‹ Mémoires. 4Chapitre 122 sur 133 · Bulletin des Aniiquairee de France, 1891, p · texte numérisé non relu

Bulletin des Aniiquairee de France, 1891, p

Pierre tombaie signée jiar Lemojpu, tombitr A Paru.

c La vitrification est donc un fait accidentel et pourrait être d'une date postérieure à la construction des enceintes. Cependant l'observation montre qu'elle est de la même époque. On trouve en effet, au sein des masses vitrifiées, des lits de charbons, restes des branchages qu'on avait disposés par couches horizontales au milieu de la construction. Si les feux avaient été allumés longtemps après l'édification de la muraille, ces bois, décomposés par les agents atmosphériques, n'auraient pas laissé de traces.

c La question de la date des enceintes vitrifiées est donc celle des foyers.

c Malheureusement, l'histoire ne nous fournit aucun ren-» seignement à leur sujet, et c'est à l'examen des enceintes qu^il faut recourir pour avoir une solution.

c Par leur assiette et leur tracé, les enceintes vitrifiées rentrent dans la catégorie des ouvrages fortifiés qui tirent leur principale force de la nature des lieux et remontent par conséquent à une époque très primitive. Leur rempart, en pierres et branchages entremêlés, est le type rudimentaire des murailles gauloises de la bonne époque en pierres et poutres superposées. Ge mode de construction aurait eu pour but, non pas de faciliter la propagation du feu à l'intérieur, comme beaucoup d'observateurs l'ont cru, mais de construire, sans mortier, des murs à parement extérieur vertical, plus difficiles à franchir qu'un simple talus. Enfin les débris recueillis dans les enceintes, quand on élimine ceux qui proviennent d'une occupation ultérieure, conduisent aussi à cette conclusion : que les enceintes vitrifiées sont d'origine gauloise, ou plus généralement qu'elles ont été construites pendant la période comprise entre l'âge de la pierre polie et le commencement de la conquête romaine.

« Toutes les enceintes vitrifiées sont situées dans des contrées de granit et de schistes cristallins qui seuls fournissent des matériaux vitrifiables ; mais l'usage d'allumer de grands feux a dû être général à une même époque : on doit donc s'attendre à trouver dans les autres régions des enceintes ayant gardé des traces de l'action du feu.

a On a signalé en effet dans les pays calcaires des rem-

parts qui renferment un noyau de chaux produite par la calcination des pierres qui entraient dans leur composition. Ce noyau est placé, en général, près du sommet, dans une situation analogue, par conséquent, à celle de la vitrification dans les enceintes vitrifiées.

c Les débris recueillis sont de la môme époque que ceux des enceintes à vitrification. Le tracé est également adapté au sol ; c'est celui des oppidums gaulois établis sur les promontoires des plateaux calcaires.

c Enfin, l'enceinte calcinée d'Hastedon, qui est vraisemblablement Toppidum des Aduatuci dont parlent les Com^ mentaires de César ^ a fourni des poutres disposées dans le rempart comme celles de la muraille d'Avaricum.

« Lu enceintes vitrifiées et les enceintes calcinées seraient donc de la même époque et elles auraient été construites pen^ dont les derniers siècles qui précédèrent la conquête romaine,

c En ce qui concerne la destination des feux qui ont produit accidentellement la vitrification et la calcination, on ne peut faire que des conjectures. Ils pouvaient avoir pour but de signaler aux populations des alentours l'arrivée de l'ennemi. Peut-être servaient-ils à la célébration de quelque culte religieux : les feux de la Saint-Jean pourraient en provenir. On peut également supposer qu'on les employait pour éclairer le terrain en avant de l'enceinte, au moment d'une attaque. Enfin, si l'on considère que la Gaule était couverte de forêts et que les enceintes que nous étudions sont encore le plus souvent entourées de bois, on regardera comme également admissible l'hypothèse suivant laquelle les feux auraient servi simplement à faire disparaître les bois qui encombraient les abords et l'intérieur de la position. »

M. Gaidoz, membre résidant, demande si les feux qui ont produit la vitrification ou la calcination suivant les terrains peuvent être rattachés à une idée religieuse, comme les feux de la Saint-Jean, ou à une nécessité militaire, comme les signaux annonçant le passage de l'ennemi, par exemple.

M. le colonel G. de la Noë ne peut encore se prononcer a ce sujet.

M. Octave Vauvillé, associé correspondant national, présente deux sceaux en bronze inédits :

lo Sceau ovale aigu, en bronze, de 40 millimètres de diamètre, trouvé à Vie-sur- Aisne (Aisne).

Pélican se becquetant pour faire couler le sang à ses trois petits, dans un nid placé au haut d'un arbre.

® S PHELIPE HVRE DE RIVECOVRT.

Ce sceau parait être celui d'un prieur.

Hivecourt, du canton d*Estrées-8aint-Denis, arrondissement de Gompiègne, est la seule commune de ce nom en France ; de plus, elle avait un prieuré.

Le sceau découvert à Vie- sur- Aisne, situé à environ 28 kilomètres de Rivecourt, serait-il celui de l'un des prieurs de ce dernier pays ?

2*> Sceau rond, en bronze, de 48 millimètres de diamètre, trouvé à Pommiers, près de Soissons (Aisne).

ECU au chevron chargé d'une étoile (?), un chef accosté de trois aigles épioyés (?).

® 8 PHEUPPE • LEMAIRE.

M. Héron de Villefosse, membre résidant, fait observer que rinscription du second bas-relief de Varhely, communiqué à la Société par M. Blanchet dans la séance du 4 mai dernier, et reproduit à la page 442 du BuUetin de cette année, doit être lue sans hésitation :

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