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SÉANCE DÛ 2 FÉVRIER

La séance est ouverte à 1 1 heures 1/2, dans la salle de la Bibliothèque Communale, sous la présidence de M. le DrG. Duriau, président.

Sont présents : MM. Bouchet et E. Debacker, vice-pré- Présences, sidents; H. Terquem, secrétaire-général ; Isoré, trésorier ; Dr Lancry, bibliothécaire-archiviste ; Lanoire, bibliothécairearchiviste adjoint ; Ml,c Crunel ; MM. Beaufils, Bion, Bled, Bonnaire, A. Boone, M. Boone, Bufquin, Cazenave, P. Collet, Denquin, L. Dreyfus, S. Dreyfus, V. Dutoict, Fesquet, Geysen, Ladureau, Lafoutry, Lecocq, Ch. Lefebvre, H. Lefebvre, H. Lemaire, commandant Lévi, sousintendant Lévy, Marix, Oury, Rolland, A. Ruyssen, Simon, Vaillant, Wade, Gory, secrétaire.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. Procès-verbal.

M. le Président annonce que tout récemment MM. Condoléances. Husson, G. Bollaert et Bou tarie ont été frappés dans leurs plus chères affections ; au nom de la Société Dunkerqttoisc, il leur a adressé ses sincères compliments de condoléances.

M. le Président adresse, au nom de la Société, ses félici- Félicitations, tations à MM. Collery, Ch. Duriau et Verlomme, nommés Officiers d'Académie ; à M. J. Trystram fils, nommé chevalier de première classe de l'Ordre suédois de Wasa et à M. Bled qui a reçu un diplôme de la mutualité.

M. le Président souhaite la bienvenue à MM. Beaufils et Réception de Boone qui assistent pour la première fois aux séances de la membres.

Société et exprime le vœu qu'ils seront pour elle des collaborateurs dévoués et précieux.

Correspondance. \j. \e Secrétaire-Général donne lecture de la correspondance qui comprend :

L'annonce du 46e Congrès des Sociétés savantes qui aura lieu à Paris du 21 au 24 avril 1908 ; une lettre de remerciements de M. G. Merlin, récemment nommé membre titulaire non résidant ; l'annonce du concours bis-annuel de Poésie et du concours de Chansons ouvert par la Société d'Emulation de Cambrai ; un accusé de réception du 45e volume des Mémoires de la Société Dunkerquaise; une convocation de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Gand ; une lettre de M. G. Bonnaire donnant la liste des conférences historiques qu'il est autorisé à faire aux sous-officiers de la garnison de Dunkerque ; enfin, un article très élogieux sur les Cahiers de la Flandre Maritime en 1789, de nos collègues MM. A. de Saint-Léger et Ph. Sagnac, publié par la Revue des Questions historiques.

Allocution de M. le Président donne lecture de l'allocution suivante :

M. le Président.

« Mes chers Collègues,

» Ma première pensée, en ouvrant cette séance, va vers ceux qui sont disparus pendant Tannée qui vienc de s'écouler et dont la mort a laissé un grand vide dans nos rangs. Nous avons eu, en effet, la grande douleur de perdre Messieurs Bellais, Dieuset, DrDemeulenaere, Léglise et Paul Terquem. J'adresse en cette séance en votre nom à tous un souvenir ému à la mémoire de ces Collègues trop tôt enlevés à notre grande famille ; et, je m'incline respectueusement et avec une profonde émotion devant celui qui fut un des fondateurs de la Société Dunkerquoise, M. Paul Terquem qui était resté

PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES XI

pour nous le trait d'union précieux entre le passé et le présent. Mes collègues et amis4 Bouchet et Debacker ont parlé avec une émotion sincère du grand disparu, ils ont fait revivre dans leur discours la part considérable que M. Paul Terquem avait prise dans la prospérité de notre Société et ils nous ont montré quelle devait être notre reconnaissance pour celui qui,après l'avoir créée,la sauva du naufrage. Je ne puis prendre après eux la parole en cette douloureuse circonstance, mais je veux leur adresser ainsi qu'à toute la Société Dunkerquoise l'assurance de notre sincère reconnaissance pour les témoignages si réconfortants de sympathie qu'ils nous ont donnés.

