‹ Mémoires. 4Chapitre 128 sur 133 · A.-H. Smith, Oaiatogu» ofictUptwe, I, p. 87, n · texte numérisé non relu

A.-H. Smith, Oaiatogu» ofictUptwe, I, p. 87, n

ment nouveau ajoute une certaine force à l'opinion suivant laquelle les sculpteurs du i*' siècle av. J.-G. auraient multiplié les répliques d'un original très célèbre, très populaire, où Ton a quelques raisons de reconnaître une œuvre de Galamis.

M. Prou, membre résidant, présente de la part de M. Paul Lecesne, conseiller de préfecture à Arras, deux photographies de la porte d'Hagerue, à Arras, récemment démolie. Gette porte était située à l'extrémité de la rue des Capucins. Depuis longtemps elle n'était plus visible, étant enfouie dans la courtine des fortifications modernes. Le démantèlement d'Arras l'a rendue à la lumière, mais pour quelques semaines seulement. La situation toutefois permettait de la conserver; le conseil municipal, craignant les frais de restauration et môme d'entretien, plutôt que de la laisser tomber, ce qui eût demandé de longues années, a préféré devancer l'œuvre du temps et l'a fait sauter à la mine, le ii octobre dernier.

La Société s'associe aux sentiments de regret qu'a provoqués cette destruction parmi les archéologues d' Arras.

M. de Lasteyrie fait observer que cette porte remonte probablement au xiv* siècle.

Séance du 14 Décembre.

Présidence de M. l'abbé Duchesne, 1«' vice-président.

Ouvrages offerts :

Bulletin de la Société archéologique de Nantes^ t. XXXI.

Nantes, 1892, in-8o.

-^ delà Société des antiquaires de Picardie^ année 1892, n^ 2.

Amiens, in-8<>.

— delà Société des sciences historiques et naturelles de Semur^

2« série, n* 6. Semur, 1892, in-8*.

JahrbUcher des Vereins von Mterthumsfreunden im Rhein'

lande, t. XGUI. Bonn, 1892, in-8'.

Mabsaux (l'abbé). Notes d'un voyage en Touraine, Paris,

1892, in-8V

Correspondance.

M. A. Franks, conservateur au Musée Britannique, écrit pour remercier ia Société de l'avoir élu associé correspondant étranger.

M. l'abbé Perrin, présenté par MM. E. Babeion et Samuel Berger, écrit pour poser sa candidature au titre d'associé correspondant national à Besançon. Le Président désigne MM. Ulysse Robert, de la Noê et Prou pour former la commission chargée de présenter un rapport sur les titres scientifiques du candidat.

Travaux.

Au nom de la Commission des impressions, M. l'abbé Thédenat dépose sur le bureau le 3* fascicule du Bulletin de l'année 1892.

M. Paul Durneu, membre résidant, fait une communication au sujet de la généalogie de Jean Jouvenel des Ursins et démontre que les prétentions de la famille française des Ursins de descendre des Orsini ne peuvent pas être rejetées à priori, mais ont tout au moins un caractère de vraisemblance très accusé.

M. Molinier, membre résidant, présente à la Société un pion d'échiquier en ivoire du xi* siècle, offert au Musée du Louvre par M. Charles Stein, et s'applique à démontrer, en le comparant avec différents monuments, que cet ivoire a été sculpté en Espagne.

Séance du %\ Décembre.

Présidence de M. le comte R. de Lasteyrib, président.

Ouvrages offerts :

AtH délia R. Àccademia dei lAncei^ 1892, 4« série. Classe di scienxe morcde^ storiche e filologiche^ t. X, 2* partie. — Notizie degli scaviy août 1892. In-4*.

KorrnpondenxblcUt der wesideutschen Zeitschri/i fur Ge-

schiehte und Kunst^ octobre 1892.

BuUeiin de la Société de» Jntiquaire$ de VOueet^ 3« trimestre

1892. In-8-.

MUiheiîungen der anthropologischen Gesellichaft in Wien^

t. XXII, 5* livr. Vienne, 1892, in-4\ EsPÉRANDiEU. Note »ur deux sarcophages romains découverts

en Tunisie près de Teboursouk, Paris, 1892, in-8*. GuiCHARD (Fabbé A.). La cité gallo-romaine de Groton. Lons-

le-8aulnier, 1892, in-8*.

Ruelle (Gh.-Em.). Alexandre â^Aphrodisias et le prétendu

Alexandre d^ Alexandrie. Paris, 1892, in-8®.

— Le papyrus musical d'Euripide. Paris, 1892, in-8®.

