‹ Mémoire sur les navires en ferChapitre 3 sur 3 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

1 1 er . coup tiré avec 10 livres de pondre ; a*, avec 9 livres; 3 *. avec 8 livres , et les 3 derniers avec 7 livres. — Enfoncemens à peu près les memes: tous les boulets traversèrent les deux premiers buts, et firent une empreinte d’environ 1 pouce sur le troisième.

L’effet de ces deux coulevrines fut sensiblement le même , et les charges de 10 livres et de t) livresde

f 1.1 c. oeî Uict uito' a*. *vi, U Cit a jsvmS

plus ou moins sains, ces expérien- [ ces laissent de l’incertitude dans leurs!

V résultats.

f Quatre antres boulets furent ti- Jrés; mais ils manquèrent Je but, ou .le frappèrent d'une manière qui nel I permit pas de juger exactement leur [ enfoncement.

’racls on Malhcl il and J’hilosofiM I subjects , etc . , by Ij Ufutton , t. 3 , p. '38 'Jolluwinu : Londdti 1812. 1

I 43 pouces

s ocui ijicn ajuste.

1 — Le massif de bois s’enflamma to- I talement t heure 4 après qu’on eut 1 commencé à tirer.

I a 1 pouces -*

3g pouces.

4a pouces.

de mauvaise qualité'.

donner, aux bâtimens de guerre, jusqu’à 10 et i 3 pieds d’échantillon ; afin de les rendre impénétrables aux boulets de tout calibre (i).

Sans entrer dans une foule de considérations qui peuvent justifier jusqu'à un certain point des principes aussi opposés (2) , jetons les yeux sur le tableau ci-joint.

On voit , d’après les résultats offerts par ce tableau, qu’en Europe , comme en Amériq'ue , il faut , pour résister à des boulets de gros calibres , tirés de près , des murailles en bois de chêne, épaisses au moins de 5 pieds. Mais, si les sabords sont larges,, ils sont enfilés par une quantité de projectiles , fort destructeurs dans cette place qui est presque entièrement occupée par les bouches à feu et les artilleurs. Si au contraire les stfbords sont étroits, on pointe difficilement sur l’ennemi, on tire au hasard, et c’est le plus grand de tous- les inconvéniens. Des murailles aussi épaisses exigent d’ailleurs qu’on accroüse. considérablement les di men-

ti) An history of marine architecture, bj J. Charnocît , tom. 1 , pag. 35 g; London, 1800. — A pratiical trehtise on prçpelling vessels bjr sleam , bjr Robertson Buchanan , pag 68 . — Annales des arts et manufactures, t. 37, 3 « juillet, 1810 . — Essai sur la navigation par la vapeur, par -G. Gilbert, pag. 12; Paris, 1820, etc.

(2) Règles de pointage, etc., pag. 62 et suiv. Cher Bachelier ; Paris , 1816.

sious extérieures. Des vaisseaux de ligne et des frégates à vapeur peuvent supporter cet accroissement de dimensions , mais il est à peu près impraticable à bord des autres bâtimens de guerre, et surtout à bord des navires sous-marins, les plus redoutables de tous (c).

Enfin on ne doit pas perdre de vue que des murailles en bois , épaisses de 5 pieds , quoiqu’elles ne pussent pas être traversées entièrement par des obus ordinaires , seraient bientôt bouleversées et incendiées parleurs explosions; et, comme on se dispose à employer bientôt les obus dans les combats de mer , .il est déraisonnable de construire en bois aucune espèce de citadelles flottantes. Les murailles eu fer, épaisses de 6 à 7 pouces, seront non-seulement à l’épreuve des boulets de gros calibres , mais en outre les obus, dont les parois ont au plus un pouce d’épaisseur , se briseront toujours en frappant de pareilles surfaces (2). Ajoutons

(1) Mémoire sur la navigation et la guerre sous-marines. Annales maritimes , n° 5 . d’août et de septcmb. 1823.

(2) Des boulets pleins, de gros calibres , en rencontrant d’autres boulets, dans un but en bois, se broient et se pulvérisent. (Voyages dans la Grande-Bretagne : Force militaire ■, par Ch. Dupin, tom. 2, p. i 85 .) On a vu un boulet tiré contre une masse de plomb se briser en mille morceaux ^ Nouvelles expériences d’artillerie , trad. par Willantroys, pag. 440 Ou ne saurait douter, d’après ces exem-

que l’acier qui est plus dur et moins pesant que le fer, serait infiniment préférable pour les constructions militaires. On pourrait, par économie, employer l’acierle plus commun, etagir comme il suit :

L’enveloppe extérieure continuera à être eu feuilles de tôle, qui auront 6 lignes d’épaisseur, etqui s’ajusteront les unes contre les autres, au moyen de rebords intérieurs ayant chacun 5 pouces de haut. L’espace subsistant entre les rebords sera rempli par des plaques d’acier. On maintiendra ceMes-ci en place , par une enveloppe intérieure , fabriquée comme celle du dehors ; mais , au lieu de faire correspondre • les joints et les rebords de ces.deux enveloppes, on les placera à moitié distance les unes des autres. Les plaques de remplissage en seront mieux soutenues , et le navire mieux lié. On ne fera d’ailleurs usage des plaques qu’aux endroits susceptibles d’être atteints par les boulets.

