PUBLIÉS PAR LA « SOCIÉTÉ DUNKERQUOISE » EN
PROCÈS-VERBAUX
du Conseil Général du district de Bergues
Formant pendant aux
Procès-verbaux »
du Conseil Général de la commune de Dunkerque publiés par la « Société Ounkerquoise » en 1893
Du vingt un Aoust présens les citoyens Lequesne président, De Maricaux, De Carren, Boissier, Faulconnier, Coulier, Mouton Brassart procureur syndic, Teste Desvignes, secrétaire.
La séance ouverte vers les sept heures du matin, le 696 bruit se répandit dans la ville qu'il y avait eu au point desavl^postes. du jour une affaire au poste d'Oost-Cappel où les ennemis paraissoient avoir le dessus, l'administra lion s'est réunie, aucune nouvelle officielle ne lui étant parvenue elle s'en fait informer à l'hôpital militaire s'il y étoit arrivé des blessés, elle fut instruite vers les huit heures qu'il en étoit venu 12 à 15.
A neuf heures sont entrés les citoyens Ferré, adjudant 697
d. . . • j 1 j » » 1 /> • L'ennemi s'en
e la place et un aide de camp du gênerai Carryon, qui
ont appris à l'administration qu'ils étoient informés que celte nuit l'ennemi ayant passé VYser, a cherché à envelopper les postes et s'est emparé de vive force du poste d'Oost-Cappel, où il s'est emparé de deux pièces de canon
empare.
du bataillon de la Somme, qu'enfin l'ennemi s'éloit replié sur Rexpoëde, qu'ils ne sçavoient autre chose jusqu'à ce moment.
698 A dix heures le Général commandant les cantonne- Généra? sur ments se présente et fait rapport de la déroute de nos notre perte, troupes en cantonnement ; il dit que le poste important
s'est laissé surprendre, que ce n'est pas la première fois, que le citoyen Ferrand qui le commande auroit bien dû ne pas rester commandant de ce poste si important, qu'il a bien des louanges à donner à la bravoure du 1er bataillon de l'Orne qui seul a contenu l'ennemi et protégé la retraite de nos troupes.
Le Général ajoute que la déroute a été si complète qu'on s'est vu forcé à faire retraite sur la ville, qu'il est question actuellement de prendre de grandes mesures pour arrêter l'ennemi dans sa course ; qu'il va provisoirement faire porter de l'artillerie sur le rempart du côté d'Hondschoote, pour protéger et assurer la retraite sous les murs des remparts.
699 II est proposé de se former en Comité de sûreté et de
Le Conseil se
forme en
Comité de sûreté
deffense générale. Cette proposition est adoptée.
700 Le Conseil de guerre de la Commune se réunit à l'admi-
(^cu°générai nistration du district avec les commandants militaires, de la commune. on propose et il est arrêté qu'un comité de deux membres de l'administration et deux du conseil de la commune, accompagneront les officiers militaires pour faire la visite des remparts et reconnoître leur situation, les citoyens Coulier et de Carren sont nommés commissaires pour le district, les citoyens Bailliaère et Croizot pour la commune. Il a été délibéré à l'instant de fermer les portes de la ville et de ne les ouvrir que pour les femmes, que le soin de l'ouverture et fermeture desdites portes ne sont
confiées qu'à un Comité de trois commissaires du Conseil général de la commune. Les citoyens Cuvelier, Vandenbusche et Michiels ont été nommés, mais sur l'observation d'un membre il a été délibéré que les municipaux de permanence seroient chargés de ces objets ; que si des attrouppements se formaient dans la ville de les dissiper ; que les citoyens de cette ville précédemment désarmés et ceux qui nel'auroient pas encore été ne le seroient pas dans ce moment-ci, et qu'il n'en seroit distribué qu'à la garde nationale en remplacement de ceux qui seroient hors d'état de service.
Un état des pièces d'artillerie nécessaires à la deffense 701 de la place est mis sur le bureau, il est arrêté que son nianquans°pour résultat sera copié pour en être adressé à qui il appar- le service de la tiendra.
Deux particuliers de Dunkerque se disans chargés 702 d'achetter des boulets et ferrailles pour faire des mi- Arrestation
r de deux
trailles pour compte d'un nommé Jeuts, de la dite ville, particuliers. arrêtés à Coudekerque, sont amenés à la barre, renvoyés au Comité de Sûreté générale de Dunkerque.
