LIVRÉS AUX BÉTES
Par H. Georges Lafate, associé correspondant national. La dans la séance da 9 avril 1893.
En 1807, on a trouvé en Bavière des poteries romaines, ornées de sujets, auxquelles on ne me semble pas avoir accordé jusqu'ici Tattention qu'elles méritent. Elles furent publiées pour la première fois en 1 808 par un savant de Munich, nommé Jos. von Stichaner*. Pendant plusieurs années, il m'a été impossible de me procurer son ouvrage, que j'avais vu cité dans une note deFriedlaender^; enfin, tout récemment, la Bibliothèque de la Sorbonne, sur ma demande, en a acquis un exemplaire. J'ai pu me convaincre, en le lisant, que les poteries qui m'intéressaient n'y avaient pas été interprétées d'une manière satisfaisante et que les reproductions données par Sti-
1. SUchaner (Job. von), Sammlung roemiseher IknkmaeUr in Baiem, herausgegeben von der Koeniglichen Akademie der Wissenschaften za Muenchen. Muenchen, 1808, in-4*, avec un atlas in-fol. intitulé : Abbildungen,
2. Friedlaender (Ludw.) , DarsUllungen ans der Sittenge" sekiehU Roms in der Zeit von Auçustiu bis Ëum Aiugang der Antonine. Leipzig, Hirzel, in-8* (l^^éd., 1862); dans la 6* éd. (1888-1890), t. U, p. 406, note 3.
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chaner dans son atlas étaient loin de répondre aux exigences de la science moderne. En 1863, le sujet fut repris par M. Jos. von Hefner, mais avec un défaut de méthode plus sensible encore^. Jugeant donc qu'il y avait lieu d'examiner de plus près les pièces qui avaient piqué ma curiosité, je me suis adressé à M. Paul Arndt, attaché aux Musées des antiques de la ville de Munich. Je ne saurais trop le remercier de J'extrème obligeance avec laquelle il a bien voulu faire pour moi les recherches nécessaires, dans les collections publiques confiées à ses soins.
Ces fragments de terre cuite appartiennent à la classe des poteries dites d'Arezzo ou samiennes. Us ont tous été trouvés près de Westerndorf, sur la rive gauche de Tlnn, à l'endroit où la route d'Augsbourg {Augusta Vindelicum) à Salzbourg (Juvavum) traversait la rivière {Pons Aeni^ Ffùnzen), et où aboutissait l'embranchement sur Innspruck {Veldidenay. L'énorme quantité de tessons qui ont été recueillis sur ce point à diverses époques porte à croire qu'il dut y avoir là un dépôt ou une fabrique de poteries. Stichaner a reproduit les échantillons les mieux conservés; les figures qu'il a fait graver couvrent quatorze
1. Hefner (Jos. von), Die rœmische Toepferei inWestemdorf, dans VOberbayerùches Archiv fur vaterlœndische Geschichie, t. XXII (1863). Sur ce savant et sur la valeur de ses publications, voy. Corpus inscriptionum latinarum, III, p. 706:
2. Corpus inscriptionum latinarum, III, p. 701, 735, 738, et la tob. IV.
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planches de son atlas in-folio. Beaucoup sont accompagnés de noms de potiers, depuis enregistrés dans le Corpus^. Je n'ai pas le dessein de revenir sur tous ces fragments, qui sont en grande partie d'un modèle commun et auxquels d'autres, conservés dans nos collections nationales, pourraient être préférés avec avantage comme objets d'étude. Je voudrais seulement attirer l'attention de la Société sur quelques morceaux dont les figures m'ont particulièrement frappé. M. Arndt, après les avoir cherchés vainement au National Muséum, les a retrouvés dans les collections de l'Historisches Verein von Oberbayern. Aucun d'eux ne correspond exactement à ceux de Sticbaner ; mais il est évident qu'ils sont sortis des mêmes moules, et même, par un heureux hasard, ils se trouvent être plus complets que ceux que mon prédécesseur a reproduits.
Parmi les tessons de Westerndorf , un grand nombre, suivant l'usage, sont ornés de scènes mythologiques. Tel est celui qui porte la signature du potier COMITIALIS^. On y voit représenté le supplice de Marsyas. A gauche, Apollon debout s'appuie du bras droit sur un long sceptre ; son autre bras supporte une chiamyde et un