‹ Mémoires, 1550-1560Chapitre 16 sur 21 · LIVRE ONZIESME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIESME

Far les dis précédents livres .^ fay. représenté au vray le demeslement des armes advenu delà les Monts depuis Tannée i55o jusques au jour de la publication de la paix, qui fut faicte eb Tannée i55g et publiée Tunziesme avril. Vous verrez maintenant que s il y eust des bonnes et des mauvaises fortunes parmy Texploict des armes, qu'il n'y en eut pas guie* res moins au demeslement da ceate paix mal digérée , par je ne sçay quelle inconsideration ou relasche qui ue nous est assez souvent que trop familière. Ce ne fiirent que couvertes v^gean^es , desordres et inconveniens si grands au préjudice de TEstat, q-ue , en les représentant au naturel ^ j'entre en de si cuisants regretsî , que mon ame en frémit encores toute. A la vérité, je suis Tun de ceux qui, pour, sa petite portée, s'en est le plus cruellement senty, et par la perte des biens et des grades que j'avois labourivQvsement acquis sous la beneficente main de nos Roys, que Dieu ap* pella tous les uns après les autres , et lors qu'ils avoient plus de volonté à mon advancement que moy-mesme de le recevoir. Ce sont des coups que ce grand et sou-i verain Ouvrier descoche to.usjoufô pour nous renger à luy quand nous abusons de ses grâces, lesquelles il départ , non selon nos passions et nos esgarez désirs , mais selon c&.=qu'il cognot^t nous estre expédient. Si nous le sçavions ainsi recognoistre >par une saincte

contrition de nos fautes ^ rien ne noua travailleroitny estonneroit jamais.

Le vingt-uniesme avril iSSq , le mareschal remoDS« tra au Roy que la publication, de la paix avoit faict lever le nez si haut à tous ceux des villes et de la campagne me.sm^, quMs commençoient desja à mespriser ses commaqdements et à refuser de payer les charges que la nécessité' des affaires avoit faict imposer, et qu'il fallot encoies nécessairement continuer , pour pouvoir, selon Tordre de la paix, pmceder à la démolition des places restituables y pour accomplir laquelle le terme avoit esté prins si court, qu'à grande peine en pourroit-on seulement esgratigner les contrescarpes; que a il en advenoit de la clameur, comme il prevojfoit a^soz^qu'il en faudroit rejetter lacoulpe, non sur luy^ mais sur ceux qui avoient faict trop bon marché de TEstat , de la réputation et du temps mesme, le plus cher et le plus viste de tous.

Que les soldats, se trouvants destituez de ce peu de secours qu'on tiroit du pays, et de leur solde dont il n'estoit nouvelle^ se mutineroient, et peut-estre saccageroient ou la campagne, ou les propres villes où ils estoient en garnison ; que Sa Majesté estoit celle seule qui pouvoit prévenir ces playes, leur faisant di* ligrmment apporter leurs payements, à fin de les licentier par après; que M. de Savoye, au dommage dcrquèl tout cela succederoit, ne devoit avoir rien de plus pressé que de depescher cependant l'un de ses ministres pour faire de si grandes levées de pionniers de. tous costez, que tant plus diligemment les démo* litions et les restitutions aussi peussent prendre la mesme fin que le mareschal ne desiroit pas moins que

luy; qu'il est toutés-fbis à craindre que ce prince, qui n'a faute de jugement ny d'expérience, ne marche ea cestendroict au pas de la tortue, faisant son compte que, eu dilayant et contiivant, lé temps s^eseouleroit , et que, le terme venu, Sa Majesté auroJt,'pour respect du parentage, honte ^'en, faire demander la prolongation, et encores plus«.de luyrethser la grâce que ilpouri'oit demander sur la discontinuation 'des démolitions , qui sont de telle conséquence qu'elles vallent bien le demander. Ce prince n'a faute d'expérience pour en sortir à son honneur ; je croy qu'en pareil cas nous ne nous oublierons non plus' que luy. • .

