‹ Mémoire sur les refoulements qui ont plissé l'écorce terrestre et sur leChapitre 6 sur 23 · CiIcrirMiDgoumieiu; t. SitdODien; S, Bine iTurritall · texte numérisé non relu

CiIcrirMiDgoumieiu; t. SitdODien; S, Bine iTurritall

c'eit 11 preuve de de 300™ d'épaisscur; mais, comme je l'ai expliqué, ces étirements et ces ïjnc'iDircoD'chî '''' suppressions de couches sont la conséquence naturelle et presque nécessaire de

Ceplisynciinaicou- l'^xistence d'un pli couché, et le fait même du renversement suppose, sous une ché peut se suivre, forme OU SOUS unc autre, l'existence d'un pli couché. C'est ce que montre la

venrouest, jusqu'il la „ n r-: i ■ n -n ^ t it 1

minedeFonunieu.où ugurc lo. Celte couclusion cst d ailleurs confirmée, d une manière encore plus le retour de u couche irréfutable, quand on cherche à suivre vers l'ouest la continuation des mêmes

de charbon sur elle- ' t

même a *ié consiai*, phénomènes. En face des collines du Vieux-Beausset, séparées d elles par la Mateo*'où'»fflenre la dépression quc Suit la route de Bandol, s'élèvent les collines du Télégraphe de charnière sjnciinaie [g Cadièrc ; là, le Trias existe ée'alemenl, et il couronne aussi le plus haut som-

de» couches à Ottrea i i-n t •■

met, mais il est rejeté plus au sud, et fait corps avec les affleurements réguliers

d'Oliioules et du sud du Cap Gros. La série crétacée est en même temps plus complète, et l'on trouve, au-dessus des bancs déjà mentionnés, la série, puissante de loo" au moins, des calcaires à Cyrènes de Fuveau ; à la partie supérieure existe même un banc de lignite, longtemps exploité à Fontanieu. Si Ton suit par exemple, à partir de la Cadière, le chemin qui, par Saint-Éloi, va passer à l'ouest du Signal, on trouve la succession régulière et fossilifère du Sénonien supérieur, jusqu'aux couches à Turritelles, surmontée par les bancs à Melanopsis galloprovincialis et par les couches à Cyrènes, c'est-à-dire par les représentants de l'étage danien. Un peu avant le Signal, on rencontre un vallon transversal, dans lequel affleurent à l'est les lignites exploités à Fontanieu. Ce vallon est bordé au sud par le Trias; en suivant le contact vers l'ouest, et par conséquent en restant au-dessus des calcaires à Cyrènes, on peut observer un affleurement des couches à Oslrea acutirostris, qui partagent la pente générale vers le sud et plongent sous le Trias. La récurrence de bancs marins au milieu de l'étage lacustre est inadmissible; là encore, il faut donc conclure à un retour des couches plus anciennes par plissement, c'est-à-dire à l'existence d'un pli synclinal couché (Jîg. 22).

Si la conséquence est exacte, la couche de charbon a dû participer à ce mouvement, et les travaux qui l'ont explorée ont dû constater une inflexion corres-

la. 18. — Coape de la galer.e de Fontanieu.

(B. S. G. F., î- série, t. XVl, p. St..)

pondante de la couche. C'est bien ce qui a eu lieu : la couche, suivie vers le sud, s'est renflée, a présenté une partie verticale, pais s'est recourbée vers le nord en s'amincissant et disparaissant assez rapidement. Les travaux ont donc montré l'existence de la charnière synclinale du pli, avec étirement brusque de la partie renversée {fig- 18).

D'ailleurs, un peu plus loin, on peut faire au jour une observation analogue et toucher un autre point de celle charnière synclinale : en suivant vers l'ouest le bord de l'affleurement triasique, on ne tarde pas à voir réapparaître les calcaires à Hippurites au-dessus de l' Ostrea acutirostris, et à voir s'intercaler, entre les deux, les couches sénoniennes fossilifères. Près du coi qui mène à

Maren, presque au pied de la dépression où la Carie d'État-Major indique à tort une route charretière menant de la Cadière à Poutier, on observe de bas en haut la succession suivante :

1° Banc à Ostrea acutiroslris;

2° Couches à Turritelles;

3" Banc à Oslrea acutiroslris;

4° Calcaire noduleux (zone à Lima ovata) (6" environ);

5" Gros bancs de grès et calcaire gréseux avec Huttres, Janires et Platycyatkus Terquemi (lo" à i5°);

6" Calcaire à Hippurites.

Le renversement des couches supérieures est donc incontestable; mais de plus, en suivant les deux bancs à Ostrea acutirostris, on les voit se réunir et dessiner ainsi l'extrémité convexe du pli qui englobe les Turritelles.

