‹ Mémoire sur une nouvelle espèce de grossesse extra-utérineChapitre 5 sur 15 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Un cas analogue à celui que nous venons de décrire a été observé par M. Hédrich 1 , et M. Carus, professeur à Dresde, m’en a envoyé le dessin. (Yoyez pl. i, fig. 5.)

Une paysanne, âgée de 35 ans, ayant eu trois accouchemens heureux et deux fausses couches, se crut de nouveau enceinte, parce que depuis deux mois ses règles ne paraissaient plus. Revenant un soir des champs, elle ressentit tout à coup des coliques violentes , auxquelles succédèrent des vomissemens , une soif ardente , de la pâleur au visage, un sentiment général de refroidissement, des engourdissemens et des paralysies partiels, alternant avec des spasmes. Ces symptômes s’aggravèrent rapidement, quoique lés coliques cessassent, et le lendemain, à onze heures du matin, cette femme expira.

A l’ouverture du corps, on trouva la c avité abdominale remplie de sang, et l’utérus augmenté de volume. Cet organe, en quelque sorte insufflé, paraissait au toucher, dans un étatde vacuité, et sa hase S’élevait jusqu’à lahauteur du détroit supérieur dubassin. On ne remarqua sur le côté droit de ce viscère qu’une hydatide de la grosseur d’une noisette ; on voyait au contraire sur le côté gauche du même organe , une proéminence rouge, pourvue de nombi’eux vaisseaux sanguins , qui lui donnaient l’aspect d’un tissu enflammé ; et sur cette saillie, on remarquait deux déchirures dans les parties minces des parois. Par ces ouvertures on pénétrait dans une cavité en forme de sac, qui contenait un embryon de onze à douze semaines, que les membranes amnios et chorion enveloppaient régulièrement ; et sur ces membranes on apercevait des rudimens de placenta. La loge renfermant l’embryon était séparée de la cavité utérine proprement dite, beaucoup plus grande quelle ne l’est ordinairement , hors le temps de

(i) Archives de Horn ; sept, et oct. 1817.

G. BRESCHET. — MÉMOIRE grossesse. Cette dernière cavité était tapissée par une membrane spongieuse et tomenteuse , qu’on regarda comme étant la membrane caduque altérée.

Un examen attentif ne put faire découvrir l’orifice de la trompe utérine gauche, oblitérée dans toute sa longueur.

M. J. F. Lobstein , dans un compte qu’il a rendu à la Faculté de Médecine de Strasbourg de l’état de son muséum anatomique , parle d’une préparation qui indique la présence d’un fétus dans l’épaisseur même des parois de l’utérus , sans qu’on puisse comprendre comment il y est parvenu L »

Désirant avoir d’autres renseignemens sur cette pièce anatomique, j’ai prié M. Lobstein de vouloir bien l’examiner ; et d’après l’examen fait par cet habile et savant anatomiste, il a été reconnu que cette pièce, qui appartenait dès l’année iy36 à la collection de l’ancienne université , a été inscrite sous un faux titre. L’embryon avec ses enveloppes sont réellement dans la cavité de la matrice , et il paraît que dans l’origine, on a pris pour le tissu de l’utérus et pour la couche profonde et interne de ce tissu, le placenta intimement adhérent à la membrane caduque, qui dans cette pièce paraît être plus épaisse que de coutume, et d’une grande densité 1 2.

Il ne faut donc plus compter parmi les observations de grossesse extra-utérine dont nous parlons , l’exemple indiqué dans le catalogue du Musée de Strasbourg.

J’étais au moment de publier ce travail, lorsque j’ai lu dans une brochure récemment publiée , un exemple de grossesse extra-utérine du genre de ceux qui font le sujet de ce mémoire. L’auteur de l’opuscule ayant méconnu la nature du cas qui s’offrait à son observation , je m’abstiendrai de le nommer.

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