A la vérité il faut advouër, quelque bonne mine que nous sçachions faire, qu'au faict de la paix et 'de ses exécutions, que nous y coifrusmes en poste, et sans guide toutesfois; car ceux qui s'en veulent excuser sur la calamité où les affaires éstoient lors reduicts, ne sçauroient nier que noStre propre imprudence et impatience ne soient celles qui nous y embarquarent, ayans négligé, ou pour mieux dire, indignement mesprisé les deux choses principales qui peuvent soustenir et conserver TEstat et la réputation : la première, la diligente provision des armes pour faire la paix à cheval , et non à pied , comme nous fisnoles , et les pourparlers de laquelle durèrent si long temps-, qu'on eut autant de loisir pour ce faire que l'Espagnol , auquel nostre negl%€nce pi'épare la planche pour reinpotter et l'honneur et l'utilité de la paix; l'autre les dangereuses conséquences où nous envelopperions pour Tadvenir la seuretd de l' Estât, le despouïllant de costé et d'autre d'environ soixante placésforles, qu'ils n'eussent

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scçu emporter en trente ans ( tercm suflisant pour prendre party convenable ). i^as ! nous quîtasines en u0k seul jour ce que nous pleurerons e^ plusieurs^innëes. Quel fatal et particulier mal-beur est cestoy-cy du François^ '4|^'il sçaclie fort genereus^flent combattre et conquérir, et ne rie» garder*, toutesfois désirer toutes nouvellvtez et le^genereux remuement des armes , et tout ine^ntinant s*en soûler et.relffscher ! Ce n'a^Ms^sié seul ce bon Henry II qui a couru ces naufrages; Charles VIII, Loys XI et Fra'toçois I firent tous de mesme et:en divers endroits. Oublions d^ trop repentines inconsijderatious^ et au lieu d'elles cultivons/ avqa prudence et jugement, la prévoyance, Tastuce el'la patience de l'Espagnol, et âous ne desmordroDS jamais non plus que luy. Je croy qu'il y a je ne sçaj quoy de caché en. la prompte valeur du François, qui la faict relascher lors qu'elle dèvroit plus roidir, ou que c'est Dieu qui la renverse par l'oubliance qui court quelquefois en la saincte et humiliée recognoissance de ses graçe$.

Le vingt- trois iesme avril , le gênerai Goiffîer fut de* pesché vers le Roy , tant pour eu apporter quelque salutaire .restrainctif ta dangereux/ Ibx des maladies cy - devant discouruës , comme pour persuader à Sa Majesté de ne se laisser emporter aux prières et aux persuasions qui luy estoient feicteff^v'pour quitter à M. de Savoye les juFÎiidictions et tes finages de cinq places retenues, à fin qu'elles puissent commodément recouvrer des vivres , ^ans despendre de la discrétion de celuy mèsme qui en son cœur ^stimoit qu'elles luy appartenoient , et qui seroit peut-estre bien aise que peu à peu la nécessité les pressast si fqrt' qu'^es se

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perdissent, pu que, par les charges et les importunitez que les payemeii^ poarroyent apporlçr att^Gloy, Sà Majesté luy ea fist non seulement un présent, mais qu elley adjou^tast aussi les cessions de Nice , destçrres occupées sur lest contes de Provence, marquis de Saluées, et delà mesme prétention qu*avoit feu madame* la Régente sur le Piedmont et Sayoye, toutes lesquelles parties, ramassées ensemble, fenl^presque des quatre paris les trpis da Piedmont, sans y comprendre la coDté d'Ast, héritage des ducs d'Orléans.

