Céuomiinlsn; 4. ToraiiUii (CalciirM m
Exemple remarquable d'ëtireDiGDt et de suppressions de cuu-
neuilli. De l'autre côté de la faille, le Lias et même te Bajocien sont renversés sous rinfralias.
Cette dernière coupe {Jig. 28) est particulièrement intéressante pour l'étude de la suppression irrégulière des couches étirées. Les couches. crétacées, du milieu desquelles sort la belle source du Revest, y dessinent un pli synclinal, dont les deux bords montrent un développement bien dilTérent des étages successifs. Au nord, c'est-à-dire dans le flanc normal, l'Urgonien supporte directement le Cénomanîen; l'Aptien n'existe pas et la place en est seulement marquée par une mince couche de bauxite, Le Cénomanien comprend : à la
QUI ONT PLISSÉ L'ËCORCE TERRESTHE. 89
base, une formation fluvio-lacustre ('Gardonien), puis des grès à Oslracées,des calcaires mariieux à Alvéolines et enfin de gros bancs à Caprines; au-dessus vient le Turonien. Au sud, c'est-à-<lire dans le flanc renversé, TAptien est au contraire représenté par des marnes puissantes à nombreuses Bélemnites {Belemnitcs semicanaliculatus) et par des calcaires à silex représentant peut-être le Gault ; le Cénomanien, au contraire, a presque complètement disparu : il n'y a plus ni coucbes lacustres ni grès à Ostracées. Il est bien difficile de ne pas attribuer l'absence de l'Aptien au nord, comme celle du Cénomanien au sud, à des actions mécaniques : la distance entre les deux coupes si dissemblables n'est que de quelques centaines de mètres; c'est bien peu pour expliquer un changement aussi rapide par les conditions de dépôt. Il est vrai que, sur la moitié de la bordure septentrionale du bassin du Beausset, entre le Revest et Cuges, l'Aptien fait également défaut; il faut donc, dans l'exemple actuel, se contenter d'indiquer la probabilité d'un étirement le long du flanc non renversé d'un pli. Les sommets voisins en fournissent d'ailleurs des exemples plus probants.
Au delà du Revesl, un nouveau pli anticlinal, très étiré sur son flanc nord, prend encore naissance au pied du Coudon et est limité au sud par une nouvelle faille, mais il n'y a plus de renversement. D'ailleurs là, comme je l'ai dit, on est bien arrivé à l'extrémité du pli du Beausset et des plis secondaires qui s'y rattachent. Du moins, il faut renoncer jusqu'à nouvel ordre à en chercher la continuation dans les ondulations de la bande permienne.
Dans les complications qu'on est ainsi amené à faire dépendre plus ou moins directement de l'arrêt brusque du pli en face de la masse résistante des Maures, il y a lieu de mentionner plus spécialement la structure, un peu déroutante et siructnres spéciales difficile à expliquer, du Cap Gros, du Faron et du Coudon, ces trois hautes don.dontiessomroeis collines isolées dont les blancs escarpements dominent la plaine toulonnaise. 'on' en'o"»*» !«" -J" Leur caractère commun est que les sommets en sont formés de terrains bien plus récents qu'on ne pourrait l'attendre des affleurements de leurs bases. Ainsi autour du Faron, dont l'étude est la plus facile et la plus nette, on peut suivre le Trias en bancs réguliers et continus, au sud et à l'est surmontant le Permien, au nord surmonté par le Lias et le Jurassique; on fait le tour presque complet de la montagne en restant sur les mêmes terrains, sans rencontrer de faille ni d'accident; à l'ouest seulement, sur i""" environ, le développement des alluvions empêche de dire avec certitude ce qui se passe. Mais si, en partant d'un point quelconque, on gravit le sommet, nulle part, avant d'arriver à l'Urgonien qui forme ce sommet, on ne rencontre la série complète : au sud, le Muscheikalk est en contact avec le Jurassique supérieur; à l'est, les Marnes irisées sont en contact avec le Néocomien et l'Urgonien; au nord, le Lias, puis les dolomies jurassiques, dont les escarpements arrivent même à dominer le plateau urgonien, butent contreles coucbes de ce plateau. Il y a ainsi une ligne de discontinuité T. L. — a" 2. la
(fO MÉMOIRE SUH LES REFOULEMENTS
qui enveloppe le sommet, en forme de >, et qui peut-être même se ferme complètement à Touest. On peut la suivre sans interruption, sans trace d'accident secondaire, et les affleurements permettent même d*en constater la courbure. L'épaisseur des couches supprimées atteint et dépasse 3oo" : pour être formé d'Urgonien surmontant la série normale et complète des étages, il faudrait que le sommet du Faron fût plus élevé de 3oo" environ, u faille ào Fsron Sans doute, il n^est pas impossible de concevoir une faille verticale qui ait ce «mToi'dw' sûrfaoè ^ontour elliptique et qui découpe comme à l'emporte-pièce ce bassin affaissé au de discoati Duité qui mtlieu des assîses plus anciennes; mais la probabilité en semble faible. Il faupi,ieaQ. drait alors rapprocher les plateaux du Faron des bassins signalés plus haut, à
Gernoux, Rouvière et Ghibron; le mécanisme de rafTaîssement aurait été différent, en ce sens que le bord en serait marqué par une ligne de fracture continue, et alors il est difficile de ne pas supposer que cette ligne de fracture marque la place du vide qui a produit l'affaissement, de ne pas y voir l'affleurement d'une surface continue se prolongeant sous toute la montagne. En d'autres termes, un puits creusé en un point quelconque du plateau rencontrerait la faille en profondeur ou, pour mieux dire, constaterait une lacune qui se raccorderait à celle
FiG. 3g. — Conpe dn Mont FaroD.
