ibid., n
mètres au nord de la ville, et les résultats de ces fouilles m\>nt paru dignes d'être signalés à la Société.
« Le territoire du village de Ghampigny est traversé par deux voies romaines, dont la chaussée est encore bien conservée dans maints endroits et qui se dirigeaient vers Trêves en longeant les deux flancs de TAi^onne occidentale. A peu près à égale distance de Ghampigny et de Gharmes, ces deux routes se trouvent reliées Tune à Tautre par une voie transversale dont M. Maugère a retrouvé les traces évidentes, sous le sol en culture. G'est le long de cette voie transversale, au point le plus élevé et dominant la plaine, que M. le chanoine Maugère a pratiqué ses fouilles. Sur un kilomètre de longueur environ, le sol est parsemé de minuscules débris de tuiles, de poteries, de stuc, de fragments de pierres taillées, qui sont les indices incontestables de nombreuses habitations de Fépoque romaine ; c'est donc seulement une petite portion de ce vaste emplacement, — la plus importante vraisemblablement, — qu'a explorée M. Maugère. J'ai demandé à M. Maugère, pour la Société, un résumé de ses découvertes, et voici un extrait de la lettre qu'il m'a écrite, en y joignant le plan de ses fouilles :
« Sous le sol qu'on labourait, j'ai découvert les ruines de a deux édifices qui avaient la même direction et aussi les c mêmes dimensions, c'est-à-dire 23 mètres de cêté. Us c étaient séparés l'un de l'autre par un chemin bordé de a trottoirs. L'édifice du nord se composait :
c lo D'une vaste chambre centrale carrée, pavée de marbre c blanc et mesurant de il à 12 mètres sur chacun de ses « côtés;
« 2* D'une galerie dont le sol était en béton et qui, mesua rant à peu près 4 mètres de largeur, faisait tout le tour a de l'édifice central;
• 3» Enfin, d'une colonnade dont j'ai retrouvé des débris c épars çà et là ; plusieurs soubassements de colonnes, encore t en place, permettent d'affirmer que la colonnade régnait c sur les quatre côtés de l'édifice qui, ^n définitive, se comc posait d'une chambre centrale environnée d'un portique.
« Le second édifice, séparé du précédent seulement par une
me, était sa midi, regardant la ville da Langres, qai est & ane bonitB liens de là, et le village de Ghampigny, qui est ft an bon qnart de lîene de ces fonilles. Lee mure sont dans la même direction que ceux du premier édifice, mais ils sont plus nombreux et paraissent avoir été ramaniés à des époques saccetsives. Nous tronvons : l" Une chambre, de 6 à T mètres de cAté seulement, pavée d'une mosaïque conservée dans son intégrité et sa fr&ichear. Le fond est
de Champigny'iét-La»gTU.
( ronge; de petits cubes de marbre blanc dessinent diverses < figures, des fleurs, des enroulements; autour, il y a une
riche bordure, puis des losanges, puis quatre cercles, dans lesquels est inscrite une rosace à six rayons; enfin, au centre, disparaissait tout dessin; il y avait là une surface unie, carrée, un peu creuse, reposant sur une base en pierre solide et profonde. Ce soubassement parait avoir été construit pour supporter le socle d'une statue. 2® Cette ceUa centrale est limitée par un petit mur carré, sans solidité, et qui me paraît avoir été fait après coup, lors d*un remaniement de cette partie de Tédifice. 3® Vient plus loin un mur épais et solide, bien construit, et qui semble avoir été le mur primitif de la cdla; cette conjecture me parait d'autant plus évidente que ce second mur correspond presque exactement, par sa disposition et ses dimensions, au mur de la chambre de marbre de l'édifice du nord. 4^ Un petit mur, peu épais et peu solide, qui ne devait pas monter bien haut et qui, vraisemblablement, ne comptait pas dans les constructions primitives de Tédifice. S® Enfin une colonnade régnant sur les quatre côtés, pareille à celle de la maison précédente, et dont j'ai retrouvé de nombreux débris, plusieurs des soubassements des colonnes étant encore en place. Ainsi, ce second édifice était primitivement en tout semblable au premier, mais il a subi postérieurement des remaniements.
