‹ Mémoire sur une forme d'encéphalite encore peu connua [electronic resource]Chapitre 3 sur 3 · F.r.CKl î! ALITE · texte numérisé non relu

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iiiolbidcs du cerveau, qui se ra|)procheiii par quelques points de celui que nous avons décrit, et qu'il importe d'en bien distinguer.

On a appelé apoplexie capillaire une altération qui présente avec l'inflanmiaiion superficielle des circonvolutions une analogie de siège surtout, qui établit quelques rapports entre ces deux maladies, mais qui ne suffît pas pour les confondre ensemble, bien qu'elles donnent lieu à des symptômes presque semblables.

Comme cette altération est rare et généralement peu connue, ou me permettra d'entrer dans quelques détails à son sujet. Il faut d'abord bien s'entendre sur la signification du mot apoplexie capillaire. M. Cruveilhier (1) appelle ainsi tous les ramollissements rouges du cerveau, aussi bien ceux qui résultent d'une simple infiltration sanguine que ceux que le professeur Lallemand nous a montrés produits par une inflammation aiguë. Dans ce sens il est cei lain que la maladie que nous avons décrite ne serait autre chose qu'une apoplexie capillaire. Mais on conçoit qu'une dénomination aussi étendue doit confondi e des altérations fort dillérenles, et l'on conviendra sans doute avec M.Diday (2) « qu'il est utile de laisser le nom de ramollissement rouge aux cas où l'on trouve une coloration d'un rose vif, uniforme, accompagnée d'un ramollissement pulpeux, pour donner le nom d'apoplexie capillaire seulement aux altérations caractérisées par une rougeur plus foncée et ponctuée, n'offrant presque pas de ramollissement ». Je ne saurais mieux faire que de citer ici la description que donne M. Diday de l'apoplexie capillaire des circonvolutions, description qui rendra évidents et les rapports et les différences qui existent entre cette apoplexie et la maladie que j'ai décrite,

« L'apoplexie capillaire des circonvolutions se pi ésenle sous la foj nie de plaques plus ou moins larges, irrégulières, arron-

di (1) Cruvcilhicr, Dict. de méd. eC de ch. pr.', tom. III. (2) Diday, loc, cit.

ilit'S, occiipaiil ordinairemeni loule l'épaisseur de la substance grise, qui esl le siège à leur niveau d'une coloration rougenoire, ponctuée , semblant due à l'intei'position dans l'intervalle de ses molécules, d'une multitude de petites gouttelettes de sang noir et coagulé; parl'effei de l'imbibilion consécutive, les points intermédiaires à ce ponctué présentent eux-mêmes une couleur rouge. Il arrive quelquefois que la circonférence des plaques infdlrées est le siège d'une rougeur qui diffère de celle que l'on observe dans l'hémorrhagie capillaire, en ce que la coloration est d'un rose vif, que cette teinte est uniforme ^ et qu'elle est accompagnée d'un ramollissement pulpeux. Cette altération, bien évidemment secondaire, permet de comparer ces deux états voisins, comme types, l'un de l'apoplexie capillaire, l'autre du ramollissement inflammatoire. •>

Je ne crois pas nécessaire d'insister sur des différences aussi tranchées que celles que nous montre ce passage : d'un côté, plaques circonscrites d'un pointillé rouge-noir, accompagnées à peine de ramollissement , d'une autre part rougeur uniforme étendue à toute la superficie du cerveau ou d'un hémisphère, avec ramollisseneni pulpeux, etc. Quant aux rapports qui sxistent entre ces deux altérations, ils sont tels que ceux que nous trouvons partout entre l'exhalation sanguine et la conr gestion ou le premier degré de l'inflammation. Lorsqu'une congestion violente se fait vers la poitrine , du sang s'exhale souvent dans les bronches, souvent même des noyaux d'apoplexie pidmonaire le montrent infiltré dans le tissu des poumons. Que l'on examine un phlegmon avant que la suppuration s'y soit formée, et l'on trouvera, pour peu que l'inflammation ait eu d'intensité, du sang infiltré dans le tissu cellulaire. Ainsi, dans deux de nos observations, on a trouvé des plaques d'apoplexie cnpillaire que nous croyons résulter uniquement de l'effort de la congestion, et cela d'autant plus que ce sont les deux cas où la maladie a marché avec le plus de violence. Dans les autres observations, l'absence complète de plaques apoplectiques démonli e avec évidence que ces deux altérations sont tout à fait distinctes l'une de l'autre.