Que c'est oit chose digne de la grandeur du Roy de donner quelque honneste entretenement à tous les capitaihes, tant François qu'italiens, qui avoient fidellement servy S,a Majesté,* par proportions convena-* blement .mesurées à leurs qualitez et à leurs mérites, avec obligation de faire résidence ordinaire dans les cinq places pour les rendre cy^itpres plus asseurées, et pour pouvoir aussi, selon les occasions, faire nou* velles levçeç, jugeant presque impossible que Testroittetédes liens qui bridoientles cinq places n'en donnassent bien-tost Targument, la servitude estant ennemie du généreux François ; que là où Sa Majesté negligeroit lappointement desdictr'capitaines (la pluspart soldats de fortune ) , que chacnn tascheroit de prendre party avec amy ou ennemy.

Que c'est une remarquable fmpieté d'avoir acquiescé au vouloir de l'ennemy sur la compréhension et réservation qui devoit estre faicte par le traicté de paix pour tous les bannis de Naples, Sicille, Milan, Gennes et Montr<çrrat» la pluspart desquels avoit courageusement secondé la valeur ^t la fidélité françoise, et dont toutesfois, sur les me&mes lieux du tmcté, Boy*

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vin avoit faict instances infinies; que ce mal-henr estant, négligemment ou inconsidérément couru, qail en falloit corriger le regret et l'amertume par pensions et appoinctemens dignes et du prince, et du serviteur; qu*en faisant autrement ce seroit apertement inviter et les uns et les autres à faire quelque dangereux coup, et dont il nepourroit estre justement accusable; et à la vérité,' celuy qui ne faict le manteau que pour une seule pluye ne sera jamais estimé bon mesnager:à Tenfournement se font les pains cornus.

Plus grande et plus détestable impieté est celle-là d'avoir, en pareille occasion , abandonné à toute ruine et les gentil-hommes et les bourgeois de Casai , tous lesquels, en faveur de Sa Majesté, ont contribué à la defience de la ville les armes, les enFans, les parens et les ami$, et couru aux escarmouches au pair des mèsmes François ;• et toutesfois on a faict si peu de compte de toutes ces vertueuses actions, qu'on a mesprisé, et certes ingratement (soit dit avec correction), de la comprendre dans le traicté de la paix : Thonneur, la conscience et la réputation vouloient toutesfois le contraire ; et nous voulons estre aimez et estimez.

Le coronel des Suisses àpro (petit de corps et gros de cœur) demande, conformément à ce qui luy a cydevant esté promis, Tentretenement de sa compagnie et en paix et en guerre, protestant fort ouvertement que, là où on luy manquera de parole, qu'il sçaura si bien brouiller lés cartes, que sa nation rabattra beaucoup de l'affection qu'elle porte à la France, H est si habile homme, et de tel crédit parmy les siens, qu'il pourroit encor faire pis : si la foy du prince nV blige, qu'est-ce qui le fera?

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Que le conté de Bey ne s'estant volontairement donné à la France, et lors qu'elle en avoit besoing, se plaint , aussi bien que les autres, que quoy que seà services soienl'dignes de recommandation, qu'on n'a toutesfois daigné le comprendre dans le traicté de paix, le contraignant, par ce defiaut, ou à vendre à non prix sa place à M. de Savoye, ou à demeurer craintifvement enveloppé dans la discrétion de luy, qu'il a offensé par la seule affection et cqnsideration du Roy, la réputation de la Majesté duquel requiert qu'il soit aidé et soulagé.

Les seigneurs deSanfré, conte de Desane, d'Oriiies, de Rossane , de La Ghiusa , de Morette , et plusieurs autres gentils-hommes piedmontois, leurs lieutenants et enseignes, jusqu'au nombre de six vingts, font pa* reilles plaintes; mais ce qui est plus digne de compassion, et qu'il ne peut représenter à Sa Majesté qu'avec honte et r^egret, ce sont ces pauvres sieurs de Birague, qui font, entre père, frères, cousins et enfans, le nombre de* trente, qui ont tous, par l'espace de trente ou quarante ans, rendu de si grands et de si mémorables services, que c'estoit le moins qu'ils dévoient espérer que d'estre comprins au traicté de paix , pour la restitution de leurs bien* perdus à la seule considération de Sa Majesté, et que l'affliction dans laquelle ils demeurent injustement enveloppez, mérite qu'elle leur donne en Lyonnois et en Daulphiné quelques maisons de son domaine d'honneste revenu pour s'y retirer.

