PAGE X
(L. i ) « le pin sacré à côté de Râ à l'horizon éternel; qu'il te donne des gâteaux(P) et des guirlandes dans Hût, pour les offrandes à faire aux enfants de Râ.
«Il vient à toi (bis), Osiris N, (1. 2) il vient à toi Hor Mer-ui, seigneur de S'edennû, dieu grand dans le territoire de Pegà, et tu implores le dieu grand dans S'edennû et tu te manifestes (1. 3) avec lui dans la barque TSes'em : il renverse tes adversaires, il donne sa pique pour aller sur le Nû, et Hor-Hût est avec lui en qualité de prêtre Mesni excellent pour renverser tes adversaires dans le Nû.
W I " « . * J I Ç \\ 1 I \\ III -v L | J JV. avw^a c 7\
(L. 6) «Il vient à toi (bis), il vient à toi, Osiris N, Kliem, seigneur de Mapii, dieu grand dans Sennû. Il te donne d'apparaître comme le Soleil à l'orient, (I. 5) de te lever comme le dieu Lune au midi-, il te donne une bandelette de Uàl-Aûli, d'une étoffe mystérieuse faite en toile de Sent (crainte); il te donne l'étoffe de i\eliàm-tera (joie et adoration), l'étoffe de Ahaï (exclamation) , des étoffes fabriquées (1. 6) à Panopolis. Ilorus, seigneur de vie, veille sur toi; Ilorus, défenseur de son père, te protège; on te fait une libation d'eau dans Panopolis, comme (1. 7) une offrande qui réjouit ion cœur, el des fleurs sacrées du pin de Rà sur lequel se pose l'âme d 'Osiris.
u II vient à toi (bis), Osiris N , (1.8) il vient A toi Supti . seigneur d'Orient,
^ 1V m. I \\ Ht *
aic!,^*iiijn;jiijp^niiJiJLt
1 H 11 A -T^f W I M W y ;kJti ^ — - -s^^ «I
seigneur du massacre dans la Ville du sycomore. Il te donne un voyage heureux dans les pays d'orient comme à Xent-Ament, une bonne fête (1. 9) au pays d'occident comme à celui qui est véridique : Râ se lève sur toi dans sa chapelle, et il produit sa lumière par ses rayons.
«O Osiris N, (1. i o) les dieux et les déesses t'ont revêtu de bandelettes; les dieux vaillanis t'ont vêtu comme Horus lui-même fît pour Osiris.
«U vient à toi [bis), Osiris N, (1. 1 1) il vient à toi, Anubis seigneur de
Ti, dieu grand dans 1. Il fait pour toi des cérémonies préservatrices
en qualité de divin. ... ; il rend ta marche parfaite par ses bandelettes,
1 Le nom de ville qui complète le titre vait remplir laissé en blanc dans les deux du dieu a été passé, et l'espace qu'il de- manuscrits.
'Zm?, J • i m i • J !W I I I I I I s I J w *~Ç ^<
'X; *ka! ! r"t I1 U C J 1 ^ IY; \ Tt?, >JL
(1. i 2) agrandit ton nom dans les nomes d'Osiris et dans les temples d'IIorus. 11 t'accorde la vaillance dans Ti-hor, un voyage, heureux aux pays d'Occident et d'Orient; il consolide tes os (I. 1 3) dans ton enveloppe et conserve les chairs dans tes bandelettes.
«11 vient a toi (bis), Osiris N, il vientà toiHorus, seigneur d'Ffebehnû, (I. 1 A) dieu grand dans Meh\ Il t'apporte une bandelette de Mch\ une étoffe mystérieuse de Il'ebennù, une enveloppe d'étoile d'Edfou; il te
donne un vêtement (I. i5) de combat, un linceul de car tu es
comme un taun-au de combat vaillant dans l'Ament, tu vas pour lutter en présence d'Osiris, tu as mis en fuite tes ennemis si bien qu'ils ne viennent plus (I. 1 6) contre toi, à jamais.
