‹ Mémoire sur les refoulements qui ont plissé l'écorce terrestre et sur leChapitre 5 sur 23 · III. Dënudation plus avuieli : pUI«*ni déalveMi par du · texte numérisé non relu

III. Dënudation plus avuieli : pUI«*ni déalveMi par du

tendre à voir produites par la dénudation dans une série de plis couchés. Ce schéma suppose ces plis couchés réalisés avec leur maximum de simplicité théo-

(') Description géologique dei environ* d'Aix-en-Protience. Thèse de doctorat. Id-4'- Monipellier, 18S0.

{') Bull. Soc. giol. de France, V série, t. XIII, 1884-8S, p. 1 15. (') Bull. Soe. giol. de France, 3* lérie, t. XV, 1886-87, P- ^7-

HÉMOniB SUR LES REFOULEMENTS

rique, ce qui est d'ailleurs souvent le cas en Provence. Si l'on suppose que la ligne du sol soit en abc, on voit qu'à chacun des plis semblables (I, II et III) . peuvent correspondre trois types apparents de structure, qu'il serait naturel d'attribuer tout d'abord à des actions profondément dissemblables. Dans le premier type, on se trouve en présence de deux séries de couches horizontales ou peu inclinées, l'une correspondant aux étages les plus récents de la région, l'autre à des terrains plus anciens. Ces deux séries indépendantes, et non plis-

Fio. Il (ï<

■ la légende de la figure précédente }.

duisant l'illi

.impl

failles.

Premier type, pro- sées, sont en coutact par une ligne plus ou moins sinueuse, qui se présente simplement comme une ligne de /aille. Une observation minutieuse de cette soidisant ligne de faille pourra seule montrer qu'il n'y a pas dénivellation verticale, que tes terrains les plus récents continuent et s'enfoncent sous les plus anciens, et que, en certains points, il existe entre les deux séries des lambeaux de couches Sinuosiudecespré- intermédiaires, dont l'ordre normal de stratification est renversé. A première f»i"i«'" ''S"'* •*' vue, la sinuosité probable de cette ligne de contact, qui n'a aucune raison d'être recliligne puisqu'elle est découpée par la dénudation dans une surface horizontale, pourra seule donner l'éveil el faire prévoir à quelle sorte de phénomènes on a affaire. La sinuosité des hgnes de discontinuité dans les affleurements peut, il est vrai, comme j'en donnerai plusieurs exemples, résulter d'autres causes; ce n'en est pas moins un indice important, et il n'est peut-être pas inu- Erreurs fréquentes tile d'insistcr sur cette importance. Trop souvent, dans les Cartes géologiques, Bique" paî-M qu^'on surtout en France, on se laisse aller à s'appuyer, inconsciemment ou non, sur présume la rediii- l'ancIcn principe de la rectilignité des failles : quand ainsi, dans une contrée,

gnité des accidenU. ., , ' ' , . .11, ■> ■■ ■ ■ , i, ■

il y a des masses épaisses de couches d aspect uniforme, il est clair qu une denivellatioQ dans ces couches est diflicile à constater, et, réciproquement, il est

presque impossible de démontrer que, dans une direction donnée, il n'y a pas de dénivellation qui les traverse; en se donnant le droit, d'après cela, de prolonger les failles réellement observées, dans les endroits oà Von ne peut pas démontrer qu'il n'en existe pas, on peut arriver à compléter un réseau de lignes droites ou à peu près droites, et à masquer la sinuosité quand elle existe réellement. Si l'on n'attache pas aux failles d'importance théorique, il faut, comme le font souvent les géologues suisses, laisser à ceux qui étudient la Carte, le soin facile de les reconnaître d'après la discontinuité des affleurements; si, au contraire, on y voit un élément important pour l'appréciation de la structure de la région, et qu'on tienne, comme on le fait toujours en France, à mettre cet élément en évidence, il ne faut marquer ces failles que là où l'on peut démontrer leur existence; le seul principe sur lequel on puisse s'appuyer pour combler les lacunes de l'observation est celui de la continuité, mais jamais celui de la rectïlignité. Si évidente que paraisse cette remarque, j'ai eu bien souvent l'occasion de constater qu'elle n'est pas inutile.

Le deuxième type correspond à une période de dénudation un peu plus j'*""'*"*'^^g"°^ avancée : la masse de recouvrement, c'est-à-dire la masse des terrains plus produLimt l'iiiusioa

, ... - t r . j -.' de discordances dans

anciens amenés en superposition sur les terrains plus récents, a en grande partie ,, ^^j^ sédimeniaire. disparu; il n'en reste plus que des Ilots complètement isolés. Dans ce cas, il y a plus de chance pour que les affleurements mis au jour se rapprochent de la charnière synclinale et, par conséquent, pour qu'on puisse, par le retroussement de certaines couches, constater l'existence d'un pli; mais il n'est pas même nécessaire que cette partie plissée présente des renversements et, en tout cas, elle occupe un espace restreint par rapport aux affleurements horizontaux ou peu inclinés; l'impression première et dominante sera donc celle de larges bassins, à bords peu inclinés, au milieu desquels émergent, comme des écueils, des lambeaux de terrains plus anciens; l'interprétation naturelle, celle du moins qui a été le plus souvent donnée en pareil cas, c'est que ces écueils préexistaient au dépôt des couches qui les entourent; on est donc amené à conclure à des discordances de stratification. Le grand mouvement de plissement qu'a subi la région peut n'être plus complètement masqué, comme dans le premier type; mais son importance apparente est beaucoup diminuée, et il semble avoir été précédé par des dislocations locales qui ont accidenté le fond des mers et permis le ravinement des dépôts ainsi émergés. Il est vrai que, si l'on veut préciser, on arrive, pour les mouvements qui auraient créé ces discordances, à des localisations et à des irrégularités choquantes; mais la preuve de l'existence du pli couché ne peut réellement se faire que par la constatation de la petite bande de terrains renversés.

Enfin, le troisième type ne permet plus que des hypothèses sur ta struc- Troisième type, corture vraie de la région : la dénudation plus profonde a fait disparaître toute ^Xt^onp'iuspTOflo" trace du pli couché; il n'en reste plus que le noyau, vertical ou légèrement de, ei poavuai créer T. L. — H" a. 8

l'apparence de grands déversé; la surface suivani laquelle s'est effectué le glissement horizontal se

des failles Tcrticaies. prolonge plus OU moîns en profondeur, toujours parallèlement au flanc du pli, c^est-à-dire en se rapprochant de plus en plus de la verticale. Il pourra se faire, il arrive même souvent que là encore cette faille supprime une épaisseur considérahle de couches, et que, dans Tétude du noyau du pli, elle paraisse le phénomène principal. Ce sera, en somme, une grande ligne d'accidents (faille, pli monoclinal ou pli brusque) qui se suivra au milieu d'une région peu tourmentée, et, si tous les plis avaient été ainsi profondément entamés, l'aspect général de la région serait celui des grandes régions de plateaux montagneux, comme ceux du Tyrol ou de TUtah; c'est-à-dire qu'on se trouvera en face de grands espaces horizontaux ou peu dérangés, séparés par des handes plus compliquées, relativement étroites, pouvant même se t^duire à de simples lignes de failles. On peut s'en convaincre en supposant que dans le schéma de la page 56 la surface du sol soit marquée par la ligne a"h'd'. Le caractère de fuseau plissé, de chaîne de montagnes au sens géologique du mot, peut être alors complètement effacé.

