CHAPITRE IV
SAN MABTINO
Le 26 avril 1859, à cinq heures et demie de Taprès-midi, le baron de Kellersberg et le comte Ceschi di Santa Croce, qui avaient apporté à Turin fultimatum autrichien, recevaient la ferme et digne n^ponse du comte de Cavour, Une heure après, ils partaient pour Milan escortés jusqu'à la frontière par le lieutenant-colonel Govone^
La guerre éclatait enfin, cette guerre espérée, désirée depuis si longtemps, cette guerre que le Piémont n avail cessé d'appeler de tous ses vœux pendant que la diplomatie s'efforçait sincèrement de chercher une solutioi pacifique, cette guerre enfin, en vue de laquelle on 86 préparait depuis tant d'années.
Le lieutenant-colonel Govone avait été un des artisattf les plus actifs de cette grande œuvre. On Tavait, daM les derniers mois, chargé de compléter les études el les calculs destinés en partie aux alliés du Piémont, du prendre les dispositions relatives aux armements, lel mesures propres à assurer en cas de guerre la jonctioS de Tarmée sarde et celle de Tarmée française, et c'étaiM encore à lui qu'on avait confié le soin d'organiser et Ip mission de diriger le service des renseignements. GrW au patriotisme des populations qui étaient déjà de c(BVâ
1. Cf. CuiALA, Lettei'e di Cavoui\ vol. III, p. cxlvii; et Mariai», Gtoff^ delVIndipendenza, vol. III, p. 381.
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mais nous ri avons eu dengagés que quelques escadrons e des tirailleurs, Im inctoire a été aux Français,
Ils ont eu de fortes pertes^ entre les plus regrettables celle du général Espinasse tué, général de Martimprei blessé, etc.
6 juin, 7 heures du matin. Bords du Tessin... Hier je vous m écrit deux mots, le matin, après une nuit de fatigue, La journée de hier a été plus raisonnable et je suis ce matin reposé. Nous allons partir tout de suite et prenons la route de Milan, J'ignore si nous y entrerons^ dans la journée: cela dépend de t Empereur qui enverra ses ordres en chi' min,
La bataille d'avant-hier a été très sérieuse et elle a r^ tardé de vingt-quatre heures notre mouvement en avant.
Voici le résumé de nos opérations depuis notre entrée en campagne,
V Empereur, voyant les Autrichiens prêts à défendre k Pu depuis Candia jusqu'à Plaisance et le Tessin fortifU derrière l'armée autrichienne, pensa tourner toutes to défenses de l'ennemi. Il fit semblant de porter son armée à Vog liera et daller lui-même à Torfone: puis il fit faif^ une contre-marche à son armée et la concentra à fextri* 7)iité opposée, à Verceil, où elle passa laSesia, Nous avons: passé les premiers, et à Paleslro îious couvrions le passafil des Français,
V ennemi ne comprit rien à ce mouvement fort bien imâr giné et parfaitement exécuté. Il fut déconcerté et dut abanr donner tout le pays pour courir défendre sa ligne de rf* traite.
Nous fîmes la inême chose pour passer le Tessin. W ponts de Novare, Vigevano et Pavie étant entre les mai$$ des Autrichiens et fortement retranchés, nous les tourndm^ par Turbigo. Les Français passèrent les premiers et devaieli masquer notre mouvement. On eut à Magenta et Buffé lora la bataille d'avant-hier qui est tout à fait le pendant de celle de Palestro,.,
On croit que les pertes dans la bataille d'avant-hier ûM
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n'irons plus désormais aussi vite et que les longues marché que nous avons faites deviendront plus calmes et raisaih nables.
Nos divisions ont dépassé Brescia ce fnatin. Elles ont toth jours marché à côté des colonnes de Pennemi sur des ch mins parallèles. L'ennemi qui s'était concentré à Mo chiari lia pas attendu les alliés et s'est mis en retraite surk Mincio^dès que nos avant-postes se sont trouvés enprésenu des siens. Avant-hier^ et hier, il a disparu. Son arrière' garde, attaquée avant-hierparundétachementde Garih l'a mitraillé et les volontaires ont souffert un peu : ils avaieÉ^ été trop téméraires ; mais Cialdini est arrivé à temps les dégager sans combattre.