Ainsi toute part d'hypothèse, si faible qu'elle |soi(, se trouve éliminée, et il est pleinement démontré que les couches sénoniennes, au pied de l'Ilot du Beausset, forment un pli synclinal couché.

Lcpiisjociinaicou- Il reste maintenant à prouver que ce pli couché, dont l'ouverture regarde le riiot'tritsî'qùe!" ""* nord, n'est pas arrêté par l'Ilot triasique, mais qu'il se continue sous cet Ilot; que les couches qui le forment ne butent pas contre le Trias, mais passent audessous de ses afileurements ; que par conséquent le Trias est superposé au Crétacé. Comme j'ai expliqué qu'au contact les rapports de position n'étaient nulle part observables, il semble d'abord que la preuve de cette assertion soit impossible à faire, à moins d'un puits ou d'un sondage qui traverse le Trias. L'érosion a eteuti Mais, heureusement, ta nature a fait elle-même le travail : l'érosion a creusé dans lo'ns' où " raeu^e"iê ^^ iQ^sse des assises triasiques des vallons assez profonds, et l'un d'eux laisse Créuc*. apparaître le Crétacé; c'est celui qui, un peu au nord du Canadeau, passe

entre les fermes de la Marne et du Rouvre et va aboutir prés d'Allègre.

Cet affleurement est limité de toutes parts par le Trias. Il a surtout été étudié près de la ferme du Rouvre, où les travaux de culture amènent au jour en abondance les fossiles de la zone à Lima ovata; les couches mêmes sont en place sur les bords du ravin, surmontées par le banc à Oslrea acutiroslris; plus bas on trouve les couches à Turritelles, dont la présence à ce niveau s'explique par l'incUnaison locale des bancs vers l'ouest. Il n'y a donc pas là de renversement; mais un peu plus au nord, à l'ouest du chemin du Beausset à Canadeau, le long du petit sentier qui mène à la ferme de la Marne, on Ce Criiacé est ren- retrouve la succcssiou signalée dans les différentes coupes du bord méridional '*"*■ de l'îlot, c'est-à-dire les couches à Turritelles, le banc à Ostrea acutiroslris,

et en haut le calcaire à Hippurites. Le Crétacé est donc renversé; c'est, sans nulle autre explication possible, la continuation du même pli couché.

D'ailleurs, un affleurement analogue se retrouve de l'autre côté du chemin du Beausset à Canadeau, séparé seulement du premier par quelques mèti-es de

Marnes irisées qu'entame la route; et ce second affleurement se relie d'une manière continue, quoique par une languette étroite, à ceux du bord de l'îlot. A l'identité de succession des couches -vient donc s'ajouter la continuité des gisements. II est ainsi bien prouvé que ces lambeaux crétacés ne se sont pas déposés dans les anfractuosilés du Trias, où ils semblent encore enfouis, mais qu'ils font, avec les terrains de la bordure, partie d'une même nappe de couches renversées, et que par conséquent cette nappe se continue ininterrompue audessous du Trias. Les deux séries en contact, Crétacé et Trias, sont séparées par Nature de i» surface une surface à peu près plane et horizontale dans son ensemble, seulement acci- ^ue T^tw. ' dentée par des tassements locaux ou même par de véritables plissements postérieurs. Cette surface est une surface de faille, au sens général du mot, et nous savons quelle signification théorique on doit lui donner; le pli synclinal couché suppose nécessairement un pli anticlinal, également couché, qui lui fait suite et qui le recouvre ; cette surface est celle qui correspond à l'étirement du flanc médian des deux plis.

C'est la prolongation de cette surface qui, par son intersection avec le sol, c'est ceiie même détermine le contour sinueux de toutes les masses de recouvrement, c'est-à-dire '"{^"^^^"'ptihi^ fîou des affleurements du Trias et de l'Infralias; c'est elle qui va isoler plus au sud, "iasiques dn Casteisur la colline du Castellet, les deux petits Ilots de Marnes irisées et d'infralias ; c'est elle qui, à l'ouest, découpe la presqu'île et le petit Ilot de Fontanieu. L'étendue de celte surface, telle qu'on peut la reconstituer, montre que le déplacement horizontal des couches, le charriage, n'a pas été de moins Le charriage horide SIX kilomètres. moin» 6 kilomètre».

Il reste maintenant à étudier les couches triasiques des différents îlots; leur

disposition et leurs relations mutuelles ne sont pas moins instructives que celles Étude des couches 1 , . , triasiqnea de l'rlot.

des couches crétacées.

