‹ Mémoires (1848-1870) (volume 2)Chapitre 49 sur 73 · I. Rotha:i, op. ci/., vol. II, p · texte numérisé non relu

I. Rotha:i, op. ci/., vol. II, p

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situation insoutenable et la prédisposera à des efforts unanimes et aux suprêmes sacriKces.

Une semblable orientation des esprits et de la volent*' nationale n'existait pas et ne pouvait pas exister en 18ïi' en Italie. La conscience nationale était ballottée entre des aspirations contradictoires, t'nlre les souvenirs du cœur et les considérations politiques, entre le désir de parachever le programme national et l'incerlilude du choix -de la voie qui mènerait plus sûrement à ce but, entre l'intuition de la nécessité politique qui contraignait l'Italie à ne pas se désintéresser des grandes questions d'équilibre européen et l'obligation de maintenir à tout prix l'état de paix et de s'appliquer avant tout à refaire si .puissance économique.

Si le roi et la plupart des hommes d'État et des géaéraux penchaient en faveur de l'alliance française, d'autres hommes politiques et la plus grande partie de la nation étaient bien décidés à s'y opposer. L'opinion publique, qui -devait plus tard i^tre unanime à manifester ses sympathies pour la France le jour oii elle vit sur sa tGle l'auréole de la douleur et des sacrifices héroïquement supportés, était, dans le principe, et en majorité au moins, hostile à la France qu'elle croyait forte. Elle aurait difticilementcompris la mise en marche des soldats italiens chargés d'occuper côte à côte avec des soldats français les postes abandonnés par d'autres soldats français qui, encore en ce moment m<^me, leur fermaient le chemin de Rome. Elle aurait difficilement compris que, sans provocation de leur part, l'Italie se lançAt contre ses alliés de tSfiCi, dans l'intérêt «t au prolit de ceux qui avaient été ses adversaires à Mentana. Elle aurait difficilement comprisque, lorsque le peuple gémissait sous le poids des impôts, au lendemain du jour où pour sauver le crédit de l'Etat on avait dû recourir s des remèdes héroïques, lo gouvernement renonçât à brûlepourpoint au résultat acquis au prix de tant d'elTorts et ■de sacrilices pour aider la France à remporter une virtoire dont la première conséquence aurait été de replacer

LE aENERAL GOVONE

part à la victoire de la France, se rendant un exact des dangers que lui ferait courir en ce neutralité, se prononçait pour une interrenmédiate. En face de lui, Sella, grand admirateur emagne où il avait fait des études, convaincu que a avait délié l'Italie de ses obligations envers Is , convaincu de plus que la question romaine ne jamais être résolue par l'alliance française, inféodé la majorité du Parlement qui voulait la paix et U itulion des tinanccs, prêtait aux amis de la paix le 'S de sa résistance fî6re, incessante, opiniâtre, et it l'heure de prendre son élan vers Itome. En com- :é d'idées avec lui, quoique pour des raisons toutes tes et bien que foncièrement sympathique à la . Lanza, interprète des désirs de cette partie de la talie où s'accomplissait la grande révolution qui t le pays dans la voie de l'industrie et du travail, uriout il cause de la situation économique de

partisan de la neutralité la plus stricte. Viseootii, Lombard, grand ami de la France, partageait U > de voir du roi. Mais il reconnaissait que l'Italie

aucune bonne raison pour attaquer ses alliée i. Il pensait de plus que l'Italie était d'autant plus ée au maintien de l'espèce d'équilibre qui s'était epuis 1866 entre la France et TAIIemagne, que la lérance absolue d'un de ces Etats ne pouvait T de la replacer sous sa dépendance. Il désirait te écarter une résolution irréfléchie qui rendrait re inévitable et voulait réserver à l'Italie le rôle ialricc'.

>ul fait aurait pu mettre fin à ces divergences >n : les concessions que la France aurait faites par à Rome. Aux insistances que la France multipliait de la conclusion de l'alliance, le ministère, faisant

our les opinions de ces homme* d'État Alusabdro Guicciou Se^fa, TOI. [. p. 2r><f-20S.

valoir les motifs qui obligaient Tltalie à rester neutre, répondait en opposant la question romaine sur laquelle le duc de Gramont déclarait impossible de faire la moindre concession. Le roi, pour sa part, désireux à la fois d'intervenir dans cette guerre et reconnaissant, d'autre part, que sans obtenir Rome pour Tltalie il lui était impossible d*avoir le pays avec lui, espérait encore parvenir à vaincre les résistances du gouvernement français et était dans ce cas bien résolu à entraîner où à remplacer le ministère. Mais pendant que Vimercati, porteur d'inutiles projets de traités *, faisait la navette entre Paris, Florence, Vienne et Metz, pendant que Witzthum courait de Vienne à Paris et à Florence pour y exposer les embarras et les préoccupations de TAutriche, pendant que dans toute l'Europe les neutres prenaient position pour assister au grand duel, Tltalie restait encore hésitante devant les différents desseins entre lesquels il lui fallait opter.

A dire vrai, Tltalie avait déjà commencé à armer. Dès le 18 juillet, on avait rappelé deux classes et on avait procédé aux premiers achats de chevaux. Tout le monde, quoique pour des raisons différentes, avait consenti à ces mesuresqui ne constituaient à proprement parler qu'un commencement d'action : « le roi, pour faire un premier pas vers la guerre, Visconti, afin de se préparer aux éventualités probables, Lanza, afin de faire respecter la neutralité de l'Italie, Sella enfin, pour que l'Italie ne restât pas entièrement à la merci de la France et qu'elle pût au besoin trancher, peut-être même avec son épée, le nœud gordien de la question romaine ^. )>

« Les partisans de la paix^ écrivait à ce moment M. de Malaret à son gouvernement, réclament des préparatifs militaires pour permettre à Pltalie de faire respecter la

1. Cf. GuiccioLLi, op, cit.^ à propos de ces tentatives qui, quoique ayant échoué, prouvent la part personnelle considérable que Victor- Kmroanuel prit à la solution des questions qui intéressaient Tunité italienne.

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