le Furens débite 120 mètres cubes, ou 1 mètre cube pour 0,32 kilom.

Pendant l’étiage, la Loire fournit 6 mètres cubes par seconde, et le Furens 0,07. C’est, dans l’un et l’autre cas, 0"ic0018 par kilomètre carré. On pourrait croire, d’après cela, que les versans du Furens donnent, proportionnellement , une plus grande quantité d’eau que ceux de la Loire.

donnée hydrométrique , mais il est à croire que le volume d’eau superflu n’est pas moins variable que la J)luie annuelle. En portant ce volume à un sixième, le Furens donnerait un excédant assuré de ^ ,500,970 mètres cubes. A leur entrée dans la plaine de Chain pagine le Furens et le Furet sont alimentés par 55 kilomètres carrés qui fourniraient au minimum une réserve de 4 00,000 mètres cubes ou 5,000

mètres cubes par jour pendant toute l’année. En ^ 827, M. Lacordaire évaluait à 268,000f. les frais de construction de trois réservoirs, sur le Furens, pouvant contenir ensemble 51 9,000 mètres cubes. En 4 855, M. Blondat réduisait à 400, OOOf. et au plusà450,000f. le prix d’établissement du réservoir .des Billeti'eres (552,000 m. c.) . Ces devis sont fort élevés, eu égard au volume d'eau mis en réserve , à cause de l’extrême déclivité du sol; toutefois, nous pensons que moyennant 450,000f. on formeraitdesretenuesd’unecapa.cité totale de 900,000 m. c. Pour compléter l’approvisionnement de 5,000 m. c. par 24 heures, une dérivation du Furens alimenterait les fontaines de Saint- Etienne pendant 65 jours , durée moyenne des crues. On a fait des objections contre la qualité des eaux conservées dans des bassins , mais outre la circonstance du renouvellement éontinuel du fluide par le courant delà rivière, on peut citer un grand nombre d’exemples h l’appui de ce système. Dans les lettres écrites d’Orient (I), M. le comte Jaubert dit que l’approvisionnement des fontaines de Constantinople est assuré par

({) Revue des Doux-Mondes , 1^“^ février j8^C2.

un ensemble remarquaWe de réservoirs et d’aqueducs établis dans la fofêt de Belgrade , assise sur les derniers rameaux des Balkans. Les empereurs Byzantins y avaient fait recueillir les eaux des principaux ruisseaux du voisinage. Il y existe plusieurs aqueducs d’Andronic, de Justinien , très-bien conservés et qui servent encore aujourd’hui. Les sultans ont également construit des aqueducs et surtout augmenté le nombre des réservoirs. Ce sont des étangs soutenus par de fortes chaussées en maçonnerie de pierres de taille. Le dernier est du au sultan Mahmoud. Ainsi, dans un climat infiniment plus chaud que le nôtre , l’eau des réservoirs n’éprouve aucune altération. On ne peut en dire autant des eaux d’infiltration qui sont rassemblées dans les aqueducs souterrains de la plaine de Champagne (]). Ces eaux ont servi à l’arrosage des prairies , et sont par’conséquent, imprégnées de substances nuisibles , provenant de la décomposition des engrais ; elles peuvent aussi se mêler aux eaux des teintureries voisines.

Cette faible ressource est, d’ailleurs, compromise par les fouilles que pratiquent incessamment les propriétaires de terrains en amont de la ville. La quantité d’eau qui alimente les fontaines ne dépasse pas en été, 50 pouces de 20 mètres cubes; et pour les obtenir, on s’est vu obligé de pousser les aqueducs d’absorption jusque

(1) M. Dupasquier a constaté que les eaux obtenues par infiltration naturelle dans le quartier des Brotteaux , à Lyon, et même sur les places Tliolozan et Saint-Clair, devenaient très-impures par leur filtration à travers des matériaux de démolition , des plâtras et même à travers les bancs d’alliivion.Ces eaux dissolveîU très-mal le savon et incrustent fortement les chaudières où on les fait bouillir.

dans le lit du Fui*eus , dont le débit n’est alors que de 0"’07 par seconde, ou de 500 pouces environ. Les usiniers ont déjà élevé des plaintes contre cette dérivation de 50 pouces. Queserait-cë si elle était portée ài50(4)?

