Marque inscrite dans nn cercle
de Panofka sur les antiques du comte de Pourtalès que cette bande a fait partie de la collection Pourtalès, et est, par suite, entrée au Musée du Louvre en 1865 avec les autres antiques acquis à cette vente.
c Le Catalogue de Dubois la décrit ainsi : N^ 568. Une plaque très mince et ornée d'une suite de figures exécutées au repoussé. On remarque dans cette frise, qui se répète trois fois, quatre femmes marchant au-devant de cinq hommes, dont le premier, qui est barbu, porte une massue, et le qua* trième conduit deux chevaux. Cette ceinture militaire est d'une haute antiquité. Trouvée à Bomarzo.
« H est intéressant de retrouver ainsi la provenance de la bande conservée au Louvre; d'autant plus qu'une bande absolument semblable, et provenant de la même trouvaille, est conservée au Musée Grégorien du Vatican. Le Museo Gregoriano la reproduit (pi. LXXXVI) avec d'autres bandes ayant décoré le même objet.
c L'Institut archéologique allemand a depuis fait reproduire dans ses Antike Denkmâler (I, pi. XXI) les plaques de bronze du Musée Grégorien, d'après lesquelles M. Dûmmler a cru pouvoir reconstituer l'objet décoré sous la forme d'un panneau presque carré de 0^417 de haut sur 0'"438 de laige, ou d'une ciste ronde de 0<°138 de diamètre, où plusieurs bandes reproduisant le môme motif auraient été superposées.
c U va de soi que l'existence des fragments du Louvre, inconnus de M. Dûmmler, réduit à néant ces hypothèses. Un des fragments du Louvre, de plus, montre une répétition de la fin du cortège des femmes, alors que l'on s'attendrait à trouver le début de la scène suivante, sans doute parce que la longueur de la surface à décorer ne comportait plus une scène complète. Tout argument disparaît par suite pour admettre que les bandes de même sujet aient été superposées, puisque les morceaux n'en sont pas tous identiques et égaux; il est beaucoup plus vraisemblable qu'elles étaient disposées bout à bout, sans d'ailleurs que nous puissions rien conclure sur leur longueur totale.
« L'opinion, ajoute M. Dûmmler, d'après laquelle ces bandes seraient de travail étrusque, ne peut me sembler bien
fondée, et tel est aussi Tavis de M. Maiiha, qui, dans son Art étrusque (p. 512), écrit f qu'elles semblent bien être c d'origine péloponnésienne à en jnger par la nature des c sujets et le style des reliefis. • Il se pourrait pourtant que le sujet fût d'inspiration grecque sans que le travail cessât pour cela d'être indigène. Mais il fondrait, pour entrer dans le fond de cette discussion, sur laquelle M. Dûmmler annonçait devoir revenir ailleurs plus longuement, trop de développements; l'important était de signaler aux archéologues des fragments jusqu'ici ignorés. •
M. GoUignon incline à reconnaître dans ces bandes en bronze des œuvres de travail étrusque. U les rapproche des bandeaux en bronze et des plaques ajourées de style grec trouvées à Olympie et constate des différences de style assez notables pour que l'origine étrusque des bandes de Bomarzo paraisse très vraisemblable.
M. Martha confirme les conclusions de M. Michon en ce qui concerne l'origine probable de ces plaques repoussées. Elles sont très vraisemblablement de provenance hellénique. Quant à essayer de préciser à quel usage elles étaient destinées, c'est là une question qu'il parait difficile de résoudre.
M. Babelon, membre résidant, présente deux planches de monnaies reproduisant des pièces récemment acquises par le Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale.
Séance du 18 Mai.
Présidence de M. le comte de Lastetrie, président.
Ouvrages off'erts :
Annuaire de la Société françaite de numismatique^ janvieravril. Paris, 1892, in-8*.
Annuaire-Bulletin de la Société de VMstoire de France. Paris, 1891, in-8-,
Atti délia R, Accademia dei Lincei^ 4* série. Classe di scienze morali storiche e fUologiche^ t. IX. Notifie degli scamy déc.
1891. Indice topogra^ per Tanno 1891. Rome, 189M892, m-4*.
BMUetin de la Société archéologique dEuTe-eUÎAnr, n* 198, avril 1892. Chartres, 1892, iû-8^
— critiqyLe^ 13« année, n<> 10. Paris, 1892, in-8*. Mémoires de la Société éPhistoire et darchéologie de Beamne^
1890. Beaune, 1891, in-S^.
---de la Société édMenne^ nonv. série, t XIX. Autan, 1891,
in-8».
