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III. — Installations sanitaires

Ces installations comprennent les water-closets, les vidoirs, les éviers, les lavabos, les salles de bains et baignoires mobiles, la distribution des eaux potables, le drainage des eaux usées et l'épuration de ces dernières.

Water-Closets. — Le dispositif toujours employé aujourd'hui est le siège à chasse d'eau avec siphon intercepteur.Les meilleurs modèles sont ceux du type désigné par les anglais sous le nom de Corbel ; c'est un récipient efi céramique, scellé dans le mur par des consoles et ne reposant pas sur le sol, ce qui permet le nettoyage complet de celui-ci, tandis que, dans les appareils à pied, le joint sur le sol constitue un réceptacle à microbes et le carrelage ne peut être facilement lavé autour et derrière le pied.

C'est une grave erreur de croire qu'un tuyau de chute de gros diamètre évite les engorgements ; si le diamètre est fort, si les tuyaux présentent des joints où les matières peuvent s'accrocher, la chasse n'a pas d'efficacité. Il est bien préférable d'employer des tuyaux de chute en plomb, d'un diamètre ne dépassant pas 7 à 8 centimètres, bien droits et bien lisses. Ces tuyaux doivent être prolongés jusqu'à la toiture pour assurer leur ventilation ; un petit tuyau de plomb partant de chaque siphon

et rejoignant le tuyau de chute au-dessus de l'appareil le plus élevé évite le désamorçage des siphons par l'aspiration que pourrait produire le fonctionnement de l'un d'eux agissant comme une véritable trompe à eau.

Les réservoirs de chasse doivent avoir une capacité de 13 à 15 litres ; pour être certain que l'occupant ne quittera pas sa place sans l'avoir fait fonctionner, la chasse doit être commandée par la manœuvre de la porte au moyen d'un dispositif de tringles rigides réunies par des mouvements de sonnettes.

Dans les pavillons de contagieux, il est bon de prévoir un second réservoir de chasse, de plus petite dimension, recevant une solution antiseptique ; tous les réservoirs d'un même pavillon sont alimentés, par l'intermédiaire de robinets flotteurs, par un bassin placé dans les combles. La commande est disposée de telle sorte que le fonctionnement du réservoir à antiseptique suive automatiquement celui du réservoir de chasse ordinaire.

Vidoirs. — C'est un des appareils dont l'étude demande le plus de soins. Jusque dans ces derniers temps, je le constatais avec regrets, les modèles des constructeurs français^ compris ceux adoptés dans les hôpitaux de Paris, étaient d'un type lamentablement arriéré. Seul un vidoir en étain, copié sur les modèles anglais en céramique, figurait à l'hôpital annexe de l'Institut Pasteur de Paris. Depuis peu, sur mon initiative, certains constructeurs français ont établi des modèles qui reproduisent les dispositions des meilleurs types étrangers.

Le vidoir doit être disposé de telle sorte que le contenu des bassins et des bouteilles à urine y disparaisse sans que l'opérateur courre le risque d'être éclaboussé, que par le jeu d'une pédale l'intérieur des récipients puisse

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être rapidement et complètement rincé, enfin qu'on puisse y faire le lavage des toiles caoutchoutées destinées à préserver la literie des souillures. Tous ces résultats sont obtenus en lui donnant la forme d'une cuvette creuse, avec jet d'eau pour le lavage des bassins, et réservoir de chasse pour le rinçage du vidoir luimême ; cette cuvette est reliée à une espèce d'évier où les toiles sont lavées au moyen d'un robinet muni d'un tube de caoutchouc. L'ensemble est d'une seule pièce, aucun joint ne devant pouvoir être un réceptacle à matières putrescibles, et porté, comme les sièges de waterclosets, par des consoles scellées au mur pour permettre en dessous le lavage complet du carrelage de la salle.

Dans les pavillons de contagieux affectés aux typhiques, le vidoir est complété par un appareil de désinfection formé d'une boîte en bronze de la forme du bassin ; celui-ci, après avoir été vidé, est placé dans la boîte ; une canalisation d'eau en effectue le rinçage, puis l'ouverture d'un autre robinet remplit l'appareil d'une solution antiseptique, dans laquelle le bassin séjourne le temps nécessaire. La décharge de l'appareil s'effectue dans le vidoir lui-même, qui se trouve à son tour désinfecté.