Le commissaire des guerres Châalon vient faire rap- 703 port qu'il y a 25 blessés à l'hôpital, qu'on en amène A"£^Lde encore, qu'il a disposé des lits des fiévreux pour eux et * Dunkerque. qu'il convient de s'occuper du logement des troupes qui rentrent dans cette place ; la municipalité a été chargée de ce dernier objet.
Les Commissaires qui ont fait la visite d'une partie 704 des fortifications avec les Commissaires du Conseil fori[ficeatfons. général de la Commune et les commandants et ingénieurs de la place, ayant reconnu la nécessité de faire achever tous les ouvrages des fortifications, il a été
arrêté qu'il serait ordonné à tous les ouvriers qui y travaillent de se rendre de suite à leur ouvrage, et que réquisition seroit faite à tous les citoyens de la ville de se rendre aux dits travaux.
705 Un membre du Conseil général de la Commune observe
Xeté. e Qui' est étonnant que les administrations réunies n'ont point de nouvelles, que la générale a été battue sans que les corps assemblés en ayent connaissance. Il propose qu'il soit nommé un Commissaire dudit Conseil général de la Commune pour se transporter sur la Tour toutes les heures et rendre compte d'heure en heure à l'Administration de ce qui se passe, il propose aussi de nommer deux éclaireurs qui seraient chargés de voir la marche de l'ennemi et d'en rendre compte, il a aussi proposé de faire mettre sous les armes leurs citoyens des communes frontières. Sur le tout il a été délibéré :
1° Qu'un tourier serait chargé de se transporter à la tour de St-Winoc à l'effet de rendre compte de la marche de l'ennemi. Le citoyen .... a été choisi.
2° de charger le citoyen Balde, maréchal des logis de la cavalerie de la garde nationale de cette ville, de faire avec deux de ses cavaliers des patrouilles extérieures pour prendre tous les renseignements qui seront en leur pouvoir, sur la marche de l'ennemi et en rendre compte à l'Administration.
3" enfin que les commandants des gardes nationales de ce district rassembleront de suite leurs troupes et se tiendront sous les armes en réquisition permanente. qu'ils dirigeront leur marche où les dangers l'exigeront ; qu'ils arrêteront toutes personnes suspectes venant du côté de l'ennemi, notamment les troupes françaises en fuite et qu'ils feront leur rapport à l'Administration de
Belle-Isle soit conservé.
toutes leurs opérations, de laquelle ils recevront ensuite tels ordres ultérieurs qu'il appartiendra, à l'effet de quoi réquisition a été adressée aux commandants.
Un membre a fait part à l'Administration que le 706 citoyen -Belle-Isle, ingénieur en chef, avoit reçu des emd?0yenUe ordres pour quitter la place de Bergues, que malgré le séjour en cette place du citoyen Lauwereyns envoyé en cette ville depuis 'quelque tems, la position où se trouvoit la dite place n'exigeoit rien moins que le concours de ces deux officiers pour sa deffense ; que la présence du citoyen Belle-Isle était d'autant plus précieuse que ses talents, ses connoissances locales et les travaux qu'il a dirigés jusqu'à ce jour l'exigeoient impérieusement, il demande en conséquence qu'il soit écrit au général Barthel et au Ministre de la Guerre pour conserver l'ingénieur Belle-Isle ; cette demande convertie en motion, appuyée par le Conseil général de la commune de Bergues qui a unanimement émis son vœu à cet égard, a été délibérée. Le citoyen Lauwereyns, présent à la séance, a dit que les travaux de la place de Bergues lui étoient confiés par le Conseil exécutif et qu'il se sentoit très capable de les diriger, qu'il voyoit que le vœu unanime des Conseils généraux du district et de la commune, était de conserver le citoyen Belle-Isle, qu'il vivoit avec la plus grande intelligence avec cet officier, qu'il reconnaissoit son civisme et son talent et qu'il ne demandoit pas mieux que de partager avec lui ses travaux, mais qu'il invitoit l'Administration, en demandant le séjour du citoyen Belle-Isle au Ministre et au Général, à leur faire part de ses observations d'où dépendent son honneur, sur le tout le Procureur Syndic entendu, l'arrêté suivant a été pris.
