conclusions de ce Mémoire sont faciles A déduire
1" L’idée très-ancienne de coupole de la Terre, rS(i?iXiç èa/âvar,? des Grecs, runi{ii/ict(s Ttrrœ des Latins, le Khobbet-al-Ardh des .Arabes, doit être tout à fait séparée de l’idée d’un ou plusieurs points de la ligue équinoxiale considérés également comme coupoles du monde , mais servant à déterminer la position d’un premier méridien géographique.
2“ Ces divers points de la ligne équinoxiide ont été appelés ; Arine, A'hobbet Arine,Kanka, Lanka, Kankader,GhangMiz,e\.c.', mais, quellç que soit l'étymologie de ces divers noms, quelle que soit leur liaison avec les systèmes cosmogruphiques de l'antiquité et du moyeu Age, on ne doit point les regarder comme représentant uu pays, une ville de l’Inde, une île, un fleuve, etc. Ce sont des termes purement systématiques.
3* L’origine de ces dénominations a été placée à tort dans l'Inde par les compilateurs du moyen âge , qui ont cru que les Indiens comptaient les longitudes géographiques à partir de l'extrémité orientale des terres habitables en retournant le système de Ptolémée; non-seulement les Indiens ne sont point les inventeurs de ces termes systématiques , mais il ne parait pas qu’ils aient eu jamais un mode particulier d’énonciation pour les longitudes terrestres , puisqu'au seizième siècle de notre ère les Tables de l'Ayyn-Akbery sont encore, comme celles des Grecs, dressées pour le méridien des îles Fortunées.
4° L'opinion qui attribue anx Indiens un premier méridien géographique placé dans File de Ccylan, appelée Lanka, doit être également rejetée. Si dans quelques [Kicmes mythologiques de l’Inde le nom de I.anka est appliqué à File de Ceylan , ce nom ii’a jamais été d'un usage vulgaire en Orient , il a été toujours inconnu aux Grecs et aux Arabes conquérants de l'Asie. Jamais les Indiens n'ont identifié au moyen âge leur Lanka ou Kanka ( point équinoxial , coupole de la Terre) avec File de Ceylan , et jamais ils n'ont placé un premier méridien géographique dans cette lie pour la détermination des longitudes.
5‘ Le Traité d'astronomie d'Almul-Hassan nous fournit le premier exemple
d'une table de longitudes géographiques calculées pour le méridien de Khobbet Arine ; ce méridien coïncide avec le 90' degré do Plolémée pris sur l'équateur ; et en cherchant à déterminer sa distance orientale du méridien de Paris par mie moyenne prise entre un certain nombre de positions géographiques choisies arhi' trairement et manifestement entachées d’erreurs, on ne peut arriver à un résultat d'un véritable intérêt scientifique.
6° L'idée de ce méridien central, dans son application à iin système géographique déterminé , n'appartient pas A Ptoléméc , mais anx Arabes occidentaux : ce ii'est point de leur part une ruse , ou un déguisement ayant pour objet de dissimuler des emprunts qu’il est toujours aisé de découvrir ; en corrigeant l'crTeur de Ptolémée sur le bassin delà Méditerranée, erreur qui ne s'élevait [mis à moins de '20 degrés eu longitude , et que Guillaume de Liste signalait pour la première fois au commencement du dix-huitième siècle , les Arabes avaient été naturellement conduits A substituer au méridien des lies Fortunées , le méridien central de Khobbet Arine, dont l'horizon occidental, A défaut des Açores qui ne leur étaient pas géographiquement connues, leur offrait toutes les conditions nécessaires de raccordement pour leurs rectifications.
7“ iA différence de 17“ 30' environ qui existe entre les évaluations des Grecs et d'Aboul-Hassan pour la longitude de quelques villes de l'Kspagne et de l'Afrique occidentale, adoptée comme constante par certains géographes, explique la distinction des deux occidents des Tables Alphonsines , l'occident vrai (horizon de Khobbet Arine) et l’occident habité, distants l'un de l'autre de 17° 30', et en même temps les opinions diverses des écrivains du moyen Age, qui plaçaient tantôt par 90“ A l'orient des lies Fortunées , tantôt par 72'' 30' la ville d'Arim devenue une seconde Syéne , etc.
8° La correction apportée aux Tables de Ptolémée sur toute l’étendue du littoral de la Méditerranée par Aboul-Hassaii , montre que les travanx géographiques des Arabes ont une importance réelle , et que l'on doit attendre , de l'examen de ces travaux et de leur comparaison avec ceux des Grecs et des modernes , les documents les plus précieux pour l'histoire des sciences au moyen Age.
Nola : sur les cartes ci-joiDles : p signifie : suivant Ptolemeej a , snivsnt Aboul-Hassaii ; /n, suivant les modernes.
Signes conventionnels ; tracé de Ptolemee ; tracé dAboul-Has-
«au ; trace des modernes
PUBZJCATIOlfS DU MÊME AUTEUB
Traité des instruments astronomiques des Arabes, traduit d’Aboul-Hassan ^r J. J. Srdillot en i8od, publié en ib34 et i835, et précédé d'une introduction, a vol. in>4° avec planches.
• Lettre sur quelques points de Tastronomie orientale, in-8% (Moniteur
du aS juillet).
Notice du Traité det connues géométriques par Hassan ben Haitbcm , in-8® avec planches, i8S6 (Journal asiatique).
Nouvelles recherches pour servir à Vhistoire de l'Astronomie chei les Arabes {Découverte de laxwiation)y in-S", i836 (Journal asiatiqfie).
Notes sor la découverte de /tfv/irtVirio/i ou troisième incgalKè lunaire, par AbonUWefA, in-4*, i836 et 1837 (Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences).
Recherches nouvelles pour servir à Thistoire des sciences oiathématiqucs ches les Orientaux, ou Notice de plusieurs opuscules mathématiques qui composent le ms. 1 104 de la bibliothèque du roi (et particulièrement de ralgèi)rc chex les Arabes), in-4^ avec planches (imprimées dans le tome XIll des Notices des manuscrits, publié par l'Académie des insrriptions et belles-lettrcs).
Mémoire sur un sceau du sultan Schah Rokh et sur quelques médailles des Timourides de la Transoxlauc, lu 4 l'Acadcmic des inscriptions (Journal asiatique).
Mémoire sur les instnimcnts astronomiques des Arabes, pour sers ir de complément au traite d’AbouUHassan (d’après quatre ms. de la bibliothèque royale) , lu 4 l'Académie des inscriptions et imprimé dans le tome l*'dc$ Mémoires des savants etrangers, publiés par j*etle académie, in-4* de a5o pages avec planches.
Mémoire sur le développement et les progrès des sciences chez les Arabes depuis le khali&t d’Abou-Giaffar>al-Manzor (763) jusqu'au milieu du quatorzième siècle. Première partie lue è l'Académie des inscriptions (sous presse).
Tables astronomiques d'Oloug Beg, texte, traduction et commentaires (sous presse).
3ôtl 679971