La construction des réservoirs destinés à assurer rapprovisionnement d'eau des fontaines , à éviter les effets désastreux des crues et à augmenter de 50 p. 0/0 pendant Fétiage la force motrice des usines situées en aval de la' ville , serait une excellente opération pour Saint-Etienne (2).

Supposons que le réservoir inférieur soit établi à l’issue de la gorge de Rochetaillée à 1500 mètres de Lorigine de la conduite principale des fontaines près de la Grange-de-l'OEuvre. La prise d’eau dans ce réservoir

(1) En 1688, M. Cusset de l’Académie des sciences, chargé par l’intendant de Lyon de faire un rapport sur la dérivation des eaux de Semène, constata que les usines du Furens avaient besoin de 800 pouces d’eau (Omc 18 par seconde) ; aujourd’hui il leur faut pour marcher sans interruption 0,66 et jusqu’à 0,80.

La dérivation de Semène fut exécutée , en 1689 , aux frais de la ville et des usiniers. Yoy. Bulletin de la Société Industrielle de Saint-Etienne ,

(2) Il a été question d’amener à Saint-Etienne les sources de Semène qu* fourniraient à peine 100 pouces d’eau. Ces sources jaillissent dans le grandbois, à 15 kilomètres de la ville. Il faudrait , pour conduire ces 100 pouces à 15 mètres au-dessus du niveau actuel du bassin de Tardy :

lo Un tuyau de 10 kilom. de longueur (pente 0,4) et de 0,1477 de diamètre , 'coûtant , pose comprise, 18 fr. par mètre courant, ou. 181,8001'

20 Un tuyau de 3 kilom. (pente 0,01 ) et de 0,195 de diamèt,.

à 24 fr. 95 74,850

Total 25G,650f

Ce chiffre de 256,650 serait au moins triplé par les indemnités que récla- ' meraieiit les propriétaires d’usines de Semène,

sera au moins à 20 mètres au-dessus du bassin de la Grangre-de-rOEuvre et par conséquent à 20 mètres audessus du bassin de division de Tardy. Si Ton relève de 15 mètres le niveau de ce dernier basssin (1), il restera une pente de il mètres distribuée sur 2759 mètres de longueur. 150 pouces donnent 0 mètre cube 0557 par seconde, que nous porterons à 0 mètre cube 0521, pour tenir compte de la diminution de vitesse qu'éprouve le liquide dans les tuyaux par l’effet des coudes, des érogations ou branchemens, etc.; le diamètre iudiqué par les formules sera de 0'”277 , c’est-à-dire qu’il sera égal au diamètre actuel de la grande conduite (2) ( 0"'2977) moins environ 2 centimètres occupés par les tubercules ferrugineux qui tapissent ses parois intérieures.

Le tuyau cfe 0"'277 posera par mètre 85kil. à51 fr. ... 25 75

Pose ( prix payé en i 829 pour la conduite de 0'"2977 ) . . . 7

Soit pour 1 ,500 mètres 49,095 fr.

On arrive ainsi à une dépense de 500,000 fr. , qui, augmentée des frais de construction des filtres (5) et du capital équivalant aux frais de garde et d’entretien de réservoirs et des filtres, s’élèverait à 000,000 fr. environ.

(1) En relevant de 15 met. le bassin de Tardy et du Cliûtcau, le niveau de ce dernier sera à 44 mét. au-dessus du sol de la place Marengo où l’on pourra avoir des eaux jailliseanles à 20 mètres de hauteur.

(2) Cette conduite a 1259 met. de longueur.

(3) Les filtres fonctionneront sous la pression d’une colonne d’eau dont la hauteur pourra être celle de la digue du réservoir alimentaire. En outre, les eaux se clarifieront par leur repos prolongé dans les bassins.

Pour compléter noire travail sur la distribution des eaux dans la ville de Saint-Etienne , nous avons ealculé le débit des conduites établies en '1829 et ^1850. Le tableau suivant renferme les principaux résultats de ce calcul :

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