‹ Mémoire sur les températures de la mer Glaciale, à la surface, à de grandes profondeurs, et dans le voisinage des glaciers du SpitzbergChapitre 9 sur 22 · VALEUBS DE L'ÉCHELLE DES THERMOMÈTRES A MINIMA · texte numérisé non relu

VALEUBS DE L'ÉCHELLE DES THERMOMÈTRES A MINIMA

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N« 8 8 ,65 / î= !• centigrade

* Ils ont été déjà publiés dans les Comptes rendus de rJcadémie des sciences de Paris, t. VIII, p. 27. — Janvier 1839.

Résumé des expériences faites dei^ant le grand glacier de Bellsound. — i ® La température de la mer ne s'est jamais abaissée au-dessous de zéro , même à 80 mètres du glacier et par 55 mètres de profondeur.

2® Cette température était toujours plus basse dans le voisinage du glacier : ainsi le 3ï juillet, à 80 et à 2000 mètres du glacier, elle présentait une différence qui était de i ®, 1 2 au fond, et de 3",4o à la surface. Quatre jours après, elle différait aux mêmes distances : à la surface, de o^,35; au fond, de o^,45. Près du glacier, la profondeur était plus grande de 18 mètres.

3^ En moyenne , dans un rayon de 2000 mètres du glacier, la température moyenne était de 3^,5o à la surface , et de 0^,84 au fond.

On trouvera les autres conclusions à la fin du paragraphe suivant , où je résumerai en même temps les résultats obtenus près des autres glaciers du Spitzberg.

§ II. TEMPÉRATURE DE LA SURFACE ET DU FOIfD DE LA MER DANS LE YOISINAGE DES GLACIERS DE MAGDALENA-BAY.

Située plus au Nord par 79^ 34 de latitude et S*' 49' de longitude orientale , cette baie est moins vaste que Bellsound, et ne se bifurque pas en deux branches. Sa longueur est de 7500 mètres; sa largeur moyenne, dans la région où les expériences ont été faites , de 2200 mètres environ. Trois glaciers énormes descendent jusqu'à la mer. Celui de l'entrée, au Sud, a 900 mètres de largeur et 63 mètres de haut au bord de la mer. Le glacier de la Pointe aux Tombeaux oc-

cupe le rivage sur une étendue de 1800 mètres; sa hauteur est de 76 mètres. Celui du fond n'a que 3o mètres environ d'élévation, sur i58o mètres de large. C'est devant les deux derniers que la plupart des expériences ont été faites. L'ensemble de ces glaciers occupe le tiers environ du pourtour de la baie. Deux autres plus petits sont suspendus aux flancs des montagnes, mais n'arrivent pas jusqu'à la mer '.

Mode d expérimentation. — Dans les premières expériences, j'employais simultanément les thermomètres à minima entubés de M. Walferdin , et des thermométrographes; mais dès que je trouvai des profondeurs qui dépassaient 60 mètres environ , les minima qui avaient été chargés à la température de la neige fondante revinrent complètement vides. Par conséquent, à cette profondeur, la température était égale ou inférieure à zéro. J'aurais pu me servir encore des thermomètres à minima pour estimer ces températures inférieures à zéro; mais je préférai les consacrer à la mesure des températures intermédiaires par des profondeurs moindres que 60 mètres , et employer les thermométrographes pour celles du fond. Ces ther-

' Voyez le grand plan de la baie de la Madeleine , publié par le dépôt de la marine, ou la carte dressée par Parry et Poster, et' intitulée ^ jiirt'ej- of the principal points on the northem coast of Spllzbergen, qui accompagne la relation de leur tentative pour atteindre le pôle nord. Les trois glaciers principaux dont je parle y sont assez bien indiqués : seulement celui du fond semble composé de deux parties distinctes. Nous l'avons vu sous la forme d une masse <*ontinue.

mométrographes étaient au nombre de cinq ; mai» l'un d'eux, len" B, ayant marqué constamment un degré plus élevé que les quatre autres, je l'ai rejeté à partir de la sixième expérience. Les zéros de ces thermométrographes ont été vérifiés trois fois dans les six jours que les expériences ont duré. (Voyez le tableau II.) Celui des numéros A et B n'a pas changé; celui de C a varié de o^,i; celui de D, de o^a ; enfin celui de E, de o^i '.

Je n'avais à ma disposition que deux tubes en cuivre pour enfermer deux des thermométrographes ; mais lorsque le couvercle était fortement vissé , il fallait imprimer à l'appareil de telles secousses pour le dévisser, que je préférai le fermer à moitié. Ces tubes revinrent donc toujours pleins d'eau. J^ai donné,dans la septième colonne du tableau VI , les indications brutes de ces thermométrographes, corrigées seulement de l'erreur due au déplacement du zéro. Dans la huitième colonne, ces indications sont corrigées de la poussée de l'index et de l'effet de la pression, qui sont de o®,i3 pour loo mètres d'eau pour ces instruments, d'après les expériences faites en pleine mer*. Les moyennes de ces indications ainsi corrigées s'accordent bien avec celles des minima en tubes dans les expériences 3 , 4 > 6 et 7 du tableau VI , les seules où

* Je vérifiais ces zéros en enterrant les instruments , placés verticalement, dans la neige fondante pendant une heure, et en ne découvrant^ pour les lire, que le point où la colonne et l'index s'étaient arrêtés.

^ Voyez le tableau III.

j'aie employé- simultanëment et à la même profondeur des thermométrographes nus, et des instruments à déversement garantis de la pression '. L'on peut induire de ces comparaisons que le coefficient o®,ï3, pour une pression de loo mètres d'eau salée, n'est pas éloigné de la vérité.

Grâce à l'assistance du chef de timonerie de la Recherchey M. Pottier, ces expériences ont pu être faites en prenant les précautions les plus minutieuses. Les thermomètres à minima étaient placés, au moins une heure d'avance, dans un seau de neige fondante, et les index des thermométrographes amenés au contact. Nous nous rendions alors en canot au point que nous avions choisi. Je faisais mouiller un grapin, afin de n'être pas entraîné par les courants ; puis on descendait les instruments , amarrés à une ligne munie d'un plomb , au fond de la mer. Dès que le plomb de sonde touchait, on le relevait d'un mètre environ , et on laissait les instruments au moins une heure dans l'eau. Le canot restant immobile, la ligne était toujours verticale. Ensuite M. Pottier retirait lui-même la

' Voici le tableau de ces comparaisons :

NUMÉROS

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