— Problèmes musicaux d'Aristote, traduction française avec commentaire perpétuel. Paris, 1891, in-8*.

Tamizey de Larroque. Les correspondants de Peiresc. Boni^

face Borrilly, Lettres inédites écrites d*Aix à Peiresc. Âix,

1890, in-8*.

Vallentin (Roger). Du degré (^instruction du personnel des

monnaies d* Avignon et de Villeneuve-lex-Avignon à la fin

du XVI* siècle. Bruxelles, 1892, in-8*.

— Du mode de nomination des prévôts généraux de la mon" naie d^ Avignon. Genève, 1892, in-8®.

— Du prétendu monnayage des barons de MerouiUon. Valence,

-^ Marques de la confrérie du Saint-Esprit de Vaumâne de la rue de V Épicerie et de Vaumâne générale d^ Avignon, Bruxelles, 1892, in-8*.

— Observations sur le monnayage des évêques de Gap. Gap, 1892, in-8».

— Un atelier monétaire à Courthezon (1270). Avignon, 1892, in.8-.

Travaux.

La Société décide qu'elle se fera représenter à la cérémonie organisée pour célébrer le soixante-dixième anniversaire de la naissance de M. Pasteur et délègue à cet effet les membres du Bureau qui ne font pas partie de l'Institut.

M. Ulysse Robert, membre résidant, lit un mémoire de M. Tabbé Perrin, professeur au grand séminaire de Besançon, sur Tarchéologie religieuse en Franche-Gomté.

M. Tabbé Bouillet, associé correspondant national, fait, au nom de M. Naêf, associé correspondant national, la communication suivante :

c M. Alb. Naêf, architecte au Havre, qui depuis plusieurs années étudie Téglise de Gravi lle-Sainte-Honorine, a fait dans ce lieu une découverte importante au mois d'août dernier.

c II s'agit d'un ustrinum gallo-romain, situé sous le transept nord et le collatéral sud de l'église de Graville. Le foyer, conservé seulement en partie, contenait encore une épaisse couche fortement tassée et compacte de cendres, de charbon de bois, de petits fragments d'ossements humains incomplètement brûlés, et un peu de cendre très blanche, que Tanalyse a prouvé être de la cendre humaine.

« L'ensemble de Vustrinum est creusé dans le roc. Les parois, qui n'ont qu'un mètre de hauteur, ont dû être entièrement revêtues d'un parement en petit appareil. Ce parement a été partout démoli lors des inhumations faites au moyen âge; il n'est conservé qu'en partie. Cependant, on retrouve par-ci par-là, dans les anfractuosités du roc, des fragments de vieux mortier rouge, plus dur que la pierre, et identique à celui qui relie les pierres du parement encore en place.

c On peut reconnaître le foyer proprement dit, dont la longueur est de 2">30 et la largeur de i mètre. 8on extrémité ouest, taillée dans le roc, permet d'en reconstituer la largeur primitive. En effet, la moitié seulement de ce foyer subsiste encore; toute la partie nord a été bouleversée pour les inhumations postérieures. Au moyen âge on s'est servi de cette sorte de caveau tout creusé dans le roc pour y enterrer, et, si la moitié du foyer située au sud a été conservée, c'est qu'elle se trouvait heureusement protégée sous les quelques grosses marches qui conduisent du collatéral au transept, dont le niveau est plus élevé. Au sud, la ligne

de démarcation du foyer est simplement formée par de la terre tassée, qui constitue une sorte de petit mur durd par le feu.

c Une sorte de canal, de 0™35 de large, est bordé de blocs pris dans le rocher même; M. Naêf pense qu'on devait simplement rassembler en cet endroit les cendres que Ton retirait par rentrée du foyer.

« Enfin, à l'extrémité nord, on remarque deux ou trois marches, taillées dans le roc : c'est par là qu'on accédait an foyer. Ces marches sont bien usées et détériorées par lee coups de pioche donnés au moyen ftge, mais cependant encore reconnaissables.

« Nous avons dit que le foyer avait pour fond le roc. Pour dresser la partie est et la rendre horizontale, on l'a nivelée, au moins en partie, au moyen d'une sorte de blocage grossier, formé de fragments du rocher reliés par du mortier rouge. Il se pourrait que la partie supérieure du blocage ait été revêtue autrefois d'un de ces bétons romains comme on en remarque fréquemment dans le pays. Toutefois M. Naêf ne donne cette opinion que comme une hypothèse, mais très admissible.

