Ewald et Loewe, Exempta scripturae visigoiieae, pi. L
Séance du 22 Juin.
Présidence de M. Tabbé Dughesnb, !«>' vice-président.
Ouvrages offerts :
BuOeHn critique, 13« année, n« 12. Paris, 1892, in-8«.
^ delà Société scientifique, historique et archéologique de la
Corrhe, t. XIV, 1" livr. Brive, 1892, in-8*. — historique de la Société des Antiquaires de la Morinie, t. IX,
161« livr. Saint-Omer, 1892, in-8v Documents relatifs à Punific^Uion de Vheure, Ottawa, 1891,
in-8-.
Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, 1891,
t. XVm. Bourges, 1892, in-8».
Betme africaine, 36« année, n* 204. Alger, 1892, in-8*. Travaux de VAcadémie nationale de Reims, 1889-1890, t. II.
Reims, 1892, in-8».
PiLLiNO (James Gonstantine). Bibliography of the algonquian
languages. Washington, 1891 , in-8*.
Prou (Maurice). Le monogramme du Christ et la croix sur les
monnaies mérovingiennes, Rome, 1892, in-8*. Tamizby de Larroque (Ph.). Document inédit relatif aux tombeaux, à Souvigny et au château de Moulins, des princes de
Bourbon, Lettre de Noël Cousin à Peiresc. Moulins, 1892,
in-8*.
M. Héron de Villefosse fait hommage à la Compagnie, au nom de M. Tamizey de Larroque, associé correspondant national, d'un travail intitulé : Document inédit relatif aux tombeaux (à Souvigny) et au château {à Moulins) des princes de Bourbon, Moulins, 1892, in-8*.
Ce document est une lettre de Noël Cousin, un des correspondants de Peiresc, datée du 23 septembre 1620 et relative à Tordre de la Geinture-d'Espérance, institué par le duc Louis n. L'emblème de cet ordre, la ceinture d'Espérance, était peint sur le tombeau du duc à Souvigny; la même ceinture se retrouvait dans la décoration du ch&teau de Mou-
lins, où etle était entrelacée avec les écus de France et de Bourbon. M. T. de L. a fait reproduire dans le texte les dessins de Noël Cîousin et, avec sa science habituelle, il a enrichi ce document de notes précieuses.
TravoMx.
M. Héron de Villefosse, membre résidant, au nom de notre associé correspondant M. P. du Ghàtellier, présente la photographie d'une petite statuette en bronze, recueillie à Garhaix en creusant les fondations d'une maison. Cette statuette fait aujourd'hui partie des collections de notre confrère de Kernuz. Elle représente un jeune enfant, ailé, avec de longs cheveux, l'index de la main droite posé sur la bouche, le bras gauche appuyé sur un caducée et soutenant une corne d'abondance. Une draperie, passant sur l'épaule gauche et placée en sautoir sur le haut du corps, couvre une partie de la poitrine.
M. Héron de Yillefosse y reconnaît un Amour panthée et rappelle à ce propos que, dans l'antiquité, on a souvent représenté l'Amour portant les attributs d'une ou de plusieurs divinités, notamment les attributs de Mercure et d'Hercule. Il rapproche de ce petit bronze les deux figures du Musée de Naples publiées dans le Museo Borhonieo (t. XII, pi. 30) et toute la série des Ëros-Harpocrate du Louvre décrite par M. de Longpérier dans la Notice des bronxes antiques (n* 520 et ss.). Ce petit bronze mesure 0°>06 de hauteur; il est muni par derrière d'un anneau de suspension.
L'envoi de M. du Ghàtellier contient aussi le croquis d'une petite statuette en or, de très petites dimensions, trouvée en 1780 à la Boissière en Ploujean (Finistère) et donnée en 1800 par M. de Blois à l'hospice de Morlaix. Gette petite breloque représente une femme debout, entièrement nue, tenant l'index de la main droite sur la bouche, tandis que la main gauche, reportée en arrière, ferme son orifice postérieur. Un anneau de suspension est fixé dans le dos de la statuette.