c Les deux édifices étaient séparés par un chemin bordé de trottoirs en grès et en pierre du pays; ces trottoirs existent encore presque entièrement : Tun, celui du sud, est beaucoup plus large que celui du nord. « Les fouilles m'ont permis de constater qu'à une époque antique, c'est-à-dire vers la fin de l'empire romain vraisemblablement, ces deux édifices ont été presque entièrement rasés. Je dis presque^ parce que la chambre pavée de marbre n'a pas été dérangée. Mais tout le reste des constructions a été rasé jusqu'à environ 30 centimètres au-dessus du sol, puis recouvert par un enrochement sur lequel on a établi un magnifique béton d'environ 8 à 10 centimètres d'épaisseur, et enfin de belles dalles en pierres blanches de nos contrées. Ce pavement si soigné, élevé au-dessus du sol environnant, comme pour préserver la
c terrasse de toute humidité, recouvrait non seulement tout « Tédifice du midi, y compris les murs arasés et la chambre « centrale, mais encore ia rue avec ses trottoirs et, en outre, c une partie de l'édifice du nord, dont on ne paraît avoir c conservé que la chambre centrale pavée de marbre. Les « constructions primitives étaient si bien recouvertes par cet c enrochement, ce béton et ce dallage, que rien ne me les c faisait soupçonner et que c'est seulement lorsque j'eus la • curiosité de crever ce pavement, pour en étudier la comc position, que je découvris les soubassements des construc- « tions premières, avec leurs débris mutilés, qui servirent à c asseoir les nouveaux bâtiments. »
c Tels sont les renseignements sommaires et purement techniques et descriptifs qu'a bien voulu me transmettre par écrit M. le chanoine Maugère. J'ai examiné très sommairement, à Langres, une centaine de monnaies recueilUes dans ces fouilles : ce sont des monnaies gauloises de la région, des monnaies romaines de la République et de l'Empire ; les plus récentes sont des bronzes à l'effigie de l'empereur Valens. M. Maugère m'a fait visiter les débris de sculpture et d'architecture, provenant de ses fouilles, qu'il a rangés dans une salle du grand séminaire. Ces débris sont fort nombreux, et ils suffiraient, à eux seuls, à révéler des constructions très importantes; malheureusement ils sont mutilés d'une façon si complète qu'on ne saurait douter que la destruction des édifices primitifs ait été violente, acharnée, systématique. Ce sont principalement des fûts de colonnes, des fragments de bases et de chapiteaux, de corniches, d'entablements, des rosaces, des rinceaux, des montants de portes, tous ornés de fleurs et de festons qui indiquent une architecture très soignée. J'y ai remarqué un fragment d'inscription monumentale, mais la mutilation est telle que je n'ose affirmer qu'il porte les lettres AL. En sculpture, les débris recueillis par M. Maugère sont nombreux, mais souvent méconnaissables ; j'ai pourtant remarqué une tète de Faune, une grosse tête de Gérés (pesant 27 kiiogr.), une petite tète de Junon, une tête du Soleil, les cheveux rayonnants, une tète d'aigle ou de griffon, deux restes de Cariatides, des fragments de mains,
de pieds, de jambes et de torses qui indiquent des statues de proportions colossales. Une étude attentive et prolongée de ces débris, qui m'ont paru, an premier alx>rd, avoir une grande analogie avec plusieurs des documents gallo-romains conservés au Musée de Langes, permettra peut-être la détermination précise de quelques-uns d'entre eux.
« J'ai vivement incité M. le chanoine Maugére à rédiger, pour les Mémoire» de la Société archéologique de Langres^ un rapport détaillé sur ses fouilles intéressantes et qui, jusqu'ici, n'ont encore été signalées nulle part. Le plan des constructions, la reproduction des principaux fragments d'architecture et de sculpture qu'il a découverts aideront à rechercher la destination des édifices que nous avons sommairement décrits. Pour nous, les constructions primitives étaient des temples gallo-romains de divinités parèdres. Vers la fin de l'empire romain, ces temples auront été détruits violemment, soit lors des invasions nombreuses dont la région de LAngres a été le théâtre, soit lors de l'établissement du christianisme. Les ruines des deux temples ont alors été utilisées dans la construction d'un nouvel édifice, que M. le chanoine Maugére croit avoir été un grenier d'abondance, et voici snr quelles bases repose la conjecture dn zélé chanoine. Le liendit oh, il a pratiqué ses fouilles s'appelle encore actuellement Leê grange»; les premiers travaux de labour exécutés il y a quelques années sur l'emplacement des ruines ont permis aux cultivateurs de recueillir une assez grande quantité de blé brûlé; le soin tout particulier qu'on a mis à exhausser l'aire du nouvel édifice au-dessus d'un enrochement, d'un béton et d'un dallage paraît révéler l'intention de garantir le sol contre l'humidité; les dimensions énormes de cette aire, qui couvrait presque sans discontinuité ni interruption la surface des deux édifices primitifs, conviennent mieux à un grenier qu'à toute autre destination.
