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SÉANCE DU 9 OCTOBRE

La séance est ouverte à 8 heures 1/2, dans la salle des séances de la Bibliothèque Communale, sous la présidence de M. le Dr G. Duriau, président.

Présences. Sont présents: MM. H. Terquem, président d'honneur; Bouchet et E. Debacker, vice-présidents; Simon, secrétairegénéral ; Lanoire, bibliothécaire-archiviste-adjoint ; Mn* Crunel ; MM. Baras, Beaufils, Bion, Bled, Bonnet, A. Boone, Caroulle, E. Collet, P. Collet, Delon, Denquin, Desplanque, Dorine, L. Dreyfus, S. Dreyfus, Dr Duval, Geysen, Guesle, Lecocq, Ch. Lefebvre, H. Lefebvre, Marix, Oury, Picard, Rolland, Sterckemann, Vaillant, Verlomme, Wade; Gory, secrétaire.

Excusés : MM. Dr Lmcry, sous-intendant Lévy.

Procès-verbal. Le procès- verbal de la dernière séance est lu et adopté

Condoléances. M. le Président annonce les décès de MM. Falciny, Cys et Dodanthun ; au nom de la Société Dunkerquoise, il a adressé à leurs familles ses compliments de condoléances, puis il fait part à l'assemblée du deuil qui vient de frapper M. G. Dumont qui a perdu sa fille ; il a envoyé au nom de la Société Dunkerquoise ses plus sincères compliments de condoléances à notre collègue, ainsi qu'à M. Salomé qui vient de perdre sa mère.

Félicitations. M. le Président adresse,au nom de la Société Dunkerquoise, des félicitations à M. Gontier, récemment promu Officier d'Académie.

PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES Ml

M. le Président souhaite la bienvenue à M. L.Dorine, Réception

d un nouveau

qui assiste pour la première fois aux séances de la Société membre. Dunkerquoise ; il émet le vœu que la Société trouvera en lui un collaborateur précieux et dévoué.

M. le Secrétaire-général donne lecture de la correspon- Correspondance, dance qui comprend, outre la correspondance administrative, une lettre de M. Willemsen, remerciant la Société Dunkerquoise de l'avoir nommé membre correspondant, une lettre de MM. G. Lefèvre, A. de Saint-Léger et Bled remerciant des félicitations qui leur ont été adressées, enfin une lettre d'un membre demandant que la Société Dunktrquoisé émette le vœu suivant :

« Plaise au Gouvernement de la République Française de Vœu présenté » donner à la Ville de Dunkerque une marque de sa solli- Pde ï* StKiété!* » citude en prenant en considération le décret de la » Convention Nationale du 17 septembre 1798, et en lui » accordant l'autorisation, comme à d'autres villes qui l'ont » déjà obtenue, de faire figurer dans ses armes la croix de » la Légion d'honneur. »

M. E. Bouchet appuie cette proposition ; M. le Président propose de laisser au Bureau toute latitude pour arriver à une solution ; cette proposition, mise aux voix, est adoptée à l'unanimité.

M. le Président signale la publication d'un ouvrage de Publication M. le commandant Lévi « La Défense nationale dans le m. le o Lévi. Nord en 1870-71 » ; il recommande vivement ce travail très intéressant à l'attention de ses collègues; M. le commandant Lévi, par ses nombreuses communications s'est, d'ailleurs, toujours montré un chercheur érudit et infatigable.

MM. R. Hecker et R. Wolf, ingénieurs des Ponts et Elections.

Chaussées, et G. Beck, armateur, sont nommés membres titulaires résidants.

Candidature. La candidature de M. Loosdreght, officier de l'Instruction publique, adjoint au maire de Saint-Pol-sur-Mer, est annoncée ; conformément gu règlement, elle restera affichée pendant un mois dans la salle des séances.

Organisation de La séance solennelle de la Société Dunkerquoise aura lieu Solennel^, le 1 5 novembre; M. le Président demande à M. le Maire de Dunkerque de bien vouloir la présider ; M. H. Terquem acceptant cette présidence, M. le Président le remercie vivement au milieu des applaudissements de l'Assemblée. M. P. Collet est chargé de l'organisation de la partie musicale ; M. le Dr Du val du rapport du concours de puériculture, et M. Rolland du rapport du concours de lecture et déclamation ; de plus des lauréats des divers concours réciteront des pièces de prose ou de poésie.

Lecture de M. E. Debacker donne lecture de sa communication sur ' 'la Saint-Martin à Dunkerque.

Après avoir rappelé la communication de M. Lecocq sur les lanternes de la Saint-Martin et la très curieuse chromolithographie communiquée par M. G. Dumont, M. E. Debacker donne lecture de renseignements très précis qui lui ont été envoyés par M. le Dr Reuter, bibliothécaire de la ville de Dusseldorf.

La fête de la Saint-Martin, fête populaire dans toute l'Allemagne, la Suisse et la Norwège, se retrouve dans les pays latins comme fête religieuse. On peut admettre que la Saint-Martin a simplement remplacé une divinité païenne germanique à laquelle.on sacrifiaic ce jour- là. Cette fête devait être tellement enracinée dans le peuple que

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l'église chrétienne dut l'adopter ; elle lui donna la signification d'une fête commémorative en l'honneur de saint Martin.

