J. LEOOOQ, Membre Titulaire
A Monsieur te tocttur 0. Duriau.
Jfommag* bien amical.
Combien, parmi» les membres de la Société, sans excepter notre sympathique Président, ont pu croire à la lecture de ce titre qu'il allait être question du chapeau présidentiel? J'ai eu, un moment, la pensée de changer le titre pourtant bien justifié que j'avais choisi, pour éviter une confusion prématurée, puis, à la réflexion, je l'ai maintenu non sans une pointe de malice.
Le court récit que je vais lire, simple souvenir de jeunesse qui n'a guère d'intérêt que pour moi, concerne bien un médecin, mais ce médecin est mon père qui, docteur de la Faculté de Paris, y exerça pendant près de cinquante années.
J'avais environ dix-huit ou vingt ans ; un matin, entre sept et huit heures, mon père se rasait et allait commencer sa tournée de visites de la matinée, après s'être lesté, comme il le faisait tous les jours, d'une assiettée de potage suivie de deux doigts de vin. Un coup de sonnette retentit: mais un maitre coup de sonnette ; le propriétaire de la maison avait été bien servi et aurait eu mauvaise grâce à se plaindre, non. plus que ses locataires, de la qualité des tirages et des ressorts ; le cordon de sonnette
Mémoires dé la Société DunkerquoUe. — 1908
306 J. LKCOCQ
serait resté dans la main de celui qui avait sonné qu'il eût été absolument dans son droit : c'était une épreuve à outrance.
ha domestique court ouvrir et un brave homme, tout essoufflé, commence à lui expliquer que, voisin d'un logement où une sage-femme assistait une mère en mal d'enfant, il avait dit connaître un docteur qu'on l'avait chargé d'aller chercher au plus vite, car la sage-femme, qui avait à peu près perdu la tête devant une complication inattendue, réclamait d'urgence la présence d'un accoucheur, sur quoi il était tout courant venu se pendre à notre sonnette.
Mon père qui survint, la ligure barbouillée de savon et le rasoir à la main, n'eut pas besoin d'en écouter long pour comprendre la situation. Il laissa sa barbe en plan, s'essuya vivement le visage, noua un foulard autour de son cou, enfila gilet, redingote et pardessus, prit sa trousse, et, prestement, dans le bas de sa grande bibliothèque, un sac de forme oblongue en étoffe verte que je vois encore; et qui contenait les fers : en moins de deux munîtes, sans prendre le temps de déjeuner, il était en. route, bon pas, avec l'homme au coup de sonnette.
Il revint, environ deux heures après, dans une tenue bizarre ; j'étais encore là et ne pus m'empêcher de rire, lui d'ailleurs en faisait autant ; son chapeau causait ma stupéfaction, il avait eu un sort malheureux.
En arrivant chez la patiente, mon père ayant vu qu'il fallait agir vite, avait posé son chapeau n'importe où, sur une chaise ; on eut lieu de le juger en danger sur ce meuble et on le plaça ailleurs. Peu de temps après
mon père, tout à sa besogne, dit d'un ton bref : «Ça sent mauvais, voyez donc, il y a quelque chose qui brûle ».
Ce quelque chose, c'était le fond de son chapeau qu'une main, non malintentionnée à coup sûr, mais d'une hâte étourdie, avait enlevé de la chaise ix> pour le poser autre part, c'est-à-dire sur le dessus d'un poêle de fonte qui, sans être porté au rouge, n'en était pas moins suffisamment chaud pour dépasser largement la température d'un coup de fer, contact dont le pauvre chapeau avait gravement souffert.
Les choses remises en bon ordre et en bonne voie pour la mère et pour l'enfant, et après des excuses nombreuses jointes à l'offre de réparer le dommage, il lui fallait pourtant bien rentrer à la maison avec le chapeau en question, sous peine de revenir nu tête ; or, mon père n'était plus jeune et un vent froid de mars l'obligeait à protéger son sommet déjà sensiblement dégarni.
Chemin faisant il rencontra justement quelqu'un de connaissance qui l'aborda en riant et en montrant quelque surprise ; mais tous les passants, connus ou inconnus, pouvaient à bon droit se montrer étonnés et rire.
