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Mémoire sur une nouvelle méthode de cathétérisme et sur son application à la cure radicale et instantanée des rétrécissements de l'urètre

Quelques personnes paraissant avoir mal compris les faits principaux contenus dans le présent travail, j’ai pensé qu’il était utile de rétablir leur véritable signification en en donnant un résumé succinct.

Ce travail a pour objet spécial de faire connaître une nouvelle méthode de cathétérisme , laquelle, appliquée aux diverses opérations qui se pratiquent sur l’urètre, donne à celles-ci une sécurité et une facilité d’exécution tout à fait

inconnues jusqu’à ce jour.

Dans un premier paragraphe ou j’expose la succession des idées qui m’avaient conduit à cette nouvelle méthode, j’ai cru devoir rappeler en quelques mots un procédé que j’avais indiqué en i845, et qui permet de pratiquer facilement

et sans danger l’opération du cathétérisme dans les cas les plus graves de rétention d’urine. J’ajoute que, grâce à ce procédé si simple, il n’est plus désormais de prostate infranchissable t et que surtout il n’est plus question de ces fausses routes ni de ces accidents inflammatoires redoutables auxquels exposaient si fréquemment les procédés ordinaires. Tout cela est, je crois, rigoureuse n lent v ra i.

Dans un second paragraphe, je décris la méthode elle-même, ainsi que les instruments propres à son exécution.

J’expose avec détail X application de cette nouvelle méthode à toutes les opérations usitées dans le traitement des rétrécissements : exploration, dilatation brusque, cautérisation, urétrotomie.

Je dis (ce qui me semble incontestable) que, grâce à cette nouvelle méthode, ces opérations, si délicates et si difficiles et, partant, si incertaines et si dangereuses, sont devenues tout à coup dune exécution facile et sûre.

Passant ensuite aux conséquences pratiques

que pouvait avoir cette extrême simplification de toutes les manœuvres opératoires destinées h combattre les rétrécissements, et considérant d’une part que parmi ces opérations il en était une dont l’efficacité pour la cure radicale avait reçu la plus haute sanction scientifique, le grand prix de 10,000 francs, décerné par l’Académie de médecine; d’autre part, que cette opération, autrefois embarrassée de nombreuses difficultés d’exécution, pouvait être, grâce à la nouvelle méthode de cathétérisme, pratiquée facilement et sans aucun traitement préparatoire; je me suis cru en droit de dire que la cure radicale des rétrécissements pouvait être obtenue instantanément et sans l’intervention des traitements dilatateurs.

Est-ce cà dire pour cela, comme l’ont avancé certaines personnes, que je proscris toutes les autres méthodes dans les rétrécissements de l’urètre, et que je préconise l’incision comme le seul traitement de ces maladies et comme un traitement constamment radical? Loin de moi cetto idee. J ai dit seulement que la nouvelle mé-

thode, qui se prête à toutes les opérations usitées contre les rétrécissements, pouvait, en s’appliquant à l’urétrotomie, étendre le champ d’application de cette méthode précieuse qui, seule jusqu à présent, permet d’obtenir la cure radicale des rétrécissements de l’urètre.

C’est donc une nouvelle ressource que je suis venu proposer aux praticiens en leur en indiquant les applications possibles. Quant à ce qui est du choix à faire parmi toutes les méthodes connues pour le traitement de tel ou tel cas particulier, c’est une question que je n’ai jamais eu l’intention de résoudre ni même d’aborder dans ce mémoire de quelques pages; et je ne puis comprendre encore coin ment on a pu me prêter une pareille idée.

Ces explications paraîtront certainement superflues aux lecteurs qui, de bonne foi et sans passion, liront mon travail.

Ainsi donc pour résumer :

i° La méthode de cathétérisme que je propose est réellement nouvelle;

20 Elle est facilement applicable à toutes les

méthodes opératoires destinées à combattre les rétrécissements de l’urètre.

3° Elle donne à leur exécution une facilité et une sécurité jusqu’alors inconnues.

4° Elle peut même, quand la cure radicale par l’urétrotomie paraît opportune et possible, permettre de l’obtenir instantanément et sans traitement préparatoire.

Je n’ai pas cru devoir répondre aux diverses objections qui m’ont été adressées par mes collègues de la Société de chirurgie, parce qu’elles ne m’ont pas paru porter sur le fond de mon travail. Je me contenterai de dire un mot des deux suivantes :

1° Les bougies articulées auraient été employées depuis longtemps par MM. Perrève, Bonnet, etc.

MM. Perrève, Bonnet, etc., ont en effet ajouté à l’extrémité de leurs instruments un bout de bougie qui , faisant ainsi partie de l’instrument, était introduit en même temps que lui : ce n’est pas là du tout ce que je fais.

J’introduis d’abord dans l’urètre une bougie indépendante et libre 3 puis, quand celle-ci est introduite, je visse sur elle mon instrument , auquel elle sert de conducteur.

2° L’urétrotome dont je me sers ne serait autre que celui de M. Ricord. A cela je réponds que l’urétrotome de M. Ricord ser à couper d 'arrière en avant , et le mien d'avant en arrière : je m’abstiens d’indiquer les autres différences.

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