Ces explications montrent hien comment l'existence des plis couchés en Provence a pu si longtemps échapper à l'observation, et comment le caractère Le» trois types se même de région plissée a pu y être méconnu. Les trois types précédents s'y

renconiieni en Pro- rencontrent et ODt coocouru lous trois à masquer le rôle d'un grand refoulement d'ensemble. Mais, une fois l'existence de ces plis reconnue, il reste un autre problème à résoudre pour connaître et comprendre la structure du pays, c'est de suivre chacun de ces plis, pour se rendre compte de leur direction, de leurs relations mutuelles et de leur parallélisme plus ou moins accusé; en d'autres Nécessité de définir temics, après avoîr constaté l'existence d'un mouvement de plissement, il faut

et de di-terminer une rendre comptc de l'orientation suivant laquelle ce mouvement s'est propaeé

ligne directrice de 1 ^ ' , r r a

ciiacun des plis. lougitudînalement. Ce problème se trouve compliqué par la difficulté de choisir Oimcuiiés de la ^^ ^^ définir une ligne directrice d'un même pli. Dans le cas d'un pli droit,

queiUon, cette difficulté n'existe pas : la ligne directrice du pli, celle qui définit son orien-

tation, sera l'intersection du ^lan axial avec la surface du sol ; comme ce plan axial est vertical, ou même s'il est légèrement incliné, il n'y aura pas de déviation apparente due au plus ou moins grand degré de dénuda tion. Dans les plis couchés, il n'en est plus ainsi : la direction apparente dépend des affleurements, c'est-à-dire du relief du sol; elle est indéterminée dans toute la partie horizontale; elle ne reprend de signification précise que si l'on peut observer le noyau du ph. Si, comme j'ai essayé de le faire pour la Provence, on veut tracer sur la Carte des lignes qui représentent la position des différents plis, on est bien forcé de se guider sur les affleurements, et l'on ne peut même pas définir d'autre ligne directrice que l'intersection du sol avec la surface axiale, c'est-à-dire avec la surface qui sépare le flanc supérieur du flanc médian, les couches normalement superposées des couches renversées. Pour en corriger les irrégularités acciden-

QUI ONT PUSSE L'ÉCORCE TERRESTRE. 5q

telles, il faudra recourir à une Borte de tracé moyen, un peu arbitraire en beaucoup de points, en tout cas déduit autant de l'interprétation que de l'observation directe; et même en faisant ainsi, il sera souvent difRcile de décider si certaines inflexions apparentes n'ont pas leur raison d'être dans l'obliquité du pli. Il y a là une première cause qui pourrait suffire pour obscurcir ou même pour effacer toute trace d'orientation générale dans les accidents de la Provence et par suite dans ses reliefs, et pour imprimer à sa topographie te caractère confus que j'ai signalé plus haut.

Mais cette cause n'est pas la seule, ni même la plus importante. Il est certain Difficulté résuitaot que les plis de la Provence ne se sont pas partout propagés en ligne droite, ou iJ^p" vlnre"* Lsom qu'ils ont été déviés de leur direction première. Que la torsion soit originelle p" P^pie** «" 'ib'>« ou postérieure, elle est incontestable et peut se constater même dans des couches verticales. La direction est-ouest, qui s'observe en général dans les chaînons les plus accusés au point de vue du relief, passe à peu de distance à une direction nord-sud, et ne revient à la direction première qu'après des sinuosités plus ou moins marquées, et même, comme il est probable pour le massif d'Allauch, après de véritables boucles. La Provence est un pays de plis couchés, mais en La Provence est un

. Il'- Il fiv . ■ pays de plU couchés,

même temps un pays de plis sinueux ou tordus; la dulerence avec une région mais en m£me temps

plissée régulièrement, comme le Jura, ne se manifeste pas moins dans la direc- *"' p'" *'""*"*■

tion des plis que dans la coupe de chacun d'eux.

Ce phénomène de la torsion des plis, et même de leur torsion brusque et Fréquence relative ,; , , 1 r r 1 11 . ■ >■ ■ Il de la torsion des pli»,

compliquée, est sans doute plus iréquent qu on ne 1 a pense jusqu ici. Il se

retrouve dans plusieurs régions des Alpes, et notamment dans les environs de Castellane. Il est naturel d'en chercher l'expbcation ordinaire dans l'exagération du phénomène des décrochements transversaux, des Blâlter, dont j'ai parlé plus haut; mais, quand il arrive à être aussi marqué et aussi général qu'en Provence, on peut se demander s'il est bien conciliable avec l'idée du refoulement d'ensemble, fondée précisément sur i'uniformité de direction et sur le parallélisme des plis. Même quand ces plis sinueux s'emboîtent parallèle- **''» "■»>«". •'«'"-

, I , ■ ■ 1 - . , , 1 . ■ boitant les uns dans

ment les uns dans les autres, ainsi que cela a ete constate dans les Alpes les autres, dans lei Apuennes par M. De Stefani ('), il est clair que la signification n'est plus la *'p«« ^''*'"'«même. On est en présence d'une exception, qui n'Infirme pas la règle générale ni les conclusions qu'on en tire, mais qui demande une explication spéciale.

Cette explication pourrait se trouver, pour la région qui nous occupe, dans L'eipiication, pour ce fait que les Maures sont un massif ancien, émergé depuis longtemps, formé c1iercher°dalu'*u i^ de roches rigides et, par conséquent, peu susceptible de céder, sinon en masse, »>»«"« e«rcée par aux efTorts de plissement. Ce massif aurait joué le rôle d'obstacle résistant, de Maures, barrière dans la propagation des plis. On peut se rendre compte de ce rôle en se reportant à l'expérience classique de Hall : si l'on comprime des couches

(') Lepieghe délie Alpi Apuane. In-8", Firenie, 1889. Carte.

6o MÉMOIRE SUR LES RfiPOtILBHBNTS

d'argile superposées dans une caisse, en rapprochant progressivement deux bords opposés de la caisse, ces couches s'ondulent en plis réguliers et parallèles. Mais, si l'on suppose qu'au milieu de ces couches plastiques et peu résistantes on ait introduit un bloc de granité, les plis produits dans l'argile devront évidemment se dévier à son contact ; les uns s'y arrêteront brusquement, d'autres le contourneront; d'autres enfin, surtout si la compression a été brusque, se froisseront irrégulièrement en sinuosités répétées; des plis secondaires prendront naissance et, dans leur parcours limité, seront les plus irréguhers de tous. La confusion de ces froissements multiples ne cessera qu'à une certaine distance du bloc pour laisser reparaître le parallélisme général. Le massif des Maures aurait joué en Provence le rôle du bloc de granité au milieu des couches d'argile. Il est évident qu'il y a là une notion simple, facile à concevoir et correspondant bien à l'ensemble des faits observés. C'est celle que M. Suess a développée à propos des massifs qui bordent la chaîne alpine. Malheureusement, il Resirieiioni atcet- existe uoc difficulté que je puis seulement indiquer ici : les terrains cristallins Hiw cette ïpo- j^ massif des Maures ont certainement subi l'action des plissements dont ils auraient, en même tçmps, entravé ou dévié la propagation; du Poget à Gonfaron, les phyllades sont renversés sur le Permien, et aux environs mêmes de Toulon on peut, comme nous le verrons, constater l'existence d'un lambeau de ces mêmes phyllades superposé au Muschelkalk. La bordure, au moins, du massif cristallin témoigne donc de déplacements horizontaux, comparables à ceux des terrains sédimentaires, et l'hypothèse du massif résistant ne saurait être admise qu'avec de formelles restrictions.