Prenons d'abord l'îlot du Beausset ; la structure orographique s'en résume Description géoéassez facilement dans quelques traits d'une grande simplicité : au milieu est le sommet (cote 402), entouré de toutes parts par une série de dépressions plus ou moins profondes, formant autour de lui comme une enceinte circulaire continue. Puis, tout autour de cette enceinte, existe un rebord de collines moins élevées, interrompues seulement en deux points, à l'est et à l'ouest du Vieux- Beausset, et coupées en trois autres points par d'étroites échancrures qui donnent passage aux eaux. Le sommet central est formé de Muschelkalk, à Terebratula vulgaris, plongeant légèrement au nord ; la dépression qui l'entoure est, sauf deux étroites saillies à l'est, formée de Marnes irisées. Quant au rebord extérieur, il se divise en deux parties : l'une, au nord, la plus élevée, comprend la colline du Vieux-Beausset, composée d'infralias; l'autre, de beaucoup la plus étendue, formant plus des trois quarts du pourtour de l'îlot, est une crête presque ininterrompue de Muschelkalk, avec de riches gisements fossilifères (la Marne), et quelques affleurements de Marnes irisées et d'infralias

sur le bord extérieur, au contact du Crétacé. Toutes ces couches sont en général peu inclinées.

Le* rapporta de sa- Au nord, les rapports stratigraphiqucs de ces diflerentes couches sont simples pkr'er'normâui'TJ ^' faciles à Constater. Le Muschelkalk de la colline centrale plonge au nord "»"•■ sous les Marnes irisées avec gypse, et celles-ci supportent l'Infralias à Avicula

contorla du Vieux-Beausset. La succession est normale. Mais la ceinture de Marnes irisées autour de la colline centrale est plus difficile à expliquer : les affleurements s'en présentent comrae le feraient ceux de terrains inférieurs au Muschelkalk, et les contacts ne sont pas visibles. On peut supposer une faille courbe semi-circulaire ou un renversement \ mais il est certain que, du côte du sud, le Muschelkalk, dont les bancs réguliéreraenl lités permettent de suivre l'allure, ne plonge pas, même par une inflexion brusque, sous les Marnes irisées. La coupe du rebord méridional est plus nette, etpermetde trancherraltemative dans le sens du renversement.

Aaiud,leTriMqai C'est entre le Petit-Canadeau et Fontvive que les observations sont le plus esi^niersiei^pose facilcs. Le Muschelkalkhorizontalcouronue le plateau, Cl (7r«/jo«fi««r/e*jl/arnes luri'iDrrariis. irisées. La superposition est des plus nettes et peut se suivre sur plusieurs

mètres de longueur, auprès de la bastide abandonnée qui domine à l'ouest le Petit-Canadeau. Au-dessous viennent la lumachelle de l'Infralias avec Avicula contorta, puis les gros bancs doiomitiques de l'Infralias supérieur. Tous ces bancsrenverséssecontinuenthorizontalementjusqu'auprèsde Fontvive, formant ta base du coteau de Muschelkalk. Près de Fontvive, un glissement local a donné à ces couches une assez forte inclinaison vers le sud, c'est-à-dire vers la vallée; mais là même, à quelques pas au nord, un puits creusé dans le Muschelkalk vient compléter la série des preuves : ce puits a rencontré sous le calcaire les Marnes irisées avec gypse. Plus à l'est, en continuant à suivre la bordure, l'Infralias disparaît, mais on trouve encore les Marnes irisées au pied du Muschelkalk, au-dessus de Sainte-Anne et à la Grenadière. Ce Muschelkalk, également horizontal, continue sans interruption celui du Canadeau; on peut donc affirmer que, sur toute la bordure méridionale de l'Ilot, le Trias est renversé.

La stratigraphie de l'îlot apparaît alors avec une grande évidence, quand on l'observe d'un des sommets de ce rebord méridional. Le Muschelkalk de la colline centrale continue à sa base celui du rebord et repose ainsi que lui sur les Marnes irisées; comme, en même temps, sa partie supérieure plonge au nord sous les gypses du Vieux-Beausset, il faut que l'ensemble forme un V couché O), ainsi que le montre la figure. Celte disposition explique, en effet, toutes les observations de détail, sauf les glissements locaux, comme celui de Fontvive. Cette disposition était d'ailleurs a prévoir d'après l'allure même des couches crétacées; mais il était important, comme nouvelle vérification, de la constater directement (//^. 19 et 20).

