‹ Mémoires. 4Chapitre 72 sur 133 · TROUVÉE A VAUDÉMONT (MEURTHE-ET-MOSELLE · texte numérisé non relu

TROUVÉE A VAUDÉMONT (MEURTHE-ET-MOSELLE

Par l'abbé Henry Th^dehat, membre résidant. Lu dans la séance du i4 juin 1893.

Le R. P. Simonin m'a donné, avec rautorisatîon de la présenter à la Société des Antiquaires de France, la photographie de cette intéressante inscription. Ëlie a été trouvée près du sanctuaire de Sion, à Vaudémont (Meurthe-et-Moselle) . Quoique mis au jour pendant Tannée 1868 ou 1869, ce texte est encore inédit.

Brisée de trois côtés, la pierre n'est complète que du côté gauche ; nous avons donc le commencement des lignes qui ont survécu, mais nous n'en avons pas la dernière partie. Le commencement, aussi bien que la fin de l'inscription, font également défaut. Dans ces conditions, il est inutile de donner les dimensions de la pierre, qui ne nous renseigneraient pas sur son état primitif. On peut cependant se rendre à peu près compte de la largeur de l'inscription : d'après les renseignements

224 NOTE SUR UNE INSCRtPTIOlf CBRJTIENNE.

que m'a fournis le R. P. Simonin, la première ligne, qui comprend encore dix-huit lettres, est, dans Tétat actuel, longue de trente centimètres. L'inscription étant métrique, les nécessités de la prosodie permettent d'évaluer, d'une façon à peu près certaine, le nombre des lettres qui font défaut à la fin des premières lignes. Or, il ne parait pas que la cassure ait pu leur emporter plus d'une douzaine de lettres. Si, avec dix-huit lettres, la première ligne a trente centimètres de longueur, avec trente lettres, elle avait environ cinquante centimètres.

La pierre a trois centimètres et trois millimètres d'épaisseur. Son grain parait être oolithique, comme celui de la roche de la région oii elle a été trouvée.

Le revers est lisse, mais recouvert d'un ciment rouge très dur, qui prouve que Tépitaphe était scellée sur un monument.

Les interlignes sont de huit à neuf millimètres, bien marqués par des traits en relief qui encadrent les lignes.

Les lettres, soigneusement gravées, ont environ deux centimètres de hauteur. Quelques lettres, cependant, les S particulièrement, sont de plus petites dimensions, comme on peut le constater sur le fac-similé ci-joint.

NOTE Smi VJXt INSCRIPTION GHRI^TIENNE. 227

Dès la première ligne, on reconnaît que TinscriptioD est métrique.

En voici le texte :

VLTIMVS HICHONOREST SAXSIS • QVOSPRESTARE DOCVRAPARENTIS • NICE MVLOREQVIESCITINISTO- CAELODEVOTAMENTERE SERVARIQVAERITŒRT

MVLTOCV

Les A ne sont pas barrés.

Certaines lettres, les V et les H surtout, ont une forme rare et caractéristique.

Les mots ne sont pas séparés, mais la fin de chaque vers est marquée par un point.

On peut tenter un essai de restitution ; il sera certainement très hypothétique, mais il aura au moins l'avantage de nous aider à préciser le sens général du texte :

Ultimus hic honor est [datus his tibi] saxsis

Quos pr(a)estare [débet miser an]do cura parentis Nice[tt0, qui nunc tojmulo requiescit in isto. [Cum Christo in] caeïo devota mente re[surget] .

[Praemia] servari quaeri t cert[ aminis ] ? ?

multo cu[m ]

C'est l'épitaphe d'un jeune homme qui s'appelait peut-être Nicetius ou Nicephorus^ dont, dans tous les cas, le nom commençait par Nice. Les

228 lion SUB UlfE INSCtlPTTOlf GHR^nSlflfE.

noms formés du mot v{xy), victoire, sont assez fréquents chez les Romains et chez les premiers chrétiens ^ .

La quantité que j'ai donnée au mot NiceUo n*est pas conforme aux règles; mais M. £d. Le Blant a déjà démontré combien la quantité des noms propres formés du grec est souvent maltraitée dans les inscriptions lapidaires^.

D'ailleurs, dans une inscription chrétienne de Lyon bien connue, le mot Nicetius a la même quantité que je lui donne dans ma restitution^ :

Ecce saeerdotum tenuit qui iura sacerdus Quo recubat tumulo nomine Nicetius.

11 est vrai que, dans une autre inscription, il a une quantité différente^ :

Hic veteris virtute viri nova palma Niceti.

C'est le père du défunt qui lui a élevé le monument funéraire : cura paretUis.

Le tombeau est désigné par le mot saxis au masculin. Dans les inscriptions antiques, on rencontre plus d'une fois, comme synonyme de sepulchrunif les mots saxum^ ou saxus^. Gela

i. Cf. Vincent de Vite, Onomasticon, mot Nice et suivants; Ed. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, n»» 25, 196.

Page 1