LX1X
séances de la Société Dunkerquoise ; il espère trouver en eux des membres dévoués et des collaborateurs précieux.
M. le Secrétaire-général donne lecture de la correspon- Correspondance, dance qui comprend, outre la correspondance administrative, une lettre de M. A. Gontier, remerciant des félicitations qui lui ont été envoyées ; des lettres de MM. R. Wolf et Hecker, remerciant de leur admission dans la Société Dunkerquoise ; enfin une lettre du secrétaire-administrateur du Syndicat de la Métallurgie demandant à la Société Dunkerquoise de décerner un prix à un des meilleurs élèves du cours de métallurgie. M. le Président met cette demande aux voix ; il est décidé, à l'unanimité, que la Société Dunkerquoise accordera le prix demandé.
M. le Président annonce que M. Médéric Dufour fera Conférence. le 13 novembre une conférence sur « Le rire de Molière ».
M. L. Loosdreght, adjoint au Maire de Saint-Pol-sur- Elections. Mer, Officier de l'Instruction publique, est élu membre titulaire non résidant ; M. Watteau est, sur sa demande, admis à nouveau membre titulaire résidant.
La candidature de M. Decrombecque, percepteur de Candidature Petite-Synthe, comme membre titulaire résidant, est annoncée ; conformément au règlement,elle restera affichée pendant un mois dans la salle des séances.
M. le Secrétaire-général donne les résultats des concours concours de de poésie et de prose ; la Commission demande pour ces oesic ct concours : i° pour le concours de poésie : 2 médailles de vermeil, 1 médaille d'argent, 1 médaille de bronze, 3 mentions. — 2° pour le concours de prose : 2 médailles de vermeil, 1 médaille d'argent, 1 médaille de bronze, 3 mentions.
LXX SOCIÉTÉ DUNRKRQUOISE
L'assemblée ratifiant ces demandes, il est procédé à Touverture des enveloppes contenant les noms des lauréats ; ce dépouillement donne les résultats suivants :
Concours de Poésie
i° Médailles de vermeil : Nostalgie, par Mme Juan a Richard Lesclide, à Vincennes.
Lieder, par MUe C. Pied, à Nantes.
2° Médaille d'argent : Vieille Chanson, par M. Roger Reigner, à Stuttgart (Allemagne).
3° Médaille de bronze : Mélancolies d'automne, par M; H. Lezay, à Briançon.
4° Mentions : Le Souvenir, par M. L. Bonnefoy, homme de lettres, à Lyon.
Sonnets Tyrénéens, par M,le Cochet, à Tours.
Les cèdres du Liban, par M. M.-J. Ronchail, à Paris.
Concours de Prose
i° Médailles de vermeil : L'Effacée par M. et Mm* Henr\ et Wilma Lezay, à Ste-Catherine de Briançon.
La dame de Pey-Herland, par M. H. Fromont, à Lagruère par le Mas d'Agenais.
2° Médaille d'argent : Monsieur Gandourita, par M
Robert de la Villehervé, au Havre.
3° Médaille de bronze : Le grand secret, par M. Jean du Sandillat, à Paris.
PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES
4° Mentions : Le verger, par M. Noé Cnletan, à Paris.
Un mariage idyllique, par Mmr Juana Richard Lesclide, à Vincennes.
Les nouvelles de Flandre, par M. P. Debeyre, à Lille.
Mémoire
envoyé hors
concours.
Cours de Puériculture.
M. Bouchet présente un rapport sur un mémoire hors concours portant comme devise « Bien faire et laisser dire » et intitulé « La Civilisation moderne ». Après avoir exposé le plan général de ce travail, M. Bouchet présente les critiques que la Commission a formulées ; néanmoins il propose de décerner à l'auteur une médaille d'argent. Cette proposition étant approuvée, il est procédé à l'ouverture de l'enveloppe contenant le nom de l'auteur. M. le Président est heureux de proclamer le nom de M. Bonnaire et de le féliciter au nom de la Société Dunkerquoise.
