‹ MémoiresChapitre 90 sur 111 · SÉANCE DU 4 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 4 DÉCEMBRE

La séance est ouverte à 8 heures 1/2, dans la salle d: la Bibliothèque Communale, sous la présidence de M. . Dr Duriau, président.

Présences. Sont présents : MM. H.Terquem, président d'honneur E. Bouchet et E. Debacker, vice-présidents ; Simon, seerttaire-général ; Dr Lancry, bibliothécaire-archiviste ; M Crunel ; MM. Baras, Beaufils, Bion, Bled, A. Boone, M Boone, Boutaric, Bufquin,Cazenave, Cleenewerck, P.Coiie:. Desplanque, L. Dreyfus, S. Dreyfus, Dutoict, Gevser. Goetghebeur, Guesle, Husson, Lecocq, Ch. Lefebvre, H Lefebvre, sous-intendant Lévy, Loosdreght, Oury, Picirc. Poulain, Rolland, Sterckemann, Vaillant, Verlomme, \\ : mus, Wade, Gory, secrétaire.

Excusé : M. Demolière.

Procès-v«rbai. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et ado?:.

A propos de la lecture du procès- verbal, M. le Dr Lan.fait remarquer que l'expression « Le lait homicide », employée par M. Boutaric dans sa dernière communication. semble impropre. Un échange de vues a lieu entre V Boutaric et M. le Dr Lancry.

Séance Le procès- verbal de la séance solennelle est lu et ador:t

solennelle.

Condoléances. M. le Président fait part à l'assemblée du deuil qui vit-*" de frapper MM. G. Félizet et A. Bollaert qui viennent ^:

PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES LXXVII

perdre, Pun son père, l'autre son frère ; au nom de la Société Dunkerquoise, il leur adresse ses plus sincères compliments de condoléance.

M. le Président souhaite la bienvenue à M. Loosdregt Réception d'un

° nouveau

qui assiste pour la première fois aux séances de la Société membre. *Dunktrquoise ; il est persuadé que nous trouverons en lui un collaborateur précieux et dévoué.

M. le Président donne lecture d'appréciations très flat- ^jj^^f teuses du travail de notre collègue M. Bouchet sur « Le w f, dne ,

° M. b. Bouchet.

Général Lemaire », parues dans la « Revue militaire Suisse » et dans la ce Revue d'Histoire rédigée par l'Etat-Major de l'armée ». Il en félicite vivement M. Bouchet.

M. le Secrétaire-Général donne lecture de la correspon- Correspondance. dance qui comprend, outre la correspondance administrative, une lettre de M. Loosdregt remerciant la Société Dunkerquoise de l'avoir admis parmi ses membres ; une lettre de M. A. Dodanthun remerciant des condoléances qui lui ont éié envoyées ; l'annonce du Congrès des Sociétés Savantes qui se tiendra à Rennes en 1909 ; enfin une lettre du Directeur général de la statistique de l'Uruguay proposant d'échanger ses publications avec les noires.

Cette demande, mise aux voix, est repoussée.

M. le Président dépose sur le Bureau les ouvrages sui- Don d'ouvwges vants :

« Bailleul — Pages d'histoire locale » par M. J. Ficheroulle, membre du Comité flamand de France ;

a Autour d'un projet de canal d'Anvers à la mer à travers le pays de Wacs au XVIIe siècle », par M. G. Willemsen, président du Cercle Archéologique du pays de Waes,

IAXVIII

Election du Bureau.

Organisation des concours pour 1909.

membre titulaire de l'Académie royale d'Archéologie de Bruxelles.

Des remerciements sont votés à MM. Ficheroulle et G. Willemsen pour le don de ces ouvrages qui seront mis en bonne place dans la bibliothèque de la Société.

L'ordre du jour appelle l'élection du Bureau.

Sont élus pour l'année 1909 :

Président : M. le Dr Duriau.