Lavabos. — Us sont constitués par des cuvettes ovales, toujours en céramique, avec robinets d'eau froide et d'eau chaude, et vidange par une valve ou un bouchon.

Salles de bain. — Les baignoires fixes les plus faciles à entretenir sont celles composées des mêmes matières que tous les appareils ci-dessus ; elles ne s'encrassent pas et ne sont pas détériorées par les bains médicamenteux. Elles ne doivent reposer sur le sol que par des pieds permettant un nettoyage facile des carrelages. La

vidange doit être siphonnée et reliée à un trop-plein pour parer aux fausses manœuvres.

La robinetterie doit être très robuste ; le mieux est d'employer des robinets en bronze de fort calibre, comme ceux qui servent dans les tuyauteries d'usines ou de navires. La robinetterie courante, acceptable dans une maison d'habitation, ne résiste pas dans un hôpital.

Les baignoires mobiles doivent être en cuivre étamé, leurs roulettes disposées de façon à assurer une stabilité complète.

Elles peuvent être placées dans l'office, ou, si l'on est à l'étroit, dans une salle de bain, où elles peuvent être utilisées en place, mais d'où elles peuvent aussi être amenées près du lit du malade. Leur robinet de vidange peut s'ouvrir au-dessus d'une sorte de petit évier en céramique encastré dans le sol.

Tous les appareils ci-dessus sont, bien entendu, reliés aux tuyaux de chute par des siphons ventilés. Les locaux qui les renferment doivent être autant que possible groupés dans une seule et même salle, au milieu ou à chaque extrémité du pavillon ; les parois doivent en être garnies sur une hauteur suffisante de carreaux céramiques, ou autres revêtements faciles à laver, le raccordement avec le carrelage et entre-murs perpendiculaires devant en être fait au moyen de gorges arrondies. Les cloisons de séparation doivent, autant que possible, ne pas descendre tout à fait jusqu'au sol pour faciliter le lavage à grande eau.

Distribution des eaux potables. — Cette distribution est assurée par des canalisations principales en fonte, placées en tranchées dans le sol extérieur ; le meilleur tracé consiste à entourer d'une ceinture complète chaque

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groupe de pavillons, avec vannes de section sous bouche à clé à chaque angle de la ceinture. De la sorte, en cas de réparation, les pavillons peuvent toujours être alimentés soit par un côté, soit par l'autre, tout au moins à Tune de leurs extrémités.

Dans chaque pavillon, un branchement pénètre dans le sous-sol au droit de chacun des groupes de locaux de service ; sur ce branchement, une nourrice en bronze, réservoir à plusieurs tubulures, munie d'autant de robinets d'arrêt que de branchements, dessert toutes les conduites de distribution intérieure.

En outre des appareils déjà décrits, il est nécessaire de prévoir en des points bien choisis des dévidoirs portant des tuyaux en caoutchouc rigides, terminés par des lances ; s'ils ont peu de chance de fonctionner comme postes d'incendie dans des locaux où presque tout est incombustible, ils sont précieux pour laver abondamment les carrelages et les parois, surtout dans les annexes et les couloirs de circulation. De petits siphons en cuivre peuvent être aménagés dans le carrelage pour recueillir ces eaux de lavage et les conduire dans la canalisation que nous allons décrire, et qui reçoit la décharge de tous les appareils dont nous avons parlé dans ce chapitre.

Drainage des eaux usées. — Les canalisations destinées à recevoir les eaux usées doivent être faites avec un soin tout spécial. Le meilleur dispositif est l'emploi de tuyaux en fonte à joints spéciaux, dits joints anglais, qui ne laissent pas entre l'emboîtement et le bout mâle d'espace où les corps solides puissent s'accrocher. Une pente régulière, obtenue par une pose au niveau à bulle d'air et le calage au moyen de petits épaulements en maçonnerie, est nécessaire.

En Angleterre, il est de tradition de donner une pente très forte, 1/40 ; l'expérience nous a pourtant démontré qu'une pente beaucoup moindre est suffisante ; mais, en tête de chaque ligne, doit exister un réservoir de chasse automatique de grand volume qui puisse, au moins trois fois par jour, balayer le tuyau par une sorte d'avalanche. Ici encore il ne faut pas croire que les gros diamètres diminuent les chances d'engorgement ; il est nécessaire au contraire que le diamètre soit assez restreint pour que l'eau coule avec une vitesse ne permettant pas à des dépôts de se former et pour que les chasses soient efficaces.