En effet, si le chapeau d'un médecin est assez généralement d'une forme à lui spéciale, pourquoi ? j'ignore (je ne discute pas, je constate), le couvre-chet paternel avait, ce jour-là, vraiment par trop d'analogie avec le légendaire chapeau de Robert Macaire et celui de son fidèle Bertrand.
Le fond, véhémentement roussi, s'était détaché et ne tenait plus que par un point ; légèrement incurvé il
(1) Je ne rendrai» pas être soupçonné de broder pour forcer la note comique : à la Térité, pendant le séjour du chapeau sur la ohaise, on s'était déjà un peu assis dessus et on se hâta de l'enlever pour lui éviter un aplatissement total ; la suite montre combien on araifc réussi à souhait.
baillait par l'avant et à chaque pas un balancement I
rhythmé, d'une souplesse gracieuse, le faisait osciller autour de la charnière ; le corps du chapeau semblait ainsi muni d'un clapet mobile comme on en voit au tuyau de certaines locomotives. I
Mon père, tout en riant et en se hâtant^ me conta en i
quelques mots comment cela était arrivé ; il possédait 1
heureusement un autre chapeau, puis il avait sa barbe à finir et se trouvait dans l'impérieuse nécessité de changer de linge. j
Il avait dû, sûrement, retrousser ses manches pour
cueillir le jeune rejeton qui regimbait à venir au monde, \
mais quand il enleva sa redingoteje pus voir qu'une de 1
ses manches était abondamment maculée de sang et |
l'autre de méconium : deux tonalités qui tranchent d'une j
façon plutôt violente sur le blanc d'une manche de chc- I
mise et dont la lessive peut seule avoir raison. j
Je crois me rappeler que l'on fit, quelques jours après, |
une démarche pour offrir de nouveau une indemnité du dommage ; c'était un modeste ménage de travailleurs ci mon père refusa poliment toute réparation disant que le chapeau n'était plus dans son neuf ; il l'eût été qu'il eût i
fait, j'en suis sûr, absolument la même réponse.
Dans sa longue carrière, il eut bien souvent occasion \ d'aider de jeunes humains des deux sexes à venir au
jour : il me semble l'entendre encore, avec son bon sou- |
rire un peu narquois, affirmer sa compétence à parer i
un nouveau-né si une commère trop zélée, comme il en '
rencontrait quelquefois, prétendait s'en emparer pour j
le nettoyer, le vêtir et l'emmailloter : « Donnez-moi tout \ ça et laissez-moi faire, je m'y entends, pour le moins,
tout aussi bien que vous, sans vous offenser ». I
Plaisamment il les appelait ses enfants, et je me sou- j
viens que, vers l'âge de quinze ans, sortant avec lui, il rencontra un grand jeune homme très barbu avec qui il causa un moment.
Continuant notre promenade qui avait le Louvre pour but et où il nous menait souvent, mon frère et moi, je lui fis la remarque qu'il tutoyait ce jeune homme alors que celui-ci lui disait vous. « Ce gaillard-là, mais c'est un de mes enfants, me dit-il ; il y a vingt-cinq ans, c'est moi qui ai accouché sa mère ».
Il avait fait ses études médicales à la Charité, et son maître, un enfant de l'Auvergne qui a laissé un nom que je ne me rappelle plus mais qu'il serait facile de retrouver, causait souvent et familièrement avec ses élèves.
« Mes amis, leur disait-il, avec l'accent de sa province, vous allez bientôt taire de la clientèle, savez-vous la différence qu'il y a entre un jeune médecin et un vieux? eh bien : « c'est que le jeune médecin rougit quand on lui donne de l'argent et le vieux quand on ne lui en donne pas ».
Que tous ces souvenirs, si anciens déjà, soient un hommage tendrement respectueux de son fils à la mémoire de l'homme excellent qu'était mon père, qui, avec un caractère très vif, était d'une sensibilité de femme et d'une bonté touchante. *
Il eut dans sa profession à voir de près bien des misères physiques et morales, mais, foncièrement bon, il était par suite très indulgent : de cette race de vieux praticiens, plus nombreux qu'on ne pense, qui, chez les malheureux, facilitent l'exécution de l'ordon nance qu'ils viennent de signer en la chargeant sans rien dire d'une pièce de monnaie, de crainte qu'elle ne s'envole.