Vice-présidents : MM. E. Bouchet et E. Debacker.

Secrétaire-général ': M. Simon.

Secrétaire-adjoint : M. Gory.

Trésorier : M. Isoré.

Bibliothécaire-archiviste : M. le Dr Lancry.

Bibliothécaire-archiviste-adjoint : M. Lanoire.

Il est décidé que seront organisés pour l'année 1909 : . i° un concours de littérature (prose et poésie) ; 20 un concours d'histoire ayant pour sujet la monographie d'une commune de l'arrondissement de Dunkerque ; 30 un concours de Sciences auquel sera affecté le prix Paul Terquem ; 40 un concours de lecture, déclamation et dialogue ; enfin, comme chaque année, les travaux soumis à la Société Dunkcrquoise et non compris dans les questions se rapportan: aux concours ci-dessus seront, s'il y a lieu, récompensés.

Le concours de sciences économiques et sociales, clos en 19 10, et ayant pour thème « L'Histoire économique du Port de Dunkerque pendant le XIXe siècle ; effets de révolution de l'industrie maritime à Dunkerque » est maintenu au programme.

PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES

Le concours sur renseignement professionnel et l'apprentissage n'ayant jusqu'à présent donné aucun résultat, est supprimé.

M. E. Bouchet demande qu'un projet de diplôme soit mis au concours ; les attributs devront également pouvoir servir de têtes de lettre, etc. MM. Debacker et Terquem appuient cette proposition ; M. Terquem rappelle qu'un de nos collègues, M. Félizet, avait déposé un projet de concours dans ce sens. La proposition de M. E. Bouchet est adoptée et renvoyée à la commission des Beaux-Arts.

M. Decrombecque, percepteur de Tétéghem, est élu Election d'un membre titulaire résidant. membre.

La candidature de M. Dagoury, chef d'exploitation de la Présentation de Compagnie des Eaux de Dunkerque, comme membre titu- Smîudats. laire résidant, et celle de M. Lebel, juge de paix du canton Est de Dunkerque, comme membre titulaire non résidant, sont annoncées ; conformément au règlement, ces deux candidatures resteront affichées pendant un mois dans la salle des séances.

M. le Président excuse M. Demolière qui devait donner la suite de sa communication sur « Les Corsaires dunkerquois sous Louis XIV », mais qui a été obligé de s'absenter, et donne la parole a M. Lecocq, qui, en quelques pages pleines d'humour, fait revivre un coin de Paris, où une partie de son enfance s'est écoulée.

Après avoir accordé un souvenir ému à son père et rapporté une anecdote très amusante se passant pendant la révolution de 1848, alors qu'il allait à la même pension qu'Anatole France, il décrit le plaisir qu'il éprouvait à entendre et à voir le Guignol des Champs-Elysées. Il

Lecture de M. Lccocq.

évoque, avec beaucoup d'esprit et de vivacité, la joie et l'étonnement des bambins qui recevaient des mains de Polichinelle la juste récompense de leur sagesse, mais qui n'avaient aussi parfois que des verges, juste prix de leurs

méfaits.

M. le Président remercie M. Lecocq de l'excellente lecture qu'il vient de faire et qui lui a valu les applaudissements unanimes de l'assemblée.

Lecture de M. Desplanque a fait une étude de la vie de notre regretté espanque. cojj£gUe ^j Dodanthun, dont il donne lecture sur la demande de M. le Président.

