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SÉANCE DU 4 SEPTEMBRE

La séance est ouverte à 8heures 1/2 dans la salle de la Bibliothèque Communale, sous la présidence de M. le Dr Duriau, président.

Sont présents : MM. Bouchet et E. Debacker, vice-pré- Présences, sidents ; Simon, secrétaire-général ; Dr Lancry, bibliothécaire-archiviste ; Lanoire, bibliothécaire -archiviste-adjoint ; Bion, Bled, Bonnet, A. Boone, E. Collet, L.Dreyfus, S. Dreyfus, H. Lefebvre, H. Lemaire, Lemaire-Bonpain, sousintendant Lévy, Picard, Portevin, Poulain, A. de Saint- Léger, Verlomme, Vormus, Wade ; Gory, secrétaire.

Excusé : M. H. Terquem.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. Procès-verbal.

M. le Président fait part à l'Assemblée du deuil qui Condoléances, vient de frapper M. A. Ruyssen qui a perdu sa mère ; au nom de la Société Dunkerquoise, il a envoyé à notre collègue ses sincères condoléances.

M. le Président adresse au nom de la Société des féli- Félicitationscitations à M. Bled, récemment promu officier de Tordre du Nicham Iftikar.

M. le Secrétaire-Général donne lecture de la corres- Correspondance, pondance qui comprend, outre la correspondance administrative, des lettres de M. J. Guilbert, remerciant des condoléances qui lui ont été adressées ; de M. A. Allemès, remerciant des félicitations qui lui ont été envoyées lors de sa nomination dans la Légion d'honneur ; enfin, deux

SOCIÉTÉ DUNKERQUOISÉ

Elections.

Nouvelles candidatures.

lettres de démission de MM. E. Deckmyn et L. Philippe, ce dernier obligé de quitter Dunkerque.

Mme Manier, imprimeur-éditeur ; M. Lespilette* secrétaire en chef de la Mairie de Dunkerque, officier de l'Instruction publique, sont nommés membres titulaires résidants ; M. R. Lambrecht est nommé membre titulaire non résidant.

Sur la proposition dç M. le Président, M. Willemsen, président du cercle archéologique du Pays de Waes, est nommé, par acclamations, membre correspondant.

Trois nouvelles candidatures, celles de MM. R. Wolf, R. Hecker, ingénieurs des Ponts et Chaussées, et G. Beck, armateur, membre de la Chambre de Commerce, comme membres titulaires résidants, sont annoncées ; conformément au règlement, elles resteront affichées pendant un mois dans la salle des séances.

meurtrières.- La dot agraire »

Distribution 'Il est procédé à la distribution du deuxième volume des des Mémoires Mémoires du Congrès des Sciences Historiques et de l'étude de «CLefviUe8 sur 'a dépopulation « Les Villes meurtrières — La dot agraire » de MM. les docteurs G. Lancry et A. Guériilon. M. le Président remercie tout particulièrement le I> Lancry qui a bien voulu permettre à la Société Dunkcrquàst de ranger cet intéressant travail parmi les ouvrages qu'elle a édités.

Conférence. M. le Président annonce que M. de Nouvion viendra très prochainement faire une conférence sur l'économiste dunkerquois Coquelin.

Communication M. le sous-intendant Lévy donne lecture des Mémoires

de M. le sous-

intendant Lévy. de Latrobe, commissaire des guerres sous la Révolution et

PROCES-VERBAUX DES SEANCES LV

l'Empire. J. Joachim Latrobe naquit à Villeneuve en Lan- £uedoc,le 29 mars 1771. Au moment de la Révolution, il quitte la maison de commerce de Montauban où il était employé pour s'enrôler et devenir peu de temps après Premier volontaire de la ville de Montauban. En cette qualité, il prend part à tous les combats de l'armée du général Baernouville. Gravement malade après la campagne, il obtient d'être placé à Bouzonville comme rommissaire des guerres, puis part à l'armée de la Moselle :omme chef des bureaux du général Lagrange avec lequel 1 prend Trêves; puis le 20 prairial an III,il entre à Luxembourg et est chargé des services administratifs de la 4e division commandée par le général de division Delmas ; :e dernier, d'une humeur intraitable, se querelle souvent ivec Latrobe, croise même le fer avec lui, et notre héros le doit son salut, malgré son énergique défense, qu'à 'intervention du frère du général. A Belhem, le général Delmas, furieux d'avoir reçu une lettre anonyme qui l'avait quelque peu malmené, fait bâtonner tous les employés de a section des fourrages ; Latrobe intervient et fait remarquer au général Delmas que cette singulière manière d'agir l'a très probablement pas atteint le coupable. Revenu à le meilleurs sentiments après ces remontrances, le général Delmas rassemble les malheureux employés et leur offre ane réparation par les armes, réparation d'ailleurs refusée, :e qui attire aux bâtonnés une verte semonce de Latrobe ;ur leur peu de courage et leur singulière compréhension le l'honneur.

La campagne du général Moreau sur le Danube terninée, Latrobe, après avoir été successivement sous les ordres des généraux Moblor, Sainte-Suzanne et Ney, reçoit 'ordre de se rendre à Bastia où il arrive à la fin de l'année

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1802 ; il y demeure jusqu'en 1809 et ^ rend à Tannée d'Espagne en qualité de sous-inspecteur aux revues. Ii rejoint son corps à Cordoue et assiste dans cette ville à une course de taureaux donnée en l'honneur du roi Joseph Napoléon. Il fait la campagne d'Espagne et de Portugal, assiste à quelques combats et enfin rentre à Montauban, puis le 30 mai 1 813 à Paris où il est chargé de la liquidation des comptes de la Grande-Armée.