M. Héron de Yillefosse se demande si la position du bras gauche n'a pas été changée par un accident ou volontaire-
ment. On sait combien l'or est flexible; il fandrait avoir le monument sons les yenz pour se prononcer à ce sujet.
M. Gaidoz n'bésite pas à reconnaître dans cette statuette une représentation d'Angerona, la déesse du silence, bouchant tous les orifices par lesquels elle pourrait émettre un bruit. Cette divinité est formée, par analogie, avec le type d'Harpocrate ; on connaît plusieurs exemples de figurines de ce type féminin avec cette attitude.
M. Héron de Villefosse dépose ensuite sur le bureau, de la part de M. Michel Hardy, conservateur du Musée archéologique de Périgueux, le dessin d*un objet antique en bronze, recueilli en 1891 au milieu des ruines d'une habitation romaine, dans la commune de CSoux, sur les bords de la Dordogne. C'est une pièce d'applique d'un bon travail, qui se termine par un phallus surmonté d'un croissant; elle a dû être fixée primitivement sur un meuble ou sur un harnais.
M. Durrieu, membre résidant, attire Fattention de ses confrères sur un manuscrit du Livre du cceur d^amtmr» conservé à Vienne (Autriche) ; il insiste sur la perfection des miniatures. Ce manuscrit est un des plus beaux de l'école française du XV* siècle ; il est voisin de 1455 et fournit des renseignements précieux sur le roi René et sur les mœurs de son temps. D'après M. Durrieu, l'auteur de ces miniatures pourrait être un peintre attitré du roi René, Barthélémy de Clerc.
M. CoUignon, membre résidant, présente une tête en marbre, de l'ancienne école attique, de la deuxième moitié du VI* siècle, acquise dernièrement par le Musée du Louvre. Le sculpteur n'a traité que la partie de la chevelure destinée à être vue.
M. Charles Ravaisson-Mollien, membre résidant, explique que l'aspect de la tète dont il s'agit, au-dessus du ruban qui limite les boucles du front et les mèches de la nuque, pourrait être dû, non à une négligence de travail, mais à l'intention de représenter, en couleur, une sorte de calotte.
Séance du 99 Juin.
Présidence de M. l'abbé Dughesnb, i*' vice-président.
Ouvrages offerts :
Annual report of the Board of régents of thé Smithsonian im-
tUution, juillet 4890. Washington, 1891, in-8^ Atti deUa R. Accademia dei Linceiy 5« série. Notixie degli
scavi^ janvier et février 1892. Rome, 1892, in-4*. Bulletin de la Société dee Antiquaires de Picardie^ 1891, 4« trimestre. Amiens, 1891, in-8*.
— et Mémoires de la Société archéologique et historique de la
Charente^ 1890-1891, 6* série, t. I. Angoulème, 1892,
Korrespondenxblatl der Westdeutschen Zeitschrift fur ére-
schichte und Kunst^ avril 1892. In-8o.
Reouê des Fy rénées et de la France méridionale j t. IV, 1892,
2*£eisc.
Rendi conti délia reale Accademia dei Lincei, Classe di scienxe
morali^ storiche e filologiche, 5* série, 1. 1, fasc. 4. Rome,
1892, in-8*.
Société archéologique et historique de la Charente. Cimetière
^ Herpès j fouilles et collection Ph. Delamain^ 1890-1891. Baye (baron J. de). Le cimetière toisigothique d^ Herpès {Cha^
rente). Angoulème, 1892, in-4*.
Blanghet (J.-A.). Études de numismatique, Paris, 1891, in-8*. BouiLLBT (Fabbé A.). Monographie de V église de Bevigny
(Meuse). Nancy, 1892, in-8*.
Correspondance.