Cette hypothèse reste pourtant jusqu'ici la seule à laquelle on puisse rattacher une explication de la sinuosité des plis, et au fond l'existence de plis, même de plis renversés et couchés, constatée dans les terrains cristallins, n'est pas incompatible avec l'idée d'une résistance exercée par l'ensemble du massif. L'affleurement actuel des terrains cristallins n'ofTre qu'une coïncidence grossière avec la limite des massifs anciennement émergés; là où ces terrains sont actuellement masqués sous les couches secondaires, plus ou moins régulière* ment plîssées, ils ont évidemment participé aux mouvements des masses qui les recouvraient, et il n'y a pas de raison pour que ces mouvements se soient arrêtés précisément aux points où la dénudation a fait disparaître le manteau des terrains plus récents, ni même précisément aux points où s'est arrêté le dépôt de ces terrains. La comparaison avec le bloc de granité n'est qu'une comparaison grossière, parce qu'elle introduit deux éléments distincts, susceptibles de mouvements indépendants; tandis que, dans le phénomène naturel, toutes les masses mises en jeu sont restées solidaires, les résistances ont varié progressivement d'un point à l'autre et, par suite, la notion d'une zone de résistance plus grande ne peut être qu'une notion un peu vague, et en tout cas incompatible avec la ' fixation de limites précises et tranchées.

QUI OMT PUSSE L'ÈCOBCE TERRESTRE. 6l

Ces considérations ne sont pas applicables seulement à la Provence; ce n'est pas seulement dans tes Maures qu'on a pu constater la propagation plus ou moins locale de plissements récents dans les massifs anciens. Ces faits contrediraient évidemment l'idée de blocs rigides interposés dans l'écorce; mais ils n'inBrment pas celle de noyaux plus résistants, susceptibles de dévier les plis.

Une autre idée se présente aussi naturellement à l'esprit : la sinuosité des UsinuosUédespiis plis pourrait être une appareuce due h la superposition de deux plissements Mtei^M du^Matudistincts. Lorsqu'on dit qu'un pli se contourne, il semble qu'on pourrait dire perpositio» Je àvax aussi bien que deux plis différents viennent se raccorder. Mais, pour que ces deux plis différents aient réellement une individualité propre, il faut qu'ils se continuent, ou au moins qu'un des deux se continue au delà du point de rencontre. Or, cela n'a pas lieu dans la plupart des exemples que nous aurons à citer; de plus, on peut voir très nettement dans plusieurs cas qu'il n'y a pas, à ces prétendus points de rencontre, enchevêtrement de deux directions distinctes, mais passage graduel d'une direction à une autre. Une exception doit pourtant être mentionnée pour la grande bande de Trias qui, sauf une courte interruption entre Nans et Saint-Zacharie, traverse obliquement toute la région du Bud-ouest au nord-est; son allure est bien celle d'un grand pli indépendant de tous les autres. La manière dont ces autres plis viennent s'infléchir, parallèlement à la rencontre du pli transversal, rend cependant la question bien douteuse. Je ne fais ici que la signaler. Il est possible, mais non pas prouvé, qu'il y ait eu en Provence un système de plissements postérieur, et qu'il ait contribué à accentuer les sinuosités des anciens plis ; en tout cas, ce second système de plissements a localisé son action sur une zone très étroite, qui est précisément celle où se sont déposés les terrains oligocènes discordants.

Dans ce Mémoire, je n'aborderai pas l'étude de ces questions encore obscures ; j'accepte la sinuosité des plis comme un fait d'observation, sans en rechercher plus profondément les causes, et je me pose seulement le problème d'étudier, dans chacun des plis ainsi définis, la part qui revient aux déplacements horizontaux.

Avant de suivre de plus près le dessin complexe de ces plis successifs, je veux A(r«iMemeQt»po»iédire encore quelques mots d'un phénomène secondaire, dont il faut tenir ''**"■* *" Proience. compte pour l'interprétation de certaines coupes ; c'est celui des affaissements postérieurs. J'ai dit plus haut que, d'une manière générale, après le plissement des chaînes, il y a des tassements, tantôt s'étendant à des compartiments importants, tantôt plus étroitement localisés, et que les affaissements ainsi produits, surtout apparents dans les chaînes anciennes, ont déjà laissé leurs traces dans les chaînes récentes. La Provence ne fait pas exception à cette règle, et quelques-uns de ces affaissements s'y présentent avec une netteté particulière. Ainsi entre Marseille, Cuges et Signes, dans une large bande de terrains qu'on peut regarder dans leur ensemble comme le bord à peine relevé de la cuvette

Basiini d'errnndre- Crétacée du Beausset, on observe au moins quatre de ces bassins d'efTondrement, Ctrnoiii' Ro"Ti*re''ei ^ Carpiaguc, Camoux, Rouvière et Gbibron, jalonnant une trainée presque recchibroa. tiligue de l'ouest à l'est. Tous sont allongés dans la même direction ; leur lar-

geur ne dépasse pas i""", leur longueur varie entre a""" et 4''"'; i's ont, en général, enfoui des marnes aptiennes avec un peu de Cénomanien, quelquefois même comme à Cbibron le Crétacé supérieur, au milieu des calcaires urgonîens ou des dolomies jurassiques. Ces dépressions ont été en partie comblées et nivelées par d'épaisses alluvions, et créent ainsi comme des oasis de cultures au milieu des masses rocheuses qui les environnent. Les petites plaines de Cuges et de Signes, qui se présentent sur le même alignement comme des trous ou mieux comme des lacs desséchés, à bords abrupts et taillés comme à l'emporte-pièce dans la série des collines, doivent évidemment leur origine k la même cause; mais là, les alluvions plus épaisses ont complètement recouvert et masqué les terrains effondrés. Dans les autres bassins, les bords longitudinaux sont marqués par deux cassures bien nettes, sans que les masses urgoniennes dessinent même à leur voisinage un commencement d'inflexion ; l'amplitude de ces failles va en s'atténuant de part et d'autre, et elle tombe à zéro, si bien que sur les petits côtés il y a seulement inflexion des couches, sans fracture. On peut noter en passant une disposition intéressante de ces bassins effondrés, c'est que les couches y forment un bombement dans la partie médiane, et que les terrains les plus récents vont buter de part et d'autre contre les deux failles terminales; la chose est surtout bien nette dans la plaine de Chibron (fig. i3). Complication» ap- Cette ligne d'accidents joue, il est vrai, un bien petit rôle dans la structure MmeoL''daDrréiudê de la région; mais elle montre avec évidence la possibilité et ta réalité des dM plis couchi». effondrements, et elle permet d'invoquer la même action, au moins à titre

" Coupe du bauia d'alTaUseaitnt de Cbibron.

