‹ Mémoire sur une nouvelle espèce de grossesse extra-utérineChapitre 2 sur 15 · IL · texte numérisé non relu

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munication n’existe entre l’excavation contenant le fétus, la cavité de l’abdomen et celle de l’utérus.

J’ai reçu de M. Bellemain, médecin titulaire du troisième dispensaire , une pièce anatomique que l’examen me fit reconnaître pour être un cas de grossesse extra-utérine d’une espèce nouvelle..

OBSERVATION Ire.

Madame B... éprouvait les malaises et les incommodités qui accompagnent fréquemment la grossesse, lorsque, le 10 juin 1823, elle offrit des symptômes graves, tels que des vomissemens de tous les alimens pris quelques heures auparavant, etc. Bientôt apres, des douleurs vives se manifestèrent vers l’fiypogastre , et s’étendirent jusqu’au rectum ; la malade éprouva des défaillances et un sentiment général d’affaiblissement; enfin, la pâleur de la face et des lèvres, la petitesse du pouls, et des syncopes prolongées indiquèrent que madame B était dans un danger réel.

On recommanda le repos , et l’on prescrivit une potion anti-spasmodique. Les douleurs durèrent pendant toute la nuit, et augmentèrent d’intensité. L’abdomen, d’abord insensible sous la pression de la main, devint douloureux, et les lipothymies furent bientôt plus fréquentes. Le doigt, porté dans le vagin , fit reconnaître un développement très marqué de l’utérus, sans dilatation du col. La malade déclai’ait être enceinte de trois mois. Vingt sangsues furent appliquées sur l’abdomen , et l’on prescrivit l’usage (l'es demi-bains.

Tous les symptômes continuèrent sans rémission jusqu’au lendemain 11 juin, et à neuf heures du matin , en retirant la malade du bain , elle expira.

L’invasion subite des accidens , la rapidité de leur marche et la promptitude de la mort ayant laissé des incertitudes sur la nature de la maladie , on désira faire l’examen du cadavre ; le 12 juin , MM. les docteurs Bellemain, Arbel et Lartet y procédèrent.

L’opinion des médecins qui avaient assisté la malade était, qu’il fallait attribuer sa mort à une inflammation sur-aiguë du péritoine, ou à la rupture d’un gros: vaisseau sanguin de l’abdomen ou de la cavité pelvienne.

Le ventre ouvert, on découvrit un épanchement considérable de sang, en partie liquide et en partie coagulé, dans la cavité du bassin. L’utérus, quoique dilaté, n’avait pas franchi le détroit supérieur , et offrait une déchirure à sa base, et un peu à gauche. Cette déchirure avait intéressé le péritoine et le tissu de l’organe , sans établir de communication entre la cavité abdominale et la cavité utérine , comme on le crut d’abord. A travers cette ouverture accidentelle de l’utérus, sortait un fétus enveloppé de ses membranes.

SUR UNE GROSSESSE EXTRA-UTÉRINE. o

C’est cette pièce, accompagnée d’un dessin , que nous avons eu l’honneur de soumettre à l’examen de l’Académie royale de Médecine (Voyez pl. i, fig. 1 , 2,' 3, 4*)

L’utérus, long de cinq à six pouces, sur quatre de largeur, présente une cavité qui contiendrait un œuf de poule , et dans laquelle nous avons trouvé beaucoup de mucosités ou d’albumine , et une membrane qui est certainement la membrane caduque de Hunter ( membrana deciduciHunteri , Epichorion de M. Chaussier). Ce tissu de nouvelle formation offre une face interne ou fétale lisse , et une face externe ou utérine , tomenteuse , caractères propres de la membrane de Hunter.

L’épaisseur des parois de l’utérus est de seize à dix-huit lignes ; ainsi cet organe est beaucoup plus volumineux , et ses parois sont plus épaisses que lorsqu’il est dans l’état de vacuité.

Les ovaires sont sains, la trompe utérine droite est oblitérée dans sa moitié supérieure; celle du côté gauche l’est dans toute son étendue. Disséquée avec soin, nous n’avons pas pu découvrir son canal, ni faire pénétrer dans ce cordon aucun liquide à l’aide de la seringue et du stylet d’Anel.

La cavité contenant le fétus s’est formée dans l’épaisseur de la substance du fond de l’utérus, au-dessus de l’insertion de la trompe gauche. Cette cavité n’est tapissée par aucune membrane; assez grande pour contenir un petit œuf de poule, sa surface inégale présente l’orifice d’un grand nombre de vaisseaux ou sinus utérins. Dans ces sinus étaient engagés les cotylédons en forme de pinceaux vasculaires , qui constituent les radimens du placenta. La cloison qui sépare cette cavité de celle de l’utérus a un demi-pouce d’épaisseur, mais la paroi supérieure, c’est-à-dire celle qui correspond à la base de l’utérus, et sur laquelle existe la déchirure, n’a que deux lignes d’épaisseur. On peut cependant reconnaître que cette paroi est formée de deux élémens distincts : i° le péritoine ; 2°la substance de l’utérus. Je fais cette remarque parce que des physiologistes ont pensé 1 que, dans cette espèce de grossesse extra-utérine, l’ovule glissait et se logeait entre le péritoine et l’utérus.

Dans toute la circonférence de la cavité contenant le fétus, des vaisseaux nombreux s étaient développés dans la substance de l’utérus, ce qui indique une circulation et une nutrition très actives dans ce point. Aucune ouverture, aucune communication n’existait entre la cavité logeant le fétus, et la cavité de l’utérus proprement dite.

Le fétus avec ses enveloppes a trois pouces environ de longueur. La face externe du chorion présente, dans un grand nombre de points, au lieu d’un placenta régulier ,odes cotylédons, qui ne tiennent au chorion que par des pédicules longs et fili-

(1) Cari. Gùst. Carus : ZurLehre von Schwan- gische , und therapeutischc Abhandlungen, , etc. gerschaft und Geburt; physiologische , patholo- Leipzig, 1832.

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formes. Cette disposition a de la ressemblance avec celle du placenta des ruminans *. Un de ces cotylédons est encore engagé dans un des sinus utérins , et fait adhérer l’œuf à la mère.

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