{Âg^ia)." *'* * l-'^s Uols du Castellet sont beaucoup plus restreints comme étendue; l'un

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]IDi§GliD

8o MÉMOIRE SUR LES REFOULEMENTS

d'eux, auprès du village, est formé de cargneules surmontées par la lumacheile

à Plicatula intusstriata et par les gros bancs calcaires de l'Infralias ; le second,

plus rapproché du Beausset, est moins étendu encore et comprend seulement

un petit affleurement de marnes rouges gréseuses, surmontées par de gros

bancs de cargneules horizontales; il est en contre-bas d'une légère éminence,

formée par les couches à Cyrènes du Danien ; il y a donc, là encore, l'indice d'un

tassement postérieur, auquel il faut attribuer la conservation du lambeau. Il

est à remarquer que là, le Trias comme le Crétacé, pris isolément, montrent

une stratification normale, qu'il n'y a plus trace de couches renversées, et que

Les preuves liiécs par conséquent l'écbafaudage des preuves développées plus haut fait complète-

couchCT""'fonr aT "*^'*'' *léf3ut. Il est évident que la conclusion, acquise pour le Trias du Beausset,

fani; ma» la même s'appiique par analogie à ces Uots; mais si, comme cela eût été possible, ils

par analogie. ' eussent été sculs respectés par la dénudation, la superposition anormale serait

difficile à prouver et l'on peut croire qu'elle rencontrerait peu de faveur.

La disparition des Cette disparition des couches renversées n'est pas un effet du hasard; elle

duë*^â"u"°p]urtrand ^^^^^ évidemment à ce que ces Uots sont plus éloignés du centre du pli, et à ce

ëioignemenidqnojao que, pour eux, le charriage a été plus prolongé. La succession des coupes du

anticlinal, ï un cliar- ^ ' I^ ' . .-. , , ■ i . ■ .

riage plus prolongé. suQ au nord est trop régulièrement frappante pour qu on puisse hésiter a

accepter cette explication : au sud de l'ilot du Beausset, il y a une double série

de couches renversées, celles du Trias et celles du Crétacé ; un peu plus au nord

une seule de ces séries subsiste, puis toutes deux disparaissent. C'est alors

d'abord le Muscheikalk qui repose directement sur le Sénonîen ; puis, à la pointe

nord de l'îlot du Beausset, la série ancienne ne commence plus qu'aux Marnes

irisées ou même à l'Infralias. La disparition est donc progressive. ÎVous verrons

pourtant, plus tard, qu'il ne faut pas se hiiter de tirer de ces faits des conclusions

Mais il serait pos- trop absolues : il est possible que le pli couché se soit étendu plus loin encore

^n'vcMés* rèp'aruwnt ^^""^ '^ oord, quc sa partie terminale ait été dénudée, et que dans cette partie

prés de la charnière les couchcs renversées reparaissent, même avec une plus grande épaisseur. Il

anliclinale, si celle-ci , , , t ■ ■ J ■ i -. - . i ii.

n'avaii pas il* Aéna- taut remarquer en outre que la série des couches crétacées est plus complète au ''"■ Castellet qu'au Vieux-Beausset; les assises supérieures (daniennes, couches de

Fuveau), qui n'existent pas dans ta seconde localité, reparaissent dans la première. 11 faut donc, en tout cas, en conclure que le rabotage de la surface sur laquelle s'elîectuait le glissement a été irrégulier, ou, peut-être encore, que celte surface avait déjà été exposée à des dénudations atmosphériques avant le complet déroulement du pli.

Triasde Pontaaicu. Le Trias de Fontanieu est au contraire plus rapproché du noyau du pli que celui du Beausset, et il est intéressant parce qu'il se raccorde avec lui d'une manière ininterrompue, au lieu d'en être, comme l'autre, séparé par la masse du surfa^de'^fsseme!.' ^^"""^ Ccrveau ; la partie enlevée par la dénudation, à l'est de la route de Bandol, horizonul aTecicpiî- est précisément celle qui a été respectée à l'ouest de cette route. Il résulte de

raille du Gros Cer- ■ ■ . i m ■ . . ,-, .1 ■ ■ . .

veau. cette contmuite des altleurements, de cecote, qu il y a également continuité des

QUI ONT PLISSÉ L'ÉCORCE TERRESTRE. 8l

affleurements de la surface de charriage avec la faille qui borde le pH au pied du Gros Cerveau; c'est la même surface de discontinuité dont on peut suivre ta trace, correspondant entre OlUoules et la route de Bandol à sa partie très inclinée, et alors à peu près rectiligne; correspondant près de Fontanieu à sa

a. ai. — Coupe de fontauieu i la collioe du Castellct.

(A S. G. F., 3* série, t. W,pl. XXUl.fig. 3.)

Édialls ( lonfEDSon at hiDtciin ) = i : So s».

partie horizontale, et alors naturellement très sinueuse. La ligne se recourbe d'abord vers le nord, mettant là en contact l'Aptien et les Marnes irisées, renversées sous le Muschelkalk; puis elle se retourne vers l'ouest et dessine une anse profonde, suivie d'un promontoire étroit sur lequel est construit le hameau de|Fontanieu; enfin, après avoir contourné la colline du Télégraphe de la

, fi. — Coupe du Télégraphe de la Cadiére t la Cadlére. (B. S. C. /■., 3* série, l. \V, pi. XXUl.fig. 4.) Échslla du longiiBura = i : 5d «k.