(B. S. G. F., 3' série, i. XU, p. (So. )
£eheUe=i:>Doa<>.
des affleurements. La faille ne serait que la trace de la surface sur laquelle sont venues s'appuyer les couches affaissées. La coupe du Faron, même dans cette hypothèse qui ne fait pas intervenir l'influence des plissements, serait celle qu'indique la figure 29 ci-jointe.
La taille du coudon Toutefois cette hypothèse, qui semble d'abord la plus vraisemblable, cesse esi la mèmeqneceiie j'^'lre applicable au Cap Gros; là en effet, comme je l'ai dit plus haut, on a
du Cap Gros, et Trai- rr r -t n i- j
semblablement la encore une faille en forme de >, qui entoure le sommet; l amplitude en est
Fa*ron. ''"* ""* ^"^ moindre et le développement horizontal plus restreint, mais la forme est la
même. Or cette faille, au lieu de tendre à se fermer, se recourbe au contraire
en S et se relie d'une manière ininterrompue à celle du Caoumé, qui est une
faille d'étirement bien nette, en relation avec les plissements voisins. L'explication ne peut raiBonnablemenl être différente pour ces deux sommets voisins, qui se font face avec une disposition analogue; il faut donc voir dans les plateaux du Faron, non pas une partie afTaissée sur place par l'action de la pesanteur, mais un pli synclinal à flancs étirés. La coupe de la montagne telle que je l'ai donnée plus haut n'en est d'ailleurs pas modifiée ; c'est, en tout cas, la seule traduction possible des faits observés.
On observe encore, au sud-ouest du Faron, un curieux accident qui serait Réippiriiion.oupétout à fait inexplicable sans invoquer les pressions latérales et les torsions irré- F,^o'''d'*oe '"bande ffulières des plis. Au-dessus du petit Fort Saint-Antoine, en gravissant la route «t"»"» de Marne» irimilitaire du rort itouge, on trouve la succession régulière des assises batno> aieo. niennes, auxquelles succèdent plus haut les dolomies du Jurassique supérieur. Au premier grand tournant de la route, cette succession est interrompue par une petite dépression, large de 20" environ, où apparaissent tout à coup les couches froissées des Marnes irisées; dans cette dépression, un peu en contre-bas de la route, on a exploité le gypse, dont on voit encore des morceaux auprès de l'ancien puits de sortie. Autant qu'on peut en juger au milieu des cultures, l'affleurement se continue au sud-ouest jusqu'à ceux du Trias de la plaine; il s'interrompt au contraire presque immédiatement au nord-est. L'apparence et la disposition sont à peu près celles que présenterait un filon de Marnes irisées dans le Batkonien. Dans la première hypothèse, il faudrait supposer que l'affaissement a produit dans les calcaires une large fracture et que le poids des marnes aiTaissées a fait remonter, comme hydrostatiquement, dans cette fracture, les marnes plastiques sur lesquelles elles s'appuyaient. Mais l'existence de filets dotomitîques verticaux (bathoniens ou infraliasiques?) sur le bord de ta dépression force à repousser définitivement une explication qui, en tout cas, paraîtrait peu naturelle. Il ne reste donc à invoquer que l'existence d'un pli secondaire très brusque, oblique à la direction générale, une sorte de pincement des couches sur le bord du synclinal, faisant pénétrer le Trias au milieu du Bathonien, comme le Trias de Broussan pénètre, par une bande il est vrai plus large, au milieu du Crétacé qui forme le bord du bassin du Beausset. J'aurai plus loin l'occasion de signaler d'autres exemples de ces plis brusques, qui amènent des bandes étroites de Trias au milieu de terrains plus récents, et dont l'intérêt est considérablement augmenté par la comparaison avec les phénomènes analogues des Pyrénées.
Le sommet du Coudon est également entouré, sur la moitié environ de son contour, par une faille analogue, quoique la courbure ne puisse en être suivie au milieu des éboulis de la grande pente orientale. Cette faille se rattache à celle du Revest, dont la seule interprétation possible, celle de faille étirée, a été déjà suffisamment expliquée; les plis qui se succèdent à la base méridionale du
Coudon viennent d'ailleurs encore appuyer cette conclusion. De plus, la faille qui limite le Coudon est la même que celle qui limite le Cap Gros. Le» failles du Cap On est bien tenté de conclure que c'est aussi cette même faille qui entoure rapondfrt i"n"s'ii"r- '^ FaroH, OU du oioins quc la faille du Faron, comme celle du Cap Gros, comme face de glissement et celle du Coudon, u'est que l'intersection d'une même surface, primitivementjianc inférieur dapM Continue, avec la surface du sol. L'idée vient naturellement quand on considère du Beausset, ou de sa ^ jj, f^jg jy chemin de fer ou d'un point de la côte, les deux hauteurs se faisant
contiouation. ' .
face des deux côtés de la vallée de Dardenne : leur continuité primitive, interrompue seulement par la dénudation, semhle alors évidente, et il semble qu'on ne pourrait la reconstituer sans reconstituer en même temps celle de la faille qui, de part et d'autre, limite l'Urgonien. Il est vrai que les deux sommets sont séparés par le pli anticlinal du Fort des Pomets; mais les plis qui séparent le Cap Gros du Coudon, quoique dirigés dans un autre sens, ne sont pas moins accentués, et là, la continuité est prouvée par les affleurements.
