CHAPITRE XII
trouvaient là. Lesdites compagnies une fois rassemblées dans la maison du roi, on devait y prendre, pour les embarquer sur les deux galères, deux cents hommes à mon choix, et m'en donner le commandement. On me livrait au choix lesdits gaillards, mais sans un seul officier supérieur ; vous entendez bien, pas un capitaine, pas un alférez, pas un sergent. Cela fut fait avec tout le secret requis, autrement on n'en eût pas embarqué un seul, car les soldats de cette garnison et de ces flottes sont les plus madrés ruffians de l'Andalousie.
Je partis pour San Lucar où le duc tenait parés deux galions de quatre cents tonnes pourvus d'artillerie et des vivres nécessaires, sans compter les munitions de poudre, mèche et plomb que nous emportions pour la place que nous allions ravitailler. J'arrivai à San Lucar. Le duc m'ordonna d'embarquer mon infanterie sur les galions ; je le fis, et mis dans chacun cent hommes qui se virent comme pris d'assaut avant de comprendre ce qui leur arrivait. Survînt de la Cour le capitaine de l'autre galion, et nous nous embarquâmes pour notre expédition, dont le but était de secourir Porto-Rico, dans les Indes, qu'on disait assiégé par les Hollandais.
igG MÉMOIRES DE CONTRERAS