Cadière, la faille reprend sa direction normale vers l'ouest jusqu'à la Pointe Grenier. Dans l'anse de Fontanieu, une colline isolée est de plus couronnée d'un chapeau de Muschelkalk.

Tout le long de cette ligne sinueuse, des lambeaux de Marnes irisées s'observent au pied du Muschelkalk, avec un liséré discontinu de couches sénoniennes renversées; il y a de plus à signaler, en divers points, précisément dans ceux où ces lambeaux, font défaut et où le calcaire à Hippurites est en contact avec le Crétacé, l'existence d'une brèche formée d'éléments triasiques anguleux, qui sont comme enclavés dans le calcaire crétacé ou au moins dans des couches qui en semblent inséparables. C'est une véritable brèche de faille qui s'est produite là où des couches moins résistantes n'ont pas amorti les

Nouvel Ilot de Muschelkalk au «ud de FoDtanieu.

actions de friclion; elle se retrouve dans les mêmes conditions jusque auprès de Saint-Gyr.

promonioire de Mais la partie la plus intéressante est le promontoire de Footanieu, parce que de"iiînM"et ^udt '^> il J a eu des travaux de mines, et qu'un autre genre de vérification s'ajoute recherehE». à toutcs Celles que j'ai éoumérées : les galeries d'exploitation ont suivi la

couche de charbon sous le Muschelkalk, et de plus, au sud de Fontanieu, un puits creusé dans le Muschelkalk a rencontré les couches à Melanopsis galloprovinciaUs. C'est la preuve matérielle et presque brutale du recouvrement.

Lambeaux d'iirgo- La coupe de la galerïede travers<bancs qui servait d'entrée à laminea fourni î'e*"i»éré*'de terralat CDCore d'autpes renseignements; cette galerie a traversé {fig. i8) le Muschelreo*er»*s. kalk, Une mince couche de Marnes irisées gypsifères, des couches séooniennes

renversées et enfin la couche de lignite repliée sur elle-même. Or, entre le gypse et le Sénonien, on y rencontre quelques mètres d'argiles noires et vei^âtres, qui n'affleurent pas au jour, et dont l'âge est difficile à préciser, mais qui en tout cas renfermaient un bloc anguleux de calcaire bianc où se trouvait un fragment de coquille à test épais, rappelant les coupes de Réquiénies. Ce bloc (encore visible aujourd'hui) ne peut guère avoir été amené dans sa position

[Lmmbmuv d'Urgonimn

Fio. i3. — Coupe schématique, moalrtnl la position du lambeau urgonien du Colombier, (fl. S. G. F., 3- s*rie, t. XVI, p. 8i.>

actuelle que par des actions de glissement et de friction ; il fait en tout cas'prévoir que des lambeaux d'Urgonien ont pu être transportés jusque-là, par adhérence, si l'on veut, avec la masse charriée (lambeaux de poussée), ou mieux comme témoins de l'étirement progressif des terrains intermédiaires. En effet, en suivant avec soin la limite du Muschelkalk, on trouve dans les murs de soutènement un grand nombre de morceaux d'Urgonien, avec coupes très nettes de Réquiénies; et enfin, un peu à l'ouest du Colombier, on rencontre un affleurement des mêmes calcaires, bien en place, visibles sur quelques mètres carrés, avec le Muschelkalk au-dessus et les Hippurites au-dessous. C'est bien, comme le montre la coupe schématique (/tg". aS), la place quel'Urgonien doit occuper

dans la série des couches étirées et renversées. Toute autre position serait incompatible avec la théorie du pli couché, et dans toute autre hypothèse sa position serait inexplicable.

Un autre lambeau d'Ui^onien existe en face du premier, sur l'autre rive du ruisseau de la mine. Également incliné vers le fond du vallon, il n'occupe pas de ce côté, entre les Marnes irisées et les calcaires à Hippurites, une position aussi nettement définie; les glissements et tassements locaux qui se sont produits et l'insuffisance des affleurements font là des rapports des couches entre elles une véritable énigme stratigraphique. Il n'est pas douteux pourtant que l'explication, si évidente sur la rive gauche, ne puisse, par une combinaison de failles secondaires, s'appliquer aussi sur la rive droite.

La comparaison de la coupe schémadque {fig. 23) et de la coupe du Iraversbancsdela raine (^^. i8), et leur rapprochement avec la coupe d'ensemble (Jig. 21), font voir nettement et comme loucher du doigt un exemple d'un de ces affaissements ou tassements locaux dont j'ai parlé ; ici, même, il pourrait se faii'e que cet affaissement ne fût qu'un glissement sur le bord de la vallée.