Les Conseils généraux du district et de la commune de Bergues, réunis avec le Commandant, le général
Carryon, le commandant temporaire et l'ingénieur Lauwereyns chargé actuellement des fortifications de celte place en remplacement du citoyen Belle-Isle appelé par ordre du Conseil exécutif dans une autre place de la République, considérant que les travaux dirigés jusqu'à présent par le citoyen Belle-Isle ont été poussés par cet ingénieur avec le talent et le zèle qu'on peut attendre d'un officier dévoué au bien de la chose publique, que dans ce moment où l'ennemi est à nos portes nos inquiétudes sur la perfection des dits travaux ne peuvent se dissimuler, encore bien que les talents, le zèle et le civisme connu et offert du citoyen Lauwereyns promettent toule sécurité pour l'avenir, ouï le Procureur- Syndic, arrêtent qu'il sera écrit de suite au général Bartliel de conserver le citoyen Belle-Isle aux fonctions auxquelles il a été employé en cette ville jusqu'à ce que la place de Bergues soit dans l'état respectable de deffense où elle doit être portée, arrêtent au surplus que le citoyen Barthel sera également sollicité de laisser ledit citoyen Lauwereyns comme adjoint au citoyen Belle-Isle, la nécessité de deux ingénieurs en cette place étant reconnue, ce dont il sera fait part au Ministre de la Guerre.
Séance levée à une heure.
LE QUESNE
Président.
District Dudit jour deux heures de relevée, présens les citoyens
^N-^iT Le Quesne président, de Maricaux, Boissier, De Carren, Faulconnier, Moutton, Coulier, Brassart procureursyndic, Teste des Vignes secrétaire.
Deux commissaires de la Municipalité de Dunkerque 707 se présentent et demandent 400 razières de bled pour gra"nsnpar la les besoins urgents de cette commune, une discussion Municipalité de
° Dunkerque.
sur les besoins de ladite commune et sur nos ressources il résulte de la situation du magazin qu'il n'y a que 400 razières de disponibles, en toutefois faisant rentrer dans la quinzaine ce qui en sortirait, ouï le Procureur- Syndic il a été délibéré de délivrer provisoirement deux cent razières pour la rentrée desquelles il sera fait telles réquisitions aux communes qu'il appartiendra.
Des députés du Conseil général de la commune se présentent et disent que le Conseil général vient d'arrêter qu'il ne sortira de la ville aucune quantité de grains quelconque ; on observe que cet arrêté ne peut arrêter les opérations du district, et on passe à Tordre du jour sur les dires des députés de ladite commune.
Le Comité chargé de l'examen des fortifications par un rapport préalable demande pour mesures essentielles : 1° de faire de suite verser dans le bassin par les canaux, autant d'eau qu'il peut en contenir, et 2° de donner une réquisition à tous les citoyens de la ville de se rendre aux travaux des fortifications pour y travailler de suite à un nombre au moins de 500 personnes, sur le tout le Procureur-Syndic entendu, les deux propositions ci-dessus ont été adoptées.
Mesures de sécurité.
Le Conseil général du district de Bergues, considérant que l'ennemi commet des incursions dans le pays et y porte le ravage et les horreurs dont il est capable, au point de tout faire craindre pour les récoltes. Considérant que les récoltes de toute espèce, outre les risques d'être enlevées ou détruites par l'ennemi, sont d'une nécessité urgente pour la subsistance du peuple et des*
Subsistances.
chevaux, considérant que lesdites récoltes, soit anciennes, soit nouvelles, ne peuvent être plus en sûreté que dans les places fortes et que de leur existence dans icelle dépend la sûreté du pays et la tranquillité publique, ouï le Procureur-Syndic arrête que les communes exposées aux incursions de l'ennemi feront transporter de suite dans les places de Dunkerque et Bergues tous les grains et fourrages soit d'ancienne, soit de nouvelle récolte, battus ou en herbes, à peine de confiscation de ceux qui seront trouvés en leur possession après huitaine expirée, requière en conséquence les Maires et officiers municipaux d'exécuter en ce qui les concerne ledit arrêté dont copie leur sera adressée de suite.
Le citoyen Balde, brigadier de cavalerie, de retour de la patrouille qu'il a faite avec un de ses cavaliers, fait rapport que l'ennemi ne paroit point, mais qu'il occupe Rexpoëde.