PAR
M. J. LiEOOOQ
Membre Titulaire.
LES MltTERHES DE Itfl SIÏIflT «PRTIfl
PAR
M. J. LHOOOQ Membre Titulaire.
o A mon ami et confrère
A. Hannotin,
Chaque année, suivant une tradition locale fort ancienne, à la Saint-Martin, les 10 et 11 novembre, les familles dunkerquoises circulent de six à huit heures du soir dans les principales rues de la ville ; les enfants des deux sexes portent des lanternes de toutes sortes. Des bandes de garçons des familles de pêcheurs, affublés de costumes de mer et chaussés de grosses bottes, parcourent de même les rues, les uns soufflant dans des feutres (espèces de trompes en terre cuite) ou dans des cornes de bœuf évîdées, qui donnent des sons sauvages, les autres sonnant des clochettes, d'autres enfin portant des betteraves creusées et percées de trous dans lesquelles est fixé un bout de chandelle ou de bougie, tout cela en souvenir de saint Martin qui, suivant la légende, cherchait son âne perdu dans les dunes <n.
Depuis l'année 1905,1a municipalité a institué un concours; un jury est nommé, les concurrents défilent sous
(1) Notre collée», M. B. Debacker, me fuit MTotr qu'an atftfe eemblftble existe à Ih— fldorf, k jour de 1* Beint-Maitio.
ses yeux exhibant leur œuvre, des prix son t attribués par vote du jury et les lanternes primées exposées dans une des salles de la Mairie.
En 1906 les conditions du concours furent légèrement modifiées : on créa trois catégories :
1° lanternes monumentales ;
2° lanternes originales ;
3° betteraves artistiques. •
La première catégorie comprend les lanternes reproduisant une construction, un bâtiment, un monument. Si je devais figurer au nombre des concurrents, cette catégorie ne me tenterait pas : %
L'Hôtel de Ville ou la Tour de Dunkerque, la statue de Jean Bart, un cuirassé avec ou sans tourelles, la Tour Eiffel ou l'Arc de Triomphe de l'Etoile, etc., transformés en lanterne, avec un ou plusieurs points lumineux à l'intérieur, sont, à mon sens, des ouvrages dans lesquels le résultat obtenu n'est pas et ne peut pas être en rapport avec la peine que se donnent les concurrents qui s'en donnent souvent beaucoup. Ce que j'en dis n'est pas pour décourager aucun d'eux, mais à mon avis la première condition à remplir pour produire une lanterne, c'est que ce soit une lanterne : chercher autre chose me parait sortir de la tradition et de la légende.
La deuxième catégorie comprend les lanternes originales. Ici, c'est une autre affaire : admettant que je me décide à concourir, j'ai dû quelque peu réfléchir pour coordonner des idées d'abord assez vagues, mais après quelques hésitations, quelques tâtonnements, je me suis trouvé devant une très grande variété de partis différents, un choix immense de combinaisons comme formes, couleurs et matières, en tel nombre que la mine paraît inépuisable.
La première chose à décider est la forme : je prends comme exemple un modèle simple, le cube ou dé à jouer, solide à six faces dontchacune est un carré. Une des faces devient la base, au milieu de laquelle j'installerai le petit cylindre creux devant recevoir la bougie, et, en dessous de cette base, la douille en laquelle s'emmanchera le bâton pour porter la lanterne. Les cinq autres faces carrées sont celles à décorer (fig. 1). Les motifs ne manquent pas depuis les simples traces géométriques jusqu'aux enroulements, arabesques, entrelacs et rinceaux; non plus que les styles, depuis l'art du moy en-âge jusques et y compris le Louis XVI, sans compter toutes les jolies feuilles de la nature, le lierre, "l'érable, le platane, la vigne, le chêne, le chardon, le laurier, la brione, le liseron, le fraisier, le groseiller, etc., etc. ; les fleurs, les bourgeons, les herbes folles qui foisonnent au printemps, l'avoine sauvage, l'herbe à Robert, l'éclair, le trèfle, etc. Et, entre le moyen-âge et le Louis XVI, pour ne parler que de l'art français, que d'exemples pour s'inspirer : la Renaissance, les styles Louis XIII, Louis XIV, Louis XV dans les diverses formes d'art : les peintures murales, les vitraux, la céramique, la ferronnerie, la plomberie, l'ébénisterie, l'orfèvrerie, les dentelles, les cuirs gaufrés, etc., etc. Si cela ne me suffit pas, je trouve encore de très riches filons, l'hispano-arabe,le persan, l'hindou, le chinois, le japonais, je n'ai plus que l'embarras du choix. Et dans tout cela il ne s'agit que d'un mode de décoration n'employant que ce qu'on appelle un à plat : des formes et des tons, sans modelé ; c'est à celui qui cherche, à les combiner avec harmonie en tenant compte des effets obtenus par transparence.