Si l'on résume maintenant les faits observés autour du Beausset, on voit sur quel ensemble de preuves, distinctes et indépendantes, est fondée la conclusion de la superposition du Trias au Crétacé, ou, ce qui revient au même, de l'existence d'un grand pli couché. D'abord les couches crétacées forment un pli synclinal, dont l'axe est horizontal; cela résulte, non seulement de la présence d'une bande étroite renversée, mais de l'observation même de la charnière synclinate en deux points, à la mine de Fontanieu et à l'ouest de Maren. Le pli synclinal suppose nécessairement un pli anticlinal semblablement incliné ; mais l'existence de ce pU anticlinal est démontrée directement par la succession, en ordre renversé, des assises triasiques. Enfin la coexistence de ces deux plis entraînerait, par elle seule, la superposition du Trias au Crétacé; mais de plus cette superposition est établie directement par des puits et des travaux de mines. Le seul point douteux, dans les coupes qui résument la description, serait l'existence réelle d'une courbure anticlinale dans les bancs de Muscheikalk qui forment la colline centrale de l'Ilot; il se pourrait qu'il n'y eût eu là que des glissements successifs des bancs les uns sur les autres, et que la courbure anticlinale, correspondant à l'extrémité du pli, ne se soit produite que plus au nord, en avant des Ilots du Casteltet.

En tout cas, c'est à 5*"" au minimum qu'il faut évaluer le développement horizontal du pU couché et, par conséquent, le déplacement horizontal des masses mises en mouvement. Ces phénomènes ne s'observent que sur une longueur du pli correspondant à 7''" environ, entre Ollioules et le Télégraphe de la Cadière, mais il est évidemment impossible qu'ils se soient bornés à cet espace: le rccouvrement devait nécessairement s'étendre plus ou moins loin à l'est et à l'ouest; la loi de con inuité s'impose ici, ainsi que dans toutes les actions

TasKinents locaai.

orogéniques, comme conséquence de la solidarité des bancs qui composent l'écorce terrestre, et le Trias du Vieux-Beausset devait se prolonger au-dessus de l'emplacement actuel du Crétacé, à l'ouest jusqu'au delà de Saint-Cyr, à l'est jusqu'aux environs du Caoumé. Si les traces en ont disparu, c'est par l'effet des dénudations; leur œuvre, en se continuant pendant de nouvelles périodes géologiques, est destinée à faire disparaître toute trace de ces phénomènes.

La dénudation est plus avancée à l'ouest qu'à l'est; à l'ouest, elle laisse subsister jusqu'à la mer l'amorce du renversement du pli ; à l'est, elle permet d'en étudier les parties plus profondes et de faire à ce sujet quelques remarques intéressantes.

Contiouatioa k Si l'ou reprend les observations interrompues au pied du Télégraphe de la îuMj'a'i u'mer"""^''^ Cadière et si de là on suit la limite du Trias jusqu'à la mer, on le trouve constamment, jusqu'aux ruines de Taurentum, en contact avec les calcaires à Hippurites. Ces calcaires sont partout directement superposés aux marnes sénoniennes et, si l'on observait cette coupe isolément, on ne pourrait s'empêcher de croire à une récurrence des Hippurites inférieures (sommet de l'Angoumien); en réalité, il n'y a pas récurrence, mais retour des couches plus anciennes par renversement : c'est la continuation du pli crétacé décrit plus haut; seulement, ici, la partie centrale du pli a été dénudée et ne montre plus ni couches à Turri* telles, ni couches à Oslrea acutirosiris ; les éléments de repère sont donc plus difticiles à fixer et ne se trouvent plus que dans la détermination des espèces d'Hippurites. Pourtant il convient d'y ajouter un petit affleurement isolé de couches encore plus anciennes, qu'on rencontre au sud de Taurentum : au nord ■ du chemin charretier qui, des dernières maisons de la côte, conduit vers la Nar-

telle, en suivant pendant une centaine de mètres la limite des vignes et des bois, on arrive bientôt à un petit sentier qui monte dans le bois et le traverse. Versle haut de ce sentier, au-dessus des calcaires à Hippurites, on rencontre quelques bancs de calcaires à silex, avec Huîtres et Brachiopodes siliceux, présentant tous les caractères du Cénomanien. On entre ensuite dans le Trias. La position de ce lambeau indique le retour du pli et est comparable à celle de l'Urgonien de Fontanieu.