Le ministre de l'Instruction publique annonce Tordonnancément d'une somme de 500 fr. en faveur de la Société, & titre de souscription à ses publications.
Travaux.
M. Guillaume, trésorier, donne lecture du rapport suivant sur l'état des finances de la Compagnie :
c Messieurs,
c Le compte annuel de votre trésorier arrive en retard pour deux raisons. La première, c'est qu'une vingtaine de nos correspondants ont oublié le paiement de leurs cotisations, non seulement pour 1891, mais quelques-uns aussi pour 1890. Une circulaire a été envoyée; elle a produit un certain résultat, mais je ne puis attendre que ce résultat soit complet.
« La seconde raison, c*est que notre imprimeur ne s*est présenté que le 14 juin courant pour toucher ses factures relatives à l'exercice 1890. Ces factures s'élèvent à 4481 fr. 95 : c'est le chiffre le plus important de nos dépenses.
« L'avoir fixe de la Société est toujours le même. Vous le connaissez : il consiste en vingt-quatre obligations dn chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée et 666 fr. de rente 3 <>/o sur l'État, ce qui constitue un revenu approximatif de 1000 fr.
c Au 1«' janvier 1891, il y avait en caisse, en dehors des valeurs susdites 6414 fr. 93
c Les recettes de l'année ont produit . . . 10348 63
Total. . . . 16 763 fr. 56 « De ce total, il faut déduire les dépenses . 7 447 98
« Il restait donc en caisse au 1*^ janvier dernier 9315 fr. 58
c De cette somme, il faut déduire le montant des factures de Timprimeur pour 1890 ... 4481 95
« Et nous trouvons comme encaisse au l*' janvier 1892 4833 fr. 63
c Les recettes de Tannée ont dépassé les dépenses de 2900 fr. 65, ce qui est dû en grande partie à l'allocation de 2000 fr. qui nous a été accordée par le ministère de linstraction publique, comme encouragement aux Sociétés savantes, et à laquelle vous avez donné une destination spéciale : Rédaction de la table générale des Mémoires et Bulletins de la Société.
c Je dois rappeler le chiffre de rencaisse au l^' janvier 1892 : 4 833 fr. 63, et faire remarquer que, si nous devions
payer à notre imprimeur, pour Tamiée écoulée, un cbiffire égal à celui payé pour 1890, rencaisse serait réduit à 351 fr., et l'obligation s'imposerait de vendre quelipies valeurs, c Notre imprimeur a coûté, en 1886, 3 812 fr.
— en 1887, 4351 fr.
— en 1888, 4735 fr.
c Vous voyez la progression ; elle s'arrête un moment, pour donner, en 1889, 4 344 fr. mais elle reprend, comme nous venons
de le voir, et donne, en 1890, 4 482 fr.
Il y a donc lieu d'appeler de nouveau sur ce fait l'attention de la Commission des impressions.
« Augmenter les dépenses ne serait pas en situation; il faut veiller au contraire à leur diminution et à Taugmentation des recettes. Le meilleur moyen pour augmenter nos recettes me parait être encore le recrutement des associés correspondants; treize départements font encore défaut sur notre liste, ce sont : rAllier, TAude, le Gantai, l'Indre, le Lot, la Manche, les Pyrénées-Orientales, la Haute-Loire, Ut Haute-Saône, la Savoie, la Haute-Savoie, le Tarn-et-Garonne et le Var.
« H serait bon que ce chiffre treize fui diminué. Chacun de nous doit y apporter son effort.
fl Pour finir, il me reste à prier le délégué de la Commission des fonds, qui est ordinairement le Président sortant, de vouloir bien vérifier avec moi, selon Tusage, les écritures, ainsi que les valeurs et les fonds en caisse, pour en faire son rapport à la Société. »
Il est donné acte de ce rapport à M. le Trésorier.
M. Saglio, membre résidant, présente une harpe en ivoire de la fin du xiv« siècle ou du commencement du xv*, offerte récemment au Musée du Louvre par M°^« la marquise Arconati-Visconti.