Weetdeuische Zeitschrift f&r Geschiehte und Kunst^ XI* année,
livr. 1. Trêves, 1892, in-8<>.
Beaitvois (£.). Recherches archéologiques dans VÎU de Bom^
holm^ par E. Vadel ; traduction.
— Un paviUon scandinaoe du temps de Funion des tiers états septentrionaux^ conservé dans V église de la Vierge à Lubecky par M. Peterson ; traduction. Copenhague, 1885, in-8».
— Deux sources de ^histoire des Quetxalovalt. Louvain, 1886, in-8».
— - Les colliers de pierre trouvés à Puerto^Rico et en Ecosse. Paris, 1886, in-8».
— Pendeloques analogues trouvées en Europe et au Mexique. Paris, 1886, in-8*.
— A la mémoire du vice-président de la Société royale des Antiquaires du Nordj J.-J.-A, WorsaaSy par le D' S. MuUer; traduction. Copenhague, 1886, in-8^.
— Coup tTaU sur Vhistoire de la monnaie en Danemark^ de 1241 à 1377, par P. Hauberg; traduction. Copenhague, 1886, in-8*.
^ Les trois Chamilly pendant et après la guerre de dévastation, 1667-1671. Beaune, 1886, in«-8».
— La légende de saént Colomba chez les Mexicains du moyen âge. Louvain, 1887, in-8*.
— Sépultures dhommes et de femmes de Vâge de bronse, par Kr. Baherson. Copenhague, 1888, in-8*.
— Les longues ne/s de l'ancienne marine septentrionale, par N.-E. Taxen. Copenhague, 1888, in-8*.
— Trouvailles danoises d ex-voto de Page de pierre et de bronze, par le D' S. MuUer. Copenhague, 1888, in-8».
•— MimÊJturu reprùeiUant la hataUh de Bomkavedj 1227, par W. Hallerup. Copenhague, 1890, in-S®.
— Les objets de n^Arite et de fadéite en Europe^ par Kr. Baherson. Copenhague, 1890, in-8*.
— - Instruments tranckants de Vcmden âge de pierre ; détervù^ nations woloffiques et archéologiques^ par S. Muller. Copenhague, 1890, in-8*.
— Les voyages transcUlantiqties du Zeno, Louvain, 1890, in-8*.
— Petites études sur le dernier âge de Jet de Norvège^ par le D' Undset. Copenhague, 1891, in-8«.
-— Trouvaille de Maglekoi^ par Wilheim Boye. Copenhague,
1891, in-8-.
•— La Tula primitive. Louvain, 1891, in-8<>.
— Coup d^eril sur Vhistoire littéraire et artistique du Dane^ mark. Paris, 1891, in-8*.
— - Migration éP Europe en Amérique pendant le moyen âge;
les Grels. Dijon, 1891, in-8*.
CoLLiONON (Maxime). Histoire de la sculpture grecque^ 1. 1.
Paris, 1892, in-4«.
Lombard - DuuAS et Rousset (L.). Note sur une s^^ture
mégalithique, avec représentation dlune figure humaine^
découverte dans la commune de Cailorgues, près Usés (Gard).
Nîmes, 1887, in-8«.
Metbr (Paul). L'histoire de Guillaume le Maréchal^ 1. 1. Paris,
MoRANViLLÉ (H.). Chronographia regum Franeorum, Paris,
1891, in-8«.
RuBLE (Alphonse de). Histoire universdle^ par Agrippa d^Au»
bigné, t. V. Paris, 1891, in-8*.
VooûÉ (marquis de). Mémoires du maréchaX de VUlars^ t. IV.
Paris, 1891, in-8o.
Le Président dépose sur le bureau un mémoire de M. Rousset, associé correspondant national à Uzès, sur quelques figurines de sa collection.
Travaux.
M. Maxe-Werly, associé correspondant national, lit, an nom du colonel G. de la Noê, une note sur une montre solaire trouvée récemment à Hérapel, commune de Gocheren, non loin de Forbach ; ce travail est renvoyé à la Commission des impressions.
M. Gaidoz, membre résidant, émet l'opinion que le Pharaon représenté sur la patère phénicienne trouvée en 1870 à Palestrine n'est autre que Ramsès II, et, à Tappui, il développe les arguments qu'il a publiés dans de récents articles, sous le titre : Le Chevalier au lion, dans les tomes Y et VI de la revue Mélusine,
Séance du 35 Mai.