M. Dodanthun fut admis en 1872 membre titulaire résidant de la Société Dunforquoise, secrétaire-adjoint en 1874, il fut nommé membre honoraire en 1895- Resté fidèle à notre Compagnie pendant la crise qu'elle traversa de 1878 à 1880, il fut un de ceux qui contribuèrent à la tirer de sa léthargie et qui lui donnèrent une nouvelle et forte impulsion. Il commence en mars 1895 un catalogue des ouvrages de la bibliothèque de la Société Dunkerquoise et reçoit, en signe de reconnaissance, le titre de membre honoraire. Il écrivit peu, le temps matériel lui faisant complètement défaut ; il préféra très probablement produire peu que de donner un travail hâtif ou, à son avis, incomplet. Nommé, en 1875, puis à nouveau en 1884, bibliothécaire de la ville de Dunkerque, il donne la plus grande extension possible au service du prêt de livres à domicile. Son ambition était de faire de la Bibliothèque Communale un véritable instrument de travail et de science. Il entreprend, en 1890, la création d'un double catalogue sur fiches, l'un alphabétique, l'autre- méthodique et établit ainsi plus de 20.000 fiches. Il veille, en outre, avec un

PROCES-VERBAUX DES SEANCES LXXXI

soin jaloux, à ce que la Bibliothèque Communale soit sans cesse augmentée et amasse ainsi une grande quantité de documents : livres, brochures, plaquettes ou manuscrits relatifs à l'histoire locale et régionale de Dunkerque.

Sous l'impulsion et la direction de M. Dodanthun, la Bibliothèque Communale connaît de 1889 à 1S96 une ère de prospérité jusqu'alors sans pareille, il l'élève au rang des principaks du département par la valeur de ses ouvrages et le nombre de ses volumes.

Mais, en 1899, M. Dodanthun doit renoncer au profes- - «orat ; en 1906, sa santé chancelante l'oblige à se retirer a Hazebrouck, dans sa famille.

Notre regretté collègue avait donné à ses concitoyens le meilleur de sa vie et su la rendre utile à tous en la dépensant pour la diffusion des connaissances humaines ; on trouvait en lui l'espérance qui donne l'effort, l'amour du travail et de la science qui crée le plus haut idéal humain et enfin la recherche sincère et passionnée de la Vérité. Sa bonté indulgente, sa bienveillance courtoise, son inépuisable obligeance et sa haute valeur morale l'ont fait sincèrement regretter de tous ceux qui avaient pu l'approcher et le connaître.

Par leurs unanimes applaudissements, les membres présents s'associent aux paroles éloquentes de M. Desplanque et montrent ainsi combien ils estimaient M. Dodanthun. M. le Président remercie M. Desplanque et le félicite d'avoir fait revivre le souvenir de notre collègue.

M. Simon, secrétaire-général, donne lecture du procès comnmnictio. d'un Iconoclaste au XVII* siècle. de M- Si,non-

LXXXII SOCIKTK I)Ui\KKKQlTOISK

Le Ier février 1686, le nommé Lacroix, soldat à Bergueï, fut dénoncé comme ayant été vu dans sa chambre jurai : et blasphémant le saint nom de Dieu en même temps cr/!l donnait des coups d'épee dans une im.ige représentai: la mise :ui tombeau de la Vierge entourée des disciples, <.: fut mis, de ce fait, en prison. M. de Choisy, aide-mijor ce la place, ouvrit une enquête et fit successivement coin paraître les soldats Champagne, Bonnevie et Deslovier, :i: confronter Lacroix et Champagne et finalement dépos-a tir* conclusions devant le Conseil de guerre pour que le délinquant fût mené à la tête des troupes pour y être dégraJi des armes, fa i r c amende honorable et avoir la langue perche d'un fer chaud par la main de l'exécuteur des hautes oeuvra, puis être remis en prison pour être conduit aux galère pendant 3 ans.

Lacroix fut condamné à faire amende honorable, le poii ^ coupé et la langue percée.

M. Simon n'a pu trouver trace de l'exécution de ce jui:vment, mais l'image lacérée a été retrouvée dans un estaminet des environs de Bergues ; elle porte la marque du skur Lacroix qui ne savait signer et la constatation qu'ei.e a été exhibée devant les juges.

M. Simon est vivement applaudi et félicité de sa communication qui caractérise bien l'époque à laquelle ePe >c rapporte.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 1,

heures 1/2.

Page 1