M. Molinier, en se fondant sur les symboles représentés sur cet objet, pense qu'il a pu être fait pour Philippe le Bon, duc de Bourgogne.
M. Durrieu fait observer que les initiales A. Y., répétées
sur cette harpe, pourraient indiquer que son possesseur fut Antoine de Bourgogne, mort à Azincourt, qui épousa, en 1409, Isabelle de Goriitz.
M. Gourajod, membre résidant, appelle Tattention de la Compagnie sur la crypte de Sainte-Reine, à Flavigny, en Auzois; il communique des photographies de plusieurs parties de cette église souterraine, de ses chapiteaux, et les compare à ceux d'autres monuments.
M. le Président fait observer que M. Gourajod est le premier archéologue qui ait signalé cette crypte.
M. Bouchon, associé correspondant à Laon, envoie la note suivante sur un fragment d'ardoise trouvé à Foigny :
« Des fouilles pratiquées en 1889 sur remplacement de Tancienne abbaye de Foigny (commune de la Bouteille, canton et arrondissement de Vervins, Aisne) amenèrent la découverte d'un très ancien fragment d'ardoise, sur lequel une main assez habile avait tracé à la pointe quelques lignes d'une minuscule cursive encore lisible. Ge curieux objet n'at-il pas été communiqué à la Société des Antiquaires de France? J'inclinerais pour l'affirmative, car c'est M. Mowat, alors président de la Société, qui révéla son existence à plusieurs personnes, entre autres à mon confrère M. Prou; peu de temps après, celui-ci reproduisait en fac-similé, dans la Bibliothèque de l'École des chartes (t. Il, 1890, p. 268-269), le fragment d'ardoise, avec la transcription du texte qu'il avait heureusement déchilSré. M. Prou a cherché à interpréter cette inscription incomplète et obscure : d'après lui, il dut se produire, à la fin du xiii* siècle ou au commencement du xrv*, des désordres dans l'abbaye de Foigny : ces désordres furent suivis d'une répression, au cours de laquelle un des moines inculpés dans l'affaire aurait écrit sur l'ardoise soit une déposition, soit un plaidoyer. Cette hypothèse me paraît entièrement confirmée par la présente note, que j'ai l'honneur de soumettre à mes savants confrères des Antiquaires.
c En feuilletant récemment une copie du cartulaire de Guise qui se trouve aux Archives départementales de T Aisne,
j'ai noté, au folio 7 y, la pièce snivante : « Lectre comment c li bailli de Guise mist gardes en labeie de foisny et comc ment il y mena des hommes dou conte de Blois, a la « requeste de trois abbés envoies à la dicte abeie par leur f concile général de l'ordre de Gystiaus, pour faire aucune « correption de lenrs moingnes, lequel bailli li trei abbé c avoient requis qu'il les gardast de forsse et de violence en « faisant ladicte correption, dont li teneurs est tele. •
c Ce document, que j'analyse ici, prouve que, vers 1311, la situation de l'abbaye de Foigny était assez compromise, puisqu'un concile général de l'ordre de Gîteauz y avait envoyé trois abbés, ceux de Gherlieu, de Troisfontaines et de Longpont^, c pour faire certainne correption de pluseurs personnes, c moines et convers, de le dite eglize de foiny, lequel estoient c contenn en lor commission. » Ces abbés rencontrèrent probablement quelques difficultés dans l'accomplissement de leur mandat, et ils furent obligés de requérir l'assistance du bras séculier; ils prièrent alors Jean Le Boulanger, bailli de la terre de Guise pour le comte de Saint-Pol^, de les aider « à emplir l'ordenance doudit capitre général, tant par le « vertu de le commission deseur dite, comme par le vertu c d'une autre commission qu'ils avoient dou roy qui de chou t faisoit mention, t Jean Le Boulanger arriva incontinent le jour de la Saint-Martin d'hiver (11 novembre) 1311, avec le bailli de la terre d' Avesnes, Jean Daules, plusieurs hommes de la cour de Guise et « grand plenté de gens d'armes, » tout prêt à seconder les abbés réformateurs et pour cela à pénétrer c en moustier, en chappitre, en cloistre ou en autre lieu f publique. » Que se passa-t-il alors? On peut le deviner. Ce formidable appareil militaire impressionna sans doute les moines, et les abbés purent faire tranquillement leur besogne. Quand elle fut terminée, ils jugèrent prudent de se mettre encore sous la sauvegarde du bailli, et c'est ainsi qu'ils t se
1. Gherlieu. abbaye du diocèse de Besancon; Troisfontaines, abbaye du diocèse de GhAlons; Longpont, aboaye du diocèse de Soissons.