l'.ipyi us du Louvre. 7
• Jl ^ -JV !» - W III -A 0M A I Aw^All! J\ Ji, f J
• d1 |"S5k 1 122)% il
1 I JVlM 7\ lëll II «A J^l ISj-MfcS-, IJVl"
1 I I J^7\t II V I I • I II I " — m-I V* I • I I IlliSl. I
* Ii«=>ssî i I • i h m y — h— Vi i i • m <=
Vi i
L J îÎ I ! i ! %BTtt J^>. Avs^-A Ç J^* ^ A*^Lv I
î îî 5^ • l II • • ymÀ J^. »— « îl îî 1^
«Ils viennent à toi (tas), Osiris N, ils viennent à toi le issud'Horus ,
les parfums émanés de Râ , le natron (h 1 7) venu de Ne^eb, les fleurs an^amû venues d'Osiris, la résine émanée du dieu grand, la gomme émanée d'(UnnowerJ( véridique : ces substances entrent dans tes jambes, elles te rendent témoignage , (1. 1 8) et tu marches sur une terre d'or, sur un sol d'or ; tu te laves sur une pierre d'argent, sur un sol d'or1; tu es enseveli sur des grains de (1. 19) turquoise; tu marches vers la demeure du chef; tu pénètres dans Ha-Benben à jamais, pendant la fête(?); tu pénètres dans la chapelle2 pendant les jours heureux, car tu es le Phénix forme de Râ (1. 20)
' PaP.deBoul,q,tZMVT>i- • iPVOAni-
v« Jî t! J] :\m" au* »! vy
| {Wi ju mm ^ | i in • f j h f f i
jitoiuwj™^
|)"iir que tu voies ton nom dans tous les nomes, pour que tu voies ton âme au ciel, ton corps au Duàù, tes images dans les temples, car tu vis, tu vis à toujours, car tu rajeunis, tu rajeunis à jamais, Osiris N, néde la damcN , (I. 21) puissent ces noms être stables et parfaits dans la demeure di\ini d'Ammon-Râ , roi des dieux, type sacré, chef de tous les dieux, à jamais!
L'ouvrage dont on vient de lire la traduction n'était pas un manuel d'embaumement à l'usage des prêtres égyptiens. Des les premières lignes du texte, il est facile de voir que la partie chirurgicale de la momification est entièrement terminée. Le corps a été ouvert, vidé, saturé de natron; il ne reste plus qu'à f habiller pour la tombe. Notre livre renferme la description de cette funèbre toilette. On y trouve énumérés tout au long et pour charpie partie les diverses sortes d'étoffes don! on revêtait le deluni, les amulettes dont on chargeait ses membres, les matières antiseptiques dont on l'enduisait, les prières qui accompagnaient chaque détail de L'habillement.
Autant que les lacunes des premières pages permettent d'en juger, la partie conservée du manuscrit de Boulaq traitait d'abord de la poitrine, des intestins et du dos; venaient ensuite le dorage des ongles, la préparation de la tête et l'emmaillottement des mains et des bras. Les dernières pages sont consacrées à l'ensevelissement des pieds et des jambes.
Deux sortes de personnages prenaient part ou étaient censés prendre part aux opérations : les prêtres et les dieux. Les prêtres appartenaient à l'ordre des choachytes, dont
le nom égyptien ne me paraît pas pouvoir être mieux rendu que par nos mots officiant, célébrant. Ils étaient adjoints à un autre prêtre dans le nom duquel entre un signe que je n'ai pu déchiffrer, "| §§j J. Comme le signe inconnu présente quelque ressemblance avec le sigle démotique de j'ai pensé qu'on pourrait peut-être reconnaître dans le groupe incertain le titre de %!!^b» ^M!^> °iui> dans les stèles du Sérapéum, sert à désigner une classe d'individus attachés au service des temples. Le "Hif^^t paraît avoir eu le rang le plus élevé et le rôle le plus important dans les cérémonies de l'embaumement. Il restait, seul auprès du cadavre à de certains moments où les autres prêtres devaient s'éloigner : on supposait qu'il entrait alors en communication directe avec les dieux qui étaient censés prendre une part active à l'opération. Ces dieux étaient Anubis, les enfants d'Horus, les enfants de Râ et les enfants de Kbent-Aa. Je ne sais trop quelles divinités il faut comprendre sous ce dernier nom; les enfants d'Horus étaient les quatre génies de l'Ament : Amset, Dûâù-mût-ew, Hapi et Qebsennu-w, au soin desquels on remettait les viscères extraits du corps et enfermés dans des vases Canopes. On peut se demander si ces dieux n'assistaient qu'en esprit aux opérations, ou si, pour mieux simuler leur présence, on ne faisait pas intervenir, à
de certains moments, des prêtres revêtus d'insignes et de masques divins. Ils accomplissaient, de compte à demi avec le "llpe^, différents rites, dont le plus mystérieux a rapport à la tête :
| f ^ V-T — lW^B%Ç|/ — ' | * ™ x 1 m * f
. | ITT ywwvwA M — 'J*>! \ I P il I I — — W il •<= > AwavA
^j^iv^^I' '*V ffl
i i i « * b x I -m'A JfcJL ^ y\ f <=
Ensuite, lorsque Anubis, supérieur du Mystère, s'est placé sous la tète de ce dieu, que nul prêtre officiant ne s'approche pour faire entrer le supérieur du Mystère et toutes ses vertus magiques dans le défunt, excepté
le divin C'est lui qui fait entrer ces vertus dans la tête du défunt par
la main [d'Anubis], le supérieur du Mystère.