On est donc amené à cette conclusion en apparence singulière : dans toute la région qui correspond à l'extrémité du pli anticlinal et du bassin synclinal du Beaussct, c'est-à-dire sur une étendue qui embrasse au moins 12*"° de long et 4*"° de lai^e, il existe, ou plutôt il existait avant les dénudations une surface de discontinuité, séparant en quelque sorte deux séries distinctes, dans leur ordre normal de superposition, mais avec des termes supprimés entre les deux. Cette surface, très irrégulière, très ondulée et véritablement plissée, suit en gros et dans son ensemble les surfaces de séparation des couches, et son pendage moyen est à peu près insignifiant. Il est probable qu'elle s'enfonce plus loin sous le bassin du Beausset, mais rien n'indique jusqu'à quelle distance, irréguiaritri et on- Lcs discontinuités ne peuvent être produites que par les glissements des fa"e""poMÎbf"té"de couchcs Ic long des surfaces de discontinuité. Il y a une sorte d'impossibilité à deux phasM de plu- supposer qu'un mouvement d'ensemble de cette nature puisse avoir lieu suivant superpo9«es. uuc surfacc qui, au lieu d'être plane, est iiTégulière et ondulée. Et alors on se
trouve amené à cette conclusion, (|ue le mouvement d'ensemble a dû précéder les ondulations et les plissements^ si, en elTet, pour une raison ou pour une autre, il a existé à un certain moment une telle surface, à peu près parallèle aux plans des couches, ou au moins peu inclinée sur ces plans, les actions de compression ont dû agir sur celte surface comme sur les couches elles-mêmes. Le phénomène de glissement, suivant le plan de couches peu inclinées ou suivant une surface qui s'en éloigne peu, suppose déjà l'action d'une compression latérale et par conséquent d'un plissement préalable. La question qui se pose alors, pour ce coin de la Provence, est celle de la possibilité de deux plissements superposés. J'ai déjà eu l'occasion de la poser plus haut à propos de la sinuosité des plis; elle se présentera de nouveau dans la discussion du massif d'Allauch, et dans les trois cas la réponse reste douteuse. Ici, notamment, les déductions précédentes
QUI ONT PLISSÉ L'ÉCOBCE TERRESTRE. gS
reposent sur une hypothèse, vraisemblable il est vrai, mais nullement démontrée : le raccordement virtuel de la faille du Faron à celle du Cap Gros.
Si l'on repousse celte hypothèse, la continuité sur de larges étendues d'une surface de faille ondulée se trouve, elle aussi, éliminée ; car les torsions suffisent à expliquer l'affleuremenl sinueux de la faille du Cap Gros et du Caoumé; mais il reste toujours un fait difficilement contestable, c'est l'existence d'importantes surfaces d'étirement le long des/lancs non renversés des plis, et il faut en conclure qu'il y a eu des déplacements horizontaux considérables dans des systèmes de terrains où l'on n'observe ni plis couchés ni renversements.
Cette conclusion s'impose d'ailleurs avec une évidence plus grande encore, si Exemples de giissel'on suit plus au nord le pied des coteaux triasiques et jurassiques qui s'élèvent u'^i'"riwiq«''non au-dessus de la plaine permienne. En arrivant à Solliès- Ville, on voit le Mu- «Drersée, le long de,
, ,, „ , ,, ... T 1 -11 • labordurcpermienne,
schelkalk et les Marnes insees progressivementdisparaltre, et au village même, entre Tonton et Car-
l'Infralias repose directement, par l'intermédiaire de quelques cargneules, sur le ■"•"''*■
Grès bigarré. La faille, si l'on veut l'appeler ainsi, est donc là à peine inclinée,
et l'affleurement s'en prolonge, en s'éloignant de la plaine permienne, presque
jusqu'au pied de la colline de Saint-Hubert, où elle met en contact deux étages
jurassiques voisins. Près de Cuers, les choses sont plus nettes encore : c'est tout
le long d'un vallon, où le Permien s'avance profondément entre les coteaux
jurassiques, que se produit le même phénomène de suppression du Muschelkalk
et des Marnes irisées. Là encore, la superposition directe del'Infralias au Grès
bigarré est bien visible en plusieurs points, notamment au fond du vallon.
Quoique le vallon corresponde à un léger bombement anticlinal, les couches
sont faiblement inclinées, et le contour de la faille en forme de < , ainsi que La
superposition mentionnée, montrent qu'elle est à peu près horizontale^ c'est
l'affleurement d'une surface d'étirement, qui, dans une série régulière et non
bouleversée, supprime une partie des couches. Les mêmes faits se reproduisent
entre le Pujet et Carnoules, mais ils sont là moins frappants, parce que les
couches, très inclinées, se rapprochent de la verticale.
Ces observations confirment donc l'interprétation que j'ai donnée, comme la Appirenees de useule possible, de la coupe du Faron et la conclusion que j'en ai tirée. Ce nouveau d""ri«"ién'e^^ra!^ rôle des déplacements horizontaux, dont le résultat est de créer des appa- wire. rences de lacunes dans ta série sédimentaire, sera discuté plus loin. Ces mouvements, comme on le voit, peuvent se produire loin de tout pli couché, mais on doit a priori prévoir qu'ils ne peuvent se produire que dans les pays de plis couchés, et qu'ils en sont caractéristiques.