2. Guy de ChAtillon, comte de Saint-Pol, seigneur de Guise et d*Avesnes.
« partirent de le dicte église avec nous bailiiu et hommefl c deseur nommés. >
t Ainsi il y eut, en iSii, une sorte de réforme dans l'abbaye de Foigny, à laquelle présidèrent trois abbés de l'ordre. Ceci prouvé, il me parait bien vraisemblable que c'est an milieu des opérations nécessitées par cette réforme qu'un moine emprisonné, et n'ayant pas de parchemin à sa disposition, utilisa une ardoise qu'il avait sous la main pour rédiger une espèce de justification. Quoi qu'il en soit, les dates et les faits concordent absolument : une seule chose pourrait étonner, c'est que l'abbé de Jouy, dont le nom figure sur l'ardoise, n'est pas au nombre des abbés cités dans la pièce de 13ii ; mais il n'est pas difficile d'imaginer qu'un quatrième abbé a été envoyé à Foigny ou que l'abbé de Jouy a remplacé un des trois autres, absent ou empêché par une raison quelconque. »
EXTRAIT DÈS PROCÈS-VERBAUX
Séance du 6 Juillet.
Présidence de M. le comte de Lastetrie, président. Ouvrages offerts :
Bulletin critique, 13« année, i** juillet. Paris, 4892, in-8<>. '^deîa Société hittarique et archéologique du Périgord, t. XIX,
3* livr. Périgueux, 1892, in-8».
Canadian Inetitute; Transactioniy avril iS9î\Annual arekaeo^
logical report, année 1891 ; An appeal to the Canadian In»"
titute on the rectification of the Parliament hy Sandford
Fleming»
Journal des Savants, mai-juin 1892. In-4<». Proceeding of the american philosophical Society hdd at Phi"
ladelphia for promoting usejul knowledge, janvier 1892.
Société d'archéologie de Bordeaux, t. XV, 3« et 4» fasc; t. XYI,
1«' et 2« fasc. Bordeaux, 1891, in-8<>. Gasati (G.)- Noie sur la nécropole étrusque découverte en 1891
à Castiglione del lago, Paris, 1892, in-8®. Laurière (J. de). Mosaïque chrétienne des iles Baléares. Paris,
1891-1892, ia-8û.
MONNBCOVE (M. de). Les artistes artésiens au salon de 1892 et
à Feiposition de la Société nationale des Beaux-Arts, Ârras,
1892, iu-8o.
CorrespoTidance,
Le Président donne lecture : \^ d'une lettre du Président du Gomité d'organisation de l'Exposition de Chicago, invitant la Société des Antiquaires de France à y prendre part; 2<* d'une lettre du Président de la Société des sciences et arts de Rochechouart, demandant l'échange de ses publications avec celles de la Gompagnie.
Travaux,
M. le Président annonce la mort de deux associés correspondants nationaux : M. £. de la Boullaye, conservateur de la bibliothèque et des archives municipales de Ijangres ; M. E. Gastan, conservateur de la bibliothèque de Besançon, et se fait l'interprète des vifs regrets de la Société.