». Urgonisa; 5. Poudingu

i. Oleiiraa i Hippuritu; I. Alluvions

d'hypothèse, pour expliquer d'autres faits, moins restreints comme extension siructure des bas- superficielle, mais plus difficiles à interpréter : je veux parler des bassins tercèlîi'esTdîsôrrfin^sf" tîaires, notamment de ceux de Marseille et de Saint-Zacharie, peut-être aussi de celui de Saint-Maximin et de Brue-Auriac. Dans l'énumération sommaire des terrains de la région, je n'ai mentionné que ceux qui sont antérieurs au grand mouvement de plissement : or, postérieurement à ce mouvement, à

QUI ONT PLISSÉ LnËCOBCB TERRESTRE. 63

l'époque oligocène, des prolongements lagunaires, ou même complètement dessalés, de la mer se sont avancés assez loin vers le nord, sur l'emplacement de la vallée actuelle de l'Huveaune; là se sont déposés des calcaires et des marnes, avec Palœotherium à la base et Hélix Bamondi au sommet, puis des masses importantes de poudingues, gagnant en épaisseur vers le nord et indiquant ainsi leur direction d'origine. Ces formations oligocènes sont nettement discordantes avec les terrains antérieurs ; dans leur ensemble, elles- ont rempli le fond de cuvettes synclinales préexistantes, en empiétant plus ou moins sur leurs bords déjà dénudés ; ce qui, vu l'étirement fréquent des flancs, peut tes mettre en contact avec les terrains les plus anciens. Mais ces couches oligocènes, quoique postérieures aux grandes dislocations, ne sont pas restées horizontales; en certains points, elles sont même relevées jusqu'à la verticale. Il peut suffire, Double explication

, ,., . , . '. ■ 11 n. ■ i ■ T 1 ■ po3sible,parleaaffBii-

pour cela, qu il se soit produit une série d aliaissements longitudinaux au droit uments, au par un des anciens synchnaux; mais il peut se faire aussi que les compressions hori- '^"j,'^^^"( '^'''" ^' zonlales se soient continuées ou reproduites plus tard, qu'elles aient fait rejouer ces synclinaux ou, autrement dit, qu'elles les aient accentués, en entraînant alors dans ce dernier mouvement les couches plus récentes. Les deux hypothèses sont possibles, et, quoiqu'on ne puisse encore citer de preuve déterminante en faveur de l'une ou de l'autre, il importait de les mentionner ici; car, s'il fallait conclure que de nouvelles actions de refoulement ont été à l'œuvre après que les plis couchés existaient déjà, on conçoit que les grandes nappes horizontales amenées en recouvrement sur les étages supérieurs auraient pu être plissées à nouveau, et il y aurait alors des complications presque inextricables à prévoir. En fait, s'il y a eu une seconde phase de plissements, ce qu'on ne peut encore affirmer, les effets en tout cas en ont été très localisés, et il ne semble pas jusqu'ici que, du moins en Provence, les masses de recouvrement aient été soumises postérieurement à d'autres mouvements qu'à des mouvements d'alTaissement; on en verra plus loin des exemples.

Ainsi, en résumé, les complications des coupes de la Provence sont dues à Ptusibilii* de pr«trois cicconstances superposées : ses plis successifs se sont déversés en amenant a'uirei' é'éme^ *de sur de larges espaces les terrains les plus anciens à recouvrir les plus récents: cornpi'Mt'o" ; de la

. ^. " ... torsion des plis, Bldei

les lignes directrices de ces plis ne sont pas des lignes droites, mais décrivent aiTaissemeats posiésouvent des sinuosités très marquées; et enfin des effondrements locaux ont ''"""^• encore accidenté la surface. 11 peut donc sembler que le pays soit mal choisi pour y chercher la preuve nette et le type des grands déplacements horizontaux, dus seulement à la première de ces actions ; mais fort heureusement, grâce aux explications précédentes, on peut arriver à y préciser la part des trois phénomènes distincts. Celle de la torsion des plis peut se faire à peu près complètement par l'examen de la Carte géologique, aujourd'hui terminée; la Carte ci-jointe {PL I) en résume le résultat; on y a fait figurer les axes des plis Cane donnant le anticlinaux et synclinaux, avec l'approximation dont j'ai dit qu'il fallait se ,1^^ "p '""'<**-

6^ MÉHOtRE SUR LES REFOULEMENTS

contenter; on y a, de plus, marqué par des hachures retendue des masses de recouvrement. Pour en faciliter la lecture, je vais suivre ici sommairement l'allure des quatre grands plis principaux, puis je décrirai chacun d'eux séparément. Pli du BcausMt. En partant des Maures, le premier pli anticlinal que l'on rencontre est le pli

du Beausset. De la pointe est de la baie de la Ciotat jusqu'à Ollioules, il se dirige presque en ligne droite; dans cette partie, il réalise successivement le premier type (I) et le type (II) indiqués plus haut. A l'est d'Ollioules, son parcours devient moins net; au milieu des plis secondaires, on perd la trace du pli principal, dont l'axe semble correspondre aux affleurements permiens du nord de Toulon. On peut suivre un peu plus loin une branche secondaire, qui s'infléchit au nord, pour aller se recourber au pied du Caoumé et disparaître entre le Faron et le Coudon, en approchant du massif ancien. Il y a là une règle générale : tous les plis successifs s'arrêtent avant d'atteindre ta bordure permienne, ou, s'ils l'atteignent, ils s'y trouvent en quelque sorte noyés, sans qu'il soit possible d'en suivre la continuation.

Entre le pli du Beausset et le massif cristallin, s^ouvre le bassin synclinal de Bandol, qui ne se prolonge pas à l'est au delà de Toulon. BaMia sjoclinai du Au pli du Bcausset fait suite vers le nord le bassin synclinal du Beausset, qui

BeansMt. ^gj,g j'^gj ^^ ^^ terminer également, en face des Maures, par la masse du Coudon,

entièrement entourée par une faille comme celle du Faron. A l'ouest ce bassin, très élargi, s'accidente entre Aubagne et Marseille de deux plis secondaires, à directions assez fortement divergentes. Pli aaticiinal de la Le secood grand pli anticlinal est le pli de la Sainte- Baume. Il a déterminé, au nord-est d'Aubagne, la principale ligne de relief de ta région, avec une orientation rectiligne bien marquée sur ii*"" du sud-ouest au nord-est. C'est seulement dans ce chaînon, et seulement sur cette longueur, qu'on trouve bien accusés les caractères normaux d'un pli alpin ordinaire; c'est l'étude de cette partie qui a pu donner la clef de la géologie de la Provence. Mais ta continuation de ce Ramifications dn pli pli est bien plus complexe que celle du Beausset. A l'est, il se ramifie en plu-

bordnre'permîennt.* sieurs branches : l'une, la plus septentrionale, longtemps inaperçue parce qu'elle passe en partie au type n° I, va border au sud de Brignoles le bassin crétacé de Camps, puis se perd dans les contournements infinis des terrains trîasiques. La seconde descend brusquement au sud vers Signes, va rejoindre par Méounes ta plaine de Néoules et de Garéoult, et prend fin avant d'atteindre la bordure permienne, au sud de Rocbaron; deux plis secondaires complètent ce réseau, allant toujours comme se heurter à la plaine permienne, l'un sous forme de pH étiré près de Cuers, l'autre sous forme de simple faille près de Carnoutes. Raïucbementdupii A t'oucsl de ta Saiute-Baume, le pli, comme ta chaîne, semble se terminer