L'étude du pli du Beaussel montre donc ; le charriage horizontal sur plus Risumé. de 5""" de masses importantes, qui viennent recouvrir les terrains les plus récents de la région; les déviations, torsions et ramifications du pH, quand il se rapproche des terrains cristallins; et enfin l'existence d'étirements, c'est-à-dire de
déplacements horizontaux, dans les parties même qui semblent restées en place et qui forment le flanc inférieur du synclinal correspondant, ou synclinal recouvert (').
3° Le pli de la Sainte-Baume.
s La chaîne de la Sainte- Baume, écrivais-je en 1884, reproduit avec évidence, sur une longueur de quinze kilomètres, un de ces phénomènes de plia couchés, fréquents dans les régions alpines. Les exemples en sont assez rares en France pour mériter d'être signalés; mais, ce qui me semble de plus prêter à la chaîne un intérêt spécial, c'est la netteté avec laquelle elle montre le passage des plis à des failles bien accentuées, et la diversité des apparences produites & de faibles distances par un même effort orogénique » (*).
Coquand, dans un Mémoire publié en 1864, avait reconnu le renversement du massif de la Sainte-Baume ; mais ses études, en dehors de la région des lignites du Plan d'Aups, ont sans doute été un peu hâtives, car la coupe donnée par lui contient d'assez nombreuses erreurs de détails, et masque, plutôt qu'elle ne le montre, le mouvement d'ensemble qui a donné à la chaîne sa structure actuelle.
La crête de la Sainte-Baume suit, sur une longueur de 12^'°, la direction E. 20" N-, à l'altitude moyenne de iooo"au-dessu8 de la mer; elle s'arrête brusquement à l'est au pic Sainl-Cassian; à l'ouest, à partir de Baou de Bretagne, elle se recourbe vers le sud-ouest, et vient lentement s'abaisser vers le hameau de Saint-Pons. Entre ces deux pics extrêmes, elle forme au nord un escarpement vertical de Sco*" de hauteur, et domine le plateau elliptique du Plan d'Aups, qui mesure 2'"' à peine dans sa plus grande largeur. Le terrain s'abaisse ensuite lentement au nord jusqu'à un chaînon parallèle (chaîne de la Lare), haut de 600" à Sco", qui vient expirer près de Nans, et sépare le Plan d'Aups de la vallée de l'Huveaune. Au sud, l'escarpement brusque est remplacé par une croupe dénudée, dont la pente moyenne est d'environ un cinquième; cette croupe aboutit à une sorte de plateau accidenté où est situé le village de Riboux ; puis, après un léger ressaut qui limite au sud ce plateau, le sol descend par des ondulations successives vers le bord septentrional du bassin du Beausset. I^a petite plaine en entonnoir de Cuges, produite sans doute, comme je l'ai déjà dit,
(■) La description précédente peut être suivie sur ma Carte géologique des ennirons du Beaustet (B. S. G. F., ï' série, t. XV, 1886-87, P'- ^XIV)\ ou sur les feuille» Ul {Marteilte) et 248 {Toulon) de la Carte géologique détaillée de la France).
(>) B. S. G. F., 3' série, i. XIII, i884-85, p. 116; Cartes et coupes, PI. VI ei K/f. Voir aussi VEsquisse de* environ! de la Sainte-Baume figurant au tome XVI, 1887-88, PI. XXVII, et les feuilles 23» {Aia:) et 247 ( Uarteille) de la Carte géologique détaillée de la France.
par un affaissement local, forme comme un trou sans écoulement au bord de ce versant sud de la chaîne.
C'est cette chaîne qui forme un plî anticlinal très net, renversé sur le petit bassin crétacé du Pian d'Aups; la partie centrale en a son affleurement dans le plateau de Riboux, formé d'Infralias avec quelques lambeaux triasiques. La coupe, prise par exemple entre Cuges, Riboux et la crête, ne peut donner lieu à aucune ambiguïté (^^.3o). De Cuges à Riboux, on trouve la série jurassique, complète et bien développée, depuis le Bathonien jusqu'à l'Infralias, avec un pendage régulier vers le sud. Au-dessus de Riboux, on traverse plusieurs fois les gros bancs de l'Infralias et ceux de la lumachelle infraliasique ; puis, sans que le pendage ait changé, on retrouve la série jurassique, mais renversée et très amincie : selon les points, le Lias, le Bajocien ou le Bathonien font défaut,
ChiU ait 1> ^ 'iiù)>t,
fia. 3o. -~ Coup« médiane de la chaîne de la Sain te- Baume, {B. S. G. F., i- sit\e, l.Xni, pi. vn.Jig.t.)
1. Tiin; C. DalomlMjansBlqiHa; ii. Cuaciiet i Mltuuitr invU {?];
i. lutnliu; T. CilcairMblia»( Jurassique BDpiriaar); 11 Calcairei à Hippuritw;
>- I-l»; <- Ktocomien; 1t. Sautanlan (Gr«B«tlIarnesïligalt«s);
4. Ba}oden«tBithoDienDurD«ui; (. UrgoDlen; FF raille du Plind'Aupa;
9. Bathonien ealcaira; 10. Aptien; ff Faille du plsd de la Crtte.
Échalla ^ i^ioaoD (langumn at hauteore).
ou ne sont représentés que par quelques bancs intermittents. Si l'on gravit la crête, on voit les dolomies jurassiques, bien développées, plonger sous cette bande étirée, puis le Néocomien forme une dépression irrégulière, et repose luimême sur rUrgonJen, qui constitue la crête et l'escarpement.