» Que le souvenir de ce semeur si fécond d'idées soit pour nous un stimulant puissant et puisons dans l'exemple de cette longue carrière toute de travail une ardeur plus forte pour lutter contre l'adversité. Remettons-nous donc à l'œuvre avec plus de courage et nous prouverons ainsi que les leçons que nous ont laissées nos grands morts ont porté leurs fruits et que nous voulons continuer leurs traditions qui ont fait de la Société Dunkerquoise une des premières Sociétés de province.

» Cette année 1^907 a été marquée pour nous d'un effort considérable, nous avons donné le jour à un Congrès de Sciences Historiques qui a été couronné du plus #rand succès. Les travaux des séances ont été remarquables et remarqués. Nous avons fait tous nos efforts pour que nos invités emportent de leur séjour parmi nous le meilleur souvenir. Et nous avons constaté avec joie que nos travaux otit reçu une consécration officielle et par le haut patronage que nous avait accordé le Gouvernement de la République, et par les nombreuses distinctions distribuées à nos

collègues. Un des plus brillants résultats obtenus par ce Congrès est l'impulsion donnée par notre Société à un mouvement nouveau, l'organisation du travail historique en province par l'ouverture d'assemblées similaires à la nôtre. Nous avons donc résolu par notre initiative le problème posé par le Congrès tenu lors de l'exposition d'Arras. Et ce sera une des grandes gloires de la Société Dunkerqttoise qoe d'avoir su créer un courant indispensable de travaux utiles et nécessaires à notre Histoire Nationale.

» Nous avons aussi institué un cours de Puériculture fait avec grand talent par notre collègue le Dr Duvai et qui est la mise en pratique des idées soutenues avec une conviction si éclairée, au sein de nos séances par le Dr Lancry.

» Ces deux manifestations extérieures de notre activité devaient être signalées, car avec l'œuvre des conférences continuée avec autant de succès en 1907 que les années précédentes, elles prouvent que nous voulons toujours mériter de plus en plus le droit à notre reconnaissance d'utilité publique.

» Que vous dirai-je de nos concours de prose et de poésie, sinon que chaque année ils réunissent un plus grand nombre de concurrents parmi lesquels nous sommes heureux de couronner des œuvres de talent.

» Notre concours de lecture,grâce à notre collègue Rolland qui,' avec une science consommée en a bien voulu faire la critique, a été des plus brillants.

» Nous avons eu aussi dans nos concours spéciaux le grand plaisir de couronner un de nos membres honoraires, M. Bonnaire, avec un travail très fouillé sur Télémaque.

PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES XÏII

» Nos deux volumes de Mémoires auxquels est venu s'adjoindre le premier volume du Congrès ont paru comme de coutume et, en les parcourant, vous avez pu vous rendre compte qu'ils renferment des travaux d'une réelle valeur.

» Enfin nos séances sont toujours suivies assidûment par un grand nombre de sociétaires rendant ainsi justice aux efforts faits par le Bureau pour les rendre intéressantes. Aussi avons-nous vu le nombre de nos membres s'augmenter cette année de 24 nouveaux sociétaires.

» Tel est, mes chers Collègues, le bilan très brièvement résumé des travaux de 1907.

» Nous continuerons donc en 1908 l'exécution de notre programme avec la même- persévérance et suivant la même ligne de conduite. Conférences, concours, cours de Puériculture se feront comme par le passé. Nos volumes de Mémoires paraîtront aux époques habituelles et fixes, et nous comptons donner encore en supplément à nos sociétaires, les deux derniers volumes du Congrès, le dernier tome du « Cahier des Paroisses », enfin une publication spéciale, « Les Mémoires du capitaine Duthilt », dont notre collègue le commandant Lévi nous a donné lecture dans une de nos séances. Et bien que cette année nous ne fassions ni Congrès ni Exposition, notre programme sera suffisamment chargé pour occuper notre activité et notre zèle qui ne se ralentiront pas un seul instant.

» Nous voulons vous donner ainsi un témoignage de reconnaissance pour la confiance que vous avez encore bien voulu apporter pour Tannée qui commence à votre Bureau sortant. Vous lui avez adjoint M. Lanoire, à qui je souhaite la bienvenue au nom de ses collègues du Bureau.

» Je déclare le Bureau installé pour 1908.»

