‹ Mémoire sur les refoulements qui ont plissé l'écorce terrestre et sur leChapitre 16 sur 23 · PLIS COUCHÉS DES PYRÉNÉES ET DES ALPES · texte numérisé non relu

PLIS COUCHÉS DES PYRÉNÉES ET DES ALPES

Après avoir décrit avec plus de détails les faits, en partie inédits, qui sont ordre relatifs à la Provence, je vais, dans ce Chapitre et dans le suivant, indiquer les g*"Jp[J. phénomènes semblables qui ont été reconnus dans les autres régions plissées. La généralité de ces phénomènes étant un élément important pour les conclusions théoriques qu'on peut en tirer, je mentionnerai autant que possible tous les exemples qui nie sont connus, mais je n'entrerai dans quelques développements que pour ceux dont la comparaison avec la Provence peut fournir des renseignements sur le mécanisme de ces phénomènes, ou sur les différences secondaires d'aspect ou do structure qu'ils peuvent présenter.

Pour introduire un peu d'ordre dans cette description, je suivrai successivement chacune des grandes chaînes de montages, d'âge différent, dont les nouvelles études géologiques ont pu reconnaître et délinir l'individualité. Ce sont d'abord les Alpes, dans le sens large que M. Suess a donné au mot, c'est-à-dire la zone des dislocations tertiaires; puis, au nord, la chaîne hercynienne, ou zone des dislocations de la période houillère; et entin, plus au nord encore, la chaîne calédonienne, ou zone des dislocations de la période silurienne. Pour les ciaiii Alpes, je distinguerai même le versant septentrional et le versant méridional, à cause des discussions qui se sont produites sur la différence de structure des deux versants et à cause de l'importance théorique de cette question, que l'étude des plis coucliés permet, je crois, de trancher d'une manière délînitive.

La Provence fait partie de la zone alpine; le raccordement détaillé et précis La i des plis que je viens de décrire avec les plis des Alpes n'a pas encore fait l'objet ^^^'"^ ' d'une étude spéciale sur le terrain; mais on peut déjà, d'après les données acquises, prévoir que ce raccordement se fait par une large sinuosité, dont la vallée du Var marque à peu près le contour; les plis, après avoir suivi la bordure des Maures, se retournent sur eux-mêmes pour aller suivre au nord te con-

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tour du massif central des Alpes, des chaînes du Pelvoux et du Mont Bl«nc. La sinuosité, dont j'ai indiqué tout à l'heure l'amorce pour te bassin synclinal de Salernes, ne serait qu'une sinuosité secondaire, enveloppée par la précédente, et c'est au centre de ces boucles concentriques que se trouverait le bassin de Manosque et de la basse Durance, comme la vallée affaissée du Pô marque le centre de la courbe décrite par les Alpes et les Apennins, ie établit La Provence prend ainsi une importance considérable dans la géologie de e» pjré- l'Europe, parce qu'elle relie, par une sorte de trait d'union, les Alpes et les Pyrénées. Sans doute la distance est grande (plus de aoo''"') entre les Maures et les massifs de Perpignan, et la mer masque tout cet intervalle ; les sondages ne révèlent même pas un haut fond sous-marin entre les deux massifs. Mais ils se font si bien face de part et d'autre du Golfe du Lion, les plis qui les accompagnent continuent si bien la même direction, les mouvements qui ont formé ces plis datent si évidemment du même âge, qu'il est difficile, en regardant une carte géologique, de mettre en doute cette liaison. KIte ne serait même pas contredite par la remarque, récemment faite par M. de Margerie('), que les plis des Corbières, au moins les plus septentrionaux, s'infléchissent au nord-est vers Narbonne et semblent ainsi se rattacher aux collines de la rive droite du Rhône; il faudrait seulement en conclure que les plis subpyrénéens représentent la zone de convergence de ces collines et des collines provençales.

Je commencerai donc l'énumération annoncée par les Pyrénées; de là je passerai aux Alpes Françaises, aux Alpes Suisses, puis aux Alpes Bavaroises, pour arriver aux Carpathes, dont les travaux de M. Suess ont montré la liaison avec les chaînes alpines.

1° Versant septentrional des Pyrénées.

Pli couché de Ru|»- On uc connatt encore, en avant de la chaîne pyrénéenne, qu'un seul exemple de pli couché avec recouvrement, lia été décrit par M. Carez(*}. C'est le Pic de Bugarach, et la région voisine située au sud du massif primaire des Corbières, qui fournit cet exemple.

Au nord (coupe, fig. 102), sur le massif ancien des Corbières, s'appuient les argiles bariolées et les cargneules du Trias, surmontées directement et en concordance par le Cénomanien à Caprines ; au-dessus vient la série régulière du

(') Nolet sur la structure des Corbières {Bull. Service Carie géol., t. Il, n° 17, 1890-91, p. a83 et suiv.).

(*) Note sur l'existence de phénomènes de recouvrement dans tes Pyrénées de l'Aude (Bull. Service Carte géol., t. I, n° 3, 1889-90, canes et coupes).

Turonicn et du Sénonien;(l'iiiclinaison moyenne de ces couches est de 45" vers le sud.

Puis une grande faille longitudinale, orientée comme direction générale de l'est à rouesl, fait reparaître le Jurassique,î également incliné vers le sud, mais avec une pente un peu plus forte; ce Jurassique plonge sous le Crétacé, mais ce Crétacé est précisément réduit aux termes qui faisaient défaut dans la série septentrionale, c'est-à-dire à l'Urgonien, à l'Aptien et au Gault; le Gault forme une vallée synclinale, au sud de laquelle les couches se relèvent vers le massif pyrénéen, et l'Urgonien reparait au sud, butant contre les schistes cristallins.

La faille se détourne el forme au^nord une boucle allongée, enveloppant le Pic de Bugarach, qui se présente ainsi comme un promontoire large de a""",

Fia. lai. — Coupe du bord des Corbières à la vallée de Saint-Piul-de-Fenouillet.

1. SchiitmcrlaUlliniatprimHrec^ 3. Lin; 5. UrgooiaB; T. CénomBDian ; *. S^nonlaD.

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