Ainsi ta montagne présente deux séries de couches, l'une au sud se succédant ZonedegU: dans leur ordre normal de superposition, l'autre au nord présentant le même ^™drnT*°B pendage, mais nettement renversée. Entre ces deux séries, il y a non pas une """sé du pli faille, comme le pensait Coquand, mais une bande de couches amincies, une zone de glissements effectués dans des plans voisins de ceux des couches. Cette bande étirée, qui peut être prise comme ligne directrice du pli, peut se suivre tout le long de la crête, entre Saint-Pons et la Taille, et se prolonge plus loin encore k l'est, du côté de Mazaugues. Cette bande offre d'ailleurs un très grand intérêt, parce qu'elle permet d'étudier dans toute sa variété, et pour ainsi dire à l'étal naissant, le phénomène de suppression intermittente des couches; c'est
^6 MÉMOIRE SDK LES HEFOULEMENTS
une préparation nécessaire à Tétude des masses charriées ou masses de recouvrement, où le même phénomène, parfois exagéré, peut sembler d'abord méconnaissable.
A Riboux, l'Infralîas est séparé des dolomies de la croupe par une quinzaine de mètres de calcaires à silex (Lias moyen et supérieur), par des calcaires marneux et par quelques mètres de calcaires compacts (Bathonien). En suivant vers Test le chemin du Pied de la Colle, on reste presque constamment sur les calcaires à silex, mais les calcaires mameux disparaissent, et les dolomies jurassiques arrivent même en contact avec le Lias. Plus loin, au contraire, c'est le Lias qui manque, et l'Infralias surmonte le Bathonien. En suivant la limite des deux étages, on voit d'abord reparaître quelques morceaux de calcaire Uasique, puis des bancs bien lités et incontestablement interstratifiés. Le Lias est d'ailleurs presque partout fossilifère, et c'est un fait à noter que les fossiles n'y ont pas subi de déformations spéciales; il faut en conclure que les glissements ont eu lieu bancs par bancs, sans doute facilités par les minces lits de marnes qui les séparent. Dans les couches marneuses, au contraire, les fossiles sont ordinairement aplatis et déformés.
Au sud des affleurements du Lias, on rencontre presque partout la lumachelle de l'Infralias à faible distance, c'est-à-dire que les calcaires dolomiliques qui les séparent normalement sont aussi très réduits ou supprimés. L'épaisseur primitive des couches, qui ont été ainsi amenées à ne plus former qu'un mince liséré au pied de la montagne, s'élevait donc à plus de 3oo™. Leur renversement résulte partout, sans ambiguïté, de l'ordre de succession et du pendage, mais il peut se vérifier d'une manière plus frappante sur le flanc nord d'un petit coteau qui précède la Bastide Panier (aujourd'hui ruinée); en bas est le Bathonien, à mi-câte le Lias, et en haut l'Infralias.
A la Bastide Panier, la bande subit une déviation vers le sud ; il y a torsion du pli et décrochement latéral ; il faut descendre de Soo™ au sud pour trouver la continuation des mêmes phénomènes.
Au delà de ce rejet, on rencontre le défilé de la Taille, où la série renversée comprend les différents termes du Bathonien, presque développés avec leur épaisseur normale; par contre, tous les autres étages font défaut, et cette série bute directement contre les Marnes irisées presque horizontales (avec bancs de lignites) et surmontées de l'Infralias. Une des surfaces de glissement a pris là une importance prépondérante par rapport aux autres, et donne naissance à ce qui paraît être une véritable faille. Mais bientôt, à l'est, cette surface unique fait place de nouveau à une réapparition de la zone d'étirement, et, en la suivant jusqu'au delà de la Salamone, on peut y trouver des fossiles de tous les étages. Sur ce parcours, on voit même apparaître plusieurs fois le Muschelkalk, au centre du pli, et, à l'ouest de la Salamone, on constate une nouvelle torsion très accusée de la bande triasique, correspondant à un second décrochement du pli. La
QUI 0\T PI.IPSÈ 1,'ÈCOHGE TKUHKSTRK. QJ
direction des bancs, ti"ès froissésj s'infléchit vers le nord, avant de reveoir vers l'est.
, La bande étirée n'a pas été observée plus loin, sur la feuille de Draguignan ; elle s'amincit progressivement et disparaît de ce côté; nous verrons tout à l'heure qu'elle est remplacée par une grande surface de glissement, presque horizontale, le long de laquelle, sans intermédiaire de terrains renversés, l'Infralias é'est superposé au Crétacé supérieur.
■ A l'oiiest de Riboux, le Trias apparaît un instant au Puits d'Arnaud jusqu'au Muschelttalk; plus loin la bande étirée se résout, comme à la Taille, en une faille unique, qui met en contact sans intermédiaires le Bathonien ou les dolomies jurassiques renversées avec l'Infralias ou le Trias de la série normale. Mais les étages intermédiaires reparaissent en approchant de Saint-Pons, et là, quoique toujours renversés, ils se rapprochent de plus en plus de la verticale.