M. Omont, membre résidant, lit, au nom de la commission nommée à cet effet, un rapport sur la candidature de M. l'abbé L. Marcel, professeur au petit séminaire de Langres, au titre d'associé correspondant national. On passe au scrutin, et M. Marcel, ayant obtenu le nombre de suffrages exigé par le règlement, est proclamé associé correspondant national à Langres.
M. Héron de Viilefosse, membre résidant, communique une lettre qui lui a été adressée par M. Hannezo, lieutenant au 4« tirailleurs, à Sousse (Tunisie); elle est relative à une mosaïque découverte à Sousse en 1860, mais qui est aujourd'hui complètement détruite.
dette mosaïque représentait le labyrinthe deCrètey au centre duquel était figuré le Minotaure étendu, tué par Thésée,
Près de la porte du labyrinthe on lisait ces mots : HIG INGLVSVS VITAM PERDIT, et, devant la porte, l'artiste avait représenté le navire qui emportait vers Athènes Thésée et les victimes qu'il venait d'arracher à la mort. Les dimensions de cette mosaïque étaient, en largeur, de b^h6j et, en longueur, de 3™d4 ; elle servait de pavement à l'intérieur d'un tombeau souterrain dans lequel on descendait par un escalier de douze marches. Ce tombeau contenait un beau sarcophage en marbre blanc qui a été envoyé au Musée d'Alger; à droite et à gauche, des niches demi-circulaires renfermaient des sépultures creusées dans le tuf. Ces tombes, fouillées récemment, n'ont fourni aucun objet précieux, aucune lampe, aucune statuette, mais seulement deux briques estampillées. L'emplacement de ce tombeau est à 800 mètres environ à l'ouest des murs de la ville et à gauche de la voie Decauville allant de Sousse à Kairouan.
Une photographie de la mosaïque, exécutée d'après un dessin conservé à Sousse chez M. A. Gandolphe, banquier, et un plan du tombeau, dressé en 1889 par M. le lieutenant Hannezo, accompagnent cette intéressante lettre.
M. Hannezo signale, en outre, diverses antiquités conservées dans la collection de M. Gandolphe et dont il envoie les photographies.
M. HomoUe, membre résidant, présente des reproductions de deux bas-reliefs, étudiés précédemment par M. Boutroue, appartenant au duc de Loulé, à Lisbonne. Ces bas-reliefs, en marbre, représentent des quadriges ; leur authenticité a été contestée par suite de la découverte, au Vatican, d'un dessin où manque le personnage qui est à la tête des chevaux.
M. HomoUe défend leur authenticité en se fondant sur ce fait que tout y est conforme à la tradition du iv* siècle. Néanmoins, on y constate des détails d'imitation, et les personnages qui sont à la tête des chevaux rappellent l'école néoattique. Ces monuments étaient destinés à être encastrés, comme pendants, dans un intérieur, suivant l'usage romain
dn n« siècle; M. HomoUe y voit une reproduction industrielle d'un type ancien, £aite dans Técole attique de Rome. Leur authenticité est établie par des reproductions identiques et antérieures à leur découverte : ce sont des bas -reliefs du Musée du Gapitole, trouvés sur TEsquilin en 4876, et un fragment de la collection Pourtalès, aujourd'hui au British ' Muséum. M. Homolle ajoute que l'opinion qui veut voir dans les sujets de ces bas-reliefs l'ordonnateur des courses d'apobates ne lui parait pas fondée. Pour lui, les personnages montés sur les chars pourraient représenter Hélios et l'Aurore, et ceux qui précèdent les chevaux, les astres qui annoncent le lever du soleil et l'aurore.