710 Le Conseil reçoit dans son sein le citoyen Vanden-
Rc?toyeiidU heede, un de ses membres, que l'on croyait tué ou fait Vandenheedc. prisonnier par l'ennemi. Il dit qu'il a combattu l'ennemi, qu'il en porte les marques mais qu'il en supporte les blessures d'autant plus volontiers qu'il les a eues en defiendant la République. Qu'il ne peut donner un détail exact de l'affaire qui a eu lieu à Rexpoëde, mais que lui, curé de l'endroit, est monté à cheval au moment que l'ennemi y est entré, qu'il a appelé ceux de bonne volonté à sa suite, et pendant que les troupes françaises fuyaient en désordre, lui 4me ont chargé l'ennemi en nombre de 16, qu'il a essuyé quantité de coups de sabres qu'heureusement son chapeau a paré, qu'ayant été cerné par l'ennemi, il fut renversé de son cheval et a affecté de rester mort sur place, mais l'ennemi l'ayant réellement cru tué et l'ayant abandonné en disant bon.
le pasteur est tué, il s'est glissé dans une pièce de fèves à la faveur de laquelle il s'est sauvé à Warhem où il s'est fait panser.
Le Conseil accueille le citoyen Vandenheede, arrête mention honorable de sa bravoure et qu'il en sera fait rapport au département.
Un détachement de volontaires du poste de l'écluse 71 1 amena le nommé Marcel Jossaert, prêtre d'Hontschoote Arr^un0n et le commandant rapporte que ce religieux ayant été particulier. rencontré près du poste, des citoyens d'Hontschoote font indiqué pour un aristocrate et ont demandé de l'arrêter comme dangereux et ayant fait des manœuvres directes avec le combat qui a eu lieu ce matin. Ledit Jossaert produit un passeport qui lui a été délivré par la municipalité d'Hontschoote et interrogé quel usage il en a fait, a dit que ce matin à 4 heures il est sorti d'Hontschoote et s'est rendu à Dunkerque et s'en retournoit chez lui lorsqu'il a été arrêté, qu'il ignorait jusqu'alors qu'il y avait eu une affaire ce matin, mais que l'ayant appris il retournoit sur ses pas. Une lettre se trouvant dans son portefeuille et l'ayant remise sur le bureau, ouverture en a été faite et ne contenant rien de relatif à sa conduite, elle a été recachetée pour être renvoyée à son adresse.
Le citoyen Vandenheede, administrateur, dénonce ce religieux comme infiniment suspect et demande son arrestation. Cette motion appuyée, ouï le Procureur- Syndic, le Conseil met ledit Marcel Jossaert provisoirement en état d'arrestation.
Le citoyen maire de Spyker fait part que conformé- ^^ ,
*■•*.'« • * Offre de la
ment a 1 arrête des représentants du peuple, du 4 de ce commune de mois, il s'était présenté ce matin avec sa commune qui îfver^n massl
96 Commandant lévï
conformément à icelui s'étoit levée en masse pour y satisfaire, mais que les portes de la ville étant fermées par rapport à la circonstance, ils n'avaient pu parvenir jusqu'ici, et qu'ils étoient prêts à la première réquisition ; le Conseil a témoigné sa satisfaction au citoyen maire de Spycker.
713 Sur la dénonciation que les citoyens Hollebecque et
d'HoUebecque Verlynde, deux de ceux qui par arrêté du 5 de ce mois et Veriynde. avoient été déportés s'étoient absentés toute la journée et dès le point du jour et qu'il couroit un bruit qu'ils s'étoient retirés près de l'ennemi pour coopérer avec lui aux ravages et aux horreurs qu'ils préméditent, il a été arrêté de faire appeler par le messager ces deux particuliers pour s'assurer si effectivement ils s'étoient absentés et leur demander compte de leur conduite. Le messager de retour ayant dit que lesdits Hollebecque et Verlynde étaient absents ; considérant qu'il y a lieu à suspicion contre eux et que leur absence ne peut que l'augmenter, ouï le Procureur-Syndic, il a été arrêté qu'ils seraient mis en état d'arrestation.
A sept heures du soir on informe le Conseil que Verlynde et Hollebecque "avoient été arrêtés à la porte d'Hontschoote en rentrant en ville, que la garde qui les conduisoit a eu peine à les soustraire à la vengeance du peuple, qu'ils étoient dans ce moment chez le Commandant mais qu'il pourroit arriver que le peuple se portât à des excès contr'eux, on a passé à l'ordre du jour motivé sur ce que le Conseil général de la Commune qui avoit connoissance de ces faits prendroit les précautions que le cas exige, et il a été arrêté que la délibération du Conseil de ce jour à l'égard desdits Hollebecque et Verlynde sortiroit effet.