8u pli de la NErthe; hrusquementi Là, il faut se résigner à laisser une part à l'interprétation ; une

inaMir d'Aiiaucb. sâne de failles transversales, liées peut-être à un grand plissement transversal, a établi comme un large fossé de séparation entre le pli de la Sainte-Baume et

celui de TËtoile, qui borde plus à l'ouestle bassin de Fuveau. Cet intervalle est occupé par une bande oblique de Trias fortement plissé (bande de la vallée de rHuveaune) et par le massif d'AlIauch. Dans les complications de tout ordre qui s'y rencontrent, rien ne parait rappeler la structure des plis voisins, qui se font face de part et d'autre. Il semble qu'on soit là en présence d'une partie surélevée, au-dessus de laquelle la dénudation a fait disparaître le raccordement primitif des deux plis, et où le type IIÏ se substitue momentanément aux types I et IL Bien des détails, comme on le verra plus loin, restent difficiles à expliquer ; plusieurs hypothèses peuvent être proposées ; mais, en tout cas, le rattachement du pli de l'Étoile au pli de la Sainte-Baume se dégage également, comme conclusion commune, de toutes ces hypothèses. Le pli de l'Etoile se poursuit vers l'ouest, sans nouvelle inflexion, par le chaînon de la Nerthe, et au delà du Rove il se perd dans les ondulations moins accusées des plateaux de Martigues.

Le bassin syncHnal sur lequel est renversé le pli de la Sainte-Baume est Morcdlement du prodigieusement compliqué par la superposition de tous les accidents prévus i"*)." Yi"' «overaé plus haut, sauf à l'ouest, où il s'étale dans les plaines de Fuveau. En partant de •« pi' <•« '« s»'»"l'est il donne d'abord naissance, entre Camps et le Plan d'Aups, à une bande crétacée continue, qui se recourbe elle aussi vers Saint-Zacharie ; mais la manière dont les lambeaux, de Rougiers, de Naos, de Sîiint-Maximin, de l'Olympe (les Poux) et de Regaignas se raccordent à cette première bande soulève une série de problèmes, dont une partie seulement peut être considérée comme résolue.

Le troisième pli anticlinal est le pli de Brignolcs. A l'est il se termine, ainsi piî aoticiinii de que les autres, mais plus brusquement qu'eux, contre la plaine permienne, i'*°^presque à angle droit avec le bord des Maures. La place, il est vrai, n'est pas < facile à préciser, au milieu des contournements multiples du Trias du Luc ; mais on peut ta déterminer sans grande erreur, au moins pour un schéma théorique, d'après celle du synclinal sur lequel ii se renverse en plusieurs points. Il monte d'abord au nord-ouest jusque vers le Thoronet, puis s'infléchit vers l'ouest, et va au-dessous de Bras se raccorder à la ligne des coteaux triasiques qui, s'étendant du nord au sud entre Rougiers et la Verdière, sur près de Bo*"", forme Barre triasiqne comme une barre transversale au milie\i des chaînons dont la direction moyenne ^m'erîl've'rd^ère" est généralement de l'est à l'ouest. La cause à laquelle est due celte barre triasique restera difficile à préciser, tant qu'on n'y aura pas suivi en détail la direction des bancs, et cette étude, rendue un peu longue et pénible par la multiplicité des plis secondaires ainsi que par la rareté des horizons de repère, n'a pas encore été faite. Mais dès maintenant, l'analyse des coupes des environs de Bras, relevées dans une tournée récente en compagnie de M. Zfircher, nous a amenés à admettre que \ pli anlicHnal de Brignoles tourne autour du bassin Le pi> de Brignoie» crétacé du Val, et revient par une inflexion de 180" former une seconde branche ^i7èraro^,","r"iuu parallèle à la première, et qui, comme elle, va se perdre dans les ondulations même. T. L. — N° 2. 9

du Trias de Draguignan. Le pli de Brignoles offrirait ainsi l'exemple bizarre d'un pli qui, sur un parcours de plus de 4o'"", est comme ployé en deux et complètement rabattu sur lui-même. C'est seulement dans les parties où il se contourne et dans celles où il revient vers l'est qu'il a amené le déversement des terrains jurassiques sur le Crétacé, et ce déversement se fait toujours sur le bassin synclinal du Val.

Ba»in s^iicliDai do Ce bassiu Synclinal, comme écrasé entre les deux branches du pli anticlinal

deux b"*ncbM'd^ pli ^^ Brignoles, tient sur la Carte une place beaucoup moins importante que les

de Brignoles. précédents; près du Luc et du Cannet-du-Luc, il n'englobe pas de couches cré-

tacées; les dolomies du Jurassique supérieur et la bauxite, dont le développement dans toute cette région correspond à la lacune entre le Jurassique et le Crétacé supérieur, marquent seules la place du fond de la cuvette ; entre le Thoronet et Vins, la bauxite repose même directement sur le Bathonien, mais elle est surmontée par des sables crétacés, qui augmentent d'importance vers l'ouest, jusqu'à Vins, où apparaissent les couches saumâtres fossilifères de l'étage de ■ ■ Fuveau.

Pli anticiiDai de Le quatrième pli est le pli de Salernes. Celui-là rentre, sur la plus grande

Saiernes. partie dc son parcours, dans le type n" I ; aussi a-t-on continué, même après que le

pli du Beausset était connu, à invoquer de ce côté les failles et les discordances.

Ce pli, dirigé de l'est à l'ouest, va se perdre comme les précédents, près de

Lorgnes, dans les ondulations de la bordure triasique; mais M. Zûrcher a pu

Sinuosité» qui le suivrc le bassin Synclinal sur lequel il sc rcnvcrsc, quoiquc SCS affleurements ne

wuaciient, «u nord- goigjit plus marques que par des lambeaux intermittents de sables crétacés: on

est, aui plis dAup» r t t r '

et d'Ampns. le voit toumer là vers le nord, et se recourber vers le nord-ouest, pour former

le bassin parallèle d'Aups. 11 est même possible que le bassin d^Ampus, plus au nord, ne soit qu'un retour du même pli.

Du côté de l'ouest, le pli de Salemes va épouser, vers le nord, la partie supé-

siouoiités qui le riéurc dc la bande triasique déjà citée. Entre Varages et Rians, un bombement

mèn'i'^'TrouMt''au» ""''"^ accusé, mais avec fort étirement des couches sur ses flancs, relie cette

piisdeSainte-victoire bande au Trias de Rians, et par là aux plis de Sainte- Victoire, c'est-à-dire au

bord septentrional du bassin de Fuveau. La chaîne de Sainte- Victoire s'abaisse

brusquement en face d'Aix, et disparaît sous le manteau des terrains oligocènes

et miocènes ; il est possible que le pli anticlinal cesse tout d'un coup, mais on

peut supposer aussi que la chaîne représente là un pli double, c'est-à-dire un

pli qu'une sinuosité brusque ait fait se replier sur lui-même. En tout cas, la

voûte surbaissée de Fourrières rattache par une nouvelle inflexion, presque

avec rebroussement, ce pli à celui de l'Olympe et de Regaignas, et le pli de

Pli secondaire d'Es- Salernes viendrait ainsi, après tous ces contournements, mourir à quelques

Moce'à nnté*rîeur%*è <^*2"'''iii"'s de mètrcs du pli de la Nerthe,

la grande boucle dé- \\ faut cncorc citcr le pU d'Esparron, pli secondaire et de faible parcours, dent, couché sur le bassin d'Esparron et bordant le nord du bassin tertiaire discor-

dant de Brue-Auriac. Ce pli secondaire, et le pli synclinal qui lui est associé, ont pris naissance à l'intérieur de la grande boucle décrite par te pli deSalernes.