Je pense qu'ici Anubis, le supérieur du Mystère, est une personnification de l'hypocéphale; c'est la seule manière d'expliquer comment il peut s'établir sous la tête du défunt et faire pénétrer dans le crâne ses vertus magiques. On sait, en ellèt, que l'hypocéphale avait la faculté de conserver dans le corps même momifié une sorte de vie latente, qui permettait plus tard aux dieux de ranimer la vie réelle et de rendre à l'homme sa forme primitive.
Le livre renferme deux sortes de textes : i° des instructions au sujet des opérations à faire sur chaque partie du corps; 2° des prières qu'on devait prononcer après chacune de cet opérations.
Les matières énumérées dans les instructions et employées à l'ensevelissement peuvent être classées sous quatre chefs : liquides d'origines diverses, plantes, minéraux et tissus. Les liquides employés sont l'eau, les huiles, le miel, la poix et les parfums. On reconnaît parmi les huiles, l'huile de cèdre, ^ ! L; une espèce d'huile orientale, ^ 2"^ it^ ~L2' peut-être identique à l'huile de cèdre; l'huile de la pierre noire (?) 2 I x niP ^■V'm,^-— , peut-être une espèce d'huile, minérale3, et plusieurs espèces d'huiles, ^ f$, extraites de l'olivier, J Une de ces espèces s'appelle ^fjviP^, l'huile sainte, une autre 2 1 î f P' 4. «""Il'l tl> l'huile détachée des choses divines, sans qu'il me soit possible d'établir la différence qu'il y avait entre les deux espèces \ On y faisait dissoudre toutes sortes de matières qui la rendaient épaisse et pâteuse, 2$ jflTï"^"5- La poix était surtout un produit d'exportation étrangère: extraite du qui croissait sur les montagnes de la Phénicie, elle venait surtout du port de J^,> Gabaon, Byblos 6. Le miel, y£i, n'est mentionné qu'accessoirement 7, mais les parfums de différente nature jouaient un grand rôle. L eau
de rose, =s , 0 s; 1 eau parlumee d encens (?), = 5 ;
l'eau de Mestennû, Ss^fHP^*^*9' et plusieurs autres sortes dont les noms ne sont pas donnés, reviennent assez souvent; dans une occasion il est question de dix espèces de parfums, P^TTi» qu'on mélangeait dans un même vase, et dont on enduisait tout le corps, à l'exception de la tête I0.
Parmi les végétaux , on trouve quelques arbres : le cèdre , ^
1 P. 11 , 1. 10. Voir p. 19. 5 P. iv, 1. 16 et 20. Voir p. 26.
2 P, n, 1. 1 1 . Voir p. 19. 0 P. 11 1 , 1. 1, 2. Voir p. 2 1.
3 P. ix, i. 1/1. Voir p. 43. A la même 7 P. m, 1. 10. Voir p. 22. page ligne 20 , elle est appelée simplement 8 P. vm, 1. 18. Voir p. 37. ^tî^P^"^^!^'— ' 9 P. vm, 1 18. Voir p. 37.
4 P. vm, 1. 17. Voir p. 37. 10 P. 1, I. 5, 6. Voir p. 18.
• | j 1 ; le sapin ( ?) , > j» j 2 ; l'ébénier, R] J T t 3 ; l'olivier, J 4$ j * et autres, que l'impossibilité où je me trouve d'identifier leurs noms avec des noms d'arbres connus en copte ou en hébreu, m'empêchent de reconnaître. Peut-être l'^^J, sur lequel perchait l'âme d'Osiris 3, était-il une sorte de pin et non pas un perséa comme le pense Champollion, un sycomore ou un abricotier, comme le croit Brugsch. La majorité des végétaux employés se composait d'arbrisseaux ou même de simples herbes d'espèces souvent inconnues : l'^t'I^m °» dont le bois servait à fabriquer des amulettes, et qui paraît avoir été une variété d'acacia; la fleur, -J-*7; les joncs, °JM ^m 8' ^e f°in nouveau, fJL*l^jJL9\ la rose, ;**w4 les herbages, PV>2"; le sennûpet, ^* 12; les ou ,3; les palmes, "'.
