‹ Mémoire sur les polypes de l'urètre et de la vessieChapitre 6 sur 11 · SI · texte numérisé non relu

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marquable dans cette empreinte, c’est que la pointe indiquait le canal en bas , contradictoire" ment à la première empreinte.

L’ expérience m’avait déjà appris qu’il existe des carnosilés flottantes dans îe canal de 1 uretre; c’est pourquoi je n’hésitai pas un instant à era-' ployer la sonde d’argent qui m’avait si bien servi chez le général Darsonval. Après une légère secousse , elle pénétra dans la vessie et fit sortir : i.° une carnosité de 3 pouces 2 lignes de longueur et d’une ligne de largeur, dont une des extrémités était bifurquée. 2.0 Un fragment de 9 à 10 lignes de longueur, et un autre très-petit ,, également rougeâtres. Le soir , une nouvelle empreinte à 6 pouces 9 lignes, indiqua par sa pointe , d’une ligne et demie d’épaisseur , que le canal était situé en haut , et rétréci par un bourrelet en bas. La même sonde frotta l’obstacle en passant dans la vessie , évacua l’urine que le malade avait laissé accumuler à dessein pendant 5 heures , mais elle ne détacha que deux lambeaux ; d’une ligne chacun.

Le quatrième jour, l’empreinte indiqua en-

signe que lurètre contenait dans cet endroit quelque chose de mobile , qui if était pas une escarrhe , puisque je n’avais pas encore cautérisé .

core îe canal en bas , contradictoirement à la précédente et à la première du traitement . J’eus de nouveau recours à la sonde d’argent, qui fit sortir deux petits lambeaux de carnosités, et qui, à la deuxième tentative , pénétra dans la vessie sans rien produire de particulier.

Le cinquième jour, la sonde ne pénétra pas aussi facilement dans la vessie ; mais l’urine cessa de présenter une légère teinte de sang et de petits lambeaux comme à l’ordinaire; seulement en ramenant les yeux de cette sonde sur le pédicule du polype, ils se chargèrent de deux petits fragmens.

Le sixième jour , l’empreinte , toujours de

même grosseur , présenta , à 7 pouces 6 lignes , une bifurcation à droite, qui indiquait le lieu de l’implantation des polypes. La sonde en détacha deux fragmens qui avaient environ 1 pouce 6 lignes de longueur et une et quart de largeur.

Les deux jours suivons , le malade urina si bien qu’il se croyait déjà guéri. En effet, ses urines étaient devenues transparentes, leur jet fort et bien arqué ; ses douleurs avaient disparu ; la sondex passa chaque jour deux fois dans la vessie, et ne fit sortir que de très-petites brides filiformes. Le contentement du malade fut porté à son comble.

Le onzième jour , une nouvelle empreinte fut

déprimée à 7 pouces , à gauche , en bas et principalement à droite, où paraissait être la base des végétations. J’y pratiquai la première cautérisation : non seulement le malade urina mieux le même jour , mais encore les deux jours suivans. Le troisième jour de la cautérisation , espérant avec ma sonde charger l’escarrhe ou quelques fragmens de brides qui paraissaient être la cause de la diminution du jet d’urine , je fus trèsétonné de ne pouvoir approcher de la vessie. Comme je l’avais présumé d’avance, dès que j’eus retiré la sonde , une nouvelle empreinte indiqua un gros bourrelet, situé à 6 pouces S lignes, c’est-à-dire , 4 lignes plus près du méat urinaire que le point cautérisé légèrement à 7 pouces. J’employai si bien la sonde de Ducamp, qu’elle rapporta une portion de carnosité ayant 8 pouces de longueur sur 2 lignes de largeur (1). Néan-

(1) D’après les différens essais que j’ai faits jusqu’à présent pour conserver la couleur et principalement les formes de ces carnosités qui ont peu d’épaisseur, je donne la préférence à la dessiccation sur du papier blanc, avec la précaution de les étendre dans les formes que l’on ne distingue très bien que dans l’eau ; car le raccourcissement qui résulte de la contractilité organique et de l’action de l’air, en altère les embrancheinens et les rend friables au moindre froissement du papier :

moins , je ne pus la faire parvenir dans la vessie, ni le lendemain ! Tandis qu’une sonde exploratrice d’une demi-ligne plus grosse y passa deux fois.

Un refroidissement accidentel et en partie volontaire, peut-être encore la commotion morale qui dut résulter d’un pareil désappointement pour un père sensible et infortuné , lui occasionèrent une fièvre muqueuse pulmonaire qui dura trois jours. Cette fièvre intermittente quotidienne ne l’empêcha pas de désirer les autres opérations qui devaient débarrasser totalement son canal. Celle que je lui fis le douzième jour, donna issue à trois fragmens dont le plus court avai t un pouce de longueur, et le plus long deux pouces. Le passage de la sonde dans la vessie fit croire de nouveau que le canal était libre. Le fait

le moyen d’éviter, autant que possible , ce désagrément , c’est de les laver à plusieurs reprises avec une petite seringue , jusqu’à la dessiccation complète , afin de leur ôter, autant que possible , la partie rouge du sang qui augmente de beaucoup leur fragilité.

La gomme dont on peut aussi les couvrir aura encore l’inconvénient de faire croire à une plus grande quantité de partie jaune qui se rencontre pourtant quelquefois diversement mélangée ? comme mon Recueil dy observations le prouvera.

est que le troisième jour il se trouva de nouveau bouché par un fragment de 5 pouces 6 lignes de longueur , et semblable au plus grand pour la grosseur ; plus , deux autres fragmens formant 3 pouces de longueur, un peu plus étroits que les autres. Celte dernière circonstance explique la sortie par l’urètre d’une certaine quantité de sérosité sanguinolen te , qui cesse lorsqu’on en a extrait les corps vermiculaires.

Le quatorzième jour, je fis l’extraction d’un fragment de 3 pouces , bifurqué à l’une de ses extrémités; le quinzième jour, d ’un de 5 pouces et un de 4 pouces , puis deux fragmens de 2 pouces , un autre d ’un pouce ; tous à-peu-près de la même grosseur, et encore un autre n’ayant qu’une ligne de largeur sur i 8 lignes de longueur .

Après cinq jours de repos nécessités par une nouvelle fièvre muqueuse et peut-être par l’activité d’un traitement que le malade hâtait de tous ses vœux, les vingt-unième et vingt-deuxième jours, je trouvai encore dans l’urètre quatre fragmens moins considérables. Le trentième , je fis la deuxième cautérisation sur les bases des excroissances. Cette opération fit tomber une escarrhe puriforme de 2 lignes d’épaisseur et de 3 à 4 lignes de longueur.

Dès-lors je dus pratiquer trois autres cautérisations sur les racines du mal, qui fut détruit

à tel point qu’une sonde exploratrice de 3 lignes de diamètre pût séjourner sur le lieu de leur implantation sans y éprouver la moindre altération.

Tel était l’état où se trouvait M. S***., le 19 novembre 1825, jour où il quitta ma maison de santé pour retourner à son poste.

Mes espérances n’ont point été trompées ; le 1 3 décembre 1 826 , il m’apprit qu’il urinait aussi bien que lorsqu’il m’avait quitté ; qu’après avoir cessé l’usage des bougies depuis six mois, il en avait fait parvenir une de 2 lignes et demie dans la vessie , sans rencontrer le moindre obstacle , et que sa santé était parfaite.

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