‹ Mémoires. 4Chapitre 105 sur 133 · T. vin, n* 198, p · texte numérisé non relu

T. vin, n* 198, p

2. Le nom de saiat Pavin, abbé au Haas, mort en 580, où l'on serait tenté de voir tout d'abord un diminatif de Pavus, est en latin Paduinw (voir MabiUon, Àeta SS. ord. S, Ben,, t. I, p. 271).

— IftO —

€ Quoi qa'il en soit, par la forme des caractÂres des inscriptions, par la décoration de la poignée et pins particulièrement par le cordon de cercles concentriques qai en borde les trois côtés, ie peigne de Thivars appartient, croyons-nous, à l'époque barbare, et il nous a paru digne d'être signalé à l'attention des archéologues. »

M. Mûntz, membre résidant, fût une communication sur le tombeau de Clément EL, conservé à la cathédrale de Bamberg, où ce pape fut évoque. Il pense que ce monument doit dater de la fin du xm* siècle ou du commencement du jn;

M. Gourajod, membre résidant, adopte cette date et démontre que la matière des sculptures, marbre ou pierre, ne peut donner une indication sur Torigine du monument ; il insiste sur l'influence antique qui se révèle dans les statues de Bamberg.

Séance du 8 Juin.

Présidence de M. Tabbé Dughbsne, l*' vice-président.

Ouvrages offerts :

AnaUeta BoUandiana^ t. XVI, fasc. 3. Bruxelles, 1892, in-8*. Bulletin critique, i3« année, n« il. Paris, 1892, in-8«. — de r Académie dHippone, 1888-1890. Bone, 1891, in-8^ — - <2e 2a Société des sciencee historiques et luUurelles de F Yonne.

Auxerre, 1892, in-8-.

BuUettino di archeologia e storia Dalmata, 15* année, n* 4.

Spalatro, 1892, in-8*.

Bendi conti deUa reale Aceademiadei Lineei, Classe disciente

moroZt, stoHehe et fiîologiche, 5* série, 1. 1, fasc. 3. Rome,

1892, in-8».

Marcel (Fabbé L.) . Les livres liturgiques du diocèse de Langres .

Paris, 1892, iaS^.

MoREL (Léon). Description de deux sépultures iny^ortioUes du

cimetière franc de Brehan. Vitry-le-François, 1892, in-8*.

Travaux,

M. Lecoy de la Marche, membre résidant, continue la lecture de son mémoire sur l'Interrogatoire de Jean Gillemer, enlumineur, par Tristan L'Hermite.

Interrogé sur les papiers qu'il portait sur lui, Jean Gillemer fit des réponses qui fournissent des renseignements intéressants sur la vie des enlumineurs et sur différentes superstitions ou recettes magiques recueillies par l'artiste dans ses voyages.

M. Gagnât, membre résidant, communique deux inscriptions récemment découvertes en Bourgogne.

L'une provient du village d'Étaules; on y lit une épitaphe païenne ainsi conçue :

PAVLLIANI VLMAE RIL

Le nom du père du défunt était sans doute Palma^ qui est connu d'ailleurs.

L'autre inscription est chrétienne et conserve la formule païenne Dm mombuê^ signalée déjà sur des marbres chrétiens ^ Elle est encastrée dans un mur de la chapelle Saint-Jean-Baptiste, à Saint^Benigne de Dijon, dont la construction est attribuée au vi« siècle.

DHIG lAGET TVRPERICVS MONAG' DO ET HOMI- NIB' AMABILI8 OBnT^m NON IVLH IN 8ENEG- TVTE BONA VIVAT DO ll|

Dits ManHnu, Hic jacet Turperieus monaehus Deo et Aomtmbus omaMliê; ohiit {ante diem) tertium nona» jtUU in senectuie hana, VûxU (tu) Deo.

Le nom Turperieus parait tout à fait nouveau; il contient l'élément Turp^ lequel a formé le nom Turpinus, qui, lui, n'est pas inconnu.

