‹ Mémoire sur les températures de la mer Glaciale, à la surface, à de grandes profondeurs, et dans le voisinage des glaciers du SpitzbergChapitre 4 sur 22 · PESANTEURS SPÉCIFIQUES · texte numérisé non relu

PESANTEURS SPÉCIFIQUES

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Ross.

Ainsi, comme on le voit, l'eau de mer à la surface avait une densité moyenne de io23,io; à i44 mètres de profondeur, cette densité était de ioa6,o6, et à 4^7 mètres de 1027,14.

11 est une autre influence moins directe et moins constante qui cloit s'ajouter souvent à celle des glaces

* Philosophical Transactions for 18 19, p. 16g.

floltaDtes, pour abaisser la température de la mer près des côtes du Spilzberg. Dans cette ile, toutes les vallées sont occupées par des glaciers, le reste par des champs de neige ; les sommets les plus aigus en sont seuls dépouillés. L'air qui passe sur cette terre glacée doit donc nécessairement se refroidir à son contact, et abaisser la température plus élevée des eaux du Gulfstream , qui longent la côte occidentale de l'île.

Cet abaissement de la température de la mer des côtes du Spitzberg favorise singulièrement la formation de la banquise de glace qui l'entoure chaque hiver, et qui, au delà du 80® degré de latitude, l'assiège même entêté. On conçoit que la mer se gèle d'abord sur les côtes, et que la banquise s'appuie sur elles pour s'avancer en pleine mer. Le refroidissement s'opérant par la surface, c'est aussi à la surface que la congélation commence; il ne saurait donc se former de glace de fond [grundeis) sur lés côtes du Spitzberg. Ces assertions sont confirmées par les sondes thermométriques que Scoresby a faites au printemps, et dans lesquelles il a toujours trouvé que la température de la surface ^ était plus froide que celle du fond.

Influence des côtes de Norvège sur la température de la mer à la surface. — Pour achever de mettre hors de doute l'influence réfrigérante des glaciers du Spitzberg, j'ai étudié la marche de la température de la mer chaque

' Voyez plus bas , p. 3o6.

fois que la Recherche s'est approchée de rextrémité septentrionale de la Norvège pour entrer dans le port de Hammerfest. La côte est accore comme celle du Spitzberg; mais les glaciers ne descendent pas jusqu'à la mer. Dans cinq atterrages , au lieu d'une diminution de la température, j'ai constaté un accroissement Faible, quoique réel. Une fois cependant il a été nul ; mais il a été très-marqué dans l'atterrage du 28 juin 1840 '. Par 70"" 33 de latitude Nord, et à ^60 kilomètres de la côte , la température moyenne diurne de la mer à la surface fut de 4^,o. Le i^"^ juillet, par 69^ Sa' de latitude , et à 494 kilomètres de la côte, elle s'élève à 7°,5; le 3 juillet , par 70^ 1 1', et à 266 kilomètres, elle est de 8^,3 ; enfin, le 7, par 70^ Sg, et à 76 kilomètres de la côte , je la trouve de 8%5. Dans le fiord même de Hammerfest, elle se maintint au même degré pendant toute la journée du 8 juillet. Les cinq autres atterrages ne donnent pas, à beaucoup près, des accroissements aussi évidents que celui-ci; aussi n'oserais-je affirmer que la température de la mer augmente toujours lorsqu'on s'approche des côtes de la Norvège*. Mais il est évident qu'elles n'ont

* Voyages en Scandinavie et au Spitzberg de la corvette la Recherche, Météorologie, 1. 1, p. i43 à 146.

' Péron avait aussi conclu de ses expériences sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, jointes à celles que Marsigli et de Saussure avaient faites dans la Méditerranée , et Donatî dans le golfe Adriatique, que la température de la mer était plus élevée dans le voisinage des côtes qu'en pleine mer. Ces résultats ont été confirmés par M. Aimé, dans ses expériences sur la côte d*Alger. (Voy. Précis

pas l'influence réfrigérante de celles du Spitzberg. Le Gulfstream haii^uaui également les unes et les autres, je suis en droit d'affirmer que l'abaissement progressif qu'on observe dans la température de la mer chaque fois qu'on s'approche de la côte du Spitzberg, tient aux nombreux glaciers qui forment, pour ainsi dire, autour de cette île une ceinture continue.

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