I. UuHbïlkalk
nord, de l'ouest ou du sud, on trouve à ses pieds, comme on doit s'y attendre, les marnes néocomiennes à Spatanjjues; mais le sommet, au lieu d'être formé par des étages plus récents, l'est de nouveau par les calcaires gris du plateau,
c'osl-à-dire par le Néocomien inférie.ar qui se trouve ainsi superposé au Néocomien supérieur. Entre les deux s'intercalent même, sur la moitié du pourtour, les calcaires roux du Sénonien inférieur. La petite grotte qui s'ouvre à l'est donne un bel exemple des froissements et laminages produits dans les marnes par ces mouvements anormaux. Le Néocomien et le Sénonien manquent au sud-est; c'est donc de ce côl('' qu'est venu le recouvrement, le chapeau néocomien, comme le prouve encore le brusque redressement vertical des calcaires sur la pente. Que ce recouvrement vienne d'un pli secondaire, dont je n'ai pu constater le prolongement ni vers le nord, ni vers le sud, ou qu'il vienne du pli périphérique dont la bande triasique suivie précédemment formerait le noyau,
I sB MÉMOIRE SUR LES REFOULEMENTS
il montre en tout cas qu'à l'est comme au sud, il y a eu poussée vers le massif crétacé d'Allauch et tendance des terrains plus anciens à se renverser sur lui.
Ainsi, pour résumer cette première partie, une bande triasique ayant nettement au sud tes allures d'un pli anticlinal, décrit un demi-cercle autour du plateau, avec tendance plus ou moins marquée à le recouvrir de couches plus anciennes. Du côté opposé, ce Trias s'enfonce sous une cuvette crétacée, à bords 1res fortement et très irrégulièrement étirés, qui, de Carlevan à Roquevaire, dessine un nouveau demi-cercle concentrique au précédent. La continuaiion du Nous arrivotis ainsi à la pointe nord du massif; cette pointe est comprise du' ^Te^rme" "u"b^rd cutrc dcux failles : l'uue à l'est, celle que nous venons d'étudier et qui sépare le du bassin de Fuveau, Néocomieu du Trias; l'autre qui se dirige au sud-ouest vers AllaucK et met la par u continuation de falaise néocomiennc en contact avec les calcaires à Hippurites. Mais cette derla même taille. nière se continue vers l'est sans interruption, et sur tout son parcours elle ne
produit d'autre effet que d'abaisser sa lèvre septentrionale. C'est un accident d'un autre ordre, qui n'a d'autre effet que de rejeter légèrement vers l'ouest notre pli, ou mieux notre demi-pli anticlinal. Cet accident a une grande importance dans la détermination du relief et des formes orographiques; mais, au point de vue de l'étude géologique, il convient d'en faire abstraction. Le Trias, ou au moins le Lias, continue à border le promontoire de Crétacé supérieur, comme il bordait la falaise néocomienne; il continue à plonger, au nord-est d'abord, puis au nord, sous des falaises jurassiques et sous le bassin urgonien de Peipin, continuation du bassin urgonien de Koquevaire. De plus, du côté de ce bassin, on constate toujours, dans la retombée jurassique, les mêmes phénomènes d'étirements et de suppressions de couches, que nous avons suivis depuis AlJauch jusqu'à Lascours.
Quand on arrive à l'extrémité du promontoire crétacé, rien n'est modifié dans les allures de cette bande ni dans son pendage : la muraille formée par les calcaires du Jurassique supérieur se continue dans la même direction jusqu'au carrefour du Terme, en haut de la montée de la grande route de Marseille à Aix; mais rinfralias et le Trias sur lesquels elle repose s'étendent bien loin vers le sud, en enveloppant tout le promontoire crétacé.
Ce promontoire qui, comme je l'ai dit, n'est qu'une continuation affaissée du massif d'Allauch, auquel il se rattache par sa base méridionale, se trouve ainsi sur les trois autres côtés entouré et enveloppé par le Trias (ou par l'Infralias). Ce Trias plonge de toutes parts sous le Jurassique, comme cela aurait Ueu si la place du promontoire était occupée par un pointement de terrains plus anciens. Les affleurements des étages successifs, celui des couches à Avicula contorta, celui des dolomies infrahasiques, celui des calcaires à silex, dessinent tout autour une série de bandes régulières et concentriques; aucun accident, faille, pli ou même ondulation des couches, ne continue dans celte bande jurassique la direction des affleurements crétacés.