0 Une fois qu'il eut l'esprit hanté par cette idée, M. le chanoine Maugére recourut aux textes, et il trouva, dans les poèmes de Glaudien, des passages qu'il interprète en faveur de son hypothèse. On sait que l'Egypte était une des contrées qui fournissaient à Rome le blé dont la capitale de
l'empire avait besoin ; après la division de l'empire en deux parties, sous Honorius et Ârcadius, Rome se trouva privée d'une de ses principales sources d'approvisionnement, l'Egypte faisant partie de l'empire d'Orient. Ge fut alors que, pour conjurer la disette à Rome, on songea aux blés de l'Afrique et de la Gaule. Honorius envoya Stiiicon en Afrique ; Btilicon, raconte Glaudien, battit Gildon, roi des Maures, qui s'opposait au ravitaillement de Rome, et fit venir en Italie les blés de TAfrique. Mais cela ne suffit pas pour sauver Rome de la famine, et, en 398, l'empereur envoya Stiiicon au delà des Alpes, pour recueillir le blé de la Gaule. Stiiicon vint en personne à Langres et à Sens pour acheter du blé, et le poète célèbre en vers ampoulés l'heureuse issue de sa mission :
Africa per te
Née prias auditas Rhodanus jam donat aristas ; Ut mihi vel Massyla Gères, vel Gallica prosit Fertilitas, messesque vehant nunc hamidus Auster, Nunc Aqoilo, cunctis ditescanl horrea ventis.
(Gland., XXII, 392.)
« Par toi, Stiiicon, l'Afrique et le Rhône me donnent (à a Rome) des moissons jusqu'alors inconnues, et Gérés, dans a la Libye et dans la Gaule, féconde pour moi les campagnes ; « par toi, l'humide Auster et l'Aquilon m'apportent tour à « tour leurs richesses, et tous les vents remplissent mes gre- « niers. »
c Ailleurs, le poète précise le rôle de Langres dans cette recrudescence de bien-être à Rome :
Quis Gallica nira,
Quis meminit Latio Senonum servisse Ugones? Aat quibus exemplis fecanda Hbris ab Arcto Vexit Ungoaico sudatas vomere messes ?
(Glaud., XXIY, 91.)
a Qui jamais a vu les plaines de la Gaule, les hoyaux des • Sénonais enrichir le Latium? ou les moissons écloses sous « la charrue du Lingon laborieux arriver des champs fertiles « de l'Ourse jusqu'au Tibre étonné? »
« D'autres passages de Glaudien pourraient encore être
cités. Qu'il me snffise de dire qa'il en résulte que Langres fut une des villes de la Gaule choisies pour être le lieu de concentration des blés qu'on embarquait sur la Saône, qui gagnaient Marseille par le Rhône et qu'on transportait de là jusqu'à Rome. Il y avait à Langres des magasins, des greniers d'abondance, et M. le chanoine Maugère pense avoir retrouvé l'emplacement de Tun d'eux. Ce qui me parait venir à l'appui de cette ingénieuse hypothèse, c'est que l'emplacement de ses fouilles se trouve situé au bas du plateau de Langres, sur le chemin des plaines du Bassigny. Or, la contrée qui, à toutes les époques de Thistoire, a fourni du blé à Langres, ce n'était pas le plateau ni la région montagneuse qui, en fait de céréales, suffit à peine à nourrir ses habitants, c'était et c'est encore la campagne fertile du Bassigny, qui se développe an nord de Langres, jusqu'au pied des Vosges. Quoi qu'on pense de l'hypothèse de M. le chanoine Maugère, je crois qu'elle méritait d'être mentionnée, et je me plais à espérer que la Société archéologique de Langres, qui produit de si excellents travaux et qui a à sa tête des savants zélés, pourra encourager les fouilles si intéressantes de M. Maugère. »
EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX
Séance du SI Novembre.
Présidence de M. l'abhé Ddghbsne, i"' vice-président. Ouvrages offerts :
Actes de V Académie nationale des sciences, belles -lettres et arts de Bordeaux, 3« série, 53« année. Paris, 1890, in-8o.