Commission du m# le Président annonce que la Commission -du Déman-

Démantélement. ■

tèlement se réunira très prochainement ; des convocations spéciales seront d'ailleurs envoyées en temps utile à ses membres

Communication M. le Président donne lecture d'une circulaire qui lui a

e. Debacker. été communiquée par M. E. Debacker, vice-président et

qui, adressée en 1895 à tous les membres de la Socitti

Dunkerquoise les invitait à envoyer au secrétaire-général

... un exemplaire de leur photographie afin de former un album

qui resterait aux archives de la Société ; malheureusement, une vingtaine de membres seulement ayant répondu à cet appel, M. le Président invite à nouveau les membres de la Société Dunkerquoise à se rendre au vœu formulé par le Dr F. Duriau, alors président de la Société Dunkerquoise.

Organisation du M. le Président donne lecture des programmes des

programme des . . x .

Concours concours de Littérature (prose et poésiej, a Histoire, de pour 190». gcjences économiques et sociales pour 1908 ; ces différents progmmmes sont approuvés.

M. Rolland, rapporteur des concours de lecture, déclamation et dialogue, demande que les imprimés relatifs à ces concours soient envoyés le plus tôt possible, afin de permettre de fixer les concours dans le courant du mois d'avril ; il demande en outre qu'une démarche soit faite auprès des institutrices et instituteurs faisant partie de la commission pour qu'ils assistent aux opérations du jury ; M. le Président, après approbation de l'assemblée, déclare prendre bonne note de ce vœu et s'emploiera personnellement à sa réalisation.

M. Bouchet demande s'il y a réellement beaucoup d'intérêt à diviser le concours de lecture expressive et de diction

PROCES-VERBAUX DES SÉANCES XV

en deux sections, Tune réservée à l'enseignement secondaire, l'autre à l'enseignement primaire. MM. Rolland et H. Terquem font remarquer que cette distinction est absolument nécessaire ; il est, en effet, très vraisemblable que l'influence des milieux fréquentés par les jeunes lauréats classés dans l'un ou l'autre groupe donnerait une grande supériorité à certains d'entre eux ; ils font remarquer que cette distinction n'existe plus dans le concours de dialogue qui rassemble les meilleurs sujets des deux précédentes catégories.

Il est procédé à la composition des commissions pour Commissions 1908. Sont élus : pour I9°^'

Histoire et Lettres

MM. Bouchet, Caroulle, Emile Debacker, Maurice Deck, Desplanque, S. Dreyfus, Félizet, Fournier, d'Hooghe, Lévy, Lanoire, Lavagne, G Lévi, Minet, Rolland, Vaillant, Vollaeys.

Sciences

MM. Bion, Boutaric, Brossard, Cleenewerck, Crevelle, David, S. Dreyfus, Dubuisson, Maurice Dufour, Dr Duval, Fesquet, Dr Hullcu, Lahaussois, Dr Lancry, Dr Leblond, Charles Lefebvre, Dr de Lesdain, Marix, Dr Lemaire, Dr Merveille, Philippe, Portevin, Dr Emmanuel Reumaux, Vaneste, Dr Vézien.

Musique

M1,c Crunel, MM. Ackein, E. Bollaert, Bufquin, Caroulle, Paul Collet, Eugène Coolen, Fernand Deck, Darcq, Daniel Deckmyn, Alfred Dumont, Charles Duriau, Dutoict, Herpreck, Ladureau, Manouvriez, Néerman, Théry, Verlomme, Vigreux, Weus.

Peinture, Sculpture, Architecture

MM. Boone, Broutta, Bufquin, E. Debacker, Denquin, S. Dreyfus, Dr Duval, Falciny, Gontier, Lecocq, Jean Morel, Oury, Pannier, Potier, Poulain, Weus.

Economie Tolitique

MM. Achard, Bled, Bufquin, Paul Collet, Cazenave, Collignon, Delon, S. Dreyfus, Charles Duriau, Fockenberghe, Jubault, Dr Lancry, Lanoire, Georges Morael, Benjamin Morel, A. Ruyssen, Vollaeys, Bonnaire, sousintendant Lévy.