1. E. Le Blant, Jfucriptions chrétiennes de la GaïUe, p. 489 et ss.

M. Barrière-Flavy, associé correspondant national, communique à la Société une série de dessins d'objets mérovingiens.

M. le baron de Baye, membre résidant, insiste sur l'intérêt des dessins présentés par M. Barrière-Flavy. Il remarque qu*il avait, dans ses travaux, fait pressentir l'existence d'un groupe d'antiquités barbares dans le sud et l'ouest de la France. Jusqu'à ce jour, ce groupe était inconnu. Les rares et anciennes publications, sur des découvertes isolées et disséminées, constituaient des documents dénués de signiGcation. Notre nouvel associé correspondant a comblé un vide regrettable et inauguré des recherches devenues nécessaires en parcourant les musées et visitant les collections particulières de cette région, qui correspond au pays occupé par les Wisigoths. Les dessins excellents qu'il a exécutés forment une série importante qu'il y aurait grand avantage à publier. Ce travail constituerait en quelque sorte l'introduction à la connaissance des antiquités attribuables aux Wisigoths.

c Que résulte-t-il de l'examen sommaire des figures qui viennent de nous être soumises? Nous distinguons trois catégories d'objets :

« La première catégorie comprend des antiquités entièrement analogues à ce que nous connaissons, comme caractéristique, des milieux franks et burgondes. Ce sont des grains de colliers, certaines boucles de ceinture en bronze et en fer, des fibules digitées, des épingles styliformes, etc.

c Cette ressemblance, que nous avons déjà observée à Herpès (Charente), s'applique à des produits de localités bien plus méridionales. Nous pouvons en déduire que le style dit mérovingien s'étendait au pays des Burgondes et des Wisigoths.

« La seconde catégorie comprend des objets qui se distinguent des précédents et qui, peut-être un jour, serviront à nuancer l'industrie barbare dans l'Ouest et le Midi. Par exemple, les boucles et les plaques ornées d'émaux. Ici doivent être citées ces grandes plaques décorées de rosaces, d'entrelacs réguliers et de poissons.

c La troisième catégorie comprend des objets bien parti-

culiers. D'abord certaines grandes boucles avec ornements empruntés à l'art végétal, ornements qui ne se retrouvent généralement pas sur les objets d'art franks et burgondes. Devons-nous considérer ces boucles comme contemporaines des autres boucles dont les dessins viennent de nous être communiqués? Nous devons attendre avant de nous prononcer. Ensuite nous devons attirer l'attention sur deux fibules qui n'appartiennent assurément ni à l'industrie franke ni à l'industrie burgonde et encore moins à Tindustrie wisigotbe, mais dont l'origine anglo-saxonne est bien certaine. Nous ne devons pas être trop surpris de constater la présence de ces objets dans le Midi, puisque déjà le cimetière de Herpès, fouillé par M. Delamain, lui a donné plusieurs bijoux anglo-saxons.

c M. Barrière-Flavy nous faisait remarquer l'absence d'objets de l'époque barbare dans le centre de la France. Il serait peut-être plus exact de dire qu'ils n'ont pas encore été, dans cette région, l'objet de recherches et d'études. Je signalerai cependant, dans le volume de l'année 1891 des Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, plusieurs notices de MM. de Kersers, de Marguerye et de la Guère, sur des sépultures mérovingiennes découvertes dans le Berri. 11 y a lieu de supposer que ces trouvailles, pour être les premières, ne seront pas les seules. »

M. Pilloy, associé correspondant national, donne des détails sur les découvertes faites dans trois sépultures du département de l'Aisne.

M. Cîourajod, membre résidant, fait remarquer à cette occasion que, par suite de découvertes récentes d'une quantité de tombeaux mérovingiens, l'histoire de la formation de la France, tant au point de vue moral et artistique que géographique, est actuellement à refaire. Il croit pouvoir affirmer qu'au point de vue artistique les styles romans ont leur source à peu près unique dans les arts barbares orientaux et byzantins et que l'influence latine ne s'y retrouve presque pas.

MM. Durrieu et Geymuller croient au contraire que

llofluence latine s'est encore fait sentir à l'époque romane concurremment avec l'influence barbare et orientale.

M. Gourajod, reprenant sa thèse avec plus de précision, la résume ainsi. Les Barbares, en arrivant par l'Orient, ne voulurent recevoir aucune empreinte de la civilisation latine. Ils se firent chrétiens et, comme tels, eurent horreur de ce que leur apportaient les Latins, qui, pour eux, personnifiaient le paganisme. Par ce fait de répulsion pour l'antiquité latine, Part qui se créa en France eut des origines diverses à l'exclusion de celles de l'Italie.