« L'exploration n'a pas fait découvrir d'autre objet qu'une petite épingle de bronze. Dans la masse compacte des cendres se trouvait une moitié de tibia, calcinée et noircie, et entourée encore du charbon de bois qui l'avait brûlée.

c On sait cependant que, à quelques mètres seulement de l'itftnfiiim, dans le collatéral sud du chœur de l'église, les chanoines, en enterrant leurs prieurs, trouvèrent des urnes renfermant des cendres et des fragments d'os humains à moitié brûlés. Les dernières trouvailles de ce genre sont mentionnées par Dubocage de Bléville et furent faites en sa présence, en 1748 et 1756.

c L'an dernier, M. Naêf, fouillant dans la même chapelle, retrouvait les sépultures des prieurs, dont la plupart étaient encore revêtus de leurs ornements sacerdotaux. Les urnes avaient disparu, 6tées sans doute par les chanoines. Mais, en criblant la terre, M. Naêf trouva de très petits fragments d'os humains, fortement calcinés. N'était-ce pas une confir-

mation des £aits rapportés par Dubocage de Bléville, confirmation changée maintenant en certitude par les récentes découvertes?

c Ajoutons qu'à peu de distance de l'église, Tabbé Cochet trouvait, dès 1840, le commencement d'un vaste cimetière gallo-romain qui couvrait le versant de la colline. En 1866, lors de l'établissement d'une route, on a pu suivre le prolongement de ce cimetière, et on découvrait plus de cent urnes funéraires renfermant des cendres et des ossements imparfaitement brûlés. Enfin, pendant l'hiver de 1890-1891, en déracinant des arbres sur le sommet de la colline, dans le prolongement dudit cimetière, on a trouvé encore une vingtaine d'urnes, la plupart brisées en menus morceaux par les racines et par le poids des terres. Quelques-unes cependant, mieux conservées, ont été déposées au Musée archéologique du Havre par les soins de M. Naêf. Ces urnes renfermaient, avec les vases de verre carrés, des cendres mélangées aussi d'ossements humains incomplètement incinérés; ce qui permet, selon toute probabilité, de dater du m« siècle, et les sépultures, et aussi Vustrinwn qui les alimentait. »

Séance du 28 Décembre.

Présidence de M. le comte R. de Lasteyrie, président.

Ouvrages offerts :

Annuaire de la Société française de numismatique^ septembreoctobre 1892.

Bulletin critique^ 15 décembre 1892. Paris, in-8o.

Beoue belge de numismatique^ 1893, l''* livraison.

GAmoz (Henri). Un vieux rite médical. Opuscule offert à Anatole de Barthélémy pour fêter le cinquantième anniversaire de son élection comme membre de la Société des Antiquaires de France, le 9 mai 1842. Paris, 1892, in-12.

Prrr-RiVERS (lieutenant-général) .<£7xcava^iM in Bokerly and Wansdyke, Dorset and Wiltsshire. T. lU, 1892, in-4o.

M. le Président offre, de la part de l'auteur, M. Gaidoz,

membre résidant, un opuscule intitulé Unviêux rite médical^ dédié à M. A. de Barthélémy pour fôter le cinquantième anniversaire de son élection comme membre de la Société des Antiquaires de France, et s*associe, ainsi que ses con« frères, aux intentions de l'auteur.

M. le baron de Baye, membre résidant, dépose sur le bureau un ouvrage du général M. Pitt-Rivers :

c Le général Pitt-Rivers, votre associé correspondant en Angleterre, m'a chargé d'offrir à la Société un volume qui forme la troisième partie de ses remarquables travaux archéologiques dans les comtés de Dorset et de Wiltsshire. Les deux premiers volumes, dont il vous a également fait hommage, forment en quelque sorte Tintroduction de celui que je dépose sur lo bureau. Vous trouverez dans celui-ci :

c La description des objets romains trouvés à Wansdyke et à Bokerly ;

« L'étude détaillée des diverses poteries recueillies dans les gisements explorés ;

« Plusieurs planches fort remarquables représentant les monnaies romaines en argent trouvées près de Handley.

a La partie anthropologique de ce bel ouvrage est due à M. Garson.

c Les nombreux et précieux objets exhumés par le général Pitt-Rivers sont conservés dans son musée de Farnham. >

Traoaux.

Au nom de M. Siennicki, associé correspondant à Varsovie, M. Guillaume, membre résidant, offre à la Société cinq planches représentant des clefs, serrures, cadenas et verrous intéressants pour l'histoire de la serrurerie aux xv* et xvu* siècles ; ces œuvres d'art font partie de la collection de notre correspondant.