M. le Dr Duval donne lecture de son rapport sur le concours ouvert entre les élèves du cours de puériculture ; les résultats obtenus ont été excellents et les compositions très satisfaisantes ; il demande qu'il soit attribué à ce concours : une médaille d'argent, une médaille de bronze, deux 3e prix, un 4e prix et 5 mentions. Ces demandes étant approuvées, M. le Président fait remarquer que la médaille de vermeil et la médaille d'argent sont offertes par notre collègue M. A. Dumont. Au nom de h Société Dunkerquoise, M. le Président remercie M. A. Dumont qui a bien voulu donner ainsi une nouvelle marque du grand intérêt qu'il porte à la Société.
M. le Président annonce que la Séance solennelle aura Organisation lieu le 1 5 novembre dans la salle des fêtes de l'Hôtel des Solennelle. Pompiers, sous la présidence de M. H. Terquem, maire de Dunkerque. Le programme comprendra, outre les comptes-
rendus des divers concours, des morceaux récités par 'x\ lauréats ; la section musicale se fera également entendre
Communication ^| Deniolière donne lecture de sa communication ^
de
M.Demolièrc. « Les Corsaires dunkerquois sous Louis XIV ». Dans ce:-. intéressante étude, M. Demolière nous ramène au terr. de Duguay-Trouin, Forbin et Jean Bart. La marine rr. taire de Louis XIV était, en 1674, en très mauvais état :: l'argent manquait dans les coffres de l'Etat pour perme:: i de l'organiser et de l'armer convenablement. Louis X" trouva très pratique de donner à des marins intrépides c: : l'esprit aventureux, des « lettres de marque » leur remettant de prendre la mer et de saisir par la force u~ bâtiment d'une nation ennemie ; afin de les encourager, . saisie était partagée à raison du tiers pour le roi, un u pour l'armateur et un tiers pour l'équipage. Les armait:/ de Dunkerque qui armèrent des navires pour la « cou:^ furent nombreux ; quelques-uns de ces navires n'avav' pas un grand tonnage, d'autres étaient presque impror'; à la navigation. Quoi qu'il en soit, Louis XIV trouva une quantité de navires suffisamment armés pour défc: :* nos côtes et, de plus, une source de revenus pour ^ Trésor.
Les équipages étaient composés de marins décidés à u braver pour faire une bonne prise ; néanmoins, mal !o l mal soignés, rebutés par les dangers parfois très grz ^ qu'il fallait courir, plusieurs désertèrent. M. Demolière c plusieurs rapports de mer de capitaines de corsaires • rapportant à ces épisodes et termine par Pénuméra: de quelques corsaires attachés à Dunkerque.
M. le Président remercie M. Demolière de sa très :! := ressante communication qui a été vivement applaudie '.
PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES LXXIII
le prié de vouloir^ bien donner, à la prochaine séance, la suite de cette très intéressante étude.
M. Boutaric, après avoir montré les ravages produits Communication
, , , . 111 % . i , de M. Boutaric.
dans le monde entier par la tuberculose, après avoir démontré, d'après les travaux les plus récents qu'elle peut se transmettre des bovidés aux hommes, constate le danger terrible qui peut en résulter. Le lait, en effet, est l'aliment par excellence de l'enfance et des malades, si donc il contient des bacilles de la tuberculose, il devient un propagateur de la maladie. Car il ne faut pas oublier que la stérilisation pas plus que la pasteurisation ou tout autre procédé, à moins d'être conduits d'une façon absolument technique, ne parviennent pas, dans la majorité des cas, à détruire le bacille de la tuberculose ; et lorsque même les stérilisations sont parfaites, elles altèrent la composition du lait de telle façon que ce produit purifié peut occasionner différentes maladies par ralentissement de la nutrition. Le lait, lorsqu'il est livré à la consommation, devrait donc être sain et exempt de tout microbe pathogène. Or à Dunkerque malheureusement, d'après une enquête conduite méthodiquement par l'auteur, 33 °/0 des vaches sont tuberculeuses. Et en disant Dunkerque, il faut entendre Malo, Rosendael, Coudekerque-Branche, S'-Pol, Petite- Synthe. Cette statistique déconcertante fait frémir, d'autant plus que la loi n'est nullement armée contre ce fléau dévastateur.