M. Pélissier, associé correspondant national, envoie une note relative à une lettre de M. d'Egmont, datée de 4500 :
« Les lettres privées antérieures au xvi* siècle sont, quoique relativement assez nombreuses, dignes cependant d'être recueillies quand elles peuvent illustrer l'histoire des mœurs et des institutions. C'est à ce double titre que le document ci-dessous publié me parait intéressant. G*est une lettre originale, autographe et signée, écrite de Milan le 44 avril 4500, par un des capitaines de l'armée française, M. d'Egmont. Elle est conservée dans le précieux Archivio Gonsaga de Mantoue, sous la cote E, xv, 2 [Franciay Lettere di dwersi, 4379-4559]. En voici le texte :
• Monseigneur, je me recommande fort à vostre bonne c grâce.
c Monseigneur, je vous mercye grandement le beau présent t des deux bracques que m'avez faict et les aymoys bien tant « pour amour de vous, monseigneur, que pour ce qu'ils sont f beaux. La bracque a fait des jeunes, mais le bracq, lequel c je tenois à ma chambre, s'en est cejourd'hui allé ne sçay où, c et l'ay fait crier à son de trompette et chercher par toute c cette ville, et ne se puelt trouver; dont suis fort déplaisant.
« A cette cause, monseigneur, je renvoyé devers vous « priant, monseigneur, me vouloir envoyer un autre bracq ^ qui soit tout tannier, tout noir, ou sinon tout blancq ; tout « tanné i'aimerois-je mieux, et vous mènerez bien grand
c plaisir aussi en me mandant chose en quoi vous pensse « servir.
« A tant, monseigneur, je prie le créateur vous donner c bonne vie et longue.
fl Escript à Mylan ce quatorziesme d'apuril. De celui qui « est prest à vous faire servis,
« ËQMONT.
c (Suscriplion : ) A monseigneur, monseigneur le marquis « de Mantua, à Mantua. •
c De nombreux témoignages attestent le goût prononcé du marquis de Mantoue pour les bêtes rares et les animaux de luxe, et la célébrité de ses collections en ce genre. On connaît aussi son habitude d'offrir, aux princes ou aux grands personnages dont il voulait se concilier l'amitié, des chevaux de prix ou d'autres bétes.
a Cette lettre de M. d'Ëgmont permet d'ajouter à la liste des animaux entretenus dans les parcs de Mantoue les chiens braques, et de les mettre aussi au nombre de ceux que les capitaines français lui demandèrent avec cette insistance sans délicatesse, qui fut un trait caractéristique do Tarmée française en Lombardie.
c Cette lettre fournit en outre un nouvel exemple de Tapplication d'un édit de police en vigueur à Milan et relatif aux objets perdus et aux animaux égarés. Les précieux registres Panigarola fournissent un très petit nombre de documents sur cette matière; il en résulte que l'objet ou l'animal égaré était cri^ publiquement, sur la place du Broleiio et aux principaux carrefours de Milan, par un des trompettes municipaux assermentés ; un délai assez court (une semaine, trois jours, une journée môme quelquefois; était donné à ceux qui pouvaient l'avoir trouvé pour le rapporter ou le signaler; Tobjet ou l'animal devait être dénoncé ou rapporté soit au capitaine de justice soit au propriétaire; une récompense était parfois promise à L'individu qui le rapportait ou signalait, et des peines sévères, parfois la pendaison, étaient édictées contre les détenteurs illégaux. On trouvera, dans mon recueil de Documents pour Vhittoire de la domination française dans le Milanais (1499-1513), p. 245, un édit rendu pour la recherche
d'un cheval perdu de Trivuice, en 4540, qui est publié d'après le registre Panigarola^ G G, 642 y*. J'ai relevé dans le môme registre GG, fol. 845 vo et 829 v^, deux édits analogues, du 42 février et du 4«' mars 4542; le second est relatif à un autre cheval, le premier à une bourse pleine d'or :
« Grida che chiuT^tie aoesse iravato una sacehetta con tri saccheiti insieme coniinenti cerio quantitaHvo di ducati d^oro fiorini del Reno e grossoni stati perduti da Luigi da Porta Romana la deve notificare/ra otto giomi al Rev. frate Ludovico de* Pnmt, predicatore del DtLomOy e de* frati délia pace che gli saranno doncUi dicci ducati d*oro » (GG, fol. 845 v<*).
ff Grida che chiunque avesse trovato o tenesse pressa di se un cavcdU) con cerii determinati segni diproprietà di Francisco di Liscate, milanese, è tenuto notificare entro la giomata al capitano de giustixia » (GG, fol. 829 v»).