Après cette digression quelque peu touffue, je reviens à ma lanterne.
Si je juge que la forme cubique est lourde et un peu
trop simple, il est facile de la modifier. En élevant une perpendiculaire au centre de la face supérieure et en lui donnant une longueur à peu près égale a l'arête du cube, joignant le point haut aux quatre angles de la face supérieure, j'obtiens quatre triangles isocèles tout aussi faciles à décorer (fig. 2).
Au lieu de faire, comme ci-dessus, ce qu'on appelle en cristallographie un pointement sur la face supérieure du cube, je peux poser le cube, non plus sur une face, mais sur l'un de ses huit sommets. C'est le même solide, mais ainsi posé il donne un tout autre aspect. Quant à la disposition du porte-bougie intérieur, rien de plus simple en coupant le cube par un plan perpendiculaire à une de ses diagonales tel que a b (fig. 3) et à une distance du sommet suffisante pour obtenir un triangle équilatéral sur lequel se fixera le porte-bougie, le sommet inférieur s'emmanchera avec la tige de support. Les six faces du solide pourront être décorées par des formes dérivant de l'octogone, régulier ou simplement symétrique, ou au moyen de toute autre forme.
Si je tiens à orner le sommet supérieur et même au besoin les six autres, le moindre bobêchon de bois ourné, en forme de pion de jeu d'échecs, fera l'affaire fig . 3 bis). Une des faces doit pouvoir s'ouvrir pour introduire la bougie : la charnière ne sera pas compliquée, une bande de toile ou de calicot et un peu de colle suffiront ; le verrou de fermeture sera une forte épingle pliée à angle droit.
Quant au corps de la lanterne, du zinc n° 10 sera plus que suffisant pour une lanterne à faces de verre : du carton gris ou blanc, ayant au maximum l'épaisseur d'une pièce de cinq centimes, conviendra très bien : toutes ces matières se taillent, se découpent et s'ajourent sans grandes difficultés.
Fig.
Fig.
Fig
Fig
3 (bis) Fig
J.L. </e/? Mai 1908
Si je construis une lanterne avec du carton dp la force ci-dessus eti donnant 0m 18 à 0m20 de côté au carré qui constitue une face, je puis ajourer au tranchet ce carré suivant la forme que je déciderai ; c'est sur la face interne que je collerai ou fixerai par un moyen quelconque le papier sur lequel j'aurai disposé mes motifs de décoration qui peuvent être de simples ajours découpés au ciseau ou au canif après avoir été tracés au crayon ou à l'encre.
Si j'ai un peu l'habitude du crayon pour tracer et du pinceau pour étendre des teintes de mon choix, je peux laver à l'aquarelle mes tracés avec des tons aussi vifs ou aussi doux que je le veux.
Veux-je augmenter la translucidité du papier, mon lavis fait et bien sec, je passe sur l'une ou sur les deux faces du papier tout simplement de l'huile de vaseline ou même de l'huile d'œillette et je laisse sécher ; le papier prend à peu près l'aspect du verre dépoli au fluor.