Présidence de M. l'abbé Duchesne, l*' vice-président.
Ouvrages offerts :
BtdUHM de la Société archéologique et historique as FOrléanaia, t. X, n* 146. Orléans, 1891, in-8*.
— de la Société de» Antiquaires de VOuest^ i^ trimestre
AuBÂs (Aug.). Dimensions verticales de la façade des arènes
de Nîmes. Nîmes, 1892, in-8<».
DoBSEY (James Owen). The cegxha language, Washington,
1890, in-4<».
DuRBiEU (Paul). Notes sur quelques manuscrits français ou
d'origine française conservés dans les bibliothèques â^Alle»
magne, Paris, 1892, in-8o.
GivELET (Gh.), Jadart (H.) et Deicaison (L.). Répertoire
archéologique de V arrondissement de Reims^ canton d'Ay^
9* fasc. Reims, 1892, in-8*.
GiTTENCOURT (R. de). L'Hiver^ statuette en bois. In-4o.
— Les gravures du bréviaire d'Amiens. Amiens, 1889, in-8<^.
— Notes sur le château de MaiUff'Raineval. Amiens, 1891, in-8».
M. Lecoy de la Marche, membre résidant, commence la lecture d'un mémoire sur l'interrogatoire d'un enlumineur, par Tristan l'Hermite.
M. de Yillenoisy, associé correspondant national, fait remarquer que parmi les gonds de portes des palais de Groudéa, retrouvés par M. de Barzec, il en existait en fer et en cuivre.
M. Gourajod, membre résidant, présente de nombreuses photographies représentant un astre à six rais, où il voit un emprunt de l'art mérovingien à l'art syrien.
M. Gaidoz, membre résidant, sans contester l'influence des reliquaires d'origine orientale, et plus particulièrement juive, sur la forme et l'ornementation des reliquaires de la Gaule chrétienne, émet l'opinion que les types de la rosace et de la roue à six rais existaient déjà en Occident avant l'introduction du christianisme, et qu'ils se rencontrent notamment sur des monuments funéraires païens de la Gaule et de la Grande-Bretagne. Cette circonstance ne pouvait du reste que favoriser la difiPusion et le mode de ces types d'ornementation, que, de môme que M. Gourajod, M. Gaidoz regarde comme étant d'origine orientale.
Séance du 1^' Juin.
Présidence de M. le comte de Lastetrie, président.
Ouvrages offerts :
Aarhoger for nordisk oldkjfndighed og historié udgiMnê of det Kongelige nordiske oUUkrift selskab^ 1891, 4« livr.; 1892, l" et 2* hvr. Copenhague, in-8*.
Atti deUa reale Accademia deUe scienxe di ToritiOy t. XXVII, fasc. 7 et 8. Turin, 1892, in-8*^.
BMOêti» de la Diana, t. VI, n» 5. Montbrison, 1892, in-8«. — de la SocUté industrielle de Mvlhouee, avril-mai. Mulhouse,
1892, in-8-.
BuUettino di archeologia cristioMa del commendatore G.-6. de
Rossi, 5* série. Rome, 1891, in-8*.
Mémoireâ de V Académie de Vauclutey t. XI, {•' trim. Avignon,
1892, in-8-.
Revue de ïart chrétieny 5« série, t. UI, Uvr. 3. Lille, 1892,
in-4o.
ÂUDOLLEHT (Aug.). Suv un ffToupe d^vucr^tione de Pomaria
(Tlemeen), Rome, 1892, in-8*.
BouiLLET (l'abbé) et Réonibr (L.)« Œuvres diari des églises
du caïUon de Beaumesml, Ëvrenx, 1892, in-8*. Gartoh (le D'). Essai de topographie archéologique de la
région de Souk-el'Arha, Paris, 1891, in-8<». Heiss (Aloys). Étude sur la démence de la reine Jeanne de
CastiUe, Paris, 1892, in-S».
Ruelle (CSh.-Ém.). Collection des auteurs grecs rdaiifs à la
musique y IV, Problèmes musicaux dAristole, Paris, 1891,
in-8\
M. Prou, membre résidant, offre à la Société, au nom de M. AudoUent, associé correspondant national, un mémoire intitulé : Sur un groupe d^inscriptions de Pomaria {Tlemcen), en Maurétanie césarienne, et où Fauteur établit la persistance de la formule Dis manibus sacrum dans l'épigraphie de Pomaria à l'époque chrétienne.