Analecta BoUandiana, t. XI, fasc. lU et IV. Bruxelles, 1892, in-8o.
Annales de la Société d^arehéologie de Bruxelles, t. VI. Bruxelles, 1892, in-8o.
— dé 2a Société d'émukUioH dei VatgeSy 58* année. Épinai, 1892, in-8o.
Anmudrê de la Société framçaiie dé numismatique^ juillet-aoûU
Paris, 1892, in-8«.
Annual report of the American hietorical (usociation for tke
year 1890. Washington, 1891, in-8o. AreÂaeologia^ t. Lm. Londres, 1892, in-4®. Atii délia reale Accademia dei Lincei^ série IV. Classe di
scienxe moràliy storiche e filologic^e^ t. VI-X. Rome, 1890-
1892, in-4o.
Bulletin critique^ publié sous la direction de MM. Beurlier,
Duchesne, Lescœur, Thédenat, XIII* année, n<» 18-21.
Paris, 1892, in-8'.
— de r Académie dHippone^ n» 25. Bone, 1892, in-8*.
— delà Diana, t. VI, n» 7. Montbrison, 1892, in-8».
^ delà Société archéologique d^ Eure-et-Loir ^ n» 201, juillet. Chartres, 1892, in-8o.
— de la Société départementale d'archéologie et de statistique de la Drâme^ 103« livraison, octobre. Valence, 1892, in-8<>.
— de la Société dunoise^ u9 94, octobre. Ghàteaudun, 1892, in-8o.
-- de la Société industrielle de Mulhouse^ août-septembre.
Mulhouse, 1892, in-8*.
BuUettino di archeologia e storia dalmata, 15* année, n^ 7
à 9, juillet-septembre. Spaiato, 1892, in-8o. Commission des antiquités et des arts du département de Seine'
et'Oise, t. XII. Versailles, 1892, in-8o. Congrès des sociétés savantes. Discours prononcés à la séance
générale du Congrès y le samedi 11 ;tctii 1892, par MM. Jans"
sen et Léon Bourgeois. Paris, 1892, in-8<».
— international d^archéologie préhistorique et d^anthropokh' gie, 11« session tenue à Moscou, t. I. Moscou, 1892, in-8<>.
Der Geschichtsfreund. MittheUungen des historischen Vereins derjunfOrte^ t. XL Vil. Luceme, 1892, in-8».
Korrespondenxblait der Westdeutschen Zeitschrift fur Ge^ schickte und Kunst^ année XI, n«* 7 à 9. Trêves, 1892, in-8*».
ANT. BULLKTDI. 15
Mémoires de V Académie des sciences^ des lettres et des arts éP Amiens, t. XXXVIIL Amiens, 1891, iii-8«.
— de V Académie de VoMclnse^ t. XI, 2* el 3* liTraiBons. âtîgnon, 1892, in-8o.
^--dela Société d'émulatùm du Doubs^ 6« série, t. YI. Besançon, 1892, in-8o.
— de ïa Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, 2^ série, t. II. Guéret, 1892, in-8®.
•^ delà Société royale des Antiquaires du Nord^ nonv. série.
Copenhague, 1891, in-8«.
Mittheilungen der antkropologischen GeseUsehaft in Wien^
t. XXII, 3« et 4« livr. Vienne, 1892, in.8«. Proceedings of the Society of Antiquaries of London, 2« série,
t. Xin, n« 4; t. XIV, n» 1. Londres, 1892, in-8*>. Recueil de la Commission des arts et monuments historiques
de la Charente-Inférieure j 4* série, t. I, 8« livr. Saintes,
1892, in-8^.
Rendiconti délia reale Accademia dei Lincei, Classe di scienxe
moraliy storiche e Jilologiche^ 5* série, t. I, fasc. VUI.
Rome, 1892, in-8*.
Revue de VArt chrétien^ 5« série, t. UI, 5« livr. Lille, 1892,
— historique et archéologique du Maine^ t. XXXI. Mamers,
Smithsonian contributions to Knowledge, t. XXVHI. Washington, 1892, in-4*.
Thûringische Geschichtsquellen. Nouv. série, t. II. — I7rfaiîidenhuck der vœgte von Weida, Géra und Plauen,,., herausgegeben von D' Berthoid Schmidt. léna, 1892, in-8*.
Zeitschrift des Vereins fur thUringiscke Geschickte und Altertumskunde, nouv. série, t. VIH, livr. 1 et 2. léna, 1892, in-80.