La falaise qui, de là, domine la mer jusqu'à la Pointe Grenier est presque uniquement formée de Muschelkalk; au pied de cette falaise, tout te long du sentier de douane, on voit les marnes sénoniennes à Cidaris clavigera, à peu près horizontales, buter en apparence contre le Trias ou même en remplir les anfractuosités ; elles ne forment au bord de ta mer qu'une bande de quelques mètres de largeur. A première vue, on a l'illusion complète de couches déposées au pied de la falaise et restées dans leur position première; il est vrai qu'il faudrait supposer une falaise surplombante {fig- 24), et cela seul rend l'interprétation inadmissible. Mais les développements précédents montrent que la surface de contact est une surface de glissement, comme la faille du Beausset dont

QUI ONT PLISSÉ L'ÊCOKCE TERRESTHE. B5

elle est la continuation. Les assises sénoniennes ne semblent pas là renversées; mais auprès du cap, les Marnes irisées plongent sous le Muschelkalk.

Ainsi, dans toute cette partie, les affleurements fournissent un bel exemple de ce que j'ai appelé le premier type de pli couché. Le Crétacé s'enfonce certainement BOUS le Tiîas, contre lequel il semble buter, mais on ne peut dire jusqu'à quelle distance; de même, le Trias s'étendait au-dessus des affleurements actuels de Crétacé, mais on ne peut dire sur quelle largeur. Il est bon seulement de remarquer que, si l'on choisit, pour marquer la direction du pli synclinal, le fond de courbure des couches à Ostrea acutirostrisy ce fond

Pio. i4- — Falaise & t'est de la Pointe Grenier. (B. S. G. F., y série, t. XV, p. 68i.)

aujourd'hui dénudé se trouvait au nord de la ligne de faille actuelle, ce qui mène, quand on cherche à restituer cette ligne directrice, à lui assigner depuis le Val d'Aren un parcours à peu près rectiligne de l'est à l'ouest.

A l'est, au contraire, toute apparence semblable cesse rapidement; les affleu- Cessatloarspirtedes rements triasiques se rapprochent de plus en plus du noyau vertical du pli, et «"j;^«'"«""''»'<='"^ l'on rentre dans ce que j'ai appelé le troisième type. Le Muschelkalk, au pied du Gros Cerveau, est d'abord renversé sur ï'Aptien, puis sur les Marnes irisées; mais la faille qui le sépare du Jurassique supérieur tend de plus en plus à devenir verticale et, près d'Ollioules, au-dessus du vieux château, on trouve des lambeaux d'Infralias, de Lias et de Bajocien avec des pendages irréguliers, mais qui ne semblent plus renversés. De l'autre côté de la route de Toulon au Beausset, la faille disparaît presque immédiatement sous les poudingues d'un ' petit bassin tertiaire discordant, puis sous les alluvions de la plaine de Toulon; maisIeBalhonien d'abord, puis toute la série jurassique reparaissent et se complètent sur le bord de ces terrains plus récents, et l'on peut en conclure que la faille prend fin avant Toulon. Le pli lui-même n'est plus guère apparent; le Muschelkalk, presque constamment vertical, montre une série de replis, dont un quelconque peut être considéré comme la continuation du pli du Beausset; ces replis eux-mêmes cessent après le Fort Malbousquet et, en face du Fort Lamalgue, il semble qu'il n'y ait, entre les terrains anciens et le pied du Faron, qu'une série régulière, uniformément inclinée vers le nord, avec un faible déve-

loppement du Permien. Les recouvrements ne semblent pas non plus s'être

étendus jusque-là, et l'on peut s'étonner d'une cessation, relativement rapide,

CettecesMtion Mm- de phénomènes aussi importants. On peut se demander alors si l'équivalent ne

bie correspoodre à I* g'^jj produirait pas SOUS une autre forme : l'excès de matière qui a trouvé issue

D*i9Mnca « au iéit- . t r , . . . ^ ,

loppement sinueux de daus les uappes charpiées du Beausset se traduirait ici par la naissance et le p iB secon ai développement sinueux de plis secondaires ; c'est d'abord, outre ceux du Mu-

schelkalk, celui qui prend naissance au pied du Cap Gros (près de Saint-Martin), se recourbe vers le nord, passe au fort des Pomets, entre le Faron et le Cap Gros, puis va se perdre dans les complications de la vallée de Dardenne; ce sont ensuite les plis multiples de la dépression qui, depuis Broussan et les Pomets, longe le Caoumé et le Coudon; ces derniers sont au moins au nombre de trois ; ils reprennent l'orientation est-ouest et passent en partie à des failles. Ils s'arrêtent à la ceinture permienne.