Le Synode d'Auxerre, qui se tint entre 570 et 590, protesta plus contre cette fête que contre "un usage païen ; ceci pourrait expliquer comment saint Martin fut amené à remplacer un dieu de la mythologie païenne. Depuis le IXe siècle, le jour de la Saint-Martin est un jour de fête ; c'est l'époque où, en Allemagne, on paie les fermages ; c'est le jour où les domestiques changent de places. L'usage du repas de la Saint-Martin s'est perpétué jusqu'à nos jours, il y figure une pâtisserie spéciale appelée « Cornes ou croissants de la Saint-Martin ». On avait, autrefois, l'habitude d'allumer, le jour de la Saint-Martin, de grands feux sur les montagnes ou sur les places publiques ; c'est très - probablement à cette tradition que se rattache la coutume des rondes enfantines aux flambeaux fabriqués sur place avec de grosses betteraves, des courges ou des citrouilles vidées dans lesquelles on plantait une chandelle; aujourd'hui, les lanternes sont généralement en papier. D'un autre côté, les enfants réunis en petits groupes demandaient, en chantant, une offrande au nom du saint, bienfaiteur et ami des pauvres ; cet usage est tombé en désuétude. A Dusseldorf les fêtes ont été pendant longtemps purement enfantines, mais depuis une vingtaine d'années, les étudiants, formés en cortège et précédés d'une musique, parcourent les rues de la ville en chantant des hymnes en l'honneur de saint Martin.

Le Dr Reuter croit que la légende de l'Ane que saint Martin cherche dans les dunes n'a pris naissance que longtemps après la célébration de la fête ; d'autre part, il

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fait remarquer que la Saint-Martin est fêtée dans les pays protestants depuis plus de 400 ans, en l'honneur de Luther né le 10 Novembre et qui porte le prénom de Martin.

M. Debacker décrit ensuite la fête de la Saint-Martin telle qu'elle se fait de nos jours ; il rappelle la légende de l'âne de saint Martin et compare la fête célébrée à Dunkerque à celle de Dusseldorf. Il constate qu'il n'existe aucune trace du passage en Flandre de saint Martin ; d'autre part, la première mention historique relative à la bourr gade qui donna naissance à Dunkerque remonte à la fin du vne siècle, c'est-à-dire 300 ans après la mort de saint Martin et cette bourgade primitive fut évangélisée par saint Eloi ;-rhypothèse du Dr Reuter qui fait remonter au paganisme l'origine de la Saint-Martin semble donc plus plausible. La divinité païenne à laquelle il fait allusion est très vraisemblablement Odin, adoré en Germanie sous les noms de Wotan, Wodon ou Wuodan. L'église catholique dut adopter sa fête et la consacra à saint Martin ; le peuple adopta facilement cette substitution qui adaptait au mieux, par un simple changement de nom, une fête chrétienne à une coutume païenne. Cette fête se perpétua chez les Germains jusqu'à l'apparition du schisme de Luther. Les réformés, partisans de Luther, profitèrent du prénom de l'apôtre de la doctrine nouvelle pour faire de la Saint-Martin traditionnelle une fête en l'honneur du moine réformateur dont le jour de naissance se célébrait à la même date que celui de l'évêque de Tours,'et rien ne fut changé aux têtes consacrées par une longue tradition.

Mais, malgré leurs efforts, les partisans de la réforme ne purent jamais s'établir ni dans les Flandres ni en Belgique ; la légende saxonne de la Saint-Martin était trop profondé-

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ment ancrée chez eux et les réformés lui ayant donné Luther pour patron, il est vraisemblable que, par un anachronisme hardi, saint Martin remplaça saint Eloi, premier apôtre des Dunes et fondateur de Duyn-Kerk. L'histoire offre d'ailleurs, dans tous les temps et dans tous les pays, des exemples de perpétuation d'un même usage pour les besoins d'une cause nouvelle, par un simple changement de nom.

M. le Président remercie vivement M. E. Debacker de la très -intéressante communication qu'il vient de foire ; il le prie de bien vouloir continuer les recherches qu'il a commencées et émet le vœu que notre collègue pourra bientôt nous donner, sur le même sujet, une nouvelle communication qui sera aussi chaudement accueillie que jette dernière.

M. Simon donne lecture d'une notice biographique Communication relative à M. Arnould-Claude Gallois, né à Paris le 17 a.-c. Gallois, anvier 1773 . Capitaine à l'âge de 21 ans, il fut aide-de-camp du général Régnier à Dunkerque. Ce dernier fut un des précurseurs de l'aviation : Régnier avait fait fabriquer ?n 1795 un aigle gigantesque qui devait prendre son roi du haut de la Tour. M. Gallois, invité à s'envoler tvec lui, refusa; il eut raison, car le malheureux aviateur ne éussit qu'à se briser une cuisse en s'abattant sur le pavé de a place de la Liberté. M. Gallois dut, pour raisons de santé mtrer dans l'administration. Administrateur du département le la Lys, puis sous-préfet d'Ypres, il fut nommé, à la perte l* la Belgique par la France, un des premiers Chevaliers de a Légion d'honneur. Peu de temps après, il refuse un titre [e sénateur en Belgique, disant qu'il était Français et voulait nourir Français. Nommé sous-préfet à Lure (Haute-Saône) l est remarqué par le duc de Berry; en 1815 il reçoit

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