TROISIEME MOYEN
a Ruiner la doctrine des mérites et établir celle de la grâce.
« Nous n'avonsque trop reconnu que la doctrinedes mérites, comme elle est entendue et pratiquée dans l'Église, est le plus grand appuy des moynes et le plus grand fondement de leur subsistance , tandis qu'on croit que Dieu donne des grâces suffisantes à tous les hommes pour se sauver, lesquelles sont rendues efficaces par leur coopération.
« 1° II importe donc beaucoup que les disciples de saint Augustin détruisent cette doctrine , qui gêne les esprits sous prétexte de conserver leur liberté;
« 2° Qu'ils parlent en général de cette grâce charmante et victorieuse qui ne laisse pas à la volonté le pouvoir d'y répondre, et qu'alors tous les soins qu'on prendra de servir Dieu par les bonnes œuvres seront inutiles ; qu'il ne faut que laisser faire la grâce, et qu'on ne pourra pas résister à ses aimables violences;
c 3* Qu'au contraire cette grâce porte toujours des douceurs et des charmes qui surpassent infiniment tout ce qu'où en peut dire ;
« 4° Qu'on reconnolt cette grâce à de certaines marques qui ne sont pas données à tous , et qui sont très-rares.
a 5* Ils se donneront de garde surtout de dire d'abord ouvertement les marques de la présence de cette grâce, cette connoissance ne devant se donner qu'à ceux qui en sont capables. C'est un des plus puissans moyens d'attirer les peuples au désir de nous consulter sur l'affaire de leur salut, que cette conduite.