La résine, "771» écrit une fois ™,m15, venait de l'étranger, !!!!! S ^ L*J IG- Elle était de deux espèces : la résine de Phénicie, ii^ mivH J^o17. ou de~-^, la ville de Thabor 18 ; la résine de Coptos, sj^o l9, où elle avait été probablement apportée d'Arabie par la mer liouge, Myos-Hormos ou Bérénice et la voie du désert. La gomme, et, dans un cas spécial, la gomme qui découle de l'ébénier, 1^* — J ™ f ! 2°' et cul Pa^-
' P. n , I. io. Voir p. 19.
' P. iv, I. 7. Voir p. 24.
P. x, 1. 17. Voir p, 5o.
1 P. III, 1. 10. Voir p. 22.
1 P. x, 1. 1 et I. 7. Voir p. 46 et 47.
' P. v, 1. 4 ; p. vi , I. 6 , 7 ; p. vu , 1. 7 ; p. vin . I. i 7 ; p. ix, 1. i 6 ; p. x , I. i 7, etc.
1 P. ix, I. 23. Voir p. 46.
1 P. vin , t. 9. Voir p. 35.
P. VI , I. 1 ; p. VII , I. 1 o-l 2 ; p. VIII, I. 8, 9. Voir p. 29, 33,34, 35.
" P. vin, I. 18, 19. Voir p. 37.
" P. m , I. 4- Voir p. 2 1 .
14 P. vi , I. 6 , 7. Voir p. 3o.
15 P. VU, I. 1 1 ; p. vin , I. 6. Voir p. 33, note 4 et p. 25, note 2.
'* P. vil, î. Il, 1 2 ; p. vin , I. 5 . 6. Voir p. 33 , note 2 , et p. 35.
iS P. m , I. 1 . Voir p. ai.
" P. vin, I. 18. Voir p. 37.
" P. III, 1. l. Voir p. ai.
11 P. 111 , I. 7. Voir p. a 1 .
" P. 111, I. 6; p. vu, I. 8, aa. Voir p. 2 1 , a3.
,0 P. ix, 1. 17. Voir p. 44.
— -«•( 56 ) usinier, J^rnS^^n m 1» Paraît n'avoir été employée qu'accessoirement. Un semis de grains de myrrhe, \ U *, * <ê» \ I*, 2, devait être placé sous la tête du défunt. La plupart des ntes mentionnées étaient employées comme symboles : ainsi les palmes. Le texte dit que les palmes sont Osiris, et en effet une des formes de ce dieu, Y Osiris en morceaux, Osiris Sep, porte sur la tête deux longues pousses de palmes f-
Parmi les minéraux, on remarque en première ligne le natron, | p ^ * 3 ou | p 5^ * \ l'or et l'argent, l'électrum et plusieurs sortes de pierres précieuses : le lapis, la turquoise, *, la
cornaline, JLJH^,*. Les variétés d'étoffes, ou peut-être les noms divers sous lesquels une seule et même étoffe était connue, ne constituent pas une des moindres difficultés d'interprétation. Pour déterminer la forme, la nature et la qualité des tissus consacrés à l'embaumement, il faudrait, notre livre à la main, faire sur les momies d'époque gréco-romaine une étude spéciale. En tenant compte des indications fournies au sujet de l'ensevelissement de la tête, on parviendrait peutêtre à déterminer ce qu'étaient les ™^M¥,> les les l!!2, te les fciVMS iesP J,»5- Le mot H*.» pa-
raît désigner d'une manière générale toute espèce de tissu, et PJLS les bandelettes funéraires; quant au reste, j'ai dû traduire au hasard, me fiant à l'indulgence du lecteur pour mon ignorance en matière de lingerie.