Cest du Minci o que vous entendrez de nouveau lei grandes nouvelles, . .
Brescia, 19 juin... Nous voici encore à Brescia. Tig quand nous quitterons la ville et quand j'échangerai chambre délicieuse d'aujourd^hui contre un bivouac pm être. J>e ma fenêtre j'aperçois un jardin^ un jet (feaUy fleurs. Si j'en sors^ les rues sont pavoisées et un draptt^ aux couleurs italiennes flotte à chaque fenêtre. Tout monde est empressé pour nous être agréable et les darM nous font^ de leurs balcons, un sourire et une légère riti^^ rence.
Brescia, 21 juin... Nous quittons Brescia pour avance sur le Mincio, lennoni agant hier abandonné ses forU positions de Montichiari, Castiglione, Lonato et Volta. i gagne un pari contre mes collègues, qui presque tous so9 tenaient que nous aurions îtne bataille de Castiglione. Ib stratégie ne l'admettait pas, et elle ne s'est point troi0 pée.
L'Empereur (f Autriche est avec son armée. On dit qui en a pris le commandement...
Il est cinq heures du matin. Nos chevaux sont prêts di la cour du palais Navotti, que nous habitons. Nous ati dons le roi pour jnonter à cheval et je sors à chaque «tff
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Voîfs avez utilement et héroïquement versé votre sangr pour la patrie^ et la patrie reconnaissante et pleine despérance vous bénit, — Varmée vous admire — et votrr roi vous salue.
Dormez en paixy alliés généreux qui nous avez tendu une main fraternelle. Le souvenir de votre œuvre se perpétuera dans l'histoire des générations y vivra dans nos^ cœurs reconnaissants et dans ceux de nos fils et marquera, pour les nations du monde^ le point de départ dune ère nouvelle, dune ère de liberté.
Ennemis dun jour, valeureux adversaires, votre sacrifice a été glorieux pour votre pays. La victoire ne vous est pas restée parce que la main de Dieu et l'esprit des tempt nouveaux étaient contre vous. Mais ne déplorez pas la perte de cette bataille, puisqu'elle a éteint dans les cœurt les haines de race. Réjouissez-vous, puisqu'aujourd'hui rofi camarades nous serrent la main et marchent de concert avec nous dans la voie désormais commune de la civilisation et de la justice. »
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des troupes au cours d'une opération aussi rude que délicate, où, afin d arriver à un résultat qui leur était indiffé^ rent, mais dont Timporlance était capitale pour la Sicile, elles eurent h endurer des privations et des souffrances bien plus grandes que celles qu'elles durent imposer aux populations.
« Quand j'arrivai à Païenne^ dira plus tard le général Govone à la Chambre, les meilleurs citoyens vinrent me féliciter.
Mais ces compliments ne s' adressaient pas à moi ; je pulsen parler avec orgueil ^ ils s'adressaient aux troupes q non remn^ ciait ainsi de ce qu elles venaient de faire pour le salut et la prospérité de la Sicile * . »
Les derniers épisodes de cette campagne de pacification et d'assainissement se déroulaient encore lorsque le général Govone fut mis en demeure de justifier son œuvre devant le Parlement, de rendre compte de l'énergie qu'il avait déployée, des splendides résultats qu'il avait obtenus. Repoussant loin de lui les tentatives faites par d'autres personnes afin do pallier les mesures qu'il avait prises, il déclara fièrement qu'il avait dû recourir à des moyens exceptionnels, dont l'application avait été rendue^ indispensable par une situation elle-môme toute exceptionnelle, et il conclut en disant ':
Afessieitrs^ si la Chambre devait fuejuger^ je ne demanderais pas c/rdce^ mais je réclamerais la faveur d^étrt mis en jugeme?i/. Si la Chambre considérait uniquement les 77îesures que j'ai prises, sans tenir compte des cif^ constances eseptionnclles qui ont rendu ces ynesures indis^