Ainsi la bande étroite de Trias qui entoure le massif d'AlIauch, au sud et à l'est, s'épanouit brusquement au nord auprès de Pichauris, en enveloppant le cap crétacé qui prolonge et termine ce massif. La cuvette crétacée qui, eoncentriquement à ce Trias, formait une seconde ceinture au massif, se continue au nord (bassin urgonien de Peipin); mais là, elle s'arrête, tandis que le Trias, réduit de nouveau à une bande étroite, continue à border, après une courte interruption, le dernier côté du massif.
Pour bien comprendre la portée et la signification de cette disposition singu- ,
lière, il convient de revenir à Allauch et de décrire à son tour te versant nordouest du plateau crétacé.
Bien que la structure de ce côté soit, au fond, très semblable à celle de l'autre versant Kptmtrio-
IT -fi ii-A>r 111'' ,(La1 (nord -ouest) du
aspect gênerai est très différent, parce que la bande triasique, plus massif d'AiiaucU.
réduite et plus isolée, n'étant pas non plus accompagnée du cortège de terrains variés qu'amenait a» jour l'étirement des flancs, joue un rôle à peu près insignifiant dans l'ensemble du relief. A cause du pendage, déjà signalé, des coucbes du plateau vers Allauch, la falaise néocomicnne ne commence à se montrer et à s'accentuer qu'à partir du Jas de Palenchon ; mais, de là, elle continue ininterrompue jusqu'à l'angle septentrional, où elle rejoint la falaise de l'est. Il y a là deux parties à considérer, l'une à l'ouest, l'autre à l'est du grand ravin des Maurins.
Danslapremière.oùla falaise est moins accentuée, on trouve à son pied, vers Réduction de u te nord, une série de collines calcaires dénudées, formées d'abord par les cal- g°mp'e"Iî'éé''de* quelcaires à Hippurites, et plus loin par les calcaires urgoniens. Entre les deux il <!"" mètres de larexistc non pas même une bande, mais une allée de Trias, large de lo" à peine, mais parfaitement continue et partiellement cultivée. Celte ligne de Trias aboutit au sud contre le bassin tertiaire; mais les deux lambeaux d'Infralias fossilifère qu'on retrouve sur la route du Logis-iS'euf et sous les premières maisons d'AIIauch, montrent clairement qu'elle s'infléchit vers le sud pour rejoindre l'affleurement plus large des Marnes irisées au sud du village, et, par conséquent, pour rejoindre le pli anticlinal déjà suii>i sur les autres versants du massif. On est donc déjà amené, par continuité, à présumer que la signification doit en être la même, et que ce liséré de Marnes irisées marque la continuation du pli étudié précédemment. Les observations de détail confirment cette conclusion.
En premier lieu, les calcaires à Hippurites correspondent à ceux du Baou Rouge, ou du moins au même pli synclinal. Ils en sont séparés, il est vrai, par une faille, celle-là même qui borde plus loin la falaise, et dont j'ai signalé le rôle, comme faille d'affaissement; elle esl ici remplie par un large filon de calcite cristallisée. La pointe méridionale de ce petit massif de calcaires à Hippurites reproduit la série décrite sous le village d'AIIauch, le Turonien, le Néocomien à Spatangucs et le Néocomien inférieur s'y succédant en strati- T. L. — m" 2. ÏJ
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fîcalion renversée; ce sont les mêmes étages, avec le même pendage, mais ■ reportés i*"" plus an nord. Ce déplacement horizontal pourrait faire croire d'abord à une faille de décrochement; mais, vu la faible inclinaison des assises, il s'explique aussi bien par un affaissement. L'Infralias se montre sous les premières maisons, près de l'église, et, de ce côté comme de l'autre, il est superposé au Crétacé. On est donc bien en présence de la continuation du pli d'Allauch, légèrement rejeté par la faille, et de plus assez brusquement dévié vers le nord. A cette torsion brusque du pli correspond la même exagération des phénomènes d'étirement que nous avons déjà notée à l'angle oriental du massif. Les termes intermédiaires du Crétacé inférieur disparaissent, et le Trias se trouve en contact avec les couches à Hippurltes. Dans le ravin, près des Cadets, on peut voir de quelle manière se fait le contact, bien mis à nu dans la berge ; les bancs à Hippurîtes plongent en concordance sous le Trias avec un angle de 25" environ {ftg. 53 ). De l'autre côté du Trias, on trouve le Néoco-
Fia. S3. — Coupe du RrtIii des Cadeu.