M. Boutaric, après avoir décrit le mal, propose un remède à ce déplorable état de choses et indique une série de mesures rationnelles destinées à triompher et de cette tuberculose et de l'esprit de routine des nourrisseurs, protégés en l'espèce par l'impunité que leur donne la loi. Il
faudrait d'abord créer un petit laboratoire à la tête duquel on mettrait un ou deux hommes de science et de pratique compétents Ces deux praticiens rechercheraient la présence du bacille dans des échantillons du lait livré à la consommation. Cette constatation faite au moyen du microscope et d'injections péritonéales chez des cobayes très sensibles à ce bacille, permettrait de connaître les laiteries infectées et d'y rechercher, par l'emploi des inoculations révélatrice* de tuberculine, les animaux malades. Ceux-ci, ne pouvant plus servir à la production du lait, seraient envoyés j l'abattoir, et cette élimination, assurant l'épuration rapicc des étables, ne laisserait livrer à la consommation que du lait sain et non plus homicide. De plus et concurremment. ces deux praticiens donneraient des conseils d'hygiène aux nourrisseurs soit pour la tenue de leurs étables, soit pour l'alimentation des animaux qu'elles contiennent, soit enfin pour la traite des mêmes animaux faite à l'heure actuelle d'une façon très défectueuse et pouvant amener d autres maladies que la tuberculose. Enfin on apprendrait aux nourrisseurs qu'il n'y a rien de plus malpropre, ni de pljs dangereux que leur procédé actuel qui consiste à coller, pour obturer le goulot des bouteilles de lait, des étiquettes mouillées avec de la salive.
Tel est donc le remède, remède qui n'a jamais été tenic dans aucune ville et que propose M. Bou tarie, mais il Lu;* une sanction. Elle serait trouvée dans l'application, sur lebouteilles de lait reconnu venant de laiteries indemnes e: bien tenues, d'une bande imprimée, délivrée par le laboratoire, relatant sa bonne qualité. Ce serait la prime j: nourrisseur-laitier sous forme de réclame gratuite pour ses produits, en même temps qu'une sérieuse garantie pour le public consommateur.
PROCES-VERBAUX DES SEANCES LXXV
Pour réaliser ce problème, il reste à trouver les moyens d'établir le budget nécessaire à son fonctionnement. Dunkerque n'a pas assez, pour l'alimentation en lait de ses habitants, des laiteries y existant et doit avoir recours à la banlieue. Dans ces conditions, il faut donc créer une association des communes suburbaines qui permettra ainsi d'assurer pécuniairement cette œuvre d'une utilité sociale de premier ordre. En se mettant à la tête de ce mouvement, Dunkerque entrepreii'lra une véritable croisade suivie de succès, non seulement contre le terrible fléau de la tuberculose, mais encore contre les infections d'ordre secondaire qui rendent si souvent le lait fatal aux nourrissons.
Cette très intéressante communication, suivie avec une grande attention par toute l'assemblée, est accueillie par d'unanimes applaudissements ; le Président remercie M. Boutaric d'avoir bien voulu apporter à la Société Dunkerquoise le fruit de ses observations professionnelles. Il souhaite que sa voix soit entendue en dehors de cette enceinte et qu'on organise à Dunkerque, ainsi que dans les communes suburbaines, une lutte vigoureuse contre la tuberculose d'après les procédés préconisés dans cette communication.
M. le Maire, Président d'honneur, assure M. Boutaric que ses paroles porteront leur effet, et qu'il espère leur faire donner dans une autre assemblée la sanction qu'elles comportent.
Rien n'étant plus à l'ordre du jour, la séance est levée à 10 heures 1/2.