Les canalisations sont coupées en des points nombreux par des regards de visite dont le fond comporte des rigoles en ciment ou en céramique formant le prolongement même du demi-cercle intérieur de chaque tuyau : à tout changement de direction, à toute jonction d'un ou plusieurs branchements avec la canalisation principale, un tel regard doit exister, d'une dimension suffisante pour que les raccordements des rigoles s'effectuent par des arcs de rayon convenable. Les couvercles des regards, si ceux-ci se trouvent à l'intérieur des sous-sols ou des galeries souterraines, sont munis de rebords qui plongent dans une rainure remplie de graisse.

Les tuyaux de chute sont réunis aux canalisations horizontales par des boîtes de regard en fonte, dont le couvercle est généralement formé par une glace épaisse enchâssée dans un cadre en fonte, réuni lui-même au regard par un joint en caoutchouc.

Les regards doivent être munis d'un tuyau de rentrée d'air, débouchant à l'extérieur et fermé par une légère soupape en mica, de façon à ce que l'appel produit par les chasses n'y crée pas des dépressions nuisibles à la bonne circulation.

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Les canalisations d'eaux usées, qui reçoivent toutes celles des water-closets, vidoirs, lavabos, salles de bains, éviers, buanderie et cuisine (ces dernières par l'intermédiaire d'un siphon ramasse-graisse afin d'éviter l'engorgement des conduites) sont dirigées vers l'installation d'épuration. Souvent, pour obtenir la pente nécessaire, on est amené à les enterrer assez profondément et à les amener vers une citerne qui précède un appareil élévatoire ; le meilleur type est l'éjecteur à air comprimé, qui donne passage sans s'engorger aux matières solides les plus diverses, débris de linges, d'aliments, etc.

L'épuration des eaux vannes. — Avant de rejeter les eaux usées à l'égout, il est prudent, et d'ailleurs imposé par les règlements, de les rendre inoffensives par une épuration préalable. Bien des systèmes, les uns basés sur l'emploi de produits désinfectants, les autres sur les méthodes biologiques, ont été préconisés. Celui qui donne les résultats les plus certains au point de vue de la destruction des matières putrescibles est l'emploi de la fosse septique et des lits bactériens avec fonctionnement par percolation. Nous n'entrons pas ici dans leur description détaillée, bien souvent faite déjà. Disons seulement que le principe dont on doit s'inspirer est d'éloigner le plus rapidement possible les matières des pavillons habités, pour cela d'avoir recours non aux fosses multiples placées sous chaque pavillon, mais à une fosse unique où les eaux brutes arrivent par gravitation ou par refoulement. Di^pns aussi que, pour éviter la dispersion des mouches qui vivent sur les lits bactériens à certaines époques de l'année, il est utile de recouvrir ceux-ci d'une sorte de moustiquaire en toile métallique quand leur distance aux pavillons est faible.

L'cfHuent des lits bactériens, qui ne renferme plus que des quantités insignifiantes de matières organiques

et qui, si les proportions nécessaires entre la surface et le volume à traiter ont été bien observées, sont absolument limpides, peut être envoyé à l'égout ou à la rivière, ou bien encore employé en épandange, où sa teneur élevée en nitrates alcalius et terreux lui donne une certaine valeur fertilisante.

Mobilier des salles. — Il nous reste à dire un mot du mobilier même des salles de malades. La qualité qu'on doit avant tout lui réclamer est de ne pas retenir la poussière et d'être d'un nettoyage aseptique facile. Il doit donc être exempt de rideaux, de tentures, se composer autant que possible de métal ou de bois vernis, sans joints pouvant emmagasiner les microorganismes; les tables de nuit doivent avoir des formes simples, être visitables et lavables dans toutes leurs parties ; les sommiers doivent être entièrement métalliques. D'excellents types de meubles ont été réalisés par divers constructeurs ; il est malheureusement parfois difficile de lutter contre les vieilles habitudes routinières. Pour égayer les salles, on a pris dans certains hôpitaux parisiens l'excellente habitude d'y placer quelques plantes vertes, des jardinières en cuivre, qui apportent un certain air de luxe de bon aloi, sans une bien grosse dépense. C'est une pratique à recommander.

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