Un vaisseau en fer, dont la coque serait ainsi à Fépreuve de toute espèce de projectiles, aurait une supériorité incontestable sur les vaisseaux

pies , que des obus se rompraient en frappant une muraille en fer, et ne pourraient se loger dedans , d'autant que ce sont les deux résultats obtenus lorsqu’on les tire contredes murailles de pierre. ( Handbuch fùr officcre , etc . , vpn Scharnhorst , tom. a , p. a5o. )

privés de cette importante qualité , et même sur les batteries de côté , qui Sont à barbette , ou qui ont de larges embrasures en forme de trémie , dans lesquelles il esf facile , en se battant de près , d’ajuster un grand nombre de coups. On peut, il est vrai , rendre à l'épreuve de tout projectile les vaisseaux actuels , en les rasant et en les couvrant de fer; mais une pareille installation deviendrait à la longue fort dispendieuse , vu la durée très-inégale du fer et du bois , et le travail immense qu’exigerait chaque réparation. Les navire! totalement en fer conserveraient d’ailleurs sur les vaisseaux, revêtus d’une cuirasse , l’avantage d avoir des" sabords moins ouverts , des bouches à feu servies plus commodément, et d’offrir, à égalité de dimensions extérieures , de plus vastes batteries. Enfin on incendierait facilement les anciens vaisseaux, malgré leur cuirasse, en jetant pardessus leurs bastingages, ou au travers de leurs sabords, à l’aide de pompes refoulantes, des compositions liquides et erillam niées (j).

Jusqu’ici nous n’avons examiné que les avantages purement maritimes et militaires des navires en fer. Mais ils en possèdent plusieurs autres relativement à la prospérité industrielle des

(i) Institut, milit. de l’empereur Léon, trad. par Joly deMaizeroy , torn. 2, pag. 272. . 1 , •

États et au bien-être des particuliers. Les forêts, dans tous les pays civilisés, deviennent chaque jour moins nombreuses, et nesuffisent plus qu’irnparfaitement aux constructions navales , dont le prix augmente sans cesse. Les constructions en fer délivreraient des mesures odieuses qui restreignent le droit des proprie'taires , et qui menacent de devenir plus oppressives encore ; la consommation du bois diminuerait considérablement, ét une immense quantité de terrain serait rendue à des cultures plus lucratives. C’est d’ailleurs servir tous les peuples , que de les obliger à s’occuper plus que jamais de l’exploitation des mines , qui est essentiellement liée aux autres progrès des principales branches de l’industrie. *

On peut prédire hardiment que l’emploi du fer ne fera que s’étendre de toutes parts. Déjà , dans toutes les marines, on commence à fabriquer en fer les câbles* les bouées et les vases qui contiennent des liquides. Déjà, dansla Grande- Bretagne et aux États-Unis , les ponts et les voûtes de grandes dimensions se construisent avec ce métal, employé aussi pour une foule d’ustensiles et d instrumens qui de tous temps avaient été faits en bois. A mesure que le fer , mieux fondu , deviendra plus malléable , et aura moins besoin d’être forgé , on trouvera naturellement plus économique de multiplier

son usage. Le bois disparaîtra surtout des constructions où il se trouve alternativement expose' à la destruction journalière des vers et de l’humidité, et à la destruction instantanée des grands incendies.

Quelques pays ont un intérêt particulier à substituer le fer au bois , dans toutes les constructions, et notamment dans les constructions navales. La Suède , qui possède de riches mines de fer , et qui n’a pas encore uné marine con* sidérable , semble être en première ligne à cet égard. L’Angleterre a dimmenses ressources, pour construire des navires en fer ; mais , en adoptant cette innovation , elle se priverait des plus grandes flottes militaires et marchandes, et des plus grands chantiers, atelierset magasins de bois qui aientjamaisexisté.Néanmoinscette révolution mécanique' adoptée avec une sage lenteur et avec tous les soins que requièrent les circonstance^locales , tournerait bientôt à l’avantage dé la Grande-Bretagne. Tel a été le fond du jugement porté par une commission ( 1 ) qui a été chargée d’examiner le projet qui vient d’être développé. Mai§ elle n’avait pas sous les yeux, les écrits relatifs aux navires sous-marins. C’est à leur sujet particulièrement que je propose de

(i) Composée de M. l’amiral Halgan ; de M, le baron I.air , directeur des constructions navales; et de M. Charles Dupin , officier supérieur du génie maritime.

substituer le ferau bois. Cette espèce de navires forcera inévitablement tous les peuples civilisés à se liguer pour empêcher que des pirates n’en fassent usage ; çt la liberté des mers s’établira dès lors sur les débris de la souveraineté navale, dont les Anglais se sont emparés à la honte et au détriment de tous les états maritimes. Ainsi le nouveau système heurte seulement les prétentions outrées de la nation britannique , mais il favorise éminemment les intérêts et les droits du reste de l’espèce humaine (i).

La commission dont il vient d’être parlé , en témoignant que l’adoption des bâtimens en fer lui paraissait plus favorable à l’Angleterre qu’à la France, a néanmoins exprimé le vœu de voir construire aux frais du Gouvernement , comme essai , quelque navire tout en fer. Cette commission , qui n’a pas été consultée à l'égard des navires sous-marins , n’a pas cru devoir en faire mention dans son rapport; mais chacun de ses membres sent parfaitement 1 importance de la navigation et de la guerre sous-marines.

(i) Voyez Mémoire sur la navigation et la guerre sousmarines , publié dans les Annales maritimes , numéros d’aût et de septembre 1823.

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