‹ MémoiresChapitre 2 sur 111 · PAUL TERQUEM A LA SOCIETE DUNKERQUOISE III · texte numérisé non relu

PAUL TERQUEM A LA SOCIETE DUNKERQUOISE III

Il y a plus ; nous avons parmi nous el grâce à lui un exemple de l'ascendant qu'exerce sur son entourage un homme à l'intelligence vive, à l'instruction aussi solide i|ue variée. Attaché à l'œuvre commune en raison même des efforts qu'il lui consacre, il prend, par la force même des choses, dans le petit cénacle le rôle le plus important ; il en devient le porte-drapeau, si je puis ainsi dire. Alors, pour peu que son action soit assez prolongée, assez continue, assez durable, tandis que, sur d'autres terrains, son labeur ne laisse pas de trace persistante, sur le champ qu'il a cultivé avec tant de soins, il a profondément creusé son sillon. Il y a donc entre la Société savante et son inspirateur un inappréciable échange de services ; sans elle, il se serait étiolé dans l'isolement ; sans lui, faute de la direction ferme, indispensable à toutes les œuvres qui débutent, son labeur n'eût pas produit une moisson aussi abondante et aussi fructueuse.

C'est là tout le secret de la double et réciproque influence que la Société Dunkerquoïse et le dernier des survivants de ses fondateurs exercèrent l'un sur l'autre, mais cette influence se marquera beaucoup mieux en montrant Paul Terquem prenant la part la plus active et la plus persévérante à nos travaux.

Terquem (Paul-Augustin), issu d'une famille originaire de Metz, naquit à Paris le 22 mai 1821. Son père*1), par des travaux consacrés principalement aux mathématiques et à la géométrie, s'était fait une place distinguée dans le monde de la Science ; il se distrayait de ces

0) Terqnem (Olry) né à Met», entré à l'Ecole Polytechnique le l6r Frimaire an X et affecté aux Fonts et Chaussée*, entra dans l'Université, devint professeur de mathématiques transcendantes à l'école d'artillerie de Mayence, docteur ès-scicncea et fut, pendant de longues années, Bibliothécaire du Dépôt de l'artillerie. Il fut le fondateur des NowteUen AnnaUt de Mathématique*.

recherches abstraites en occupant ses laborieux loisirs à des études d'érudition.

L'exemple paternel exerça une grande influence sur les fils de M.Olry Terquem : deux d'entre eux passèrent par l'Ecole Polytechnique ; Paul, après de brillantes études à Louis-le-Grand, se présenta, avec une dispense d'âge, au concours qui assurait le recrutement des professeurs d'Hydrographie ; récemment encore, en effet, ceux-ci constituaient un corps spécial, indépendant des officiers de vaisseau parmi lesquels ils se recrutent aujourd'hui.

Paul Terquem subit l'épreuve avec un plein succès qu'explique sans peine une forte préparation jointe à un goût en quelque sorte atavique pour les Sciences et qui, chaque jour plus vif, devait procurera notre cher disparu ses jouissances les plus durables.

N'allez pas croire pourtant, Messieurs, que l'esprit si ouvert et si coinpréhensif de Paul Terquem fût exclusif, bien au contraire ; doué d'une curiosité infatigable et d'une grande facilité d'assimilation, il s'intéressait à tout. La musique le charmait ; il n'est pas un des siens qui ne Tait plus ou moins cultivée et, s'il me fallait rapporter ici un fait qui nous touche de près, ne serait-il pas à propos de rappeler qu'avant de constituer notre Section musicale, les membres qui la composent se sont d'abord réunis dans son salon jusqu'au jour où la femme distinguée qui les présidait a été ravie à l'affection des siens.

Voici qui n'a plus de relations aussi directes avec la Société Dunkerquoise ; disons néanmoins en passant que notre Président Honoraire était aussi Vice-Président de la Commission du Musée où chacun reconnaissait sa compétence artistique. Il admirait la belle peinture comme il goûtait la bonne musique et, lorsque l'âge ne

Page 1