Si le maniement du pinceau ne m'est pas familier, je prends tout bonnement du papier blanc, pas trop mince et suivant les traits des formes que j'y ai tracées pour la décoration, je découpe ces mêmes formes dans ces papiers colorés et minces qui servent à faire des abat-jour ou des fleurs artificielles ; on les trouve dans le commerce rouges, roses, jaunes, orangés, verts, bleus, violets, etc.. Ces découpages sont ensuite collés avec un peu de soin, à l'amidon ou à la gomme arabique, sur le papier blanc. Je n'en ai pas fait encore l'expérience, mais je pense que le collage une fois fait et sec, on peut augmenter la translucidité du papier en passant une couche d'huile du côté opposé au collage ; l'huile ne mouillera pas comme l'eau et ce qui est collé sur le papier se maintiendra.
318 J. LÈCOCO
Les formes peuvent se varier beaucoup ; reprenons la forme de la figure n° 2 : je puis donner au carré de base une dimension un peu inférieure à celle du carré supérieur en augmentant un peu la distance qui sépare ces deux carrés ; j'obtiens ainsi la forme de la fig. 4. J'ai alors à décorer quatre faces en forme de trapèze isocèle et quatre triangles isocèles pour les quatre faces du pointement supérieur. La solidité sera assurée pour du carton de l'épaisseur sus-indiquée en donnant au bâti des faces une largeur de dix -ou douze millimètres.
Rien n'empêche d'obtenir un plus grand nombre de faces en prenant pour base le polygone régulier de cinq, six ou huit côtés.
Ces faces, sans sortir des surfaces déve.'oppables, peuvent s'incurver, convexes ou concaves, à ma fantaisie, telles que dans la fig. o : ce sont alors des portions de surfaces cylindriques.
Le choix de la forme n'est pas limité au cube, au prisme droit quadrangulaire ou polygonal, à la pyramide ou au tronc de pyramide. Le tétraèdre conviendrait peu mais l'octaèdre et le dodécaèdre réguliers avec ou sans troncatures donneront de bons effets : le cube pyramide (vingt-quatre faces triangulaires)et le rhumbododécaèdre (douze faces losange) peuvent être employés par les concurrents que le nombre des faces n'effraye pas. La sphère, le cylindre le cône, le tronc de cône peuven^ être employés de même.
La forme étant décidée, par exemple la fig. 4, le corps de la lanterne peut être construit en zinc mince ou en bois avec fouillure, les faces étant en verre blanc simple : on peut obtenir une décoration en dessinant et teintant, sur papier calque dioptrique, les motifs dont on a fait choix, et en collant le papier calque sur la face interne du verre. La difficulté est de laver avec des tons un peu
vifs sur le papier calque qui se gondole et bride dès qu'il est mouillé. Il est bon d'employer des tons assez soutenus, car, par transparence, les couleurs perdent beaucoup de leur vivacité : il faut éviter une décoration d'une tonalité trop pâle.
Enfin on pourrait essayer de colorer les motifs avec des crayons de couleur rouge, bleue, verte, jaune ou brune, en juxtaposant ou en croisant des hachures ; mais pour obtenir des teintes unies sans laisser de blancs faisant tache, il faudrait multiplier les hachures et tailler souvent le crayon pour l'avoir toujours assez fin.
Par transparence, soit sur papier blanc ordinaire soit sur papier calque, ce moyen de coloration assez grossier ne donnera le plus souvent qu'un effet lourd et terreux et ne peut convenir que pour des motifs de décoration très simples et assez grands.
La catégorie des betteraves artistiques ne présente pas les mêmes ressources de décoration ; l'originalité ne peut résider que dans la disposition plus ou moins ingénieuse des perforations faites dans la paroi de la betterave creusée et munie d'une bougie à l'intérieur ; peut-être pourrait-on, sur les ouvertures ainsi pratiquées, fixer des morceaux de papier coloré dont on utiliserait la transparence ; il y a de nombreux essais à faire.
Ces quelques notes, jetées plutôt à la hâte, montrent suffisamment combien le champ est vaste,et n'ont d'autre prétention que de guider, peut-être utilement, les indé. cisions des amateurs qui voudraient concourir, dans le choix qu'ils ont à faire, soit de la forme, soit du mode de décoration.
Drame en un acte
PAR
M. Auguste PETYT.
(Représenté pour la première fois, à Taris, le ij Mai 1908, au Théâtre du Grand Guignol)
Mémoire* de la Société Dunkerquoiu — 1908 21