M. l'abbé Duchesne et M. de Lasteyrie combattent cette théorie. M. de Lasteyrie fait observer que, si jusqu'à présent on n'a pas, dans l'étude de l'art du moyen âge, fait une place suffisante aux origines barbares et orientales, il ne faut pas pour cela réduire à rien l'influence de l'antiquité classique, dont les arts du moyen &ge, comme la langue française, dérivent incontestablement.

Séance du 1 5 Juin.

Présidence de M. le comte de Lastbtrib, président.

Ouvrages offerts :

Mémoires de la Société liitérairej histongue et archéologique

de Lyon, 1886-1890. Lyon, 1891, in-8*.

Miitheilungen der anthropologischen GeeeUschaft in Wien,

t. XXIX, livr. 1-2. Vienne, 1892, in-4». Bbrtrand (Alex.). Funérailles de M, Alfred Maury, In-4*. GuMONT (Georges). Pièces du commencement du monnayage

mérovingien trouvées en Belgique, Bruxelles, 1891, in-8o. — Un jeton d'or inédit de Pierre d'Enghien, seigneur de KeS'

tergat. Bruxelles, 1892, in-8o.

J AD ART (Henri). Sceaux y emblèmes et devises des Sociétés

savantes de France^ en relation avec V Académie de Reiau,

Reims, 1892, in-8o.

MiGHON (Etienne). La collection d^ ampoules à eulogies du

Musée du Louvre. Rome, 1892, in-8o.

Naïf (A.). Notes tur Us JouitUs pratiquées dans le chœur de Véglise de GraoUU'Saiînle'Hanorine. Paris, 1890, in-8'.

— Notes descriptives et historiques sur la ville de la Tour-de» Peits, Lausanne, 1892, in-8*.

Taillebois (Emile). Deux objets d^art ibérieiu. Gaen, 1892, in-8\

Correspondance.

M. Naif, présenté par MM. Omont et de Baye, écrit pour poser sa candidature au titre d'associé correspondant national. Le Président désigne MM. Guillaume, Corroyer et Berger pour former la commission chargée de présenter un rapport sur les titres scientifiques du candidat.

Travaux.

M. Samuel Berger, membre résidant, fait la communication suivante :

« Je désire consulter nos confrères sur l'origine du célèbre Pentateuque à peintures de la collection Âshburnham, dérobé à Tours par Libri, et qui, rendu à la France grâce au patriotisme de M. Delisle, porte aujourd'hui le n* 2334 au fonds des Nouvelles Acquisitions latines de la Bibliothèque nationale ^ Les éditeurs du recueil de la Paleogn^hical Society ont supposé que ce volume avait été copié dans le nord de l'Italie.

« Notre manuscrit est, à tous égards, en dehors de toutes les traditions connues. L'art étrange qui s'y révèle nous parait, au premier abord, sans analogues. Cîomme le dit un maître, M. 8pringer, il y a là plus qu'un art indifférent, une civilisation à part, dans laquelle les éléments germaniques

1. Voyez la grande publication de M. O. de Gebhardt : The miniatures of the Ashburnham Pentateuch, Londres, 1883, in-fol. ; Palaeographical Society, pi. GCGXXXIV et CGCXXXV; Delisle, Notices et Extraits, t. XXXI, i, p. 166, et Catalogue des manuscriit des fonds Libri et Barrois, p. 1 et pi. IV, 1-3; A. Sprinaer, Die genesisbilder, Abhandlungen de rAcadémie de Leipzig, PhU. hist. CL, t. IX, 1884, p. 665.