Lecture, Diction, Dialogue

M1,es Crunel,Decourtray. Deltour, Dubois ; MM. Ackein, Bonnaire, Caroulle, Paul Collet, Crevelle, Maurice Deck, Desplanque, Dubois, Charles Duriau, S. Dreyfus, Geysen, Gory, Ladureau, Lanoire, Henri Lefebvre, Henri Lemaire, Minet, Georges Morael, Rolland, Lucien Simon, H. Terquem, Vaillant, Vollaeys, Léon Dreyfus.

Impression

MM. Bouchet, Dr G. Duriau, H. Terquem.

Finances

MM. Bufquin, Collignon, Ch. Lefebvre.

Election ^. Picard, négociant, est nommé membre titulaire

de nouveaux > © »

membres. résidant.

Candidatures : Les candidatures de MM. de David des Etangs, receveur principal des Douanes ; Fuschs, chirurgien-dentiste, Officier d'Académie et Vormus, conservateur des hypothèques, sont annoncées ; conformément au règlement, elles resteront affichées pendant un mois dans la salle des séances.

PROCés-VERBAOX DES SÉANCES XVII

M. Bufauin donne lecture du rapport de la Commission « Gestion

...-.. rr <fu Trésorier.

des finances relatjf au compte de gestion du Trésorier, la Rapport de u Commission est heureuse de constater que l'état financier des Finances, 'de la Société est excellent, et ne peut que féliciter M. Isoré Re^d^ments. du dévouement avec lequel il s'est acquitté de ses délicates fonctions ; il serait cependant désirable qu'un relevé présentant d'un côté les sommes dues par la Société et non encore payées, et de l'autre les sommes restant à recouvrer, soit dressé. On aurait ainsi l'état exact des finances de la Société. D'ailleurs aucune observation n'a été faite sur les comptes présentés et la Commission ne peut que les approuver de tous points.

M. le Président remercie vivement MM. Bufquin et Ch. Lefebvre, qui ont bien voulu dresser le rapport dont il vient de donner lecture, ainsi que M. Isoré qui a bien voulu établir un projet de budget pour 1908, qui a également été approuvé par la Commission.

M. Bufquin fait part à la Société d'une remarque qui a été faite par la Commission lors de l'examen des pièces de dépenses accompagnant la comptabilité du Trésorier. La Société Dunkcrquoisc dépense annuellement une somme de 200 francs pour la location du piano indispensable aux auditions de la Société musicale ; la Commission pense qu'il y aurait lieu de rechercher, d'accord avec les membres de la section musicale, une solution ou moins onéteuse, ou permettant à la Société Dùnkerquoise de devenir au bout de quelques années propriétaire d'un instrument.

Après une discussion à laquelle prennent part MM. P. Collet, G. Duriau, H. Terquem, il est décidé de prendre en considération le vœu émis par la Commission des

Finances et de charger la section musicale de trouver une solution permettant d'y donner suite.

h. Terquem. M. H. Terquem dépose sur le bureau le diplôme de membre résidant%qui avait été délivré en février 185 1 à M. P. Terquem.

M. le Président remercie vivement M.. H. Terquem ; le diplôme de notre regretté président d'honneur sera déposé dans les archives de la Société ; c'est d'ailleurs le seul exemplaire qui existe encore et ce sera pour la Société un précieux souvenir.

Distribution du ..,".,

46" volume H est procédé à la distribution du 46e volume des Mé- Conférences." moires, puis M. le Président fait remarquer que la conférence qui devait avoir lieu le 28 janvier n'a pu avoir lieu par suite d'une indisposition subite qui a retenu M. Clément à Lille ; il regrette de n'avoir pu prévenir en temps utile les membres de la Société de ce fâcheux contretemps, mais la dépêche annonçant cette nouvelle est arrivée trop tard ; l'annonce en a néanmoins été faite dans les journaux et il espère que personne ne s'est dérangé inutilement. La conférence est remise à une date ultérieure et sera annoncée en temps utile aux sociétaires ; il fait observer que c'est la première fois qu'une pareille déception arrive, depuis sept ans que les conférences sont reprises.

Lecture de ^" 'e ^r Lancry donne lecture de sa communication sur m. le D'Lancry (( j^ Cï\st de la race française à Paris ».