M. Calmeil ii décrit, comme une eucéphalile chronique, une alléralion que l'on rencontre souvent clans le cerveau des aliénés alleinis de paralysie générale (1) , et qui n'est pas sans quelque ressemblance avec celle que j'ai rencontrée dans les cas cités plus haut.

Cette altération est caractérisée par une coloration violacée de la substance grise dont la consistance est plus souvent conservée ou même augmentée que diminuée , et par des adhérences serrées de la pie-mère qui entraîne avec elle de larges plaques de la couche la plus superficielle des circonvolutions. M. Lélut (2) fait parfaitement ressortir la différence qui existe entre V encéphalite aiguë , que j'ai décrite , et Vence'phalite chronique de M. Calmeil, en disant que dans cette dernière « l'altération la plus constante, ou , si l'on veut, la plus logique est un retrait plutôt qu'une atrophie de la substance cérébrale,... ce qui nécessite un épanchement consécutif dans l'arachnoïde et la pie-mère, épanchement qu'on a pris mal à propos pour la cause principale de la maladie ». Je n'ai pas besoin, je pense, d'opposer à ce retrait de la substance cérébrale l'état de turgescence que nous avons constamment observé" à la superficie du cerveau, ni de faire remarquer que d'un côté l'état de démence et de paralysie devait faire soupçonner en effet l'existence d'une altération chronique du cerveau, et que d'un autre côté l'apparition subite des accidents annonçait une lésion aiguë de l'organe encéphalique.

On ne confondra pas davantage l'altération qui fait le sujet de ce mémoire avec l'hypertrophie du cerveau , et en particulier des circonvolutions. Essentiellement chronique, cette dernière altération s'annonce dès longtemps par une modification plus ou moins profonde des fonctions cérébrales ; en outre, la pâleur et

(1) Calmeil, De la paralysie considérée chez les aliénés. (9.) Lélut, Induction sur la valeur des altérations de l'encéphale dans le délire aigu et la folie.

la coiisistanco du tissu hyperiropliic', l'nnémie ei la sôcheresse des méninges lui donnent un aspect tout particulier (1).

Co7icliision5.

1° Il est une maladie caractérisée analomiquenient par lâ rougeur et la tuméfaction des circonvolutions cérébrales dans une grande étendue, avec ramollissement superficiel de la substance grise, et adhérences des méninges ; pathologiquement par des symptômes apoplectiques graves , tout à fait semblables à ceux d'une hémorrhagie cérébrale, et en particulier d'une hémorrhagie ventriculaire.

2° Celte maladie ne paraît être autre chose qu'un premier degré d'encéphalite.

3° Cette assertion s'appuie sur l'étude des lésions anatomiques dont la réunion caractérise manifestement une inflammation.

4° La forme des symptômes n'est pas en contradiction avec cette interprétation des lésions analomiques, et le rapport qui les unit peut être facilement saisi.

6° La lésion la, plus constante , la plus générale, la lésion essentielle et certainement primitive, est la congestion. Or la maladie débute précisément comme celle forme de congestion cérébrale à laquelle on a donné le nom de coup de sang.

6° Le ramollissement et les adhérences des méninges, éléments inflammatoires de la maladie, se développent consécutivement à la congestion; car, toujours peu prononcés, ils manquent quelquefois , et n'occupent souvent qu'une partie des points congestionnés.

T S'ils ne s'accompagnent pas de symptômes inflammatoires, c'est que la compression du cerveau,, suite de la tuméfaction des circonvolutions, s'oppose au développement de ces derniers.

(1) Calmeil. Dict. de Méd. Art. Encepliale. Andral. Loco cit. T. V. — Dance.Bép.gén.d'nrint. et de Physinl.T. V.l" part.— DelahergeetMonneret. Comp. de Méd. Prat. T. II., p. 172.

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