Puis que Dieu pour nos peschez a voulu que, de tant et tatit de glorieuses conquestes et victoires, il ne soit demeuré à la France que ces six pauvres places orphelines, il est nécessaire de remettre sus celles de

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CeDÈal et Qoquésparviere, qai respondent^à la Provence ^ et qui sont si abondantes en bleds ^ qu'elles peuvent nourrir une armée six mois durant ; elles serviront aussi de bride et de contrecarre aux places que M, ^e Savoye tient sur le haut Piedmonty et le passage asseuré à un% armée royalle si elle preupifr ceste routte.

Seia pareillement nécessaire qu'il plaise à Sa Majesté, ordonner deniers pour la fortification et pour ladviotuaillement desdictes cinq places, dans lesquelles il fera cependant jetter ce qui se trouvera dans les places restituables: en faisant et ISin et Tautre, elles dépendront, en toute sorte d'événement, plus d'elles mesmes que d'autruy. Le proverbe dit que qui s'attend à l'escuelle d'autruy est souvent plus mal disné qu'il ue voudrait, efr.nouS'n'y sçavons remédier.

Qu'il a tousjours esté attendant, comine il est encoires, l'arrivée du genlj^-bomme (0 que Sa Majesté avoit promis luy depèscher, «¥ec instructions fort amples de tout ce^qui serait à faire pour l'exécution de la paix, et pour la conservation future des places qu'eue retei|oi|y-sans quoy tout demeuroit suspendu entre la crainte et le danger, d'autant qu'à telle chose sepourroit-il avancer que Sa Majesté l'en reprendroit, et à telle autre aussi qui pourroit apporter du mescontentement au roy d'Espagne et duc de Savoye, et qui seroit rapportée à la pitôsion particulière du mareschal.

(>> Dans la lettre dii 99 rnavâ, dont oh a. parlé plus haot (livre x}i le. Gonnétable mandoit au maréchal <c qu'on Im envUrroit un gentii' homtne pour Texécution du trailé, et qu'il fjEdloit qu'il se uottvilpr*' de faire exécuter le vouloir de Sa Majesté , afin qu'on pût donner ororf à tout. »

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Que, désirant prévenir ces cMïanXy depesciMMt le secrétaire Guesdon vers Sa Majesté, chargé de toutes les amples» instructton» et mémoires que le temps et le propre subject requeroient ; cependant qu'il né trouvoit ny seur ny raisonnable que Sa Majesté desarmasty au moins jusques à tant que les places résti-^ tuables fussent entièrement démolies et quil nefust ausisi arrivé argent pour y travailler, -et puis payer et licentier les troupes. * •

S'il estoit ainsi, comme aucuns luy escrivoient, que Sa Majesté né se souciast guieres de ces démolitions, et que le soin et la charge eh deussent tomber sur M. de Savoye , il estoit nécessaire que, deslors et saiKS diflerer, il ordonnast seurement à ses ministres dé diligemment fournir tout, ce qu'il faudroit pour ces démolitions^ afin que la coulpe*n'en fost rejeclée sur luy, comme sourdement on faisoit des-ja , tant les envieux se ,plaisoient à le mettre en mauvais mesnage avec ledict duc.

Que pour gâigner temps il estoit f>aretllenient nécessaire d'envoyer aux gouverneurs et capitaines des places et chàsteaux à chacun une patente servant de descharge poi^r la reddition de la place, et au âkàre^^ chai une générale sur tout ce qu'il aura à faire et k traicter en toutes sortes • d'atlaires, qui sont alijourd'huy réduits à telle consequèi^e, qu'il ne faut-rien dire ou faire sans commandement exprès.

