AVANT-PROPOS XV
ensuite, deux générations plus tard, à Alba avec Vincent, le grand-père du général.
Ce dernier, capitaine lors des guerres contre la République française de 1791 à 1796, blessé plusieurs fois, brisa son épée après Cherasco, se retira pendant Toccupation étrangère à Alba, où, vingt ans plus tard, Victor-Emmanuel I" lui envoya, en reconnaissance de sa constante fidélité, les insignes de Tordre de Saint- Maurice et lui conféra le grade honoraire det colonel. Ce fut de son fils unique Hercule, syndic d'Alba en 1848, que naquit Joseph-Gaston Govone, le second de ses neuf enfants.
Entré à Tâge de dix ans à l'Académie royale militaire, il fut nommé sous-lieutenant, le 27 avril 1844, puis lieutenant au corps royal d'Etat-major, le 28 septembre 1845.
Attaché d'abord au début de la campagne de 1848 à l'état-major de la brigade d'avant-garde Bes'et envoyé comme parlementaire à Peschiera, pour [sommer la place de se rendre, passé ensuite à Tétat-major du W corps d'armée, général Hector de Sonnaz, il assista à tous les combats aux environs de Peschiera, à ceux de Rivoli, de Pastrengo, etc., etc., puis aux dernières affaires du II* corps, à la Corona, à .Volta et à Cerlungo, à la suite desquelles on lui conféra la médaille d'argent.
Promu capitaine, le 14 octobre 1848, et placé à l'étatmajor de la ô"" division, général Alphonse LaMarmora, il fut chargé par son chef de missions spéciales. Tune du côté de la Toscane, ayant trait aux dispositions relatives à une intervention projetée, l'autre à Bologne, pour y négocier l'enrôlement des Suisses de La Tour.
Lors de la dénonciation de l'armistice de Salasco (mars 1849), il accompagna la 6' division dans sa marche sur les Duchés. Envoyé aux nouvelles à Novare, dès qu'on apprit le désastre par des rumeurs vagues et confuses, il traversa les lignes ennemies et rejoignit sa division en marche sur Gênes insurgée.
Le 4 avril 1849, à lattaque de Gênes, c'était lui qui commandait les petits détachements de bersagliers qui exécutèrent la difficile et audacieuse surprise des forts de l'ouest. Envoyé par La Marmora pour sommer la ville de capituler, il courut à ce moment les plus grands dangers. Délivré à temps, il repousse avec une poignée de bersagliers une attaque partie du fort Begatto et poursuit vivement ses adversaires. Le lendemain, il commande une des quatre colonnes (les îiutres, d'égale force, étaient conduites par les généraux Alphonse et Alexandre La Marmora et par le colonel Belvédère) chargées de déloger les insurgés du centre de la ville. L'intelligence, l'habileté et la valeur dont il avait fait preuve dans ces circonstances lui valurent une seconde médaille d'argent.
Peu de temps après, on le chargea d*une mission au camp français sous Rome, et vers la fin de la même année on l'envoya comme attaché militaire à Vienne, puis à Berlin, où, en raison des modifications qu'on se proposait de faire subir à la constitution de l'armée piémontaise, on le chargea d'étudier l'organisation militaire de ces deux armées. Rentré dans sa patrie au printemps de 1851, il fut placé à l'état-major de la division de Novare.
Dès le début de la guerre entre la Russie et la Turquie, Govone, envoyé au camp d'Omer-Pacha, suivit les