Dans rénumération qui précède, j'ai dû nécessairement, pour ne pas trop Cetie énarnération sortir du sujet que je veux traiter, me contenter de donner les résultats, sans pj^mentetije suivre entrer dans le détail des faits sur lesquels ils sont fondés ; j'ai seulement indi- '" coupe» de chacun que les points encore douteux. Tous les plis sont interrompus par une grande bande transversale de Trias (bande de Saint-Maxïmin et de Verdière) qui, si l'on y rattache la bande analogue de la vallée de l'Huveaune (de Saint-Zacharie à Marseille), traverse en écharpe toute la région étudiée. De part et d'autre, les raccordements sont nécessairement hypothétiques, d'autant plus que le rôle et l'origine de cette bande transversale restent encore mal expliqués. L'allure des plis, telle que l'indique le schéma de la planche I, est, dans l'état des observations, la plus probable, mais elle reste sujette à revision. Il m'a semblé nécessaire de donner ce schéma dès le début, malgré cette part d'incertitude, parce qu'il pouvait seul introduire un ordre facile à suivre dans les descriptions, et parce qu'il permet en tout cas de se faire une idée du rôle que, dans les anomalies de la Provence, joue la sinuosité des plis. Les autres diflîcultés s'expliqueront soit par l'existence même des plis couchés avec recouvrements, soit par la combinaison de ces recouvrements avec les affaissements postérieurs. L'étude détaillée des coupes de chaque pli, normalement à sa direction, permettra maintenant de faire, à leur tour, la part de ces deux actions, et par conséquent de déterminer le rôle et de comprendre le mécanisme des grands déplacements horizontaux.

Je commencerai la description par le pli le plus méridional, celui du Beausset ; je continuerai ensuite, en remontant progressivement vers le nord, par les plis de la Sainte-Baume et de la Nerthe, puis par celui de Brignoles, et enfin par le pli de Salernes, pour terminer par sa continuation probable dans les chaînes de Sainte- Victoire et de l'Olympe.

2° Le pli du Beausset.

La direction générale du pli du Beausset a été indiquée précédemment; son chatnon du Gn» flanc septentrional forme, entre la route de Bandol et Toulon, un chaînon "*"' élevé, mentionné sur la Carte sous les noms de Gros Cerveau et de Cap Gros; ce chatnon est formé par le relèvement des couches du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur; ces dernières, presque verticales, forment au nord un grand escarpement, qui domine la région faiblement ondulée du Beausset, où les terrains crétacés supérieurs, avec un pendage rapidement diminué, s'étendent , presque horizontalement et en succession régulière sur plusieurs kilomètres de

68 MÉMOIRE suit LES HKFOULBMErfTS

largeur. Au milieu de ce bassin, d'apparence si tranquille, on a signalé depuis Ilot [riaiiqDc du longtemps uue curieuse anomalie : la colline qui s'élève au sud du Beausset,

B«aauei. entre les deux routes de Bandol et de Toulon, a tous ses sommets formés de

Trias et d'Infralias; ces terrains plus anciens constituent ainsi un Ilot complètement isolé au milieu du Crétacé. Deux petits affleurements des mêmes terrains, couvrant à peine quelques centaines de mètres carrés, se retrouvent encore un peu plus au nord, auprès du Castellet. Pour les géologues qui ont successivement étudié la région, l'explication, jusqu'à ces dernières années, n'a pas semblé douteuse : ce Trias a toujours été considéré comme un récif, comme une saillie du fond de l'ancienne mer crétacée; le Sénonien se serait déposé contre les flancs de cet tlot, dans ta position même où nous voyons aujourd'hui ses couches horizontales. C'est l'interprétation que traduit la coupe ci-jointe {fig- i4)i empruntée à M. Toucas.

L'Ilot trîaaique du D'après tous les développements que j'ai donnés plus haut, on comprend

posé'aîf'^Grtucl.'''*'" 1"'' y * "^^ autre interprétation possible : c'est que le Trias soit superposé au Crétacé, que ce soit un lambeau d'une masse autrefois continue, liée au ph dont

Fio. I j. — Coupe des collines du Beaujset, d'après M. \. Touca».

(J/emoirei de la Sociélê géologique de France, t' série, t. I\, 0° 4, ■S';3, p. 4^-)

I. Grwbi«trré; 3. Uuachellulk; a. Hirnoa irtuos : 4. Infrillas,

LoDgDsBra = i;6doiki; hiulaurs = i ;]gu<>i>.

on volt l'amorce, à peine renversée, au Gros Cerveau. Celte seconde interpré tation se trouve traduite par la coupe que j'ai mise en face de )a première {fig- i5).

Il faut avouer qu'au milieu d'un ensemble de couches si régulières, ne semblant nulle part porter la trace d'actions mécaniques, cette interprétation est faite pour surprendre, et que l'esprit le moins prévenu ne se résignera à l'admettre que sur des preuves certaines et indéniables. Toutes les preuves indirectes que l'on peut attendre de l'observation se trouvent en effet réunies au Beausset ; elles sont confirmées par les preuves matérielles qu'ont fournies, dans les collines situées plus à l'ouest, des travaux et des puits de mines. Il importe de donner

reiJr*cifdan»ie»mere ^outes CCS prcuves en détail, car c'est la base même de toutes les conclusions

séDooienoeïdeisPro- déjà Signalées dans leur ensemble.

bie. ' '" D'abord, iln'est pas inutile de faire ressortir les considérations qui, a priori.

QUI ONT PLISSÉ L'ÉCORCIi TERRESTRE. 6g

rendent à peu près inadmissible l'existence d'un pareil récif dans les mers crétacées de la Provence.

J'ai dit plus haut que toutes les assises de la région étaient parfaitement concordantes entre elles, depuis le Permien jusqu'à la base du Tertiaire. Nulle Eiie serait en cou

., , n- !■ 1 ■ ■ 11- !■ I 1 T j tradîciion avec lacoti

part lin y a d indices de nvagesimmediats,saufense rapprochant dumassu des cordance générale d Maures, et l'inécalilé des conditions de sédimentation, qui d'ailleui-s, dans son '* *';'"'"' constaié

' o ^ '1 ' dans le reste du pays

ensemble, dessine des zones concentriques parallèles au bord du massif ancien, ne donne aucunement le droit de conclure à des émersions partielles du bassin. Pendant la période crétacée, les dépôts d'une même époque ont pu avoir aux différents points des épaisseurs très différentes ; il a pu même y avoir, en certains points, absence de dépôts; mais l'étude slrali graphique conduit à affirmer que les eaux marines n'ont cessé de recouvrir tout le bassin actuel, et que probablement même elles s'étendaient beaucoup plus loin. La concordance complète de la stratification, même quand il y a lacune, semble exclure pour toute cette période la possibilité de mouvements irréguliers du sol, ou d'émersions suivies de dénudation, comme il faudrait en supposer pour expliquer la présence de ce relief.