Sur la motion faite par un membre : attendu l'urgence il a été délibéré d'autoriser le citoyen Lacroix fils de faire des recherches de deux soufflets de forge dans toutes les communes et de requérir les municipalités de les lui faire délivrer d'autorité pour le service des affûts de canon, leur valeur préalablement constatée pour fixer l'indemnité due aux propriétaires d'iceux.
LE QUESNE
Président.
Recherche de
soufflets de
forge.
Du vingt-deux août mil sept cent quatre-vingt-treize, a District
* * " de Bcrgues
l'an second de la République Française, présens les Registre n° 12 citoyens Lequesne, président, Paulconnier, Boissier, Coulier, De Maricaux, Vandenheede et Josselin, administrateurs, Brassart, procureur syndic et Teste de Vignes, secrétaire.
Un caporal et deux hommes de la Garde Nationale 715 cantonnée à Hoymille a ammené à la barre un quidam d'unpTrtIculier. qu'ils disent avoir arrêté à la tête d'une patrouille ennemie qui a paru ce matin au dit Hoymille. Ce particulier ayant été interpellé sur son nom, qualité et demeure, a dit qu'il s'appelle François de Borgher, âgé de 21 ans, qu'il travaille chez le citoyen Jean Meunynck, cultivateur à Hoymille, qu'il est natif de Winnezeele ;
Interpellé où il se trouvait lors de son arrestation : a dit que venantdedonner&boireaux bestiaux dans les étables de la ferme dudit Meunynck, et ayant apperçu du mouvement^] s'est rendu près de la barrière de la dite terme, où il a été arrêté par les volontaires. Interpellé pourquoi il avoit caché sa cocarde nationale qu'on a trouvé sous les
Mémoires de la Société Dunkerçuoise — 1908
genoux dans ses culottes a dit que sa cocarde ayant tombée hier de son chapeau, il Ta mis dans ledit gousset de ses culottes, et l'ayant par mégarde mis entre la doublure elle est probablement descendue jusqu'aux genoux, ayant couché cette nuit avec ses habillemens.
Pourquoi il se trouvoit à la tête d'une patrouille ennemie a dit que cela est faux, n'ayant vu aujourd'hui aucun soldat ennemis.
Avons ensuite interpellé le caporal qui s'appelle Delcroix, du 6me bataillon du Pas-de-Calais au dépôt de celte ville, sur les causes de la dite arrestation, a dit que l'officier commandant la patrouille avec laquelle il se trouvait ce matin au dit Hoymille ayant vu le susnommé à la distance d'une portée de fusil d'une patrouille ennemie qui paraissoit derrière une ferme, l'officier ordonna de s'en emparer et de remmener à Bergues.
Délibéré de faire mettre provisoirement ledit deBorgher en état d'arrestation.
716 S'est présenté Benoit Carpenlier, gantier à Quaedypre.
deAi"nnemi le(Iuel es^ venu déclarer à l'administration du district de à Quacdypre. Bergues que ce matin vers les six heures et demie, étant assemblé avec ses concitoyens au milieu de la place de la commune de Quaedypre pour procéder au choix ou renouvellement d'un Commandant de leur garde nationale, que dans ce moment est arrivé un particulier en criant : « Vite, vite citoyens, je viens de voir là bas (en » indiquant vers l'endroit ou Tennemy pouvoit être) un » gros de troupes que je pense être autrichiennes ». Qu'alors lui déclarant a pris la précaution de mettre bas sa cocarde et avec son fusil d'avancer en chasseur,qu*ëtant avancé de quelques pièces de terre, il a effectivement vu de la cavalerie ennemie, qu'une patrouille de quatre chasseurs a tiré sur lui et qu'il s'est enfui au travers de*
terres en prenant la précaution d'avertir par un coup de fusil ses concitoyens, signal dont ils étoient convenus, au cas que la troupe en question fut ennemie ; le déclarant dit que d'abord il a vu une quarantaine de fantassins, ensuite une trentaine de cavaliers et alors une centaine de fantassins et qu'il s'en trouvait probablement encore beaucoup qu'il n'a pu distinguer parce que le chemin faisait le coude.