Les étirements mentionnés jusqu'ici se rapportent seulement au flanc ren- Ëtireni«nis »ur le versé du pli; mais il y a aussi des glissements sur le flanc normal : ils se tra- dniiam Mr de» uiiiei duisent par deux failles, l'une qui borde d'abord au sud le plateau de Riboux (pii»-f»iiie»). entre Riboux et la Taille, puis descend brusquement au sud vers le village de Signes ; la seconde qui, partant de Cuges et remontant d'abord directement vers le nord, se dirige ensuite vers Saint-Pons parallèlement à la crête. Cette seconde faille met en contact le Jurassique supérieur avec l'Infralias, et, dans la partie où elle est parallèle à la faille d'èlireraent du flanc renversé, elle isole avec elle une bande triasique et iiifraliasique au milieu du Jurassique supérieur; c'est là une apparence qui se reproduit assez fréquemment en Provence, et qu'il est intéressant de constater en un point où l'interprétation n'est pas douteuse.
Il est bon de remarquer aussi la sinuosité de ces failles qui, comparée à l'allure rectiligne de la chaîne et des autres accidents, semble prouver que leur pendage, au moins leur pendage moyen, est assez faible, à peu près comme celui des couches.
L'étude du pli anticlinal de la Sainte-Baume doit maintenant se compléter Pii »jncliD»i du par celle du pli synclinal sur lequelil est renversé. En bornant d'abord ses f,',".*'i^''i^parfteïpfr observations au pied même de la crête, c'est-à-dire au bord méridional du pla- nitrem ■» moin» de teau du Plan d'Aups, on arrive à cette conclusion, que les couches à Hippurites, urgoDietine et jun»au moins à l'est, pénètrent de près de deux kilomètres sous la montagne. '"'"'■
A l'ouest, les couches à Hippurites du plateau sont surmontées par lés pre- pi* «» < de» wlmièrea couches saumfttres, base du Danien, dans lesquelles ont été faites des oi'^i. ''**'"" tentatives d'exploitation d'un niveau inférieur de lignites. Ces couches saumâtres, peu inclinées, butent contre la grande falaise calcaire, dans laquelle on voit, au ravin de Giniez, les couches à Hippurites se recourber en < ; c'est la oharnière synclinale {fig- 3i). Une petite faille de tassement fait que les couches sftumàtres, primitivement englobées dans ce < des calcaires, sont maintenant
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98 MÉMOIKt: SUR LES HEKOULEMENTS
à leur pied ; mais la faille de tassement diminue d'amplitude et disparaît peu k peu à Test, tandis qu'à Touest elle cesse d'avoir un effet visible par suite de la Terticalité des bancs. Cette faille est un fait local, mais la verticalilé des couches au Baou de Bretagne et la coupe de Giniez montrent que, de ce côté, la pénétration du Crétacé supérieur sous l'Urgonien n'est pas profonde.
A partir de la grotte et jusqu'au Pic Saint-Cassien, la série sénonienne, non renversée, forme le pied de l'escarpemenl urgonien ; toute la série intermédiaire, dont les couches renversées doivent compléter le pli, a dû être supprimée, mais là, c'est par une faille d'étirement parallèle aux couches, et le Sénonien s'ea*fonce sous l'Urgonien. Comme au Beausset, l'action des dénudations en donil0
Pio. 3i. — Coupe des calcaires i Hippurite
Interruption brus- la pFCuvc manifcslc î en efict, la crête calcaire s'arrête brusquement au Pic eodieonê* lîots'dedo^ Saïnt-Cassien, etlà, le manteau qui recouvrait les assises sénoniennea ayant di»*lomies superposés au paru, OU voit ccUes-ci sc Continuer régulièrement vers le sud et s'avancer jusqu'au château de la Taille, en entourant le pic sur les trois quarts de son pourtour. Dans cette sorte de golfe, ainsi formé par les couches sénoniennes au sud des Glacières, les sommets sont encore couronnés par des dolomies jurassiques, formant corniche et continuant par lambeaux la bande dolomitiquc mentionnée le long de la croupe. Cette croupe sc continuait donc sans interruption au-dessus des affleurements actuels du Sénonien, et par la même raison on peut conclure que ce Sénonien se poursuit sous la partie où les dolomies n'ont ■^ pas encore été dénudées. Que dans une nouvelle période géologique la dénu-
dation se poursuive, la crête de la Sainte-Baume reculera vers le sud-est, et son flanc méridional fera place également à une suite de collines sénoniennes, avec témoins jurassiques épars sur leurs sommets. Sources de la Taille Ce n'est d'ailleurs pas tout. Vers le haut du ravin de la Taille, au sud de» sortant des dolomies affleurements précédents, existent trois sources considérables, qui ont été capjurassiques; ces doio- 1 /--i '1 *-■ ■ ■ mies borizontaies sont tées pour la ferme de Chibron. Ces trois sources prennent naissance au milieu
nërsInT^enoes."*" ^«3 dolomies juTassiqucs, et l'origine en semble d'abord inexplicable ; mais, en remontant un peu plus haut le ravin, on le voit s'élargir en une sorte de petite plaine, où apparaissent tout d'un coup lesmames et les calcaires sénooiens. Sur
QUI ONT PLISSÉ L'ËCORCE TERRESTRE. . fjQ
les bords du ravin, on peut constater que ces couches n'apparaissent pas aiilsi m milieu des dolomies par suite d'un afTaissement local, mais que les dolomies leur sont nettement superposées en grandes dalles horizontales (fig. 32). Le pli synclinal crétacé pénètre donc jusque-là, et prohablement plus loin encore; et les dolomies jurassiques sont aquifères, parce qu'elles ont été exceptionnellement et mécaniquement superposées à un niveau marneux, qui retient les eaux et leur permet de remonter dans leurs fissures.