Ligne directrice de La véritable ligne directrice de ces inégalités multiples semble devoir être ^J-IlTiîe'' u?"- cherchée dans l'étude de la faille qui Hmite le Cap Gros. Cette faille prend naistonre leCap Gros. sancc en même temps que cesse celle d'Ollioules; c'est également une faille d'étirement sur le flanc septentrional du grand pli, puis sur celui du pli secondaire du fort des Pomets. Elle supprime d'abord le Néocomien, puis avec lui une partie des assises jurassiques supérieures. Les couches qu'elle sépare ne sont pas renversées et sont peu inchnées; en plusieurs points, la surface de fracture peut s'observer ; elle est nette et presque verticale ; le long de cette surface on trouve pincé, sur la route militaire, un lambeau de marnes néocomiennes froissées. La ligne de discontinuité se contourne autour du Cap Gros, suivant parallèlement le pli secondaire; quand celui-ci s'obscurcit, elle conserve sa netteté, sans interruption, sans croisement d'autre accident, sans confusion possible avec aucune autre. D'après ce parcours, qui ne laisse place à aucune ambiguïté, on peut interpréter celui du pli auquel elle est d'abord nettement associée, et synthétiser ainsi les accidents complexes de la dépression des Pomets.

Celle faille «e re- Or c^ parcours est le suivant (voir la Carie, fig. 25) : après avoir contoarne de i8o' *er« toumé le Cap Gros, la faille continue à le limiter au nord, en se dirigeant vers

re*t, pour limiler an ^ ^ . ^

sud le Caaumé ei le l'ouest, puis elle toume de nouveau de 180", se dirige alors vers l'est, en enveloppant l'anse de Broussan, et longe ensuite le Caoumé et le Coudon. Le pli se serait donc aussi deux fois replié sur lui-même, mais la plasticité insuffisante des couches n'a pas permis à cette torsion exagérée de se produire sans fracture, et l'axe anticlinal continu est remplacé par un système complexe de failles.

Ao« de BroDSMD, -n- 1 1' ■ • 1

eoTcioppée par la Rien n est plus curicux que 1 aspect résultant, au pomt de vue des contours

rences concentrîo'ueâ gêologiques : l'ause de Broussan est comme une pointe de terrains jurassiques

dëcriies par les cou- et triasiques, ayant pénétré de vive force au milieu des assises crétacées, les inter-

nwsiqnes.'^" ' '" rompant brusquement, mais sans leur faire subir de déviation. Par contre, les

couches triasiques et jurassiques suivent les inflexions de la courbe décrite. Jusqu'à Broussan, le Bathonien, assez régulier dans son allure, bute contre rUrgonien; là, il s'en éloigne, en formant le fond d'un synclinal secondaire qui

Pis. i5. — CarU géologique 4es eu virons du Caonmé. (B. 5- G. F., 3- série, t. XVI, p. 777.)

décrit une demi-circonférence parallèle à la courbure extrême de la faille. Quelques couches étirées séparent le fond de ce synclinal du Trias, dont les bancs, adossés à leur tour à l'Urgonien, décrivent une série de courbes sem-

Fio. 16. — Coupe du sommet occideotal du Caoniné.

ID à PeriatUr rmuuOU,-

blables. Puis, là où la faille reprend définitivement sa direction vers l'est, l'In-

fralias et le Lias, puis tout le Jurassique, s'intercalent successivement sur ses

bords. Le pli anticlinal, amorcé par la réapparition des couches triasiques,

devient alors de mieux en mieux marqué jusqu'au Revest et se renverse à son

tour vers le nord. C'est ainsi qu'aux (îamiers le Turonien plonge sous l'Aplien, écrasé d«ns la partie

avec une bande de Cénomanien calcaire entre les deux. Plus loin, au premier déïiée, reparaît quand

' .' la direction s'est re-

Bommet du Caoumé (^^> ati), le Turonien a presque disparu par étirement, tournée ven l'est, et

lepliiereoTerseaior» et le Sénonîen plonee sous rUi-conien, auquel font suite avec le même pendaee

»era le nord, sur les , ^, , ■,,..? ■ i t . . ■ . t^ «

pentes du caoïimé et le Néocomien et les dolomies jurassiques. Un peu plus loin, le renversement

'" ""'" n'est qu'amorcé au pied des assises horizontales du second sommet du Caoumé

{Jig. 27), sans aucun doute parce que le flanc renversé a été enlevé par la dénu-

ggÈHtfŒî^*^"'^'

Fio. 37. — Coupe dn Hont Caouint.

{B. S. G. F., %• série, t. XV, p. 671.)

t. HoKbellulk;

T. Aptiu;

ï. H>ni«iHB4»,

t. lornii»;

ft. UrgOBiani

>•. Toronii

dation; mais il reparaît au Revesl, où les marnes- turoniennes s'enfoncent sous TAptien, et où les lambeaux de bancs cénomaniens qui en jalonnent la limite reposent en quelques points horizontalement sur les couches à Periaster Ver-

Fia. 3g. — Coupe prise k la Source du Revesl. (B. S. G. F., 3* série, l. XV, p. 670. j

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