Correspondance,
MM. Ghampoiseau, ministre plénipotentiaire, présenté par MM. de Barthélémy et Héron de Yillefosse, et Louis Marcel, présenté par MM. l'abbé Duchesne et Babelon, écrivent pour poser leurs candidatures au titre d'associé correspondant national. Le Président désigne MM. Gollignon, Martha et Le Blant pour former la Commission chargée de présenter un rapport sur les titres du premier ; et, pour le second, MM. Omont, Durrieu et Prou.
Travaux.
Le Président annonce la mort de M. Ghassaing, associé correspondant national au Puy, et se fait l'interprète des regrets de la Compagnie.
Au nom des commissions nommées à cet effet, MM. Babeion, Dnrrieu et Héron de Yillefosse lisent des rapports sur les candidatures de MM. Samuel Berger, l'abbé Beurlier et le colonel G. de la Noê aux places de membre résidant laissées vacantes par la promotion de MM. Bertrand et Wescher à l'bonorariat. On passe au scrutin, et MM. Berger et de la Noê, ayant obtenu le nombre de suffrages exigé par le règlement, sont proclamés membres résidants de la Société.
M. Deloche, membre honoraire, envoie une note sur un peigne de l'époque barbare trouvé près de Thivars (Eure-et- Loir) :
a Dans sa séance du 16 décembre 1891 , la Société archéologique d'Eure-et-Loir a reçu d'intéressantes communications touchant le résultat des fouilles opérées sur l'emplacement d'une ancienne villa, près de Thivars, chef-lieu de commune du canton de CShartres.
a Parmi les objets qui y ont été recueillis, on a signalé un peigne, dont la poignée représente un fronton : dans ce triangle, dont les trois côtés sont ornés d'un cordon de cercles concentriques, ont été gravés à la pointe, d'une main inhabile, deux chrismes et un monogramme : à droite (pour le lecteur) de la rangée des dents du peigne, une partie d'un troisième chrisme, l'autre partie ayant disparu par suite d'une cassure ; à gauche, un deuxième monogramme, répétition de celui de la poignée, mais avec une différence importante sur laquelle nous insisterons plus loin.
« M. Merlet a cru trouver dans les monogrammes le nom d'ÂVRYS, qui pourrait bien être, dit-il, celui du propriétaire de la villa ruinée; et notre distingué correspondant ajoute : c Ne serait-ce pas ce personnage qui aurait donné
« son nom à la butte de Montaury (Mons ^uri)^ qui est à c proximité des vestiges de murs déjà découyerts ? Gela n'au* « rait rien d'inadmissible, puisqu'on sait que les propriétaires c de villas leur donnaient leurs noms. »
< Notre savant confrère M. A. de Barthélémy m'ayant communiqué la livraison du Bulletin de ladite Société, qui contient, avec les observations de M. Merlet, la reproduction du peigne en question*, j'on ai fait, à mon tour, un examen attentif.
« Le monogramme gravé sur la poignée comprend, en partant de la gauche du lecteur : 1* un P, dont la boucle est attachée à la partie intérieure du premier jambage du A ; 2* un A ; 3* un V placé dans Tangle du A ; 4<» au-dessous, un 8 couché. La lettre R est absente : la leçon AVRV8, proposée par M. Merlet, est donc absolument inadmissible. On ne trouve, dans notre monogramme, que les éléments d'un mot tel que PAYYS (Pavus) avec Y redoublé; mais je ne connais pas d'exemple de ce vocable 3.
c Le deuxième monogramme, gravé à gauche (pour le lecteur) des dents du peigne et où l'on a visiblement voulu répéter le premier, nous fournit heureusement une variante qui doit conduire à une explication plus satisfaisante.
« De môme que dans le premier monogramme, il y a un P, un A, un Y et un S couché ; mais il y a en outre, et nettement tracé, un L formé par un long trait oblique gravé au bas du deuxième jambage du A; ce qui donne, au lieu de PAYY8, le vocable PAYLY8, qui se rencontre si fréquemment dans les inscriptions chrétiennes du haut moyen âge.
< C'est probablement aussi ce nom qu'on a eu l'intention d'exprimer par le premier monogramme, et qui l'a été d'une manière défectueuse par une inadvertance de l'artisan, si toutefois la reproduction n'en a pas été faite d'une manière incomplète dans le Bulletin de la Société d'Eure-et-Loir.