Ed même temps que cette pénétration, on constate, dans les affleurements de J'anse crétacée des Glacières, un fait intéressant : c'est que les suppressions des
Fio. îi. — Coupe de la lallée de la Taille en «mont des sources. 1. Dalom<M JuraulqoM ; 1. Batlioiileii ; a. Liui 4. lofrillis.
couches renversées deviennent plus importantes en se rapprochant de la charoière synclinale. Ce sont, en eflet, toutes les couches crétacées inférieures au Séoonien qui font défaut : il n'y a plus trace ni du Néocomien de la croupe, ni de i'Urgbnien de la falaise, ni de l'Aplien qui se développe à l'ouest du Couvent, dans la partie où les couches tendent à redevenir verticales. II est vrai que ces étages cessent rapidement au nord et à l'est, même dans les affleure^ ments normaux, par suite d'une lacune dans la sédimentation. Mais cependant rUrgonien et l'Aptien existent encore à Camps, à 20"^ au nord-est, et par conséquent leur disparition, en tout cas trop rapide pour être due seulement aux conditions de dépôt, est en grande partie au moins le résultat de l'étirement. D'ailleurs, on devrait trouver aussi le Sénonien replié sur lui-même et renversé, et nulle part on ne l'a observé. En somme, c'est tout le Crétacé du ■ ' :"
flanc renversé qui a été laminé et supprimé en approchant de la charnière synclinale.
Il faut remarquer, en outre, combien peu incHnée est la surface du Séno- La surface de péoénîen qui pénètre ainsi sous le Jurassique : du Pic Saint-Cassien au ravin de Meri"esi preLueTola Taille, c'est-à-dire pour une distance de 3*"", la dénivellation n'est qu« "■«on"''de iSo".
Les études de M. Zurcher permettent maintenant de poursuivre très loin vers l'est les mêmes phénomènes. Si de la Salamohe on descend à Mazaugues, on traverse une série de collines composées d'Infralias et de Lias|en stratifica-
lOO MÉMOIRE suit LES KËh'OUmMENTS
tion régulière; les érosions ont, en deux points, mis à jour, sous cet Infralias, les couches crétacées en forme d'Ilots complètement isolés. Dans le premier ce sont, au fond du ravin, des sables bigarrés, qu'on retrouve i Mazaugues associés aux calcaires à Hippurites; un banc de calcaires métamorphisés, presque marmoréens, sépare ces sables de l'Infralias. Un peu plus loin, ce sont les calcaires à Hippurites qui se montrent brusquement au milieu de l'Infralias.
En approchant de Mazaugues, tes collines jurassiques s'abaissent et font place à une vaste plaine occupée par le Crétacé, dont les affleurements se trouvent ainsi s'étendre V"° plus loin vers le sud. Aucune inflexion, aucun changement de direction dans les couches n'explique cette brusque pénétration; la ligne des collines jurassiques, contre lesquelles s'arrête ce Crétacé, se poursuit vers l'ouest jusqu'à la Sainte-Baume, sans déviation et avec ta même composition; ce Crétacé, largement étalé, n'est évidemment que la continuation de celui qui pénètre sous les collines infraliasiques; à Mazaugues, la nappe de recouvrement a été dénudée, et l'on constate ainsi que tes Ilots précédemment mentionnes ne donnaient qu'une limite inférieure de la pénétration du Crétacé sous cette nappe de recouvrement.
Le Crétacé s'avance même encore plus loin vers le sud ; l'Infralias de Mazaugues et la série jurassique régulière qui le surmonte sont encore superposés au Crétacé, comme le montre la pénétration sinueuse dessables au milieu des calcaires, ainsi que les îlots de Danien enclavés dans le Trias. Sur la route de Roquebrussane, la pénétration n'est pas de moins de a*™; je reviendrai tout à l'heure plus en détail sur ces faits, en donnant une analyse du travail de M. Zurcher.
En se bornant pourle moment à l'étude de la seule chaîne de la Sainte-Baume, on voit qu'elle donne déjà la preuve d'un chevauchement considérable du pli anticlinal sur le pli synclinal qui lui fait suite. La charnière synclinale de ce pli, ou, avec plus de précision, la courbure synclinale des calcaires à Hippurites, est encore à Giniez en avant de la crête; mais, vers l'est, elle s'enfonce de plus en plus sous la montagne et cesse d'être visible, même quand, aux Glacières, les masses qui la recouvraient et la masquaient ont été dénudées sur 3"™ de lar- Ttinoini d'uoe ta- geur; à Mazaugues, l'enfoncement est plus considérable encore. Nous allons *'*''°tiiK!"t''ei>^«ï«^ ^'**'' *^* même que la charnière anticlinale, dont on pouvait se croire très rap- I Sainte-Baume, proché ptès de lUboux, par suite de l'étroit affleurement des terrains les plus anciens au centre du pli, se trouve pour ainsi dire indéfiniment reculée vers le nord. De même qu'on a peine à reconnaître de combien les terrains crétacés ' s'enfoncent sous les masses plus anciennes, de même il est difficile de préciser jusqu'où se sont avancés les terrains jurassiques charriés au-dessus du bassin crétacé. Jusqu'à 7"™ en avant de la Sainte-Baume, on trouve des masses jurassiques formant des tlots ou des promontoires, comme au Beausset, au milieu du Sénonien et du Danien ; comme au Beausset, on peut prouver que ces îlots
QUI ONT PLISSÉ L'ÉGORCE TERRESTRE. '•( 6l
et cea promontoires sont réellement superposés au Crétacé, et qu''i]8 sont les témoins d'une large nappe de recouvrement, d'un immense déroulement du pli de ta Sainte-Baume.