Les prières sont construites mécaniquement sur les données contenues dans les instructions. Elles commencent presque
toutes soit par JU^P^j j JUd > soit par|7|
5v MSfc^iâ La première de ces formules est complétée
1 P. vu, 1. 12. Voir p. 34-
2 P. vu , 1. 2. Voir p. 32.
3 P. vu, I. 8, etc. Voir p. 33, etc.
4 P. vin, i. 17. Voir p. 37.
5 Voir p. 21 , note 3, et. p. 25.
d'ordinaire parle nom d'une des matières énumérées dans les
instructions : JU-V^U JU^ltUTïT. Elle
vient à toi [bis), Osiris N, elle vient à toi, l'huile épaisse; ou bien
par le nom d'une des divinités :J|^3IP^Jj i\ Jî. ZZ
î-J J% îb J 'Wr^^'T0' Ette v'cnt & tQi Osiris N, elle vienl à
toi, la déesse Neyjb du Sud. Suivait l'énoncé des vertus que possédait chacune des substances, ou des bienfaits que chacun des dieux, réservait au défunt par le fait des rites de l'embaumement. On y apprend que les matériaux employés passaient pour avoir une origine divine et même pour être chacun une divinité. On a : Yan^-amu, la gomme, la résine, le cèdre, émanés d'Osiris; le pin, le sennùpet, le miel, émanés de Râ ou de son œil, etc. L'huile, sous le nom de ^JJTJ, est traitée comme une déesse véritable. Les différents liquides sont assimilés aux liquides contenus dans le corps immatériel des dieux, à leur ichor, 7*1% f*\: à leur sueur, à leurs humeurs
mystérieuses, 25 x3S; À ^eur eaniZZx:> à leurs membres divins, 1lr~?i; ou même aux différents liquides contenus dans le corps des impies : à leur sang, p^; à leur graisse, à leur essence (?), *ï; une fois même au cuir de Set, ffip^P* ^ '* \u lieu de recevoir simplement l'huile d'embaumement, le défunt recevait l ichor émané des dieux, la sueur émanée des déesses, les membres divins sortis d'Osiris, les liquides mystérieux émanés de Shù. De même pour les bandelettes : il était emmaillotté dans la bandelette de Sevek, de Shed, d'Harmakhis, de Seyet, la grande amie de Phlah, ou revêtait le vêlement d' Ammon. Grâce à ces agents divins, il était préservé de la destruction, et échappait sans peine aux dangers de la vie d'outre-tombe.
P ix , I. 4- Voir j). /|2.
Paiiyrtu ilu Louvre.
La protection des dieux était encore attirée par une profusion d'amulettes qu'on mêlait aux bandages. Notre livre cite l'hypocéphale, et décrit des phylactères qu'on devait dessiner sur des pièces d'étoffe et mettre dans la main et sur les pieds du défunt. Lui-même était un amulette, ainsi que le Livre des Morts, le Livre des Respirations \ le Livre du grand prêtre A menh'otep et le Livre royal2, ces trois derniers cités dans le papyrus de H'eter. J'ai retrouvé le Livre d'Amenh'otep au papyrus 32^8 du Louvre, page 24. H est intitulé :
Livre des mystères des formes qu'a trouvées le royal choachyte (?) en chef Amenh'otep, fils de tTapi, le véridique, et qu'il s'est faites pour luimême, comme amulette préservateur de ses membres.
Ce n'est qu'une litanie de noms magiques, dont il suffira de donner les premières lignes :
O &â[ouâ](}âtannâgâta , fils d'Alkata, Kaouâls'âgâta , le !
1 P. v, I. 10, 11. Voir p. 28. — 2 P. m, \. 23. Voir p. 28
0 le taureau, maître du phallus d'Hor! Aide-moi; que je sois délivré de toute chose mauvaise et nuisible.
Le texte continue de la sorte pendant une trentaine de lignes. Le Livre des Souffles a été publié par Brugsch, et se trouve à plusieurs exemplaires dans tous les musées de l'Europe. Le papyrus de Boulaq n° 7 renferme les fragments d'un Lirre royal. C'est la fin d'une sorte de traité mystique renfermant « les prières qu'on doit adresser à chaque heure de la «nuit et a chacune des divinités protectrices de ces heures, « pour la santé du roi et pour l'éloignement des maux qu'il «pourrait craindre1.» Comme le morceau n'est pas long et qu'il présente certaines difficultés de déchiffrement, je me permets d'en donner ici un premier essai de traduction :
La~~a ^ * 1 1 111J —m— M. Li 1 1 I JV inlol 1 1 1 —