M. Emile Molinier, membre résidant, présente à la Société une plaque en cristal de roche gravée qui vient d'être acquise par le Musée du Louvre. Ce monument, de facture allemande,

reproduit presque textuellement une gravure de Martin Schôngauer et parait remonter à la un du xv* siècle.

Le vicomte de Gaix de Saint- Aymour, associé correspondant national, présente une série de lécythes funéraires trouvés à Érétrie et étudie la technique de plusieurs d'entre eux dont la couverte est d'un blanc jaunâtre et dont certains détails, et notamment les chairs nues des personnages figurés, ressortent en couleur opaque d'un blanc laiteux sur le fond, tandis que plusieurs parties du dessin sont rehaussées d'une teinte plate de noir vernissé. M. de Gaix de Saint-Aymour croit voir dans ces lécythes le produit d'un art intermédiaire entre les vases à fond blanc ou gris, très improprement appelés « vases de Liocres, t et les vrais lécythes blancs attiques.

Le mémoire du vicomte de Gaix de Saint-Aymour est renvoyé à la Commission des impressions.

M. Max. Gollignon, membre résidant, revenant sur cette communication, fixe la date de la fabrication des lécythes d'Érétrie vers le milieu du v« siècle.

M. Eugène Miintz, membre résidant, fait une longue communication sur les mosaïques des premiers siècles de Tère chrétienne et sur les particularités qu'elles présentent au point de vue de la technique.

M. E. Michon, associé correspondant national, fait connaître à la Société deux miroirs grecs en bronze récemment acquis par le Musée du Louvre, dont ils viennent compléter la riche collection, et qui nous aident à suivre le développement du type qui fut définitivement adopté vers le milieu du v° siècle pour les pieds de miroirs.

< Le disque du premier de/^es miroirs, trouvé à Hermione, est supporté par une colonne ionique posée sur une base circulaire et surmontée d'une palmette richement travaillée que couronne un sphinx accroupi. La colonne, dont on trouve déjà le chapiteau employé dans les manches égyptiens, semble avoir été très anciennement adoptée par les Grecs comme pied de miroir; l'extrémité d'une colonne en bois.

notamment, se voit encore adhérente au disque d'un miroir du Louvre provenant d'Anthédon. L'existence, d'autre part, au Louvre, d'un miroir dont le manche est formé par une figurine de femme plate et de profil, de travail fort archaïque, découpée dans une lame de bronze, atteste qu'antérieurement au miroir posé debout les Grecs ont fait usage du miroir à poignée. Mais l'isolement de cet exemplaire unique semble prouver que la mode en fut de courte durée. L'on est tenté de croire par suite, lorsqu'on recherche les raisons du changement qui s'effectua, que le rapprochement de la colonne a pu contri« huer à faire redresser les statuettes de femme de ronde bosse qui constituent les pieds de miroirs postérieurs et à leur faire donner une base, de manière à les transformer en véritables supports.

c Le second miroir acquis par le Louvre provient également d'Hermione et forme un meuble complexe, dans lequel au miroir lui-même s'unit un flacon à parfums; flacon et miroir sont reliés l'un à l'autre par une chaînette. La statuette qui supporte le disque est du plus beau style. Coiffée du cécryphale, qui enveloppe la chevelure et laisse à peine entrevoir un coin des bandeaux encadrant le front, elle porte le chiton sans manches, à bord supérieur retombant. Le geste est resté le même que dans les exemplaires plus anciens, la main droite soutenant la colombe, la gauche relevant la draperie, mais les bras s'échappent nus dès l'épaule, et de là une simplicité plus grande dans la chute de l'étoffe. Seuls les plis formés par la jambe gauche se rassemblent dans la main, et, dans l'intervalle des jambes légèrement entr'ouvertes, apparaissent en avant et en arrière les longues cannelures verticales qui donnent à la draperie son aspect nouveau. Le miroir marque la transition entre la première série des miroirs à pied, dont les statuettes se rattachent, au moins par le caractère de la draperie, aux statues de l'Acropole, et les miroirs, beaucoup plus nombreux, dont le pied est formé par une statuette de femme de type dorien. i

M. Héron .de Villefosse, membre résidant, dit qu'il a reçu

du R. P. Delattre, chapelain de Saint-Louis de Garthage, une lettre lui annonçant la découverte à Garthage de l'inscription d'un flamen divi Augusti malheureusement incomplète. Le nom mutilé du flamen paraît être ... MVS* GIO- 8ANY8.

Le P. Delattre informe aussi notre confrère que les fouilles de la colline de Saint-Louis, si intéressantes comme résultats positifs, sont suspendues depuis plusieurs mois faute de ressources.

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