Mais la continuité n'est pas moindre entre le Jurassique et le Crétacé ; on n'a qu^à se rappeler, pour s'en convaincre, les longues discussions auxquelles a

t'io. i5. — Coapc du Vieux -Beaussel à Sainie-Anne et au Castellel. {BulUlin de la Société géologique de France, 3' série, t, XV, 188(1-87, p. tifJH. )

donné lieu, avant l'étude détaillée de la région, l'attribution des calcaires blancs à Chamacées, coralliens pour les uns et urgoniens pour les autres. Actuellement encore, ce n'est guère que par la comparaison avec les contrées plus fossilifères qu'on peut fixer la véritable place de ces calcaires et déterminer la limite du Jurassique et du Crétacé. La concordance se poursuit entre les divers termes du Jurassique, et la plus grande uniformité des dépôts de même âge témoigne même, pour toute cette période, d'une mer plus largement ouverte que pendant la période crétacée. La liaison est intime entre l'Infralias et le Trias, comme d'ailleurs entre le Trias et le Permien, au point même de rendre incertaine la place exacte des limites; et ces considérations s'appliquent à toute la région qui environne le bassin crétacé, au nord aussi bien qu'au sud et à l'est.

Il faudrait donc, s'il y avait eu réellement auprès du Beausset une saillie du fond des mers crétacées, due à un mouvemenl antérieur du sol, que ce mouvement ait été absolument local, et que le contre-coup ne s'en soit fait sentir en aucun autre point; ce qui, on l'avouera, est contraire à toutes nos notions de L'hypothèse d'oo géologic dynamique; et, entre l'Infralias et le Sénonien, rien ne nous indiquedùmt^nrconclTrTertU ^^'*' ''^"^ ^^ structurc de la région, l'époque à laquelle on peut placer ce mouvepas avec l'allure peu ment si étroitement localisé. H faudrait en revenir à la théorie des soulèvements

JDclinéedes pendaces. ... , , , , , ,,,,

en dômes, et encore les pcndages des couches dans I Ilot trtasique ne correspondent à rien de semblable.

L'hypothèse d'une L'hypothèse d'une émersion plus ou moins prolongée, avec érosions du sol, drn^u'dâ'ii'oli'^sêhearte P^"'' P^faîtrc plus facile à soutenir; elle diffère peu, au fond, de la précédente, 8 objectioDs aussi seulement elle demande des mouvements moins accentués. Mais les objections, dans ce cas, ne sont guère moins fortes. Comment une érosion aussi puissante aurait-elle été assez localisée pour qu'on n'en rencontre nulle part d'autre trace? Comment aucun des débris entraînés ne se retrouverait-il dans un des dépôts contemporains du voisinage? De plus, les formes topographiques du terrain et la composition des assises sénoniennes s'accordent mal avec l'hypothèse.

En effet, quelque faible épaisseur qu'on suppose au placage sénonien (Jîg, i^), la colline qui subsisterait, si l'on en fait abstraction, présenterait en beaucoup de points une pente tout à fait inusitée, surtout si l'on remarque que les flancs devaient en être formés de marnes gypseuses, surmontées d'une assez grande masse de calcaires. Aucun débris des calcaires ne se montre dans les couches sénoniennes; aucune modification au contact des masses gypseuses ne se fait remarquer dans leur composition. Il faudrait donc que la mer eût battu pendant une énorme série de siècles ces falaises délitables, sans qu'une dissolution progressive, sans qu'un éboulement brusque s'y soit produit. Et pourtant cette même mer, inoffensive au Beausset, aurait arraché, comme le montrent les poudingues de la Ciotat, des milliers de kilomètres cubes à des falaises plus méridionales, aujourd'hui disparues.

Enfin, il y a un dernier fait qu'on peut dès maintenant signaler : on trouve des lambeaux crétacés dans un vallon à l'intérieur de l'tlot. Ce vallon aurait donc existé, à peu près avec son profil actuel, à l'époque sénonienne; et alors il faut-admellre que, depuis cette époque, c'est-à-dire pendant toute la durée des temps tertiaires et quaternaires, les actions de dénudation, qui ont modelé et dénivelé considérablement toute la région, ont été impuissantes à creuser plus profondément ce petit vallon, et qu'elles en ont respecté le profil primitif. Toutes ces conséquences sont bien difficilement acceptables et, l'on doit convenir, d'après ce simple exposé, que l'hypothèse du récif triastque, simple et séduisante au premier abord, serait en contradiction avec les principes les moins incertains et les moins contestés de la géologie générale.

Si le Trias n'est pas un récif, s'il n'est pas une île de l'ancienne mer crétacée,

QUI ONT PLISSÉ L'ÉCORCE TERRESTRE. , yj

il faut supposer que ce sont des actions mécaniques qui l'ont amené dans sa

position actuelle. Deux hypothèses sont alors à discuter : l'une est celle d'un pli

couché, produit conformément à la théorie développée plus haut; on peut

répugner à en admettre même l'idée, en raison de l'absence de couches

retroussées et de contoumements directement observables. La seconde serait Hypothèse d'une

celle qu'on adopte généralement pour les KUppen des Carpathes ; les compres- ^^^^ ™ '^,^"i7e"u do

sions latérales, au lieu de former, comme c'est le cas le plus ordinaire, un pli sénonieo.

anticlinal, auraient forcé la masse du Trias à se faire une trouée, et à surgir au

milieu des assises moins résistantes. Cette explication, dont la légitimité, même

pour les Carpathes, soulève bien des réserves, est ici en tout cas inadmissible,

parce que les assises crétacées sont tout à l'entour restées horizontales. La

Fis. 16. -- RépaitilioD des terrains et des faciès dans le bassin du (J. S. G. F.. 3- série, t. XV, p. 676.) Échells= i:]ï,>oo<>.

trouée en elle-même est peu vraisemblable; mais le trou fait à l'emportepièce, sauf dans le cas des roches éruptives pour lequel on peut invoquer les actions chimiques, n'est pas même à discuter.

La conséquence de cette discussion est qu'aucune explication ne s'impose a priori par l'examen d'ensemble de la question, que toutes soulèvent des difficultés sérieuses, et qu'il faut recourir à l'observation de détail pour savoir si le Trias est réellement superposé au Crétacé.

•Jl MÉMOIRE SUR LES REFOULEMENTS .

L'idée qui vient tout d'abord est de chercher à vérifier la superposition. ' Les aflleurements de Trias et d'InfraUas apparaissent assez uniformément vers la cote 230 ; leur courbe correspond donc assez bien à la section de la colline par un plan sensiblement horizontal. Mais nulle part; le longde cette ligne, une coupe nette ne permet de juger avec certitude des rapports de position du Crétacé et du Trias; en un point seulement, à l'ouest du Canadeau, j'ai pu voir les couches à Ostrea acutirostris s'enfonçant sous un talus de marnes irisées; mais ces dernières peuvent être éboulées, et l'on ne peut, de cette observation unique, tirer une conclusion. En d'autres points, il semble au contraire manifeste que le Crétacé bute contre le Trias; mais il a pu y avoir tassement postérieur. Pour se rendre compte combien il est difficile, à défaut de tranchées continues et profondes, que ces observations de contact mènent à un résultat certain, il suffît d'avoir examiné avec soin une falaise de calcaire à Entroques au-dessus du Lias: pendant des kilomètres entiers il serait impossible, si la superposition pouvait paraître douteuse, d'en donner une preuve matérielle, les éboulis masquant te contact, ou les tassements, qui ont enfoui de grands blocs calcaires dans les Élude détaillée des marnes, lui donnant l'apparence d'un contact par faille. C'est l'étude séparée sérici en contact. (jgg séries en contact qui permet seule de formuler une conclusion certaine sur leur position respective.