M. le Dr Lancry examine d'abord le développement de trois familles parisiennes qui peuvent être considérées comme des familles-types ; la première est une famille |

PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES XIX

aristocratique, la deuxième une famille de la petite bourgeoisie, enfin la troisième une famille ouvrière émigrée à Paris sous le règne de LouisrPhilippe et suivie jusqu'à nos jours. Dans ces trois cas, il est bien démontré que les statistiques de naissances et de décès sont loin de présenter toute l'exactitude désirable. M. le Dr Lancry observe ensuite et décrit le milieu parisien et la famille parisienne, l'habitation et l'alimentation tant des adultes que des enfants et après une étude démographique, il conclut que :

La ville de Paris est une cause d'appauvrissement pour la race française ;

Le parisien d'origine n'existe pas; le parisien de naissance est rare ; il représente moins des 4/10* de la population totale et cela depuis au moins 80 ans ;

Le parisien de situation trop modeste pour aller se retremper chaque année à la campagne condense en ses veines le sang de plusieurs provinciaux et ne se perpétuera guère au delà de la deuxième génération ;

La vie de famille est entravée à Paris ; un quart des enfants naît en dehors du mariage légal ; les mariages sont souvent tardifs et la fécondité moyenne Hmitée à deux enfants (y compris les illégitimes) ; de ces deux enfants, un seul survivra jusqu'à l'époque du mariage et de la reproduction ;

Plus du tiers de la population parisienne naît hors de chez elle aux frais de l'assistance publique ; elle est soignée à l'hôpital, y meurt et ne peut payer son inhumation ;

L'accroissement si considérable de la population parisienne est due à une immigration constante et surabondante de la Province sur Paris.

XX SOCIÉTÉ DUNKERQUOÏSE

L'assainissement de Paris s'impose, mais le traitement radical consisterait à entraver l'émigration de la Province sur Paris ; ce sont là deux remèdes qui pourraient enrayer la crise, sans cependant l'arrêter complètement ;

Le progrès fait dans l'hygiène infantile n'est pas un remède à la dépopulation française, et la diminution de u mortalité infantile tient surtout à la diminution des naissances. Les Gouttes delait,les consultations de nourrissons, la vulgarisation de l'hygiène infantile ne sont pas à blâmer; l'amollissement de la race et la dégénérescence qui arrive à rendre tant de femmes incapables d'allaiter oblige à une science nouvelle : celle de l'alimentation artificielle eu nourrisson, mais ce n'est pas elle qui sauvera la race menacée de dépopulation ; les sciences médicales ne peuvent avoir pour objet que la conservation de l'individu et non pas sa multiplication. D'ailleurs tous les renseignements démographiques recueillis pendant le xix* siècle montrer: que la meilleure mère est celle qui a de nombreux enfants et non pas celle qui soigne éperdûment son unique enfant. Les institutions de puériculture ne sont à encourager que si la conservation d'un avorton n'est pas tellement onéreuse qu'elle empêche les parents de mettre au monde d'autre* enfants plus vigoureux.

Il est remarquable que la race humaine croît et multiplie partout où la terre est libre et se trouve à la disposition des familles ; sans la propriété collective, la classe ouvrière e*: dépouillée et disparait, remplacée bientôt par des ouvrier* immigrés : la Prusse demande ses ouvriers agricoles à la Pologne ; la France va chercher ses tâcherons en Italie et en Belgique, demain ce seront les Chinois et les Japonais

PROCES-VERBAUX DES SÉANCES " XXI

qui nous les fourniront si la terre n'est pas restituée aux ouvriers indigènes.

La dot agraire serait un mode d'organisation des biens communaux ; ce serait, surtout le long du littoral où la mer donne une ressource permanente, un moyen de constituer de puissantes populations de réserve pour compenser les vides produits dans la race française par la civilisation raffinée des grandes villes ; ce serait en outre un obstacle certain h l'exode des populations rurales.

M: le Président remercie M. le Dr Lancry du très intéressant travail qu'il a bien voulu communiquer à l'Assemblée et qui fait suite à ses deux communications précédentes: Les populations physiologiques du littoral du Nord, et à celle qui, reproduite dans les Mémoires du Congrès des Sciences Historiques, a, du reste, été l'objet d'un vœu de ce Congrès.

L'assemblée, par ses vifs et unanimes applaudissements, s'associe aux félicitations adressées au Dr Lancry par M. le Président.

L'heure avancée ne permettant pas la lecture de la communication de M. Lecocq, il est décidé de la renvoyer à la prochaine séance.

La séance est levée à une heure.

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