semblent se combiner avec le fond des mœurs romaines*. Pour en chercher la patrie, il nous est possible de procéder par élimination. A Tépoque où nous sommes, c'est-à-dire au vn« siècle ou au commencement du vm*, la (rermanie et l'Alémanie ne comptent pas, TAfrique chrétienne est morte, l'Irlande et TAnglo-Saxonie suivent de tout autres traditions, ritalie demande ses modèles à la Grèce, et la Gaule mérovingienne cultive un art plus grossier, mais dont l'inspiration est, au fond, romaine. Un seul pays ne nous a rien appris de ses origines artistiques, c'est l'Espagne wisigothe, avec ses dépendances dans la France méridionale. Mais nous possédons de fort beaux monuments de Tart wisigotb, plus récents, il est vrai, de plusieurs siècles. Or, nous retrouvons, dans les bibles de San-Isidro de Léon et dans l'Apocalypse de Beatus (manuscrit de Saint-Sever-Cap-de-Gascogne), ces fonds à teintes plates, ces grands corps nus de géants attribués aux premiers hommes, ces yeux trop grands, ce mélange de raideur et de vie, qui sont les caractères des peintures du Pentateuque de Tours. Ces dix-neuf grandes peintures ont été exécutées dans un pays méridional et qui était en relation avec l'Afrique ; on y voit des figures de nègres, des palmiers avec des régimes de dattes 3, des scorpions'; les chameaux de somme et de course à une seule bosse, qui y sont figurés en plusieurs endroits, sont d'autant plus sûrement pris sur la nature que les selles et les bâts sont imités avec une exactitude parfaite^. Tous ces traits méridionaux

1. P. 730 : Wir lemen eine andere KuUurweli, zugleich eine anderê Kunsttoelt kennen, P. 732 : Wir glauben nicht su irren, wenn wir annehmen, dass die Bandschrift einer Provinz angebôrt. in wêlcher sich germanisehei Blui der antiken Men$chheU sUirk beigemiicM hat.

2. PI. III, fol. 6. Comparez les arbres représentés à la même planche et pi. XIII, fol. 50.

3. PI. Y. fol. 10 T*. On remaninera, à la même planche, des lions très bien faits et des chiens qui resserablent à des chacals.

4. Voyez en particulier pi. X, fol. 30, et comparez pi. VII, fol. 21, et pi. XVI, fol. 65. Les selles de mulets (selles de femme) figurées à la |>1. X, fol. 30, sont particulièrement remarquables par le bâti en bois qui leur sert de dossier et par le crochet qui remplace les arçons. Une de ces selles est marquée d'une croix. Ce détail suffirait, s'il était nécessaire, pour faire exclure la pensée d'une imitation des modèles antiques.

peuvent à peine s'expliquer autrement que par la connaissance de l'Afrique et par le voisinage même de ce pays. Or, bien qu'il ne soit pas prouvé qu'avant 711 l'empire des Wisigoths se soit étendu sur la côte d'Afrique, il est certain que, de toute manière, il n'y a pas loin de la Baltique à la Maurétanie tingitane.

c Dans les rubriques de ces peintures, le bétacisme espagnol est fréquent; on remarque même deux fois uincema pour pincema,

c Passant à la paléographie, nous cherchons dans les recueils de fac-similés les analogues de l'écriture de notre manuscrit. Peu de manuscrits paraissent s'en approcher autant que le plus ancien manuscrit espagnol qui existe, à part un palimpseste récemment découvert à Léon, je parle du Saint- Augustin de FEscuriaH. La plume de notre copiste est plus molle et sa main beaucoup moins ferme, mais les caractères généraux de l'écriture sont les mêmes. Or, voici qui parait décisif. Nous remarquons dans le Pentateuque, au fol. 49 v^, après la Genèse, la note d'un correcteur : Canttdi ut potui. Dans le Saint- Augustin, les corrections sont accompagnées des mêmes formules : Contuli ut potui^ Contuli quantum mihi Dominas opiiulatus est.

a Nous en savons désormais assez pour pouvoir nous demander si le Pentateuque de Tours ne doit pas être mis en tête des documents de l'art espagnol. C'est sur ce point que je désirerais l'avis des membres de la Société des Antiquaires. »

M. Babelon, membre résidant, fait une communication sur les monnaies perses frappées par Memnon le Rhodien en 334, après la bataille du Granique.

Ces monnaies d'argent, qui représentent le roi de Perse en archer mélophore, et dont quelques exemplaires portent les noms nreArOPHS et AH, ont été frappées à Ëphèse par les prytanes éponymes de la ville, sur l'ordre de Memnon, lorsque ce général essayait de reconstituer à Ëphèse les débris de l'armée perse.

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