‹ Mémoire sur les polypes de l'urètre et de la vessieChapitre 11 sur 11 · COROLLAIRE · texte numérisé non relu

COROLLAIRE

§ I. Une sécrétion surabondante de mucosités par la membrane interne de la vessie , leur apparition dans l’urine accompagnée d’une douleur quelquefois aiguë et constante , le plus souvent sourde et irrégulière, ont fait donner le nom de catarrhe vésical à ce trouble des fonctions.

§ IL Le catarrhe aigu de la vessie est rare, en général peu dangereux , quand il est simple. Dans cette espèce, la résolution et la guérison s’opèrent promptement.

§ III. Le catarrhe chronique beaucoup plus fréquent est aussi beaucoup plus dangereux. Le grand nombre de décès qu’il cause a porté le médecin à désespérer trop souvent de la guérison de son ma-

lade. De là la négligence des diverses causes de ce genre de maladies ; et, pour dernière conséquence fâcheuse, un traitement banal presque toujours insuffisant (1).

§ IV. Comment une abondante boisson enlèverai t-elle une pierre ou encore un fort gus de la vessie, causes si fréquentes de l’inflammation chronique de ce viscère? Serait-elle plus efficace contre les catarrhes qui sont la suite d’une obstruction de l’urètre et dont triomphe si bien la cautérisation , lorsqu’elle est judicieusement employée ? Non sans doute.

§v .Le catarrhe vésical n’est donc incurable que pour ceux qui n’en connaissent pas toutes les causes matérielles.

§ VI. Une longue pratique et l’analyse fourniront désormais, non seulement le moyen de les distinguer , mais encore ceux de les détruire. Bicbat n’a désespéré de guérir les fongus de la vessie , que parce qu’il croyait impossible qu’on découvrît jamais sur l’homme vivant les signes qui pourraient

(i) Nous n’ignorons pas que beaucoup de médecins ont vu dissiper les mucosités de la vessie par un traitement interne, par V usage des eaux minérales de Contrexeville (département de la Haute-Marne) et autres eaux analogues, bues à grandes doses; mais nous savons aussi que le plus grand nombre de ceux qui ont passé pour guéris, sont retombés malades dans la meme année ou les années suivantes.

indiquer la nature de la maladie. Cependant nous en sommes arrivés là par lusage attentif dune sonde qui nous sert en meme temps d’EXPL orateur et d’EXTR acteur. Le plus léger toucher peut faire distinguer une pierre dun fongus dur , par un chirurgien judicieux. Celui qui manque de jugement ne devrait ni sonder, ni pratiquer la litothomie.

§ VII. Lorsqu’un fongus mou existe dans l’urètre, et meme dans la vessie, il vient sans efforts, par la seule contractilité de la tunique musculaire, se placer dans les ouvertures de l’instrument; et si vous avez soin de fermer exactement avec le pouce le pavillon de la sonde, celle-ci vous rapportera une partie du fongus qui vous permettra d’en étudier la nature. C est ainsi que par degrés nous sommes parvenus à connaître et à détruire plusieurs autres fongus , que ceux dont nous avons fait le sujet de ce mémoire (i).

(i) Deux jours après avoir lu ma première observation à F Académie des Sciences , je fus offrir à M. Pelletan de lui montrer la pièce anatomique qui s’y rapporte ; il consenlit à se réunir à M. Boyer pour l’examiner en même-temps : M. P*** ajouta (pie, malgré son grand âge, il n’avait jamais vu de polype dans l’urètre. Il en conclut avec raison que cette maladie devait être bien rare... Mais il n’en nia pas la possibilité.

Le lendemain je vis M. Boyer qui (oubliant tout à coup que j’avais été son élève favori, et que j’avais toujours joui de sa plus

Après avoir rendu de si grands services à la chirurgie française et à l’humanité, comment se faitil que des professeurs de la Faculté de Médecine de Paris ( qui ont tant à faire pour soutenir son ancienne illustration aux yeux des étrangers) , que

parfaite estime), refusa d’examiner la pièce anatomique et tous les objets qui auraient pu dissiper son erreur, osa me

dire « que je m’étais fait illusion; qu’il n’y avait pas de polype dans l’urètre; que je voulais tromper mes confrères. »

Un tel propos tenu par celui que je respectai pendant plus de 20 ans, comme un second père, m’arracha des larmes, en me donnant la conviction qu’une blessure de l’amour-propre peut faire oublier les sentimens affectueux, et même ceux de probité.

(Réponse à M. le professeur Boyer.)

Les détails que j'ai donnés dans ma première observation me dispensent de m’appesantir sur votre première objection, parce que vous en avez mal entendu la lecture à l’Institut ,i puisque vous êtes déjà un peu sourd, et que vous avez refusé de la lire vous-même avec réflexion. Quant à la seconde, qu’il n’y a pas de polype, de fongus dans l’urètre, je la trouve au moins aussi hasardée; car elle tendrait à faire croire que les anciens n’ont rien vu, n’ont rien su, que ce que vous avez bien voulu admettre dans vos leçons et dans vos ouvrages. Parce que vous avez constamment comprimé, dilacéré, détruit des carnosités avec des bougies et des sondes, qui n’avaient que la moitié ou au plu" les deux tiers du diamètre de l’urètre, sans

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vous apercevoir que vous combattiez plus souvent une chimère

des membres de l'Académie de Médecine réunissent des intriguas pour empêcher et retarder la propagation de nouvelles ressources contre les infirmités humaines!

NICOI) ,

Ancien Chirurgien en chef de Fhôpital Beau jon, etc....

f|u un ennemi réel, s’ensuit-il que Ferri, Paré, Lemoine, etc.,n ont rien su de ce que vous avez refusé d’apprendre d’eux ? Que penseront de votre assertion les Anglais qui possèdent dans les cabinets royaux plusieurs exemples de polypes de i métré, soit sur les côtés du vérumontanum, soit surd’auties points du canal ?.. . En France, que penseront les médecins qui ont vu rendre, avec les excrétions alvines, des tumeurs fongueuses • ceux qui en ont trouvé implantées dans la cavité du tube intestinal , comme Af. le baron Portai , premier médecin de Charles X? Que diront enfin tous les malades que j’ai guéris de maladies que vous regardâteteqmme incurables, parce que vous ignoriez la vraie cause et le traitement efficace? Ceux' Là meme à qui je n’ai pu apporter qu’un grand soulagement à leurs maux , douteront-ils de l’existence des polypes mous , des fongus dans î urètre? Non, M. le professeur. Ils me sauront gré des efforts que j’ai faits pour les guérir; ils partageront, n’en doutez pas , l’indignation que m’a inspirée votre offense, et il répéteront avec moi: Oui, certes il existe des fongus dans l’urètre, Nicod est incapable de tromper ses confrères , et il en fournira bien d’autres preuves.

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