Le Commandant de la Garde Nationale de Quaedypre s étant rendu à la barre dit que l'ennemi est dans ce village et qu'il ne trouve aucun obstacle à sa course et à des brigandages, pas une sentinelle, pas une patrouille française ne paroi ssent de ce côté là ; le nommé Carpentier du même lieu vient confirmer ce fait et ajoute que dès six heures et demie du matin il a reconnu l'ennemi. Arrêté de faire appeler le général, pour conférer avec lui sur les mesures qui auroient dû être prises et sur celles à prendre. Le général s'étant rendu à l'invitation, a dit qu'il a fait sortir deux pièces de canon du côté d'Hondschoote, qu'il ne peut faire sortir les troupes qui se trouvent dans la place parce qu'il n'a pas d'artillerie et quelles sont réduites à deffendre les remparts.
Le citoyen Coulier fait la motion, elle est appuiée et il 717 est arrêté de rendre compte sur le champ aux généraux ^ généraux Barthel et Houchard de la situation des choses, quant à deJla, «V1^011
* de la place.
la marche de l'ennemi et de nos moyens de deffense par Commissaire tant de l'Administration que du Conseil général de la commune de Bergues. Le citoyen Coulier a été nommé pour cette Commission.
Le Conseil ne peut se dissimuler son étonnement de 718
ce que le Canal de Bergues se trouve presque à sec dans Versement
le moment où l'ennemi dirige ses opérations contre le Canal
pays ; il croit que c'est l'effet d'une malveillance du e ergu""
citoyen Farconnet, ingénieur à Dunkerque, qui a éludé déjà l'effet de la lettre du général Houchard qui lui prescrivoit l'inondation. Délibéré que le citoyen Coulier en rendra compte aux généraux.
719 A neuf heures, le- citoyen Lauwereyns, ingénieur, dit
duDpays!n (lue l'ennemi étant à Quaedypre, se dispose à cerner cette place, et qu'il est essentiel d'opérer l'inondation dans le pays.
Arrivée de
A dix heures, l'ennemi occupe la route de Wormhout. l'ennemi T Socx. Les citoyens de Socx soutiennent à Claphouk le feu de l'ennemi.
Délibéré d'écrire aux municipalités de sonner le tocsin, de les prévenir que les eaux de la mer vont être déversées dans le canal, de rendre compte de notre position, tant au district de St-Omer qu'aux municipalités de Dunkerque et Gra vélines.
inculpation ^a conduite du citoyen Farconnet paraissant de plus
de k conduite en plus suspecte, on fait la motion de le dénoncer et
du citoyen .
Farconnet. requérir son arrestation. Après une discussion assez vive sur la conduite de cet ingénieur, il a été arrêté que les citoyens Coulier et Mouton se rendront de suite à Dunkerque pour se concerter au nom de l'Administration avec la Municipalité, les ingénieurs, les chefs militaires et autres corps constitués qu'il appartiendra et déterminer ce qu'ils trouveront convenir pour le bien commun des deux places.
L'ennemi est à la vue des remparts, le feu de l'artillerie commence.
722 L'Administration du Conseil du District et le Conseil
La ville de j t^ ••*»..
Bergues en état Général de la Commune de Bergues, reunis en Comité de siègc* de Sûreté Générale ;
Considérant que par les dispositions de l'art. 11 de la loi du 10 juillet 1791, il est expressément ordonné de déclarer les forteresses en état de siège du moment où par l'effet de l'investissement des troupes ennemies, les communications du dehors au dedans et du dedans au dehors sont interrompues à la distance de 1800 toises ;
Considérant que cette disposition d'après les rapports des généraux est constante ;
Vu d'un autre côté la réquisition de ce jour du général de brigade Carrion, le Procureur-Sindic entendu, déclare la ville de Bergues en état de siège et sera la présente proclamée de suite au son du tambour et affichée.
A une heure de relevée le feu des remparts continue, 723 on apperçoit de la Tour de l'Abbaye une affaire au petit Ap1Pepnr°ç|jïei de Millebrugge.
On fait lecture d'une lettre de l'Ingénieur Farconnet. Tf. ?24
° L ingénieur
Il se disculpe des soupçons portés contre sa conduite, et Farconnet veut demande réquisition expresse de verser les eaux de la mer se ]us l er' dans le canal, cette réquisition ayant été faite ce matin on passe à Tordre du jour motivé sur la dite réquisition et sur ce que nos commissaires se concerteront avec lui sur cet objet.