M. le Président remercie M. le sous-intendant Lévy de son intéressante communication qui a été vivement applaudie. Il espère que M. le sous-intendant Lévy voudra bien continuer ces mémoires et en faire l'objet d'une nouvelle communication. .

Lecture de m, Portevin donne lecture d'une étude sur « L'outillage

M. Portevin. ^

des hôpitaux modernes », dans laquelle il étudie et passe en revue les meilleures conditions d'installation d'un hôpital. Il montre qu'il est préférable à de nombreux points de vue que l'hôpital soit composé de pavillons isolés, divisés en salles contenant de 16 à 20 lits au maximum avec salles d'isolement, chambre de garde, office, lavabos, W.-C, salles de bains, etc.; ces pavillons seront autant que possible sans étage, d'autres pavillons renfermeront les logements, les bureaux et les machines produisant la vapeur d'eau nécessaire au chauffage et l'électricité pour l'éclairage. Ces divers bâtiments devront être reliés entre eux par des galeries souterraines, spacieuses e: bien éclairées, une partie servant à la circulation, l'autre réservée aux canalisations d'eau et d'électricité. Enfin, s':\ est possible, ces pavillons seront placés au milieut d'un errain planté d'arbres.

Le meilleur moyen de chauffige est celui qui utilise

PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES LVIJ

la vapeur détendue en passant par le moteur des machines électriques ; les eaux condensées sont déversée dans une citerne d'où une pompe les renvoie de nouveau dans les générateurs ; il y a de cette façon une notable économie d'eau et l'encrassement des chaudières est réduit à son minimum. La ventilation des diverses salles se fait au moyen d air chaud filtré par son passage à travers des sacs de flanelle, de cette façon les courants d'air froid, dangereux quelquefois pour les malades, sont totalement supprimés.

L'éclairage est obtenu au moyen de lampes électriques par l'incandescence, qui ont l'avantage de ne pas faire varier la température et de ne pas vicier l'atmosphère ; d'un autre côté l'électricité peut être employée comme force motrice pour les ventilateurs, pompes etc. ; cette électricité peut être produite à peu de frais par des dynamos et une partie mise en réserve dans des accumulateurs.

Les services de transport intérieurs seront assurés au moyen de tricycles à roues caoutchoutées et de montecharges hydrauliques pouvant servir d'ascenseur pour le transport de lits roulants montés sur roues de bicyclettes, chaque fois que le transfert d'un malade d'une salle dans une autre sera jugé utile.

Les installations sanitaires comprendront des W.-C.avec chasse d'eau commandée par la porte et munis d'un siphon interrupteur du modèle désigné par les Anglais sous le nom de Corbel ; des vidoirs,disposés de façon que l'opérateur ne soil pas éclaboussé et que les récipients soient rapidement rincés ; on doit pouvoir y laver les toiles caoutchoutées provenant des literies ; des salles de bains avec baignoires fixes ne reposant que par des pieds permettant un nettoyage facile du carrelage.

LVIH SOCIÉTÉ DUNKERQUOISE

L'eau potable sera abondamment distribuée partout, le drainage des eaux usées sera fait au moyen de canalisations munies de regards de visite ; les couvercles de ces regards se trouvant munis de rebords plongeant dans une rainure remplie de graisse. Les eaux vannes seront dirigées sur une fosse unique où elles seront désinfectées puis envoyées à l'égout ou employées à l'épandage.

Le mobilier des salles ne comprendra ni rideaux ni tentures, mais se composera de métal ou de bois verni, sans joints ; les sommiers seront métalliques, le tout facilement lavable.

L'hôpital doit comprendre encore des cuisines et ses dépendances, une boucherie, une panneterie, une laverie, une pharmacie avec laboratoire, une buanderie et une lingerie, etc. La désinfection des linges et instruments divers doit être faite dans deux salles, une pour les objets infectés, l'autre recevant les objets après désinfection ; dans la cloison de séparation de ces deux salles est engagée l'étuve ; de plus, une chambre à soufre pour la destruction des divers parasites se rencontrant dans les vêtements des hospitalisés pourra être également installée.

Les transports extérieurs des malades et blessés devront se faire au moyen de voitures spéciales munies de litsbrancards, ces voitures seront de préférence automobiles, ce qui permet de supprimer à l'intérieur de l'hôpital les odeurs d'écurie et les dépôts de fumier.

Les moribonds devront être isolés ; quant aux cercueils renfermant des restes funèbres, il est bon de les mettre dans un local aussi éloigné que possible des salles de malades et possédant une sortie spéciale.

PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES LIX

Enfin il devra y avoir deux salles d'opérations, une pour les opérations aseptiques, l'autre pour les opérations septiques, entre ces deux salles sera installé le laboratoire de stérilisation et autres locaux annexes. Ces salles seront éclairées par des lampes à incandescence placées au-dessus de la table d'opération et commandées par deux circuits, l'un relié au courant normal, l'autre venant directement de la batterie d'accumulateurs. La table d'opérations et fa salle seront maintenues constamment à la température de 300.

M. le Président remercie vivement M. Portevin de cette intéressante et très complète étude, ces remerciements sont d'ailleurs soulignés par les nombreux applaudissements de l'Assemblée, qui a manifesté à plusieurs reprises tout l'intérêt qu'elle prenait à cette lecture.

L'heure avancée ne permettant pas d'épuiser l'ordre du jour, la communication de M. E. Debacker sur les origines de la Saint-Martin est renvoyée à la prochaine séance.

La séance est levée à to heures 1/2.

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