Pinelli, Storia mUitare del Piemonie, vol. lll, p
DE PESCHIERA A OÊNES 29
Rome. Le cœur encore saignant des blessures causées par les désastres des dernières campagnes, il allait assister en simple spectateur au douloureux épilogue de notre premier grand mouvement de résurrection nationale ; il allait voir presque sous ses yeux tomber aux pieds de ces saintes murailles nombre de ces intrépides volontaires qui avaient combattu à ses côtés, lorsqu'au printemps de 1848 un irrésistible courant d'enthousiasme enflammé et de trompeuses espérances réunirent sur les rives du Mincio les vainqueurs de Peschiera, les rebelles de Gênes et ceux qui allaient mourir sous les murs de Rome.
« A Treviglio^y comme il le consignait plus tard dans ses Mémoires, dont nous ne reproduisons ici que des fragments, notre petit corps (Bes) fêtait suivi par tin grand nombre de volontaires sous les ordres de Manara qui s*était distingué aux barricades de Milan et qui avait acquis une grande influence parmi les jeunes gens qui le suivaient. Jeune homme ^ qui avait quitté une épouse adorée et une fortune^ brave et intelligent^ il était dominé par Vidée prédominante dans ces premiers jours de succès à Milan, et il nous faisait souvent entendre le mot de république. Il devint ensuite un militaire dévoué et, après la pre?nière campagne malheureuse^ voyant que f Italie n'avait à espérer que du côté de la Maison de Savoie, il se voua entièrement à son devoir (F officier de r armée royale. Je me souviens d'un autre jeune homme, M. de la Porta, qui était alors avec nous et qui suivit ensuite Pexemple de Manara, jusqu'à ce que la trahison de Ramorino et les malheurs de la seconde camjmgne qui en furent la conséquence, jetèrent le second dans Gènes et ensuite à Rome, et Manara aussi dans cette dernière ville.
Un an après Treviglio, Manara était mort en combattant moins pour une opinion politique que pour Phonneur du nom italien et laissant un regret universel parmi ses cama-