Le rapport du tourner contient que tout est tranquille , 725 et que l'ennemi semble vouloir se replier. du^Kurïier.
Une ordonnance venant de Dunkerque rapporte que 726 la route est libre sauf qu'il v a quelques tirailleurs sur RaPPort ?ur. la
1 ^ * communication
cette route venant du côté droit. de la route
de Dunkerque.
l'ne lettre du citoyen Farconnet annonce qu'il avoit 727 îjil entrer l'eau par les vannes à cause de la grande wVnSno^e hauteur des eaux dans le port, et qu'il ne tiendra pas à qu'il» attendre lui de donner le plutôt possible beaucoup d'eau.
728 Le citoyen Curtz fait rapport que le citoyen Beauvais,
^ondiSte^nd-* officier d'artillerie qui n'est plus employé dans cette vique du citoyen piace se promène indifféremment dans la ville au lieu
Beauvais. r r
de se porter sur les remparts et y coopérer au-ant qu'il
sera en lui à la deffense de la ville, et qu'on devoit le
Le Procureur- re8ar(Jer comme suspect, la ville étant déclarée en état
Syndic député de siège et l'administration ne pouvant qu'agir de con-
a conférer avec cert avec le Général et le Commandant de la place, le
lui tant sur^ la citoyen Procureur Syndic a été député par eux pour
conduite < Beauvais q e Farconne ,.«., ,
autres mesures. Farconnet que sur différentes autres mesures de surete.
Beauvais que COnférer sur le parti à prendre tant à l'égard du citoyen
de Farconnet et r r o j
730 Le citoyen Brassart de retour de sa mission a fait rapport. rapp0rt qUe je général alloit prendre des précautions
pour faire sortir de 1^ ville le citoyen Beauvais.
731 Un préposé des subsistances est venu faire part à • cessent5 l'administration que. le meunier de la porte de Cassel de moudre. a}nsi que les autres avoient des ordres verbaux pour
cesser de moudre, l'administration lui en a témoigné sa surprise et a renvoyé le préposé au général, à qui il a été écrit que le Conseil n'avoit pas donné de pareils ordres, le préposé a été chargé de découvrir les auteurs qui les avoient donnés.
732 Une députation de la Municipalité de Bergues est venu de0™r?dre°îa faire part de la Sommation du Général ennemi de rendre
viàVAngieoTs?CS la ville el de la réponse qui lui a été faite par le Général Carion dont la teneur suit.
Copie de la lettre au Général Walmoden :
Maison Blanche, 22 août 1793.
Monsieur,
Vous êtes sûrement informé des différents corps de troupes de sa Majesté Britannique qui ont passé l'Yser
et s'avancent de ce côté sur Bergues, et, vous ne pouvez vous cacher, Monsieur, le sort qui attend la ville et la garnison que vous commandez et que vous pouvez lui éviter encore dans ce moment. C'est par les ordres de son Altesse Royale le duc d'York, que je dois vous demander, Monsieur, si vous ne prefferez pas d'éviter les suites funestes d'un siège, dont l'issue ne peut pas vous paraître douteux, en acceptant les termes d'une capitulation parfaitement honorable et dont les conditions avantageuses ne pourront plus être les mêmes si vous ne les acceptez pas dans ce moment-ci.
J'ail'honneur d'être, Monsieur,votretrèshumbleettrès obéissant serviteur. Signé : Le Général Ch. Walmoden.
Copie de la lettre du Général Carrion, général 733 de brigade et commandant la place de Bergues, duC^cmp^dant le 22 août 1793 à 3 heures après-midy : * la Sommation.
Général,
Le général français qui commande à Bergues est un franc et lier républicain, ses camarades qu'il commande lui ressemblent, ils ont fait serment de vaincre ou de mourir, et ils ont en horreur le parjure, en conséquence tant en leur nom qu'au sien il déclare au général ennemi, qui le somme de se rendre, que lui et ses Républicains sont tous disposés à montrer l'exemple du véritable héroïsme.
Signé : Le Général Commandant la place de Bergues. Pour copie conforme à l'original. Signé : Carrion.
Sur la demande d'un officier d'artillerie il a été donné 734
réquisition pour deux voitures attelées de deux chevaux R^qu»«tion
1 * pour 2 chevaux
pour le transport des palissades de l'Abbaye à la porte au service de