DEUXIÈME OBSERVATION
Polype de l’urètre , sans aucune complication.
M. S**** , lieutenant adjudant de place à G... âgé de 4i ans était affecté de dysurie depuis 9 ans , lorsqu’il vint se confier à mes soins , le 4 octobre 1825. Nombre de fois il avait été menacé de rétention complète , par une lenteur trop prolongée à rendre ses urines ; d’autres fois il éprouvait une incontinence partielle. Il attribuait sa maladie à des injections qu’on lui fit après son retour de la campagne de Russie , dans l’intention de guérir une blénorrhée qui durait depuis onze années. En effet , quelques semaines après les avoir mises en usage , il n’urina que
goutte à goutte , avec des douleurs de vessie insupportables , accompagnée de ténesmes. Le moindre excès en boisson l’obligeait d’uriner â chaque instant. Une chose bien digne de méditation dans l’étude des maladies de ce genre ,, c’est que ce tourment passait quelquefois brusquement et revenait de meme.
La première recherche que je fis sur l’urètre, avec une sonde exploratrice de Ducamp, du n° 8, ( 2 lignes et demie de diamètre ou 6 millimètres ) m’indiqua que ce canal n’était pas obstrué jusqu’à 7 pouces., mais qu’à 7 pouces 5 lignes il ne conservait qu’un tiers de ligne de diamètre près de sa paroi supérieure. Après un bain et deux jours de repos, une bougie n.° 2 passa dans la vessie; les douleurs commencèrent à diminuer , et le jet d’urine augmenta.
Le troisième jour du traitement , la sonde exploratrice se trouva déprimée de 6 pouces 9 lignes à 7 pouces , où le diamètre du canal n’était que d’une ligne et demie; tandis que trois jours auparavant le diamètre était véritablement de trois lignes (1). Une autre particularité re-
(1) Celte observation prouvera combien il est important de prendre ses mesures avec le plus grand soin et de les écrire avec précision ; car cette variation SEULE fut pour moi un