‹ Mémoires (1848-1870) (volume 2)Chapitre 15 sur 73 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

SILI8TBIE

Presque dès le lendemain de ces deux campagnes désastreuses, qui n'avaient pu ni le décourager ni afTaiblir sa foi et ses espérances, le Piémont se mit virilement à travailler à Tœuvre dont il poursuivait la réalisation.

« Une paix achetée au prix du déshonneur^ écrivait de Berlin le capitaine Govone^ à propos de Thumiliation d'OlmûtZy loin danéter la révolution^ en hâte au contraire r explosion j et nous savons combien grand est Vélan que donne même une défaite. »

Le vif désir, la soif du mieux, nés de défaites qui n'avaient rien que d'honorable, donnaient d'une part, en dépit des erreurs et des excès, une force surnaturelle aux libertés constitutionnelles qui venaient d'éclore et rendaient d'autre part indispensables la reconstitution, sur des bases absolument nouvelles, la transformation complète des forces militaires qu'il nous fallait préparer en vue de la prochaine lutte. Pendant que La Marinera consacrait toutes les forces de sa volonté, toutes les ressources de sa belle intelligence à la réoganisation de notre armée, il envoyait quelques officiers d'élite étudier sur place, en vue des réformes qu'il méditait, les règlements des armées étrangères et perfectionner

1. Extrait d'une lettre de Govoae au major Petitti, Berlin, 10 octobre 1850.

32 LE GENERAL GOVONE

-de cette façon les connaissances qu'ils avaient déjà acquises.

Attaché à cet effet aux légations, d'abord de Vienne, puisde Berlin, le capitaine Govone quittait le Piémont vers la fin de Tannée 1849, chargé d'apporter à la reconstitution, à la renaissance militaire de son pays la riche contribution des enseignements qu'il allait recueillir au dehors •et des nombreux et intéressants rapports ^ qu'il adressa alors au Ministère et dans lesquels il étudia avec un soin minutieux les règlements et les réformes militaires <ies différents états deTÂllemagne ainsi que les armements faits en vue de la guerre du Holstein.

Cette guerre, qui fit craindre pendant un moment un €onflitarméentrelaPrusseetrAutriche,luidonnauninstant l'espoir de voir de grandes armées opérer sous ses yeux.

« Je vais, à toute éventualité, me faire envoyer mes unifo)ines, écrivait-il 2. En cas de guerre je me garderai bien de m'Hoigner et me ferai accepter ici comme volontaire ou comme simple spectateur, si Votre Excellence veut bien me le permettre. Mais, si on devait réellement en venir à la guerre, je crois que ce serait une bonne occasion pour en faire profiter la moitié de P armée piémontaise. »

Les espérances de Govone ne devaient pas se réaliser cette fois. La reculade de la Prusse assura le maintien de la paix; mais la fortune allait bientôt lui offrir une autre compensation.

1. Le colonel Petitti s'exprimait en ces termes sur ces rapports, qui existent aux Archives de Tétat-major, dans une note en date de Kadi-Koi, 12 février 18:>:i :

« En dehors des missions quil remplit en campagne ei dont il est question plus loin, le capitaine Govone a été attaché en 1849 et 1850 aux léga" lions de Vienne et de Berlin afin de tenir le ffonvernernent au courant des mouvements, réformes et modifications militaires qui se faisaient dans ces armées. Il adressa alors des rapports d'un haut intérêt j rédigés avec un rare talent et dans lesquels il consigna tout ce qui avait trait à V administration et aux services les plus essentiels de ces armées. Il connaît de plus à merveille Vorganisation des armées russe^ turque et française. »

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