« Dans le registre FF, fol. 326, un autre édit est publié au sujet d'un manteau perdu : « Grida per U récupéra d'una cappa di panna stata smarrita da Gabriéle de Vimale nel BrO" Utto » (13 juin 4507).
c Le plus ancien édit de ce genre que les registres Pani* garola aient conservé pour l'époque de la domination française est du 34 juillet 4504 : « Grida per certe perle smarrite onde chi le aoesse trovate abbia a consequarle entro tre giomi a Francisco ViUanova » (Reg. EE, fol. 694 v»).
c La lettre de M. d^Egmont permet encore de constater que, malgré le bouleversement général du duché de Milan en avril 4500, le 44 de ce même mois, quelques jours à peine après la bataille de Novare et la capture de Ludovic Sforza, les règlements de police avaient recommencé, s'ils avaient cessé de l'être, à être minutieusement observés à Milan.
fl II est moins facile d'expliquer comment la grida dont cette lettre fait mention ne s'est pas conservée. Peut-être a-t-elle été insérée dans le registre M, comme la plupart des actes de cette même année 4500 : ce registre est aujourd'hui absent des archives de Milan. Mais peut-être la chancellerie municipale milanaise est-elle responsable seule de la perte de cette grida; c'est, en raison même de sa nature, parmi les actes d'intérêt privé ou relatifs à des questions purement
municipales qu'elle a dû être en effet insérée : c'est dans la catégorie spéciale des registres aujourd'hoi cotés par des lettres doubles FF, GG, etc., qu'elle devrait se retrouver. Il est donc possible que les bureaux du BroUito de Milan aient été un peu effarés an mois d'avril 1500 et qu'on ait purement et simplement omis l'insertion de cette grida. Le manque de l'acte augmente l'intérêt de la lettre qui en a conservé la mention. •
M. de Laigue, associé correspondant national, signale la découverte de deux inscriptions, à Cadix, hors de la Puerta de Tierra, au lieu où sont superposées des nécropoles phénicienne et ibero-romaina.
L'une porte : L*M£MMI
VSRVSTIGV8 HS-ES-T-TL-
L'autre : R?IMVLV8-
M. de Laigue note aussi la découverte d'une urne en verre, enfermée dans une enveloppe en plomb; elle contenait quelques ossements, des boucles d'oreilles en or de forme sphérique et une bague très j^etite dont le chaton, en agate, porte un jeune faune faisant acte d'adoration devant un hermès ityphallique de Pan ; au pied de cet hermôs est une chèvre qui saute.
M. Héron de Villefosse, membre résidant, communique le texte d'une épitaphe romaine provenant des environs de Nimes. Ce texte lui est adressé par M. Alfred de Surville; l'inscription a été découverte à 4 kilomètres du château de Lacoste :
L • N V M E R I PATERNIF L-IVVENTIV8 AED • COL • AVG • NEM VIVSIBIET-8VI8P-
Le nom de famille Juventhu est assez fréquent dans les textes de Nîmes ^.
M. Héron de Villefosse communique ensuite le texte d'une inscription latine entrée au Musée du Louvre le 12 mai i892 et qu'il y a lieu de croire inédite.
Cette inscription provient d'Egypte; elle était encastrée dans la margelle d'une sakieh, à 600 mètres environ à l'est du village de Luxor. Elle a été envoyée au Louvre par les soins de M. Bouriant, directeur de l'Listitut français d'archéologie orientale au Caire :