BooDANOV (Anatole). L'association russe pour Vaoancement des sciences physico-chimiques, naturelles et biologiques. Rapport aux Congrès internationaux de Moscou, Moscou, 1892, in-4*.
— Q^e^le est la race la plus ancienne de la Russie c'enirale ? S. 1. n. d., in-8®.
CUmioif i}e docteur). Emoi de topogr^kiê orekMogigite tur
la réçiau de Simk-d^Arba. Paris, 4891, in-8^. Ghatellibb {Paul du). Ornement de tête en or. Diadème décou^
vert à SaùU-Potain, Vannes, 1892, in-8«. GHByALiBR. Notice sur Vagueduc rowudn de Floureies à BagU'
cum {Bawn). Avesnes, 1892, in-8^ Dblatt&b (Gostave et Edouard). Les souterrains du château
de SeUes à Cambrai. Lille, 1892, in4o.
Faqb (René). ÉtcU des études historiques et archéologiques
dans le département de la Corrèse. Gaan, 1892, in-8«. GiLLiODTs TAN Sbyeren (L.). Coutumcs des pays et comté de
Flandre. Quartier de Bruges, Coutumes des petites villes et
seigneuries enclavéeSy t. IV. Bruxelles, 1892, iQr4». Marsaux (l'abbé). Instrument de Paix de l'église de Cham^
pagne {Seine^t-Oise), Paris, 1891-1892, in-8*. -* La fontaine de vie. E^ris, 1892, in-8<».
Correspondance.
Le vicomte de TEspinasse-Langeac, présenté par MM. R. Gagnât et E. Babelon, écrit pour poser sa candidatore au titre d'associé correspondant national à Tunis. Le Président désigne MM. Gaidoz, Saglio, Fabbé Thédenat pour ibrjser la Commission chargée de présenter un rapport sur les titres scientifiques du candidat.
Travaux.
M. le Président donne lecture du rapport de la Commission chargée de présenter cinq correspondants étrangers honoraires. Après les cinq tours de scrutin, le Président proclame élus :
Le commandeur G.-B, de Rossi, à Rome ;
M. Wolfgang Helbig, à Rome ;
M. Otto Hirschfeld, à Berlin ;
M. Franks, à Londres ;
La comtesse Ouvaroff, à Moscou.
M. de Laigue, consul générai, envoie une note sur la nécropole pbbénicienne et diverses antiquités de Gadix.
M. Maurice Prou, membre résidant, présente, de la part de M. Max. Legrand, d'Ëtampes, le frottis d'une pierre tombale qu'il a précédemment^ signalée à la Société. Elle est conservée dans l'église de Saint-Martin d'Étampes, où elle marquait la sépulture de Marie Guissart, femme de Jehan Perrot, laquelle trépassa le pénultième jour de janvier 4547. Â la droite de la défunte est représenté son mari ; entre les deux têtes, une gerbe d'épis, qui semble indiquer que Perrot était cultivateur. Ge qui fait Tintérôt de cette dalle, c'est qu'elle porte une signature d'artiste, tracée en minuscules gothiques, sur le côté gauche, et en dehors du cadre : /. a [par]i8 ps la porte 5' Michel [par] le moyne tubier 4548.
Ce Lemoyne, qui a négligé d'indiquer son prénom, est sans doute Jean Lemoyne, dont on connaît d'autres ouvrages datés de 4534, 4536, 4540 et 45463.
Aux tombiers parisiens du nom de Lemoine déjà connus, il faut ajouter Félix Le Moyne, maître tombier à Paris, qui figure parmi les témoins d'un acte de 4580 conservé aux Archives nationales sous la cote Y 424, fol. 453.
M. le colonel de la Noê, membre résidant, fait une communication sur les enceintes vitrifiées :
« Partout où la vitrification peut s'observer in n<«, on constate :
c 4® Qu'elle occupe la partie supérieure des remparts et qu'elle descend très rarement, sinon jamais, jusqu'à leur base;
a 2<* Qu'elle ne se rencontre que sur quelques points du pourtour de l'enceinte, parfois sur une étendue très res* treinte; qu'elle est môme limitée dans certains cas à un seul point. Enfin elle manque absolument dans des enceintes absolument semblables et par conséquent de la même époque.
c De ces observations, on doit conclure que la vitrification a été produite par des feux allumés sur le rempart et qu'elle n'a pas eu pour but de les consolider.