Le 25, Boudet, secrétaire de M. le connesiable, arriva en Pîèdmont chargé de mémoires et însdhictions, par lequel il estoit ordonné qu'on procédast diligemment aux démolitions d'Aviglane, d'Yvréë, Montcalîer, Saviglan, Santia, 'Casai, Verrue, Albe

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et Sainct Damian, sans parler de Valence , Gairas^ Montdevis, Geve , Gourtemille et autres ^ qui estoient toute$Ci>is restituables comme les autres , puis que par le traicté de paix elles n'esloient retenues en la spécification des six qui Testaient. S'il fut mal pounrea de ce costé, il Festoit encores pis des deniers cy-devant demandez ^ et sans lesquels les démolitions ne se pouvoient faire, ny nourrir les -gens de guerre pendant qu'on y travailleroity comme Guesdon avoit deu remonstrer; quen ceste surceance les affaires s'empiroienty et qu*à apaiser la faim et la misère des gens de guerre il falloit autre chose que nappe blanche , et qu'il n'eust jamais creu que le vent et les ondes servissent de registre et d asseurance à tant et tant' de prome3ses.

Le 29 avril, Le Roy, rentrant sur les mesmes brisées de Tennuy de ce gentil-homme bien instruit sur l'exécution de la paix, manda au mareschal qu'il avoit tort de dissimuler sur le fait des démolitions, qui deussent estre desja accomplies ; que Sa Majesté avoit commandé que du Bauphiné on luy envoyast diligemment quatre cens pionniers pour y travailler, et qui seroient payez. C'est parler de la maladie, mais oublier la médecine pécuniaire qui la devoit guérir.

Quant au payement qu'il falloit faire aux gens de guerre pour les licencier, qu'on estoit après à l'assembler, et qu'ils n'estoient pas si pressez qu'ils ne peussent attendre la commodité ; car de l'entamer pour les eu secouru^ de prests. Sa Majesté le deffendoit, pour ne se renvelopper aux* précédentes difficultez, qui procedoient de la propre coulpe des ministres de Sa Majesté, lesquels faisoient semblant d'avoir oublié qu il

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ny avoit rien qui apportast plus de nuisance an temps qae imcoQsideré reculement du temps.

Le 7 may iSSg, le maresclial désirant désormais achever le demeslemént de la paix.^ il envoya Billiad, son secrétaire, vers le Roy avec les mémoires et instructions nécessaires, tant pour le fait des monstres que pour la démolition des places; mais, quoy qu'il sceiit faire, dire ou remonstrer, il n*en peut jamais venir à bout; ains, au lieu de ce faire, on envoya la loy toute faite à celuy qui la devoit luy mesme donner, tant ce boa seigneur eut peu de crédit après la nécessaire feste des affaires passée; et de fait tous les traictemens qu'il receut depuis ce jour là jusqu'à son partement de Piedmont; fut de tenir les oreilles et la main ouvertes à toutes sortes de personnes qui eurent envie de mesdire de luy, et de se préparer à patiemment endurer les rebuis et toutesles défaveurs qui luy.coururent depuis à bride abatuë. La première accusation fut levée contre La Rivière, son cousin , gouverneur de Saint Damlan (par le sieur de Montafie), disant qu'il avoit batu ses gens lors qu'il fit commandement aux païsans de le vçnir ayder à desmolir la place , laquelle fust demeurée contre le commandement du Roy à qui neust usé de rigueur, Sa Majesté ne fournissant rien pour ce faire. IVlais me' ressouvenant de la querelle qu'en avoit faict ce sieur de Montafie , avantageux à mesdire, le mareschal enchargea Billiad de représenter au Roy ce qui s'estoit passé entre Montafie et luy, c'est qu'il luy dict en présence de beaucoup de noblesse : a Où vous prouverez que mon cousin s'y soit esgaré, contre ce qu'il dict , au service du Roy, je luy fçr.iy couppér la teste; et si vous ne le faictes aussi,

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la voçtra y demeurera pour gaigede rostre fausse aa-

cusâtion perfide. » Mai$ ]e sieur de Moûtafie quitta la

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