PROCÈS-VERBAL DE LA POSE DE LA PREMIÈRE PIERRE
Ce jounl'hui six novembre mil huit cent soixantequatre a été posée la première pierre de l'église paroissiale Saint-Martin.
Cette pierre, en calcaire de Marquise,est placée dans le massif en maçonnerie de briques qui forme la fondation
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du pilier Sud-Ouest du transept à 2m35 en contrebas du sol de l'église. Il y a été fait un incrustement dans lequel il a été placé une boite de plomb de 0m31 de longueur, 0m23 de largeur et 0m0f, de hauteur. Celle boile contient :
1° Une plaque en cuivre de Om2(5 de longueur et 0m19 de largeur sur laquelle est gravée l'inscription suivante :
«Sous le règne de Napoléon III, Empereur des Français, et le pontificat de S. S. Pie IX, S. Exe. Boudet, Minisire de l'Intérieur, S. Exe. Baroche, Ministre de la Justice et des Cultes ; M. Vallon, Préfet du Nord ; M. de Jessaint, Sous-Préfet de Dunkerque ; M. Jean-Charles Mollet, Maire, la première pierre de l'église paroissiale de Saint-Martin, érigée par la Ville de Dunkerque, a été posée le VI novembre MDCCCLXIX par M*r René-François Régnier, archcvèque»de Cambrai, en présence des autorités civiles, militaires et religieuses ; de M. Delautre, archiprètre de l'arrondissement de Dunkerque; de M. Louis Deswarle, doyen-curé de Saint- Martin ; François-Napoléon Develle, architecte ;
Félix-Joseph Delporte, entrepreneur >*.
2° Une pièce de cinq francs en argent, à l'effigie de Napoléon III ;
3° Une expédition du procès-verbal sur parchemin.
A Dunkerque, les jour, mois et an ci-dessus, ont signé les personnes présentes.
Celte cérémonie fut imposante, Taflluence de personnes accourue de divers points de la ville et des environs était considérable. Les rues de la Basse-Ville étaient toutes ornées de guirlandes,debanderolles,de drapeaux.
Le premier projet plaçait l'église longitudinalement à la rue de Paris, la façade à l'Ouest, mais le Gouvernement exigea une nouvelle étude et le nouveau projet
plaça la façade de l'église en alignement avec la rue de Paris, en face de la rue du Fort-Louis. Mais avant de commencer les travaux, l'architecte eut la sage précaution de faire figurer cette façade sur le terrain et on reconnut que son milieu se trouvait à l'angle Est des rues de Paris et du Fort-Louis, circonstance due à l'obliquité de ces voies. On fut dès lors obligé de reculer l'édifice vers l'Ouest, mais alors on perdit deux mètres environ dans la profondeur en raison de la configuration du terrain. L'église se trouvant adossée au chemin de halage du canal de ceinture, dont la largeur est infiniment supérieure à celle qu'elle doit avoir, on demanda son rétrécissement de deux mètres, mais en vain. C'est là ce qui explique pourquoi l'édifice laisse quelque peu à désirer dans ses proportions, car sa largeur fut maintenue telle qu'elle avait été projetée.
La dépense s'est élevée à 283.087 fr. 75 pour la construction qui ont été payés sans que l'on ait dû faire l'emprunt de 200.000 francs autorisé par la loi du 9 avril 1854, autorisant en même temps la création de six centimes additionnels à percevoir pendant 12 ans.
L'église a été consacrée le 11 novembre 1867 par l'archevêque de Cambrai.
Les dépenses complémentaires ont été faites par des dons, cependant la Ville a encore fait de nouvelles dépenses, telles la construction de la grille en fer qui entoure l'église, 3.705 fr. 54, une somme de 5.297 fr. 68 pour la cloche et la pose, une somme de 710 fr. 50 pour deux clochettes sonnant l'heure, la demie et les quarts, la pose et la fourniture de l'horloge et du cadran en glace qui est éclairé la nuit, soit 2.800 francs, et enfin la subvention de 25.000 francs pour payer le mobilier et celle de 2.000 francs pour l'orgue, ce qui donne pour la Ville
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une dépense totale de 341.226 francs 47 centimes. La fabrique a dépensé 103.584 fr. 70, non compris les dons en nature. Ainsi les demoiselles Grawey ont donné 3 verrières.
Le Gouvernement a fait don de la peinture du chœur, représentant la vie de saint Martin, exécutée par Deconinck de Meteren ; M. Mollet, ancien Maire, a donné les fonds baptismaux, ce travail a été exécuté par Collesson sculpteur, élc?Ve des Beaux-Arts de Paris et d'après le dessin du frère Gratien, directeur des Ecoles Communales.
Le mobilier de la sacristie a coûté 2.200 francs.
Les peintures décoratives, faites en 1872, ont coûté 4.000 francs.
L'orgue provient de la maison Cavaillé-Coll, a coûté 21.000 francs, le buffet dû à Collesson 2.200 francs et la tribune 2.947 fr. 41. Son inauguration a été faite le 11 novembre 1875.
Presbytère. — En 1854, la Ville paya une indemnité de logement de 300 francs au desservant. En 1855,1e logement fut fixé à 650 francs et enfin en 1859 on dut payer 800 francs pour le loyer d'une maison, servant de presbytère. Aussi, dès avant le commencement des travaux, le Maire avait fait établir un projet qui fut présenté au Conseil le 23 novembre 1864 ; les plans et devis du chiffre de 41.000 francs furent approuvés à la séance du 23 février 1865 et l'adjudication passée le 8 juin suivant, au profit du sieur Delporte avec un rabais de 5 °/0. La dépense s'est élevée avec le mobilier à 43.525 fr. 70 payés par les ressources ordinaires.
Le presbytère a été mis en service en 1867.
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M. J. LEOOCQ, Membre Titulaire.
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