Autour de l'Ilot du Beausset, cette étude comparée n'apprend rien de nouveau et ne montre aucune particularité pour toute la moitié septentrionale. Le Sénonien présente la série normale et régulière des couches supérieures aux Hippuritesde la Cadière : au nord-est, au-dessus de Mazan, on commence à trouver les calcaires marneux à Ostrea Matheroni et à Lima ovata, qui sont en contact avec les gypses; au nord-ouest, au-dessus d'Allègre, la série monte jusqu'aux couches à Turritellcs, c'est-à-dire aux premières coacbes légèrement dessalées qui ont inauguré le régime lacustre de la fin de la période crétacée; d'ailleurs, comme je l'ai déjà dit, aucune de ces assises n'est influencée ni comme faune, ni comme composition minéralogique, par le voisinage du Trias. Mais au sud, c'est-à-dire à partir de la Marne, au sud-ouest, et au sud-est, à partir des hauteurs qui dominent Sainte-Anne, les choses changent, et l'on trouve avec élonnement, au-dessus de la série complète du Sénonien et des premières BarK d'Hippurites couches saumàtrcs, une nouvelle masse d'Hîppurites, ayant jusqu'à 10*° d'épaisappar'a'!ian-des*su5'dei ^^^^- H P^ut Sembler qu'on trouvc là enfin l'influence de l'ilot, du récif, sur premièrucouchesda- les couches voisînes, et que ce soit là l'explication de l'apparition de ces Hippurites, à un niveau où nulle autre part cites ne se montrent dans le bassin; mais partout, à l'cntour, cette époque correspond à l'établissement d'un régime saumàtre; partout la dessalure se fait d'une manière progressive, sans trace de retour ofl'ensif de la mer; et le voisinage de l'îlot, s'il a pu favoriser le développement local des Hippurites, n'expliquerait pas le retour local à un régime franchement marin.

QUI ONT PLISSÉ L'ÉCORCE TERRESTRE. y3

Les Hippurites de cette barre supérieure sont d'ailleurs semblables à celles qu'on trouve dans le Val d'Aren, c'est-à-dire tout en bas de la colline, au-dessous des marnes sénoniennes à Micraster brevis et au-dessus des sables quartzeux turoniens qui accidentent le ravin d'une manière si pittoresque. Ces Hippurites, quoique reposant sur le Sénonien, sont donc turoniennes, et CeaHippurite»»ont d'ailleurs en trois points, au-dessus de Sainte-Anne, à Fontvive et au Petit- "uronlenne du ba»"u Canadeau, on peut observer en détail la série des coucbes qui surmontent les cote«u. Hippurites, et constater que cette série reproduit deux fois les mêmes assises en Le Danien saamfttn ordre inversé; en d'autres termes, le haut du talus, près du contact avec le Trias, nri-'re^vTi^ee^étiest formé par des couches plus anciennes que la base, repliées sur elles-mêmes et r*e d" couches lino-

, ' ^ ' niennes el luronien-

ren versées. ncs.

Le point où tes observations sont les plus nettes et les plus décisives est le voisinage du Petit-Canadeau ; à l'ouest de cette propriété, on peut voir dans les vignes les couches à Ostrea acutirostris, surmontées par les couches à Turritelles, bien en place et superposées à la série régulière du Sénonien, qui occupe tout ce flanc du Val d'Aren. Les couches à Turritelles ont ta un développement inusité, et, il y a quelques années, les défoncements faits pour les nouvelles plantations de vignes américaines ont mis au jour, au milieu de ces bases, une petite couche charbonneuse, dont la place d'ordinaire, bien connue à Fontanieu et au Plan d'Aups, est, au-dessus du même ensemble, à la base de la série valdonnienne des couches à Melanopsis. Il y a là au moins une présomption sérieuse pour que les bancs à Turritelles soient répétés deuxfois et repliés sur eux-mêmes. En tout cas, la série est complète et régulière jusqu'au sommet des dernières couches marines de la région. S'il n'y avait pas d'accident, ce sont les couches de Valdonne et de Fuveau qu'on devrait s'attendre à trouver plus haut. Or, si l'on suit le chemin du Petit-Canadeau au Beausset jusqu^au col voisin, on reste sur une série de couches ondulées dont le premier caractère, le plus frappant, est la présence en plusieurs points de nombreuses Hippurites. Il est facile, malgré les ondulations des couches, de relever la coupe de cette série et de constater les superpositions. On trouve alors sur une faible épaisseur, une vingtaine de mètres au plus ;

i" Un banc à^Ostrea acutirostris, reposant sur les couches à Turritelles;

2" Des calcaires durs et noduleux, avec Foraminifères, reproduisant l'aspect des couches à Lima ovata;

S" Des calcaires à Hippurites, avec une coupe d'Actéonclle (barre de la Cadière?);

4° Des marnes et calcaires gréseux, masqués par les éboulis et la végétation;

5° Une barre épaisse (S" à lo") de calcaires compacts à Hippurites, appartenant aux mêmes groupes que les Hippurites de la barre inférieure du Val d'Aren ;

6° Des sables quartzeux grossiers, identiques aux sables turoniens du Val d'Aren.

T. L. — N" 2, lO

Ces sables n'apparaissent qu'en un point, derrière la ferme, où ils oot été exploités; ils semblent presque remplir une poche dans les calcaires à Hippurites. A leur partie supérieure, deux poches plus petites de calcaires noduieux, très spathisés et sans fossiles, forment enfin un dernier terme, en contact direct avec les dolomies tnfraliasiques. On peut voir dans ces calcaires noduieux les représentants rudimentaires de ta série aptienne de l'aulre côté du vallon.

La superposition des couches à Oslrea acutirostris aux couches à Turritelles, puis la réapparition des Hippurites et des sables quartzeux au sommet, forment un ensemble de faits qui ne peut guère laisser place au doute, même en l'absence de fossiles d'une signification générale. C'est la série complète qui réparait, réduite et renversée. On peut, dans les bancs à Hippurites, au milieu des Hippurites, en général couchées horizontalement, en observer quelques-unes qui ont conservé la station verticale; Tordre relatif des piliers et de l'arête cardinale permet de constater qu'elles sont alors en position inverse de leur position normale, avec la valve supérieure en bas. C'est là un nouvel indice qui vient confirmer les conclusions tirées de l'ordre de superposition des bancs.

On pourrait s'étonner, il est vrai, de voir ainsi réduite à quelques mètres une série qui, normalement, cl dans les points immédiatement voisins, compte plus

Fia. 17. — Coupe da CaDadesu.

(fl. S. G. F., y série, l. XV, p. 685. )

I. S*blM turonisna; s. ProTincian; T. Covciivt i O'IrvM aeallmlrù ;

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