NOTICE SUR LA VIE ET L OEUVRE DE MAINE DE BIRAN V
jeune Cousin devait se joindre à eux. C'est pendant cette période qu'il publia l'Examen des Leçons de Philosqphic de M. Laromiguiére (1817) et VExposUionde la Doctrine de Leibniz (1818). Mais il composa aussi le Commentaire sur les Méditations métaphysiques de Descartes, les Rapports des Sciences naturelles avec la Psychologie, VExumen des Doctrines de .1/. de Donald, les Fondements de la Morale et de la Religion qui furent publiés depuis.
C'est surtout par le Journal que nous connaissons la dernière période de sa vie. Nous y voyons sa santé devenir de plus en plus chancelante, le mécontentement de soi grandir, par suite de l'instabilité-de ses sentiments et du déclin de ses facultés. Sentant, en lui comme en dehors de lui, tout point d'appui lui manquer, Maine de Biran se réfugie au sein de la religion. Dieu occupe dans sa philosophie comme dans sa vie, une place que jusque-là il n'y avait pas. Un ordre nouveau de faits se révèle à lui ; il ajoute un nouvel étage à sa construction philosophique. De même qu'au début de ses méditations, la vie humaine caractérisée par la conscience de soi lui était apparue comme radicalement distincte de la vie animale, de même, il conçoit la vie de l'esprit, ou la vie religieuse comme infiniment élevée au-dessus de la vie consciente. C'est sous l'infiuence de cette idée qu'il commença une nouvelle rédaction de ses travaux philosophiques, les Nouveaux Essais d'Anthropologie, qui eût été l'expression définitive de sa pensée. 11 n'y abandonnait rien de ses idées antérieures ; mais il les coordonnait avec ses idées nouvelles. Il n'eut malheureusement pas le temps d'achever cet ouvrage dont nous ne possédons que des fragments. Il mourut, le 22 juillet 1824, après avoir reçu les derniers sacrements.