Mais, ici, on se trouvé en face d'uiie' difficulté qui n'existait pas au Beaussel, qui rend les observations plus compliquées et l'exposé même de ces observa- ^con^re tionsplus délicat. Au lieu du bassin synclinal régulier du Beausset, le bassin morcelé le bissio sjdcrétacé qui s'étend au pied de la Sainte-Baume est accidenté par une série de failles et de plis secondaires. Au lieu des larges affleurements horizontaux, qui guidaient l'observation et les raisonnements, on ne trouve plus que des bandes crétacées étroites, indépendantes en apparence, dont il faut retrouver et rétablir la continuité pour comprendre le rôle du pli couché. Il faut reconstituer le Kecon«iiution du bassin, en précisant la part des actions et des mouvements secondaires, avant de '"'" *'""' chercher à déterminer la part des grands phénomènes de recouvrement.
Le caractère général de la région accidentée qui s'étend entre la crête de la Sainte-Baume et la vallée de l'Huveaune est d'être formé de chaînes ou de ' ■ ■
bandes, à peu près parallèles entre elles, orientées du sud-ouest au nord-esi "'' ' comme la crête dç la Sainte-Baume, mais s'arrêtant toutes avant d'atteindre la grande dépression nord-sud que suit l'Huveaune entre Auriol et Aubagne. Une ligne de collines non moins importantes, dirigée perpendiculairement aux précédentes et prolongeant vers le nord le massif de Tête de Roussargue, longe cette dépression d'une manière continue et limite vers l'ouest la région dontje vais d'abord m'occuper.
En avant de la crête de la Sainte-Baume s'étend le petit plateau du Plan piaiMu du pim d'Aups, véritable plaine unie de 2"™ à 3""" de largeur, à une altitude d'en-'***"'"' viron 700™. Le sol en est formé par les calcaires à Hippurites, qui se prolongent à l'est sans interruption jusqu'à Camps. C'est à cette bande, de largeur variable mais toujours assez étroite, qu'un premier examen limiterait le bassin crétacé que nous cherchons à reconstituer.
Le plateau du Plan d'Aups domine au nord, au pied d'un nouvel escarpe- Série de dépressions ment de moindre importance, une région de collines profondément découpées, "fcàiliV de"re's"à dont les sommets ne dépassent guère 600", et qui forment une bande de 2*™ en- ''ouest, a sépirées
11 11 I 1 ii.i ■ I 1 . ■ . ■■ 11 pardeamasaifsjuras-
viron de largeur, d abord parallèle a la chaîne, puis se poursuivant jusqu a sir|i.as. Nans avec Une légère déviation vers le nord. Par suite de cette déviation, entre Ces collines et le plateau du Plan d'Aups, s'intercale vers l'est une masse puissante de dolomies jurassiques, à peu près horizontales, formant le massif de RoUgiers, et servant partout de substratum régulier aux calcaires à Hippurites. La rangée de collines mentionnée est formée par des terrains jurassiques plus ancien^, et séparée des dolomies ou du plateau par une dépression souvent très étroite, dont le remplissage crétacé a longtemps passé inaperçu. . ■
Au nord d,e ces collines se dresse une masse rocheuse plus homogène, la ' '
ipontagiic de la Lare (ou du Deffend), atteignant 837'" de hauteur, et de nou-
1D2 MÉMOIRE StR LES HEFOULEMENTS QUI ONT PLÏSSt L'^OHCE TERRESTRE.
veau formée, au moins pour U plus grande partie, par Les dolomira jurassiquai. Au sud de la montagne de la Lare règne encore une dépression, remplie de ieprains crétacés ou tertiaires.
ËnBn, au nord de la Lare, une troisième dépression, parallèle aux précédentes, mais ne se continuant guère à l'est au delà de Saint-Zacharie, fait encore apparaître le Crétacé, dans une bande dont la continuité est un peu masquée parles collines jurassiques qui la parsèment sous forme d'ilotg; et une dernière rangée de coteaux peu élevés (de Soo" à SSo"), de nouveau formés par le Jurassique ou même par le Trias, sépare cette troisième dépression de la vallée de l'Huveaune (200""), où affleurent les terrains triasiques.
Il faut ajouter que la seconde et la troisième dépression, ainsi que les ter^ rains crétacés qui les remplissent, se relient vers l'ouest d'une manière continue, en contournant le massif de la Lare, qui s'abaisse du même côté et disparaît.
En dehors du massif de la Lare, qui est constitué par une masse à peu près homogène de Jurassique supérieur en forme de voûte surbaissée, cette région, dont la grande route de Saint-Zacharie au Couvent donne une coupe facilement observable, est, comme on le voit, remarquable par la succession capricieuse
Pie. 33. — Coupe de Saint-Zicbirie t !■ Kiinte-Baume
en partie d'après Coqu
(fl. S. G. F, 3* série, l. XVI, il
dans l'hypnthèse de faille* verticales,
r. NiocDiniiB;